Le cheval d'Auvergne est une race de petits chevaux de terroir, originaire d'Auvergne, en France. Il porte une robe bai ou bai-brun. Vraisemblablement ancien, il connaît de nombreux croisements au fil de son histoire. Utilisé à l'origine pour les déplacements des paysans avant l'amélioration des routes, il est ensuite croisé pour être employé à divers travaux des champs par les habitants de la région auvergnate.

Comme la plupart des chevaux de travail d'Europe, l'Auvergnat a failli disparaître avec la généralisation de la motorisation dans les années 1960 et 1970. Croisé avec des chevaux de trait tels que le Comtois, il devient un animal de boucherie. Une association est créée en 1994 pour assurer la sauvegarde des animaux restants. Les actions menées pour la promotion et la pérennité du cheval d'Auvergne ont permis sa reconnaissance officielle en décembre 2012. Il reste néanmoins extrêmement rare, et presque introuvable en dehors de sa région d'origine. C'est une bonne monture de randonnée, dont les recensés en 2014 sont traditionnellement élevés de façon extensive en Auvergne. En 2017, il y aurait environ de cette race.

Dénomination et sources Le cheval d'Auvergne n'a pas un berceau de race unique, mais plusieurs, associés à des biotopes et à des appellations historiques spécifiques. Ainsi, on parle de la en Haute-Loire, du en Ardèche, du en Lozère, du dans le Cantal, de l' en Aveyron et du dans le Puy de Dôme.

Le nom officiel de cette race de chevaux est . Un ouvrage au sujet de cette race a été publié en 2012 par Laurent Pradier et l'association nationale qui a sauvegardé le cheval d'Auvergne.

Histoire Comme tous les chevaux domestiques modernes, le cheval d'Auvergne provient de la lignée DOM2, qui a émergé dans les steppes eurasiennes vers selon une vaste étude génomique publiée dans Nature.. Définir les origines de ce cheval est cependant difficile en l'absence d'analyse génétique spécifiquePar exemple, l'étude génétique de Leroy et al. portant sur les origines des races de chevaux françaises locales, publiée en 2009, n'inclut pas le cheval d'Auvergne : ., certains éleveurs évoquant l'apport du cheval oriental au alors que d'autres mettent en évidence le rôle de la sélection naturelle.. Les documents historiques évoquent des animaux très disparates, qui n'ont pas, ou rarement, été reconnus comme formant une race au cours de leur histoire, d'après Eugène Gayot.

Du au début du Lors d'un recensement de la population équine auvergnate par l'administration des haras en 1764, 604 juments sont estimées comme susceptibles de donner naissance à de bons poulains dans la région. L'historien du cheval Jacques Mulliez estime que ce faible nombre reflète la mauvaise qualité de la population chevaline auvergnate.. À la fin du , ces animaux sont décrits comme pourvus , ou encore comme .

En 1788, poulains d'Auvergne naissent dans la région. Leur vente rapporte quelque livres. L'Auvergne produit alors beaucoup de chevaux élevés à l'économie, vendus vers quatre ans pour la selle.

Dès la fin du et tout au long du , les paysans de la région auvergnate élèvent un cheval léger commun qui possède des aptitudes au travail et résiste aux hivers rigoureux des hauteurs. Il connait un grand succès durant tout le . Napoléon fait réquisitionner massivement des chevaux en Auvergne. Après ces réquisitions importantes, en 1815, la population est décimée et affaiblie. Les éleveurs locaux reprennent leur activité, mais les chevaux ne sont dès lors plus uniformes..

Parmi les trois types de chevaux recensés en Auvergne, celui des est composé d'animaux croisés avec des chevaux de gros trait et des étalons Anglo-normands.. Ce cheval commun est utilisé par les paysans locaux. Avec l'amélioration des routes carrossables, il est croisé pour améliorer ses aptitudes aux travaux agricoles, et servir aux paysans dans tous leurs déplacements.

