La Force aérienne portugaise (en portugais : Força Aérea Portuguesa, FAP) est la force aérienne du Portugal, et l'une des trois composantes des Forces armées portugaises. Ses origines remontent à 1912, lorsqu'ont commencé à être constituées les aviations de l'Exercito et de la Marine portugaise, ce qui en fait un des plus anciens corps d'aviation du monde, aux côtés de l'Armée de l'air française et de la Royal Air Force auxquelles elle est étroitement liée. Le , les aviation de l'Exército (Aeronáutica Militar) et de la Marine (Aviação Naval) sont fondues par l'Estado Novo dans une branche indépendante appelée Force aérienne portugaise (Força Aérea Portuguesa). Le commandement suprême de la Force aérienne portugaise est le Président de la République portugaise. Depuis 2016, son chef d’état-major est le général João Cartaxo Alves.

Histoire Au sein de l'armée portugaise, après quelques ascensions expérimentales en 1910 et 1911, une compagnie d'aérostiers (Companhia de Aerosteiros) fut créée au sein du services des transmissions le . L'année suivante, la formation d'un corps d'aviation fut officiellement envisagée. Les cinq premiers avions du gouvernement portugais furent offerts par des particuliers ou offerts par des souscriptions publiques : quatre appareils français, deux Voisin, un Maurice Farman MF.4, un monoplan , et un Avro 500 britannique. Les trois derniers furent incorporés à la compagnie d'aérostiers. Une Escola Militar de Aviação (EMA), ou école militaire d'aviation, fut créée le . Elle comprenait la compagnie d'aérostiers et ses avions, mais n'avait ni pilotes ni mécaniciens compétents, ni même d'installation pour abriter le matériel..

Première Guerre mondiale Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, le Portugal resta d'abord neutre, mais sous le prétexte de défendre ses colonies en Afrique, l'Angola et le Mozambique, d'une éventuelle attaque allemande, il déclara la guerre à l'Allemagne le , en dépit des avertissements britanniques, car l'armée portugaise était désuète et mal équipée. Pour constituer l'aviation militaire, des volontaires furent recrutés parmi les officiers. Sept candidats furent d'abord retenus, cinq de l'armée de terre et deux de la marine. Quatre furent envoyés à l'école d'aviation de l'US Signal Corps à San Diego (Californie), et les autres dans une école française à Chartres. D'autres candidats furent ensuite formés en France, à Chartres, Tours et Pau, et en Angleterre, à Hendon et Northolt.

Entre-temps, l'EMA fut inaugurée le à (municipalité d'Azambuja, district de Lisbonne, région de l'Alentejo), et les officiers qui avaient été instruits à l'étranger devinrent les instructeurs. Le fait d'être allié à la Triple Entente permet au Portugal de bénéficier rapidement de l'expertise de la France et du Royaume-Uni, pays les plus avancés dans ce domaine. Le premier cours fut donné le sur les vieux modèles français Deperdussin et MF.4, bientôt rejoints par des appareils français plus modernes : un Farman MF.11, cinq Farman F.40, deux Caudron G.3 et le Morane-Saulnier Type H .

En , le corps expéditionnaire portugais (Corpo Expedicionário Português ou CEP), basé en France avec son quartier général à Paris, organisa un Serviço de Aviação avec une Esquadrilha Inicial (Première escadrille), mais les avions promis ne furent jamais livrés. Le , le CEP créa le Groupe d'Escadrille d'Aviation (1° Grupo de Esquadrilhas de Aviação). Sur le papier, ce groupe était doté d'un escadron de chasse et de deux escadrons de bombardement et d'observation, mais ses avions qui devaient être fournis par la Grande-Bretagne n'arrivèrent jamais. En conséquence, les pilotes portugais furent répartis dans les escadrilles F 2, SPA 79, SPA 124, N 158, BR 204 et SAL 262 de l'Aéronautique militaire française, ainsi que dans le Squadron 140 du Royal Flying Corps britannique. Le Groupe (2.º Grupo) projeté ne vit jamais le jour. Pendant la guerre, les équipages portugais se distinguèrent. Le capitaine Oscar Monteiro Torres, du Squadron 10 volant sur Royal Aircraft Factory B.E.2C, fut abattu en après un combat acharné contre sept Fokker. Les Allemands l'inhumèrent en lui rendant les honneurs militaires. Les opérations menées pendant la guerre par ces hommes permirent au Portugal de disposer d'un corps de pilotes bien formés, disposant d'une solide expérience opérationnelle.

