Le Retvizan (en ), est un cuirassé pré-Dreadnought construit pour la Marine impériale de Russie. Sous pavillon russe, il prit part à la guerre russo-japonaise (1904-1905). Sous pavillon japonais, le Hizen participe à la Première Guerre mondiale.

Ce cuirassé est unique, dans le sens où ses composants et sa construction sont réalisés aux États-Unis pour la Marine impériale russe. Une grande partie de son blindage est usiné par la Bethlehem Steel Corporation. Il est construit au chantier naval William Cramp & fils à Philadelphie. L'armement est conçu par Obukhov et transporté en Amérique afin de procéder à son installation sur le Retvizan. Ce cuirassé a deux prédécesseurs, deux navires à voiles portant le même nom. Le Retvizan construit en 1899 est le dernier navire russe à porter ce nom. de la Marine considèrent le Retvizan comme l'un des meilleurs navires de guerre russes présent lors du conflit russo-japonaiswww.miniflot.ru.

Historique Le Retvizan doit son nom à un cuirassé à voiles suédois, le Rättvisa (le « Justice ») capturé par les Russes lors de la bataille de la baie de Vyborg le .

Carrière dans la Marine impériale de Russie Commandé le , la construction du Retvizan débute le . Son lancement a lieu le , sa mise en service le . Avant sa livraison à la Marine impériale russe, le cuirassé effectue ses essais aux États-Unis. Il quitte le port de Philadelphie en . Son voyage sur l'océan Atlantique dure quatorze jours. Il jette l'ancre dans le port de Cherbourg afin de reconstituer son stock de charbon. Le , il accoste dans le port de Kronstadt puis poursuit sa route. Le , à , lors d'une tentative de développement d'un cycle complet des chaudières, des tuyaux éclatent provoquant la mort de trois personnes. La commission de l'Amirauté mène une enquête sur l'accident et conclut que la construction des chaudières ne pouvait exclure qu'un tel accident ne se reproduise dans l'avenir. Le , les marins sont inhumés dans le cimetière de Paldiski. Le , le Retvizan reprend la mer, il accoste dans le port de Kronstadt. Le cuirassé jette l'ancre à Tallinn en mer Baltique en . À l'occasion de la venue en Russie du kaiser Guillaume II d'Allemagne, le , le Retvizan participe à une revue navale. Le Revitzan n'appartient à aucune classe de navire. Conçu pour servir dans la flotte du Pacifique, il accoste à Port-Arthur (aujourd'hui Lüshunkou en Chine) le .

Construction Le Retvizan est construit selon les caractéristiques de la Russie, de la Grande-Bretagne mais également selon celles de la marine américaine. Le cuirassé a une certaine ressemblance avec le et le croiseur blindé américain . Il est l'un des fleurons de la Marine impériale russe. Il sert de modèle pour la construction de bâtiments de guerre américains www.russiaflot.narod.ru. Le Retvizan est conçu afin d'être utilisé comme navire amiral, de sorte que le pont arrière contient une vaste salle de l'amirauté et des cabines destinées aux officiers de l'état-major.

Le Retvizan et le Varyag sont les premiers navires de la Marine impériale russe dotés d'un téléphone interne et d'un équipement de radiophonie. Les membres d'équipage ne sont pas oubliés, les marins peuvent bénéficier de douches. Une boulangerie est également construite à l'intérieur de ces bâtiments de guerre. Le cuirassé est doté de deux infirmeries bien équipées.

En raison de tensions dans les relations entre la Russie et le Japon, le Retvizan, le , les croiseurs , Diana et Pallada sont préparés en hâte afin de rejoindre la flotte d'Extrême-Orient. Le , le contre-amiral Ewald von Stackelberg (1847-1909) hisse son pavillon sur le Retvizan. Le , le cuirassé est transféré à Libava. Le , à la tête d'un escadron se composant de 2 cuirassés, 6 croiseurs, 8 destroyers, le contre-amiral quitte le port de Libava (aujourd'hui Liepāja) pour prendre la route de l'océan Pacifique.

Au cours de ses six mois de voyage, le Retvizan accoste dans les ports de Kiel, Portland, Vigo, Alger, Le Pirée, Port-Saïd, Aden, Columbo, Singapour et Nagasaki. Le , le cuirassé jette l'ancre à Port-Arthur.

