Simon Renard de Bermont, né en 1513 à VesoulOn trouve la maison familiale à Vesoul, cf. Histoire de la ville de Vesoul, mort le à Madrid, est un diplomate franc-comtois. Il fut notamment conseiller de l'empereur Charles Quint et de son fils Philippe II d'Espagne, comtes de Bourgogne.

Il fut ambassadeur d'Espagne en France et en Angleterre. En Angleterre, il organisa le mariage de la reine Marie Tudor avec le futur roi d'Espagne .

Biographie Jeunesse et début de carrière Simon Renard est né à Vesoul, probablement au n°43 de l'actuelle rue Georges-Genoux. Il étudia à Dole, puis Louvain. Il devint docteur en droit et exerce en tant qu'avocat à Vesoul puis devint par la suite lieutenant général du grand Bailliage d'Amont, plus haute fonction militaire et juridique de ce qui correspond aujourd'hui à la Haute-Saône. Il réside alors dans une demeure qui porte son nom, actuellement dans le Vieux-Vesoul.

Pendant la ligue de Smalkalde, Simon Renard « fut du nombre des gentilshommes comtois qui allèrent volontairement combattre dans l'armée de Charles-Quint, en Allemagne. Ces braves passèrent l'Elbe à la nage et battirent les confédérés à Mulberg, en 1547Histoire de l'université du comté de Bourgogne et des différens sujets qui l'ont honorée: pour faire suite aux ouvrages historiques de M. Dunod de Nicolas-Antoine Labbey-de-Billy, C.F. Mourgeon, 1814. Annales franc-comtoises publié par Nicolas François Louis Besson, vol. 2 - 1864, ». Cette circonstance le fit connaître particulièrement de l'empereur. Nicolas Perrenot de Granvelle et son fils Antoine, qui précédemment avaient su l'apprécier, le présentèrent à l'empereur. « Il était savant en droit et en diplomatie. Il avoit un esprit vif, entreprenant et courageuxNicolas-Antoine Labbey-de-Billy, ibid ». Charles-Quint le fit chevalier, maître des requêtes, et le nomma son ambassadeur en France, en 1548. La même année, il entra au Conseil privé de Charles Quint, conseil chargé des grands enjeux politiques et composé de juristes dévoués à l'Empereur, par opposition au Conseil d'État, représentant l'aristocratieCorrespondance de Marguerite d'Autriche, duchesse de Parme avec Philippe II, Bruxelles, 1842, .

Ambassade et espionnage en France En , en tant qu'ambassadeur de l'Empereur à Paris, il écrit divers rapports sur les négociations entre Français et Anglais pour terminer la guerre dite de Rough Wooing, les plans Français pour prendre et fortifier l'île d'Aurigny et sur l'avancement d'autres guerresCalendar of State Papers Spain, vol. 9, (1912), 380, 387, 395.. Parmi ses informateurs, il en nomme trois par les noms de code Mars, Mercure, et le Capitaine. Il est possible que le Capitaine soit le capitaine Marin qui, avec son frère Ippolito - l' homme de Lyon- et le colonel Melun de Crémone, un exilé de Milan, qui espionnait également pour le compte de son collègue Jean de Saint Mauris. La source de Marin provenait de son neveu au service de Coligny Documents Calendrier de l'État espagnol , vol. 9 (1912), 348, 421 et la note. . Mercure et le Capitaine offrirent des informations sur les faiblesses des Français et des fortifications du PiémontPapiers Calendrier de l'État espagnol, vol. 10 (1914), 26, 30, 77. .

En 1552, Renard participe aussi au concile de Trente, où, envoyé par l'Empereur, il demande aux Évêques de Mayence et de Cologne de se retirer afin de laisser la possibilité d'une réconciliation avec les protestantsLettres et mémoires sur le concile de Trente Par Francisco de Vargas-Mejia,Michel Le Vassor, ..

Mariage de Marie Tudor avec Philippe II En , à la suite de l'accession de Marie au trône d'Angleterre, Simon Renard fut nommé ambassadeur d'Espagne en Angleterre. Poste prestigieux mais qui n'est pas rétribué et qui l'oblige à quitter sa famille, restée à BruxellesCalendar State Papers Spanish, vol. 11, (1916), 306, 308, 393..

