Amé-Thérèse-Joseph Masclet, (aussi Amé Masclet et Joseph Masclet) né le à Douai et mort à Nice le est un avocat, journaliste et haut fonctionnaire français. Proscrit lui-même en 1792, il prend position dans ses écrits pour la libération de Gilbert du Motier de La Fayette emprisonné de 1792 à 1797. Sous-préfet de l'Empire, consul de France en Angleterre sous la Restauration, il introduit ou importe des innovations dans plusieurs domaines de l'agriculture et de l'industrie agricole. Journaliste, il est auteur d'une série d'opuscules sur l'agriculture, l'Angleterre et l’Écosse.

Biographie Amé-Thérèse Masclet fait ses études au collège d’Anchin à Douai puis au collège des Grassins à Paris.

En 1783, il est envoyé à Saint-Domingue par le maréchal de Castries ; il est de retour en France en 1786 et est nommé par le roi sous-lieutenant au de carabiniers. Reçu avocat au Parlement de Paris et admis au stage en 1788, il fait ses débuts dans le journalisme comme redacteur du Mercure National (1789-1790)Fiche sur BnF ; nom complet : Mercure national, ou Journal d'État et du citoyen.. Il refuse en 1791 de prêter le serment à la Constitution. Il est lieutenant en 1792 puis sert dans l'armée contre-révolutionnaire sous les ordres de Victor-François de Broglie. En 1793, il apprend qu'il est proscrit et il part pour l'Angleterre où il se marieJ.Chavanon et G.Saint-Yves, Le Pas-de-Calais de 1800 à 1810, Étude sur le système administratif institué par napoléon Ier, Paris, 1907, ..

Lafayette

En Angleterre, il agit pour défendre le « bilan révolutionnaire » de Lafayette et il fait des efforts notables pour obtenir sa libération des geôles autrichiennes d’Olmutz. Employant parfois le pseudonyme Eleutheros (« libre » en grec ancien), il écrivait une quantité de lettresLettres listées sur Worldcat sous identité Masclet, Joseph, années 1893-1897. et publiait dans des journaux internationaux (Morning Chronicle, Gazette de Leyde etc.).

Sous-préfet Il revient en France après la tourmente révolutionnaire. En 1800, il devient le premier sous-préfet à Boulogne-sur-Mer. Il introduit le plâtre-ciment de Boulogne selon les indications d'un Anglais venu chercher réfuge à Boulogne-sur-MerM. Mallet, Rapport, dans Journal du ǵenie civil, des sciences et des arts, Volume 6, 1830 .L.Vasseur, Les ciments du Boulonnais, dans Bulletin de l'Inspection du Travail, 1903 .. Du temps de rattachement du diocèse de Boulogne au diocèse d’Arras il interfère auprès de l'évêché dans la nomination de prêtresPierre-André Wimet, Boulogne et le rêve conquérant de Napoléon, dans [Histoire de Boulogne-sur-Mer: ville d’art et d’histoire] (Alain Lottin (dir.)), 2016 .J.Chavanon et G.Saint-Yves, op. cit. .

Attentif à la surveillance de la côte de la Manche, il est calomnié auprès du Premier consul Napoléon. Il se défend dans une lettre à NapoléonLettre citée dans : J.Chavanon et G.Saint-Yves, op. cit. Annie Crépin and Vincent Cuvilliers, Anti-English discours among the Authorities: Myths and realities in the Northern Departments, dans Mark Philip, Resisting Napoleon: The British Response to the Threat of Invasion, 1797-1815, 200, .]. Pourtant, Napoléon, préparant l'invasion de l'Angleterre par un camp à Boulogne, demande en au ministre de l'intérieur Chaptal le transfert de Masclet à un autre posteLettre de Bonaparte du 12 septembre 1803, dans France, Lewis Goldsmith, Cours politique et diplomatique de Napoléon Bonaparte comme général en chef des armées républicaines, comme premier consul, et comme empereur et roi, 1816 ..