Selon un rapport au préfet du Puy de Dôme paru en 1873, l'ancienne race auvergnate est perdue en raison du développement de routes carrossables dans la région, favorisant l'élevage du type carrossier, plus utile aux paysans locaux puisqu'il leur permet d'effectuer les travaux des champs. Des chevaux de trait sont alors importés du Perche, de Normandie, de Bretagne et du Poitou et, croisés avec la race légère du pays, donnent le cheval auvergnat .. Le cheval auvergnat du Quercy et du Rouergue est souvent bai, avec une crinière forte et épaisse et une tête ressemblant à celle du Mérens. Il fait un très bon service de cavalerie pendant de longues années, en consommant très peu. Il est vendus aux foires du Cantal, du Lot et de l'Aveyron.

La manière d'élever les chevaux en Auvergne est fréquemment critiquée par l'administration des haras. Dans le Puy-de-Dôme, les chevaux présentent la même conformation et les mêmes qualités que dans le Cantal, mais sont réputés . Le système d'élevage est le même.

Du Raréfaction vignette|Cheval d'Auvergne au début du . Dès le début du , les progrès et l’amélioration des routes font décliner l'élevage du cheval d'Auvergne. La race subit aussi la concurrence des mulets. Les chevaux élevés dans la région sont selon ceux qui les étudient en 1908 .. Une lettre des haras nationaux d'Aurillac à monsieur le ministre de l'agriculture, datée du 4 avril 1932, fait état d'une . Les deux tiers des chevaux auvergnats sont d'un type montagnard, au tempérament robuste et d'une taille moyenne ne dépassant pas , de robe foncée.

La population du cheval de travail diminue avec la fin de la traction animale pour les travaux des champs : le cheval d'Auvergne partage le sort des autres races locales de chevaux de traction face à la motorisation, l'évolution des modes de vie ne justifiant plus leur emploi.. Dans les années 1960 et 1970, quelques chevaux sont croisés avec des traits bretons et comtois pour la production de viande. L'association de race soutient qu'en dépit de ces croisements, le cheval auvergnat a conservé ses caractéristiques. En 1978, le directeur du haras national d'Aurillac répond à Pierre Ronez, qui l'a sollicité sur cette question, que la race locale auvergnate a quasiment disparu. Dans les années 1990, le cheval d'Auvergne est proche de l'extinction.

Sauvegarde et reconnaissance officielle vignette|gauche|Présentation de chevaux d'Auvergne à Ambert en 2011.|alt=Un groupe de personnes présente des chevaux roux et noirs en main. Durant l'hiver 1996, Laurent Pradier recherche s'il existe encore des chevaux locaux proche de ceux avec lesquels ses grands-parents travaillaient la vigne. En 1997, l'« Association pour la sauvegarde et la relance du cheval Auvergne » (ASRCA) est créée par quatre membres fondateurs : Pierre Ronez, Patrick Vechambre, Jean Lapouge et Laurent Pradier. Ces éleveurs sont éloignés géographiquement les uns des autres, et conservent chacun une dizaine de chevaux.

Laurent Pradier vient alors de racheter le domaine de Moidas à Orbeil, près d'Issoire., qui jouera le rôle de sanctuaire pour le sauvetage du cheval d'Auvergne. Ces chevaux sont élevés en estive ou bien montés. L'association sollicite tous les éleveurs de chevaux du Massif central, et recense ainsi d'Auvergne. Il ne reste plus aucun étalon de cette race, la première misson de la jeune association étant alors de retrouver des reproducteurs. Durant les années suivantes, environ sont inscrits à titre initial, avec une quarantaine de naissances annuelles de poulains, pendant dix ans.

