Dans le document intitulé Le Tibet, cent questions et réponses publié en 1988 et dans sa version de 2001, la Chine indique qu'elle n'a jamais déployé d'armes nucléaires ni stocké de déchets nucléaires dans la région autonome du Tibet ou Xizang, ce que reconnaît Thierry Dodin, un des auteurs de Authenticating Tibet Thierry Dodin, in Anne-Marie Blondeau, Katia Buffetrille, Wei Jing, Authenticating Tibet: Answers to China's 100 Questions, University of California Press, 2008, 364 p., p. 284 : , . Cette position officielle ne concerne pas les zones à population tibétaine des provinces administratives limitrophes (Qinghai, Sichuan, Yunnan) ou non limitrophes (Gansu), que le gouvernement tibétain en exil considère comme faisant partie du « Tibet historique »Anne-Marie Blondeau, Le Tibet est-il chinois ?, Albin Michel, 2002, p. 340 et suivantes..

Le premier centre de recherches nucléaires en Chine, l'académie de recherches et d'études du nord-est sur les armes nucléaires, aussi appelé « usine 221 » et « neuvième académie », fut installé dans la préfecture autonome tibétaine de Haibei (plus précisément dans le xian de Haiyan), dans la province du Qinghai, à quelques kilomètres du lac Kokonor, à la fin des années 1950. Fermé en 1987, il fut transformé en musée en 1993.

La Chine a effectué tous ses essais nucléaires sur son site d'essais d'armes nucléaires de Malan dans le Lop Nor au Xinjiang : soit 45 essais, dont 23 atmosphériques (le dernier en 1980) et 22 souterrains (le dernier en 1996) site du NTI (Nuclear Threat Initiative) : . Dans Authenticating Tibet, Thierry Dodin écrit qu'aucun essai nucléaire ne semble avoir été effectué dans une région tibétaine Thierry Dodin, in Anne-Marie Blondeau, Katia Buffetrille, Wei Jing, Authenticating Tibet: Answers to China's 100 Questions, University of California Press, 2008, 364 p., p. 284 : Il ajoute cependant qu'aucune investigation indépendante n'a jamais été autorisée pour confirmer ou réfuter celaThierry Dodin, ibid : .

Selon le Nuclear Threat Initiative, une association américaine, depuis son ultime essai atmosphérique le , la Chine se conforme dans les faits au traité d'interdiction partielle des essais nucléaires et a officiellement annoncé l'arrêt définitif des dits essais le . De plus, elle a annoncé un moratoire sur les essais souterrains à partir du puis a signé le traité d'interdiction complète des essais nucléaires le de la même année China - Nuclear, site du NTI : Nuclear Disarmament China, site du NTI : .

Cependant, la Chine ne signe le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qu'en 1992, et ne l'a pas encore ratifié. Elle a été accusée en 1987 de vendre ses armes, en particulier d'avoir fourni l'arme nucléaire au Pakistan et de continuer à l'aider dans son programme d'armementAnne-Marie Blondeau, Le Tibet est-il chinois ?, Albin Michel, 2002, p. 340 : .

Selon le politologue Taylor Fravel la Chine n'a pas de brigade de lancement de missiles balistiques au Tibet ni de missiles balistiques de courte portée à tête nucléaire. De même, la Chine n'a déployé aucune arme nucléaire tactique au Tibet ou ailleurs. Cependant, la spécialiste du Tibet Anne-Marie Blondeau affirme que quatre sites de lancement de missiles nucléaires, capables d'atteindre la Russie, l'Europe et les États-Unis, sont situés dans le Qinghai. Dans la région autonome du Tibet au moins trois sites seraient aussi implantés, ce que les autorités chinoises démentent.

En 1987, dans son Plan de paix en cinq points pour le Tibet, le dalaï-lama demandait la

Essais nucléaires au Xinjiang

La base de données de l'agence américaine Defense Threat Reduction Agency situe toutes les explosions chinoises dans le Lob Nor, dans la région autonome du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.. D'après l'association américaine Nuclear Threat Initiative (NTI), la Chine a effectué tous ses essais nucléaires sur son site d'essais d'armes nucléaires de Malan : soit 45 essais, dont 23 atmosphériques (le dernier en 1980) et 22 souterrains (le dernier en 1996). Le premier essai nucléaire, répondant au nom de code essai 596, eut lieu le site du NTI (Nuclear Threat Initiative) : China Overview Last updated: October, 2013, Nuclear Threat Initiative..

Bien que la Chine n'ait pas adhéré au traité sur l'interdiction des essais atmosphériques, elle s'y conforme dans les faits depuis son ultime essai atmosphérique le et a officiellement annoncé l'arrêt définitif des dits essais le . De plus, elle a annoncé un moratoire sur les essais souterrains à partir du puis a signé le traité sur leur interdiction le de la même annéeChina Overview, : .

Allégations d'essais nucléaires au Tibet

Emmanuel Gonon, directeur des programmes à l’Observatoire européen de géopolitique (OEG) et spécialiste des questions de frontière et d'Asie, mentionne que des installations de production et d'essai d'armes nucléaires seraient stationnées sur ce qu'il appelle « l'espace tibétain »Emmanuel Gonon, Marches et Frontières: Géopolitique des Conflits de Voisinage Dans les Himalayas, 2011, Presses de l'université du Québec, , p. 270 et 271.. L'auteur affirme que la région autonome du Tibet n'est plus qu'un territoire historique minimal, comprenant le Ü, le Tsang et le Chang Tang, tandis que les autres régions tibétaines sont rattachées à d'autres régions autonomes ou provinces, faisant de « l'espace tibétain » un territoire éclaté entre deux régions autonomes (dont l'une regroupe 7 préfectures autonomes) et 6 préféctures autonomes situées dans le Yunnan, le Sichuan et le GansuEmmanuel Gonon, , p. 253..