Ainsi, en , il est nommé sous-préfet de Douai« Masclet (Joseph, Amé, Thérèse) », page 503 in Archives nationales (France) (répertoire nominatif par Christiane Lamoussière, revu et complété par Patrick Laharie ; répertoire territorial et introduction par Patrick Laharie), Le Personnel de l’administration préfectorale, 1800-1880, Paris : Centre historique des Archives nationales, 1998, 1159 pages ., au moment où la préfecture du Nord est transféré de Douai à Lille ; pendant l'année préparatoire à ce transfert, de à , le sous-préfet nommé à Lille exerce encore un an sa fonction à Douai, et le sous-préfet Masclet, nommé à Douai, exerce ad interim à LilleS.Bottin, Annuaire statistique pour le département du Nord pour l'an 2012, .P. A. Plouvain, Souvenirs à l'usage des habitans de Douai, ou notes pour servir à l'histoire de cette ville, jusques et inclus l'année 1821, 1822, .

À Douai, il se fait remarquer par ses projets d'innovation en agriculture et en agro-industrie, notamment par la création, en 1805 dans un couvent de Douai, d'une filature de coton sous la direction de Philippe-Jacques-Joseph Gautier d'AgotyFernand Beaucour, La filature et manufacture de coton des Grands Anglais de Douai, un exemple de l'industrialisation de la production textile en France sous Napoléon 1er, dans Textile, production et mode, Paris, CTHS, tome 1, 1987.Mohamed Kasdi, Les entrepreneurs du coton. Innovation et développement économique (France du Nord, 1700-1830), 2016, chapitres VI et VII. et par son rôle en faveur de la culture de la betteraveDeux cents ans d'histoire 1799-1999, Société Nationale d'Agriculture Sciences et Arts Centrale du Departement du Nord, 1999, ..

Le il est nommé sous-préfet à Cosne et il occupe ce poste du jusqu’au .. Appréciè à Cosne comme administrateur, il est destitué à la Première restauration sans pour autant tomber en disgrâce.

Consul et publiciste En Masclet est nommé consul de France à Liverpool, passant d'abord à Bristol dont le consulat va être transféré à Liverpool en . Il est le premier consul officiel de France à Liverpool. Ses rapports consulaires sur des innovations anglaises, qui se trouvent dans la Correspondance commerciale de Liverpool , sont très documentés. Il introduit en 1821 des semences du Riz sauvage, Zizania palustris, dans la FranceAnnales de l'industrie nationale et étrangère, ou Mercure technologique: recueil de Mémoires sur les arts et métiers, les manufactures, le commerce, l'industrie, l'agriculture, etc. Volume 5, 1821, . Il tire l'attention sur les machines à vapeur en pleine développement et sur son initiative - avec l'appui de l'ambassadeur Chateaubriand - le consul général Séguier à Londres fait venir en 1822 un dessinateur techniqueP. Leuilliot, Les correspondances consulaires modernes (1815-1830), Annales Économies, Sociétés, Civilisations, 1950, Volume 5, Numéro 2 ..

En , il est nommé consul de France à Édimbourg. En 1824, il est nommé consul de France à Bucarest en Valachie mais il n’accepte pas cette fonction et reste à Édimbourg. Fin 1827, il quitte Édimbourg, muni d'un diplôme de citoyen d'honneur de cette villeJournal des débats politiques et littéraires, 31 octobre 1827, .. Il se retire de la vie consulaire.

Toujours intéressé à des innovations, membre de plusieurs sociétés savantes, riche de son expérience en Angleterre et en Écosse, et polyglotte, il devient correspondant pour plusieurs journaux d'agriculture français et anglais, au Journal du génie civil, des sciences et des arts et autres. Il suit de près le développement des chemins de fer en Angleterre, et, en tant que traducteur, il a sa part dans la formation du vocabulaire des chemins de fer en FrancePeter J. Wexler, La formation du vocabulaire des chemins de fer en France (1778-1842), Genève, librairie E. Droz, 1955..

À la Révolution de 1830, il offre ses services au roi Louis-Philippe et il est nommé consul de France à Nice, ville appartenant alors au royaume de Sardaigne (ou Piémont-Sardaigne). Il a la rude tâche de surveiller les légitimistes français (aux ordres de la duchesse de Berry) qui se sont installés à Nice. La police « sarde » est méfiante : il y a un contrôle sévère des visas et des laissez-passerRené Tresse, Le consul de France Masclet et les légitimistes français à Nice, 1830-1833, dans Recherches régionales, Alpes-Maritimes et contrée limitrophes, 1967, , . et il n'y a pas de libre accès aux journaux françaisRené Tresse, La censure de la presse française à Nice de 1814 à 1847..