Dès les premiers jours du nouveau règne, il prit à la cour une influence prépondérante, égale sinon supérieure à celle des ministresMichel Duchein, Elisabeth d'Angleterre, 1992, Fayard, . Il prêchait à la reine la prudence en matière de religion — conseil qu'elle était peu encline à suivre — mais incitait à la rigueur sur le plan politique.

La reine qui, âgée de trente-sept ans, « était encore célibataire et n’aurait eu aucun amant », montrait de l’intérêt pour un mariage avec le futur roi d'Espagne, Philippe II. Le Conseil des Lords se divisait en deux partis. Les premiers voulaient la restauration rapide du catholicisme et un mariage avec un Anglais, les seconds recommandaient la prudence religieuse et l’union avec un prince étranger, parti mené par Simon Renard. Simon Renard fut l'artisan privilégié du mariage de Marie et Philippe II. Il fit échouer en particulier le complot dit de Wyatt et conseilla d'en punir les principaux instigateurs, y compris Elisabeth, pourtant héritière du trône.

Simon Renard avait donné le projet de mariage avec le Prince espagnol, il le fit réussir, et il eut l'honneur de représenter Philippe II lors de son mariage avec la reine, le , avant le mariage solennel un mois plus tard quand le prince fut présent.

Quand il devint clair que Philippe II et Marie n'auraient pas d'enfant, Renard changea sa position et pria Marie de se réconcilier avec Elisabeth et de la reconnaître comme héritière du trône. Bien que Renard n'appréciât pas Elisabeth, il s'agissait avant tout d'éviter que le trône ne passa à l'héritière suivant, Marie Stuart, reine d'Écosse qui était alors identifiée aux intérêts français du fait de son mariage avec François II Sir John Neale Elizabeth I Pelican Books edition 1988 .

Victor Hugo a repris cet épisode et l'a fortement romancéVoir par exemple dans sa pièce Marie Tudor.

La Crise des Pays-Bas Au retour de son ambassade d'Angleterre, par patente du , il entra au Conseil d'État à BruxellesCorrespondance de Marguerite d'Autriche, duchesse de Parme avec Philippe II, Bruxelles, 1842 .

Simon Renard fut nommé ministre plénipotentiaire, et convint, en cette qualité, de la trêve de Vaucelles avec Henri II en 1556. Il fut envoyé une seconde fois ambassadeur en France en 1556.

À l'abdication de Charles Quint, l'amitié avec le cardinal Granvelle se transforma alors en solide inimitié, le cardinal ternissant ainsi la réputation de Renard auprès du roi Philippe en 1559, en l'accusant d'influence anti-espagnoleLe cardinal accusa Renard d'être à la source d'un vote anti-espagnol à la fin des États généraux de 1559 alors que Philippe II n'avait pas encore quitté les Pays-Bas à la suite des États généraux. Voir Liesbeth Geevers (thèse), De integratie van Oranje, Egmont en Horn in de Spaans-Habsburgse monarchie (1559-1567), 124 ; M. Tridon, « Simon Renard, ses ambassades, ses négociations, sa lutte avec le cardinal de Granvelle », dans Mémoires de la société d’émulation du Doubs, 6 (1881), 109-375 et en rappelant les problèmes de son secrétaire, compromis avec la FranceÉtienne Quiclet, secrétaire de Simon Renard, fut accusé d'avoir vendu ses lettres à la France. Calendar State Papers Spanish, vol. 11, (1916), 248-9 & note..

Pratiquement, Renard, après 1559, n’eut plus d’ambassade jusqu'à la chute de Granvelle. Il resta aux Pays-Bas où il se rapprocha de la noblesse néerlandaise, qui n’appréciait pas d’être écartée des décisions importantes Liesbeth Geevers, op. cit., 111. La Réforme faisait de grands progrès aux Pays-Bas. Renard s'opposa fortement à la politique du cardinal Granvelle, sur l'application du concile de Trente et de l'Inquisition aux Pays-Bas. Il prôna une position plus souple avec la noblesse néerlandaise, qui ne fut pas comprise du cardinal Granvelle. Cette opposition assez viveUne affaire levée par le cardinal Granvelle dans sa lutte contre Simon Renard eut des conséquences assez fâcheuses pour ce dernier : Étienne Quiclet, son maître d'hôtel à Paris en 1556, fut convaincu d'intelligence avec la France et pendu, malgré ses dénégations et les protestations de Simon Renard. se termina par le renvoi du cardinal dans ses terres en . Simon Renard fut proposé par la haute noblesse néerlandaise pour remplacer le cardinal au Conseil d'État mais le roi s'y opposa, montrant que la suspicion envers lui était toujours tenace E.M. Geevers, Gevallen vazallen : de integratie van Oranje, Egmont en Horn in de Spaans-Habsburgse monarchie (1559-1567). Simon Renard fut mandé d'aller en Franche-Comté mais demanda à aller à Madrid car le cardinal tenait le comté sous sa coupe.