Le lendemain, sous le commandement du vice-amiral Oskar Viktorovitch Stark, le Retvizan prend part à des manœuvres dans la baie de Dalian. Ces dernières se déroulent sous le contrôle du ministre de la Guerre Alexeï Nicolaïevitch Kouropatkine.

En 1903, l'escadron est transféré à Vladivostok où tous les cuirassés sont mis à quai. Malgré la présence du navire amiral , le contre-amiral Ewald Antonovitch Stakelberg conserve son pavillon sur le Retvizan. À son retour à Port-Arthur, comme tous les navires de combat russes, le cuirassé est repeint de la couleur gris-vert.

En , le Revitzan fait de nouveau des manœuvres dans la baie de Dalian. Fin octobre, il est placé dans une escadre de réserve. En raison des tensions diplomatiques entre le Japon et la Russie, il est remis en service actif le .

Guerre russo-japonaise upright=1.6|thumb|left|Le Retwizan vu de côté

Le , sur ordre du gouverneur de Port-Arthur, l'amiral Evgueni Ivanovitch Alexeev, l'escadron prend la mer. Le , très tôt, l'escadron jette l'ancre près de la péninsule du Shandong puis, sur l'ordre du gouverneur, les navires rentrent à Port-Arthur. À du matin, le , les bâtiments de guerre russes s'ancrent dans la baie de Port-Arthur.

Le cap pris par l'escadron russe pour une direction inconnue préoccupe le Japon. Dans la crainte d'un changement de leurs plans de guerre, les forces japonaises prennent la décision d'ouvrir immédiatement les hostilités. Le , l'empire du Japon rompt ses relations diplomatiques avec la Russie. Le lendemain, l'amiral japonais Togo reçoit l'ordre d'ouvrir les hostilités contre la Russie.

En dépit de la rupture diplomatique, la Marine impériale russe n'avait pris aucune précaution élémentaire : les navires russes sont alignés en quatre rangées à l'extérieur de la rade de Port-Arthur. Dans la nuit du au , les destroyers japonais tirent sur les navires russes. Malgré l'effet de surprise, l'attaque des forces japonaises est relativement faible. Seuls le Revitzan, le Tsarevitch et le croiseur Pallada sont atteints par les tirs ennemis. Le Retvizan est atteint par une torpille à bâbord, très certainement tirée par le ShirakumoSergueï Balakine, Guerre de 1904-1905. Plus de d'eau pénètrent dans la coque du cuirassé, qui s'échoue sur un banc de sable à l'entrée de la rade de Port-Arthur. Onze personnes perdent la vie à bord. Le cuirassé ne prend aucune part à la bataille du lendemain. Pendant les réparations effectuées à bord du Retvizan (du au ), celui-ci est utilisé comme une batterie flottante à l'entrée du port.

Port-Arthur n'était pas un port équipé pour réparer un cuirassé, de sorte que les réparations effectuées sur le Tsarevitch et le Revitzan sont un véritable défi. Les tentatives visant à les compartiments demeurent vaines. La seule façon de réparer le navire est la construction d'un caisson de plongée en bois. Les réparations sont supervisées par l'amiral Stepan Makarov et l'architecte naval Nikolaï Nikolaïevitch Kouteïnikov.

Bataille de la mer Jaune Le , le gouverneur Evgueni Ivanovitch Alexeïev ordonne à l'escadron placé sous le commandement de l'amiral Wilgelm Karlovitch Vitgeft de sortir de Port-Arthur afin de rallier le port de Vladivostok. Le Retvizan prend place dans la seconde colonne immédiatement derrière le navire amiral Tsarevitch. Le cuirassé ne disposait plus à bord des deux canons de , des six de , ces derniers étant utilisés pour la défense de la forteresse. Sur les autres navires, le cas était semblable (par exemple le Pobeda ne possédait que trois canons de ).

Au large de Port-Arthur, la flotte russe rencontre les forces navales japonaises. Wilgelm Karlovitch Vitgeft prend la décision de rebrousser chemin. L'amiral explique les raisons de son geste : l'absence des navires et de leur artillerie affaiblissaient Port-Arthur. Sur le chemin du retour, les navires russes doivent faire face à une attaque des destroyers japonais. Le Retvizan tire un obus de , deux de et 36 de . Aucune torpille n'atteint les bâtiments de guerre russes, mais le saute sur une mine. Dans l'attente de la fin des réparations du cuirassé, une nouvelle tentative de sortie est reportée.