Le Serviço Aeronáutico Militar fut créé officiellement le . Il comprenait, en plus de l'EMA, une escadrille mixte de dépôt et d'entraînement (Esquadrilha Mista de Treino e Depósito) avec deux Caudron G.3, et le Parc de Matériel Aéronautique (Parque de Material Aeronáutico) tous deux à Vila Nova da Rainha.

Entre-deux-guerres Fort de son experience opérationnelle, pendant l'entre-deux-guerres, le Portugal poursuit la structuration de ses Forces Aériennes, et se dote de centres de formation et d'usines de constructions d'aéronefs. La Esquadrilha Mista fut la première école de transformation opérationnelle, dotée de Caudron supplémentaires après son déménagement à avec l'EMA. Elle fut dissoute le .

Le Parc de Matériel Aéronautique créé pour assurer la révision et l'entretien des machines fut déménagé le à Alverca do Ribatejo, près de Lisbonne. Il devint le l'OGMA, Oficinas Gerais de Material Aeronáutico. En 1922, cet établissement commença à construire des avions, avec une première commande de 50 Caudron G.3. Jusqu'en 1952, il assembla 218 avions : 27 Potez 25 A2, 16 Morane-Saulnier MS.233, 7 Vickers Valparaiso, 17 Avro 626, 91 de Havilland DH.82 Tiger Moth et 66 de Havilland Canada DHC-1 Chipmunk. Il assembla aussi des moteurs, dont le plus populaire fut le Gnome et Rhône 9Ady (Bristol Jupiter).

La première unité opérationnelle basée au Portugal fut le GEAR, Grupo de Esquadrilhas de Aviação República, formé le à Amadora, et comprenant une Escadrille de Combat (Esquadrilha de Combate) équipée de 12 Breguet 14 A2, avec un Breguet 14 Tbis pour le transport de l'état-major et trois avions en réserve.

Le , lAeronáutica Militar devint la cinquième arme de l'armée portugaise, après l'infanterie, la cavalerie, l'artillerie et le génie. Il était alors prévu de former trois groupes opérationnels de six escadrilles chacun. Cette restructuration eut pour première conséquence la transformation de l'escadrille de bombardement du GEAR en GIAB : Grupo Independente de Aviação de Bombardeamento, et son transfert à Alverca do Ribatejo près de Lisbonne. Son signe distinctif était des bandes rouges et bleues sur le fuselage. En 1931, le GIAB fut rééquipé avec 27 Potez 25 A2 assemblés par l'OGMA. Après une série d'essais, les Potez avaient été préférés au Caudron C.59, dont un exemplaire avait été acheté spécialement. À cette époque, le GIAB prit en compte un unique Farman F.191 équipé d'appareils photographiques. Cet avion, dont le pare-brise était remplacé par un périscope, fut ensuite cédé au GIAI de reconnaissance.

L'escadrille de chasse devint le GIAC, doté de SPAD ainsi que de quatre Martinsyde F.4 Buzzard qui furent affectés sur un nouvel aérodrome inauguré à Tancos, et reçurent pour insigne un lévrier. Le signe distinctif des chasseurs était une bande rouge soulignée de noir sur le fuselage. Les avions de l'EMA portaient une bande bleue.