Simon Renard en Espagne Il alla présenter au roi Philippe II sa position sur les Pays-Bas et arriva en Espagne en . Il fut reçu en audience le , présentant une image des nobles hollandais plus positive que celles que recevait traditionnellement le roiE.M. Geevers,Gevallen vazallen . À la suite de cette audience, il écrivit un mémoire où il donne une « très belle image de la situation des Pays-BasE.M. Geevers,Gevallen vazallen ». Son mémoire plaide pour l'application de la paix d'Augsbourg sur les terres de Philippe, ce qui se traduirait par l'obligation d'être catholique sur ses terres. Il plaide aussi pour la convocation des États généraux.

Néanmoins, la position intransigeante et centralisatrice sortit victorieuse et entraîna le soulèvement des Pays-Bas.

La chute du cardinal Granvelle n'a donc pas eu de conséquences particulièrement favorables pour Simon Renard et la fin de sa vie est plus confusede l'université du comté de Bourgogne et des différents sujets qui l'ont honorée : pour faire suite aux ouvrages historiques de M. Dunod de Nicolas-Antoine Labbey-de-Billy, C.F. Mourgeon, 1814. Pour d'autres sources : Michel Baelde, Biographie Simon Renard, son séjour espagnol correspond plus à un régime de semi-liberté. Il semble surtout n'avoir pas voulu retourner en Franche-Comté tant que son ancien mentor y était avec tant de pouvoir.. Selon d'autres sources, il est disgracié, à la suite de dissensions avec notamment Antoine de Granvelle, et se retrouve dans la pauvreté.

Le , à Madrid, il meurt dans son litSelon certaines sources, il serait enterré à l'Escorial, ce qui voudrait souligner un rôle plus actif vis-à-vis de Philippe IILe cardinal Granvelle, qu'il n'avait pas revu depuis son renvoi, offre soutien financier à sa veuve, Jeanne Lullier d'après l'abbé Boisot, historien de Granvelle et Nicolas-Antoine Labbey-de-Billy, ibid. Cette réconciliation des deux familles comtoises n'est attestée que dans ce document. Le général de Mesmay écrit ainsi : « Conseiller au Conseil Privé de Madrid en 1564, et tombé peu après dans la disgrâce de S.M C, il y mourut le 8 août 1573, dans son lit, assassiné peut-être par les sbires de son ennemi Granvelle. ».

Armoiries « D'azur à l'ancre d'argent (ou d'or à la trabe d'argent) accompagnée de deux dauphins plongeants du même, mordant les branches de l'ancre, et passés en sautoir ; au chef triangulaire d'or chargé d'une aigle (bicéphale) d'azurArmorial de J.B. Rietstap, sous « Renard de Bermont »Dessin de l'armorial de J.B. Rietstap».

Simon Renard a été anobli en 1548 avec le titre de chevalier.

Références

Voir aussi Bibliographie Michel Baelde: Biographie de Simon Renard de l'université du comté de Bourgogne et des différens sujets qui l'ont honorée : pour faire suite aux ouvrages historiques de M. Dunod de Nicolas-Antoine Labbey-de-Billy, C.F. Mourgeon, 1814 Histoire des troubles des Pays-Bas par Luc Jean Joseph van der Vynckt, 1822 et ss

Articles connexes Histoire de la Franche-Comté Antoine Perrenot de Granvelle Duché de Bourgogne - État bourguignon - Cercle de Bourgogne. Comté de Bourgogne - Liste des comtes palatins de Bourgogne Saint-Empire romain germanique - Liste des souverains du Saint-Empire

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