En 2006, l'association reçoit un soutien financier de de la part du conseil régional.. Les efforts s'orientent sur le rééquilibre des effectifs et la préservation des qualités de rusticité de ces chevaux de montagne. L'association tente aussi d'obtenir une reconnaissance officielle pour bénéficier des aides accordées à la sauvegarde des races menacées. Son but est de faire passer le nombre de saillies d’une vingtaine à une cinquantaine par an. Elle propose en 2006 une aide de aux propriétaires de juments proches des caractéristiques de la race pour les inciter à faire saillir leurs animaux par l'un des huit étalons approuvés, afin de couvrir une partie des frais de déplacement et de pension chez l’étalonnier.. Le parc naturel régional des Volcans d'Auvergne, le haras national d'Aurillac et les conseils généraux la soutiennent dans son action. En 2008, elle crée un catalogue d'étalons conformes au standard de race et un suivi du cheptel. L'année suivante, le premier concours de modèle et allures du cheval d'Auvergne est organisé, puis l'association est reconnue organisme d’intérêt général en septembre 2009.. Son siège se situe à l'époque au domaine de Moidas..

En avril 2010, l'ASRCA change de nom et devient l’Association nationale du cheval de race Auvergne (ANCRA).. En octobre de la même année, une convention est signée avec l'Institut français du cheval et de l'équitation pour la gestion de la marque Cheval Auvergne ; en effet, en attendant la reconnaissance comme race, « Cheval d'Auvergne » est une marque déposée auprès de l'INPI. Le projet de , suivi par le haras national d’Aurillac, aboutit à la reconnaissance officielle de la race par la commission du livre généalogique le 22 juin, puis par le ministère de l'agriculture en décembre 2012... L'année suivante, le cheptel dépasse les 500 têtes. Entre 2018 et 2022, l'ANCRA place gracieusement des pouliches chez des agriculteurs dans le cadre d'une convention, avec obligation de la faire saillir à l'âge de trois ans par un étalon approuvé de la race Auvergne.

En novembre 2020, alors qu'un éleveur prend sa retraite, l'ANCRA récupère ses 22 chevaux afin d'éviter une revente à la boucherie et les place chez d'autres éleveurs, afin de perpétuer la race...

Description vignette|Cheval d'Auvergne à Montferrand, en 2012. Il existe des différences morphologiques en fonction du lieu d'élevage, les chevaux de l'ouest de l'Auvergne étant plus lourds car l'herbage y est plus riche et mieux arrosé. Dans l'est de la région, le sol granitique et le manque de végétaux donnent des chevaux plus petits et légers. Le cheval d'Auvergne appartient à la catégorie des .. L'homogénéité des animaux dans leur morphologie, leur psychologie et leur expression, dans le nord comme le sud du Massif central, constitue le principal argument mobilisé par ses éleveurs pour soutenir une fixation de gènes dominants.

Taille et poids

Le cheval d'Auvergne toise de au garrot., pour une moyenne d'environ .

La majorité des sources, dont le standard de race, citent une fourchette de poids allant de , en fonction du type. Le journaliste de Cheval Magazine Christophe Hercy indique un poids de en 2023. La base de donnés DAD-IS de la FAO donne un poids moyen de .

Morphologie

C'est un cheval de modèle médioligne qui s'inscrit dans un carré et rappelle le type postier ou trait léger. Il est trop léger pour être un cheval de trait, mais trop lourd pour de la course de vitesse. Il dégage une impression générale de densité et d'harmonie.

Tête La tête est petite et de forme carrée, dotée d'un profil rectiligne ou bien légèrement concave. Elle est recherchée expressive. Les têtes légères sont appréciées.

Les oreilles sont petites, courtes et mobiles. Le front est large et plat.

L’œil est bordé, en forme d'amande. Les arcades sourcilières sont saillantes.

Les ganaches sont préférées sèches. Les naseaux sont ouverts.

Avant-main, dos et arrière-main L'encolure est courte et large, recherchée bien sortie, droite ou rouée et non renversée. Les premiers étalons trouvés dans la montagne avaient souvent une encolure longue et portée bas. L'épaule est relativement droite et d'une longueur moyenne. Le poitrail est ouvert, et la poitrine arrondie et bien descendue.

Le garrot est peu saillant et tend à être noyé. Les côtes sont rondes. Le dos est court et large. Le rein est court, large et puissant, bien attaché. La croupe est double, légèrement basculée mais non rabattue.

Membres et crins