Le , le Retvizan, les croiseurs Bayan, Pallada, Novik et des canonnières sont ancrés dans la baie de Tahe. À , au sud-est, les croiseurs blindés Nissin et KasugaLancement 22 octobre 1902, mis en service 7 janvier 1904, coulé le 18 juillet 1945 au cours d'une attaque aérienne de l’US Air Force, le croiseur Hasidate et plusieurs destroyers japonais s'approchent des bâtiments de guerre ancrés dans la baie. Vingt minutes plus tard, l'ennemi ouvre le feu sur le Retvizan. Les deux parties en présence, craignant un mouillage de mines, ne peuvent ajuster leurs tirs. En conséquence, les navires russes ne sont pas touchés. Concernant le Nissin, son antenne radio est coupée, son drapeau troué.

Après l'attaque du , les navires russes ouvrent le feu sur les forces terrestres ennemies de l'arrière-port. Le , les Japonais commencent le bombardement du port. Le , deux bateaux déposent sur le Retvizan deux canons de et quatre canons de . Ces derniers sont immédiatement installés sur le cuirassé. Le Retvizan est atteint par sept tirs directs d'obus de , un de ces tirs perfore la coque sous la ceinture. Plus de 400 tonnes d'eau envahissent le navire. En outre, une cheminée et un canon de sont également endommagés par les tirs ennemis. Au cours de cette nouvelle attaque, le vice-amiral et commandant du Retvizan Edward Nikolaïevitch Tchensnovitch (1852-1910) est blessé à la tête par des éclats d'obus, quinze marins sont également blessés.

Dès la cessation des combats, les marins procèdent à l'obturation des brèches.

Le , très tôt dans la matinée, le Retvizan quitte la rade intérieure de Port-Arthur. Avec son escadron, il tente de percer le blocus afin de rallier Vladivostok. Le croiseur Baïan très endommagé, ne figure pas dans l'escadron (il avait sauté sur une mine le ).

À , le matin, le Retvizan prend la mer. De nouveau, le cuirassé prend place dans la seconde ligne dans le sillage du navire amiral le Tsarevitch. La présence de brèches dans la coque empêchent le Retvizan de dépasser les . En outre, le cuirassé est privé de deux canons de , trois de , deux de , six de et de quatre mitrailleuses. Un des tubes lance-torpilles est alors inutilisable.

La bataille de la mer Jaune débute à . Une distance de sépare les deux flottes. Le Nissin ouvre le feu le premier, les cuirassés Perevest et Pobeda lui répondent. Le Retvizan concentre ses tirs sur le navire amiral . À le combat cesse.

Au cours de cette première phase de la bataille, le Retvizan tire 42 obus de et 82 de . Il est atteint par douze tirs, dont un à tribord avant proche de la ligne de flottaison. Les autres tirs ne provoquent que des dégâts mineurs.

À , les combats reprennent mais, en raison de la trop grande distance séparant les bâtiments de guerre, les tirs cessent rapidement. La seconde phase de la bataille débute seulement à . À , un obus touche la tourelle avant du Retvizan. Durement touchée, elle reste coincée. Vers , deux projectiles de touchent le Tsarevitch, tuant l'amiral Wilgelm Karlovitch Vitgeft et blessant de nombreux marins. Afin de ne pas démoraliser l'escadre russe, la nouvelle du décès de l'amiral n'est pas divulguée, le captaine N.M. Ivanov prend le commandement de l'escadre. Ce dernier tente de réunir l'escadre afin de mener une bataille décisive contre l'ennemi, mais échoue dans son entreprise. À bord du Revitzan, l'équipage n'est pas renseigné sur la situation à bord du Tsarevitch, le cuirassé poursuit sa route dans le sillage du navire amiral. Le Pobeda arrive à son point tournant, le Tsarevitch vire à 180° et reprend sa place dans sa propre ligne. En l'absence de signal, les bâtiments de guerre russes ignorent que le Tsarevitch est hors de contrôle mais également sans commandement.