Masclet est consul à Nice du jusqu’à sa mort, le . Il est enterré « dans le cimetière des Anglais » aux côtés de sa femme anglaiseAimé Leroy & Arthur Dinaux, Les hommes et les choses du Nord de la France et du Midi de la Belgique, Valenciennes, 1829, ]..

Œuvre A.-T.-J. Masclet, sous-préfet de l'arrondissement de Douai, à ses compatriotes / Projet de statuts fondamentaux pour la filature de coton à établir à Douai, 1803 In : Annales de l'agriculture française ; 1820 : Gypse, son emploi en agriculture ; 1823 : Moyen employé en Angleterre pour amender le terrain des jardins par un engrais végétal en vert ; 1827 : Rapport fait à la Société sur des documents relatifs à la faux flamande ; 1829 : De l'emploi des os broyés en engrais ; 1830 État présent de l'agriculture et de l'économie rurale dans le canton de Bourbonne-les-Bains et Sur l'espece d' connue en Écosse sous les noms de bear ou bigg.

In : Journal d'agriculture du département du Nord : 1823 : Adages des champs ; 1824 : Sur la culture et l'exploitation des arbres de haute futaie et autres<ref>repris partiellement dans Annales européennes de physique végétale et d'économie publique, </ref>.

In: Annales européennes, et de fructification générale : 1825 : Sur la consolidation des dunes et des landes dans le nord de l'Écosse

In : Bulletin des sciences agricoles et agronomiques, 1824 : Notice sur la Société d'horticulture de l'Écosse, ét Défrichemens et dessèchemens (de la terre de Blair-Drummond) ; 1825 : Emploi relatif des Bœufs ou des Chevaux en agriculture, Culture du rutabaga ; Culture du ; Sur la nourriture des veaux ; Multiplication des rosiers dits franc de pied et Notice sur le jardin de Woburn ; 1826 : Comparaison de l'ensemencement à la volée et de celui à la drille et Sur l'emploi des os broyés ou pulvérisés dans la culture des terres 1830 : Sur l'espèce d'abri fourni aux bêtes à laine en Angleterre et en Écosse.

In : Bibliothèque universelle des sciences, belles lettres et arts, Tome 30, , Genève/Paris, 1825 : Ouverture d'une route en fer, destinée aux voitures à vapeur, établie dans le comté de Durham en Écosse .

In : Journal du Génie civil, des sciences et des arts : 1828 : Approvisionnement d'eau de la filature de Rothsay, (île de Bute), de la ville et des usines de Greenock, sur la Clyde, en Écosse ; Sur les voies à rouage de fer de Stockton et Darlington, dans le comté de Durham, et Concours de chariots-locomoteurs ; 1829 : Lettre sur le chemin de fer entre Liverpool et Manchester et Chemin à rouage de fer entre Liverpool et Manchester ; 1830 : L'intervention de l'autorité dans l'exécution des travaux publics en Angleterre ; Le chemin de fer entre Liverpool er Manchester. Épreuves des machines loco-motrices ; Système hydrauli-économique de la ville d'Edimbourg et Halage de bateaux sur les canaux à l'aide de chevaux ;

In : Journal des connaissances usuelles et pratiques : 1831 : Commerce des fers dans la Grande-Bretagne (1831)

In : The Farmers Magazine, 1825 : On oil as a manure ; On the cultivation of a variety of the Brassica Oleracea, supposed to be unknown in Great-Britain ; On the cultivation of hemp in Flanders ; On the methods of dressing hemp and flask by Bralle and La Forest (flask = :en:flax) et on the Flemish Scythe.

In : Memoirs of the Caledonian Horticultural Society, Edinburgh, 1825 : On the culture of Asparagus et On the culture of French beans.

Le sous-préfet Masclet dans la littérature Deux auteurs ont écrit un roman historique sur le même sujet d'une femme espionne à Boulogne-sur-Mer, du temps du sous-préfet Masclet (1803).