Un troisième groupe fut créé, le Grupo Independente de Aviação de Informação (GIAI), groupe de reconnaissance avec 10 Vickers Valparaiso à moteur Napier Lion de , et un seul Valparaiso à moteur Rolls-Royce Eagle de . L'OGMA reçut bientôt pour tâche de modifier sept des Valparaiso Mk I en Mk III avec des moteurs Bristol Jupiter.. En 1938, le GIAI fut rebaptisé Grupo de Esquadrilhas de Reconhecimento.

Seconde Guerre mondiale thumb|Junkers Ju 52 portugais thumb|Supermarine Spitfire HF.IXc portugais Dans la seconde moitié des années 30, avec des tensions de guerre qui s’intensifient en Europe et qui sont alliées au climat politique au Portugal, la force aérienne de l’armée a effectué plusieurs vols de soutien et de reconnaissance pour l’Espagne nationaliste et en soutien aux missions de la Luftwaffe contre l’Espagne républicaine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Portugal est venu armer ses armées avec de nouveaux hydravions et des avions modernes, parmi lesquels on peut mettre en évidence les allemands Junkers Ju 52 et Junkers Ju 86, les britanniques Bristol Blenheim, Hawker Hurricane et Supermarine Spitfire, et les américains P-38 Lightning et Consolidated B-24 Liberator, reflet de la dualité diplomatique au Portugal. Au cours de ce conflit, davantage de bases aériennes et d'aérodromes ont été créés, tels que la base aérienne de Lajes, sur l'île de Terceira, aux Açores, qui a servi à assurer la défense militaire de l'archipel et la base de soutien aux opérations aériennes américaines contre l'Allemagne nazie. Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale et la position conséquente du Portugal parmi les alliés vainqueurs, le Portugal faisait partie de l'ensemble des pays fondateurs de l'OTAN, émergeant ainsi de la nécessité d'une réforme dans les sphères militaires. En fait, le ministère de la Défense a ainsi été créé, le poste militaire de chef d'état-major général des forces armées et du ministère de la guerre est devenu le ministère de l'armée, ce qui a conduit à la création du sous-secrétariat d'État à l'aéronautique, hiérarchiquement dépendant du ministère de la Défense. Avec l'uniformité des structures militaires de tous les pays de l'OTAN, et malgré une certaine résistance de la part de l'armée portugaise, les armes aériennes de la marine et de l'armée ont été, par la loi, fusionnées le , sous le nom de Força Aérea Portuguesa, qui a vu son véritable début en tant que branche indépendante le .

Les premières années de la Força Aérea Portuguesa La première organisation de l'armée de l'air a consisté en un commandement général des forces aériennes, un commandement opérationnel des forces aériennes, un commandement d'instruction et d'entraînement, six bases aériennes, quatre aérodromes de base, un groupe d'escadrons de chasseurs, des escadrons d'aviation de coopération avec les forces terrestres et navales, des unités de recherche et de sauvetage, des formations de transport aérien, les escarcols. thumb|T-33 portugais Dans le cadre de cette nouvelle organisation, il y avait place pour un élargissement et une modernisation des forces. Avec l'aide de l'OTAN, les premiers avions cédés au Portugal furent 50 chasseurs Republic P-47 Thunderbolt, formant deux escadrons à la base aérienne no 2 à Ota. En 1952, le premier avion à réaction est arrivé à Ota, deux De Havilland Vampire. En 1953, 50 avions de chasse à réaction Republic F-84 Thunderjet et 15 Lockheed T-33 Shooting Star ont également été achetés. Le Portugal était, déjà en 1952, parmi les rares pays avec une force aérienne considérable en avion à réaction. Entre 1953 et 1954, dans le BA6 nouvellement modernisé, l'effort aérien a été guidé pour le combat anti-sous-marin et le premier escadron de transport aérien a été créé, basé à l'aéroport de Portela, composé de 7 avions Douglas C-54 Skymaster (dont cinq ont été acquis avec l'aide de l'OTAN). thumb|Republic F-84G-6-RE Thunderjet, Museo do Ar, Sintra En 1955, le premier bataillon de parachutistes a été créé, basé à la base aérienne de Tancos, et la première station radar a été créée à Montejunto.