Cantin est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France.
Géographie Localisation Situé sur la RD 643 (Ex RN 43), reliant Douai à Cambrai, Cantin est traversé par le Canal de la Sensée desservant l'ancienne cimenterie.
Communes limitrophes
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par le canal de la Sensée.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CantinLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Scarpe amont ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Scarpe amont et se composant de trois vallées : celle de la Scarpe, du Gy et du Crinchon. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la communauté urbaine d'Arras..
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Douai à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Paysages
La commune s'inscrit dans les « paysages miniers » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)La DREAL distingue, dans la région Nord-Pas-de-Calais, quatre grandes familles de paysages : ceux du Haut Pays, Bas Pays, littoraux et d'interface. Ces grandes familles de paysages comprennent ... Ces paysages, qui concernent réparties sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais, sont constitués de 47,8 % de cultures, de 30,7 % d'espaces artificialisés, de 5,90 % de forêts et de milieux semi-naturels, de 5,20 % de prairies naturelles, permanentes, de 4 % d’espaces industriels, 3 % de friches industrielles, de 1,7 % de cours d'eau et plan d'eau et 1,6 % de terrils. À titre de comparaison, les cultures, qui ici, arrivent en tête avec 47,8 %, représentent 80 % des « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes », ce qui montre l'importance des espaces artificialisés, industriels et de friches industrielles avec 37,7 % de ces paysages miniers..
Ces paysages miniers, terre de charbonnages, avec ses terrils, sont une des formes paysagères qui confère une identité forte à la région Nord-Pas-de-Calais et depuis 2012, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il y a eu jusqu’à et on en dénombrait encore 200 dans les années 2000. Aujourd'hui reconvertis en sites naturels, certains de ces terrils connaissent une nouvelle vie originale comme celui de Nœux-les-Mines transformé en domaine skiable.
Ces paysages s'articulent, d'ouest en est, autour de quatre grands pôles : le bruaysis et béthunois ; le lensois ; le douaisis et le valenciennois. Les principaux éléments qui structurent ces paysages de de long sur , dans sa plus grande largeur, sont, d’ouest en est, les cinq principaux centres urbains que sont Bruay-la-Buissière, Béthune, Lens, Douai et Valenciennes, les autoroutes A1 et A21 et la ligne LGV Nord et les canaux, fleuve et rivières comme le canal de la Bassée, la Deûle, l’Escaut et la Scarpe.
Milieux naturels et biodiversité La commune fait partie de celles concernées par la « Trame verte du bassin minier ». La mission bassin minier et la CAD (Communauté d'agglomération du Douaisis) y ont aménagé un circuit (piétons, cyclistes) de découverte de cette trame verte dit circuit des Trous et des Bosses, la CAD entre Aubigny-au-Bac et Cantin.
Urbanisme Typologie Au , Cantin est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Douai, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (79,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (80,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (79,5 %), zones urbanisées (10,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,7 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,7 %), zones agricoles hétérogènes (0,3 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports La commune est desservie par les lignes 18 et 21 du réseau Évéole. La commune dispose également d'une gare ferroviaire desservie par des TER Hauts-de-France.
Histoire Préhistoire La présence de l'homme sur le territoire de Cantin est attesté durant la Préhistoire par la découverte de plus de 600 lames de silex.
Période romaine Des vases remplis de monnaies romaines signalent une occupation à l'emplacement du village à l'époque romaine. Un champ est appelé le champ à l'argent parce qu'on y a trouvé à différentes époques des pots remplis de monnaies romaines. En 1804, ont été découvertes beaucoup de ces monnaies de différents types : argent, grand bronze, petit bronze, du Haut-Empire romain, du Bas-Empire romain..
Le contournement routier de l'agglomération de Cantin a donné lieu à un diagnostic archéologique en février- et permis la découverte de deux sites attachés à la période romaine. Le premier est un réseau de fossés avec quelques fosses et le second est constitué de deux caveaux en grès et d'une sépulture à incinérationFrédéric Loridant † et Patrice Herbin (Service archéologique départemental du Nord), avec la coll. de Tarek Oueslati et Isabelle Raineau, Découvertes archéologiques à Cantin (Nord) : parcellaire et caveaux gallo-romains, occupation carolingienne, Revue du Nord, 2011/5, , ; Voix du Nord du 8 mars 2009.
Haut Moyen Âge Un diagnostic archéologique lié au contournement routier de Cantin a aussi assuré à la découverte d'un troisième site, une petite unité agricole du ou du comportant cinq fonds de cabanes, neuf silos, quelques fosses et deux bâtiments sur poteauxFrédéric Loridant † et Patrice Herbin (Service archéologique départemental du Nord), avec la coll. de Tarek Oueslati et Isabelle Raineau, Découvertes archéologiques à Cantin (Nord) : parcellaire et caveaux gallo-romains, occupation carolingienne, Revue du Nord, 2011/5, , ; Voix du Nord du 21 mars 2009.
Une fouille archéologique a été menée en 2003 sur une surface plus de , à l'emplacement de la résidence Perce Neige et de l'ancien château de la famille Rémy de CantinEtienne Louis (service archéologique de la Communauté d'Agglomération du Douaisis), Cantin (Nord) rue du château ; Etienne LOUIS, CANTIN (Nord), Rue du Château. Fouilles préventives, (Site SRA 5912601 et SAD 361/2003), Service archéologique du Douaisis, avril 2004. Elle a livré les traces des premiers habitats établis à Cantin, aux époques mérovingienne et carolingienne. Le premier ensemble, daté des , est constitué de cinq fonds de cabane, quelques fosses et un grand bâtiment sur poteaux long de . Après une période d'abandon, la zone est à nouveau habitée aux avec une occupation dense formée de quatre parcelles contenant chacune des bâtiments sur poteaux, des silos et des fosses. L'ensemble évolue progressivement sous la forme d'un rang de maisons alignées le long d'un chemin. Toute occupation cesse au début du .
Moyen Âge En 1065, Cawentin apparaît dans la charte de restauration de l'abbaye de Hasnon. Le village est de nouveau cité en 1079, dans le titre de fondation de l'abbaye d'Anchin. Gérard II, évêque de Cambrai et Arras, donne la cure de Cantin à l'abbaye qui la conserve jusqu'à la Révolution. En 1109, le quatrième abbé d'Anchin érige Cantin en ville. Les dons des seigneurs successifs permettent à l'abbaye d'Anchin et de Flines d'être chacune propriétaires de domaines riches et étendus sur le territoire de Cantin. Les châtelains de Douai sont les premiers seigneurs connus.
Au mois d', le comte de Flandre Thierry d'Alsace fait construire une tour fortifiée, attaquée sans succès par le comte Baudouin IV de Hainaut et ses alliésFélix Brassart, Coups d'œil sur quelques anciennes seigneuries, X. Cantin, premier article, , Souvenirs de la Flandre wallonne, ed. L. Crepin, 2" rue Madelein, Douai, 1870; Lambert de Wattrelos, Chronique, dans G. Pertz, Monumenta Germaniae Historica, Scriptorum, XVI (MGH SS. 16), 1859, ..
En 1285, un héritier de la maison de Douai, Jehan, chevalier de Boutier, qui tient également le fief d'Hamel, prend le nom de Cantin. À partir de 1247, les Cantinois bénéficient d'une loi définissant leurs droits et leurs devoirs, dite "loi de Cantin". En 1350, la seigneurie passe à la famille de Wastines, à celle de Halluin en 1360, aux d'Allennes vers 1500 et aux Dion à partir de 1512.