En 1996, Madan Gopal Chitkara Madan Gopal Chitkara, Toxic Tibet Under Nuclear China, 1996, p. 51 , puis en 1997, le diplomate indien Lakhan Lal Mehrotra Lakhan L. Mehrotra, India's Tibet policy: an appraisal and options, Tibetan Parliamentary and Policy Research Centre (New Delhi, India), édition : 1997, p. 28 : , voir aussi l'édition de 2000 : p. 53, affirment que la première explosion nucléaire chinoise eut lieu en 1964 près du site de la Neuvième académie, à proximité du lac Kokonor (province de Qinghai, ancienne province tibétaine de l'Amdo), une affirmation que l'on trouve également publiée en 1994 dans GEO sous la signature de Loïc Trebord, qui précise que les suivantes, officielles celles-ci, eurent lieu dans le Lob NorLoïc Trebord, Un tabou, les déchets nucléaires, GEO Tibet, , août 1994, p. 99. . Selon Madan Gopal Chitkara, le « toit du monde » s'est avéré utile à la recherche et l'exploitation de l'uranium, l'entreposage, et à des essais atomiques souterrains, probablement pour mettre au point une bombe sismique M. G. Chitkara, Tibet, a reality, APH Publishing, 1994, , p. 100 : .

Selon le journal The Indian Express, une dépêche de l'agence TASS du affirme que .

Dans Authenticating Tibet, Thierry Dodin écrit qu'aucun essai nucléaire ne semble avoir été effectué dans une région tibétaine, ajoutant cependant qu'aucune enquête indépendante n'a jamais été autorisée pour le confirmer ou le réfuter.

Centres de recherches nucléaires

Selon Emmanuel Gonon, la Chine s'est doté de centres de fabrication d'armes nucléaires à Dhashu (Haiyan) et à Tongkhor (Huangyuan) au Qinghai.

Construction par des détenus Selon Frédéric Lenoir et Laurent Deshayes, à partir de la fin des années 1950 l'État chinois utilise les détenus des centres de rééducation par le travail pour construire les centres d'études nucléaires du TibetFrédéric Lenoir et Laurent Deshayes, L'épopée des Tibétains : entre mythe et réalité, Fayard, 2002 , page 341..

Selon Vincent Metten, on suppose que les importants camps de rééducation par le travail, qui comptaient des millions de prisonniers dans les années 1960 et 1970, ont fourni une réserve constante de travail forcé pour la construction de facilités nucléaires du Qinghai et les facilités de transport nécessaires. De ce fait, il se peut que les détenus aient été exposés à des niveaux dangereux de radioactivitéVincent Metten, , .

Selon Harry Wu, ancien détenu et expert des prisons chinoises, les camps de travail du Qinghai ont utilisé des prisonniers pour extraire du minerai radioactif, et les prisonniers ont été forcés à entrer dans des sites d'essais nucléaires pour exécuter des travaux dangereuxVincent Metten, , .

Selon Vincent Metten, des rapports font état de l'emploi de détenus de droit commun et de prisonniers politiques dans des installations nucléaires à Lanzhou, dans la province de Gansu. Dans le Qinghai, d'importants camps à main-d'œuvre carcérale, situés à côté de sites de missile nucléaires, ont été observés sur le plateau tibétainVincent Metten, : .

Académie de recherches et d'études du nord-est sur les armes nucléaires (Qinghai)

L'Académie de recherches et d'études du nord-est sur les armes nucléaires (en anglais Northwest Nuclear Weapons Research and Design Academy), aussi appelée « neuvième académie » et « usine 221 », premier site chinois consacré à la fois à la recherche et à la production d'armes nucléaires, fut implantée dans la préfecture autonome tibétaine de Haibei dans la province du Qinghai, entre la ville de Xihai et le lac Qinghai ou Kokonor, dans la prairie de Jingyintan, à la fin des années 1950. E.D. Vorobiev, le directeur de la production d'armes nucléaires soviétiques du Complexe nucléaire Maïak supervisa sa construction suivant le modèle de l'Institut panrusse de recherche scientifique en physique expérimentale I. C. Smith, Nigel West, Historical Dictionary of Chinese Intelligence, pp. 279 et 280.. Le site qui relevait de la juridiction du Neuvième Bureau, était l'installation la plus secrète du programme nucléaire de la Chine. La majorité des armes nucléaires y furent conçues dans les années 1970. C'était un centre important de production d'armes, d'assemblage d'ogives nucléaires, mais aussi un centre de recherche dédié aux détonateurs et à l'enrichissement de matières fissibles, occupant une surface de km2.

Construction débutée en 1958

Le site de Haibei pour la construction du centre de recherche fut choisi par Li Jue, un chef militaire chinois de la préfecture autonome tibétaine. En , Deng Xiaoping approuva le choix du site et les plans. Plus de travailleurs s'installèrent à Haibei, sur la rive orientale du Kokonor Dawa Norbu, China's Tibet Policy, p. 244.. Sous la direction de Li Jue, la construction débuta en 1958, mais ce n'est qu'après plusieurs années que ses concepteurs purent s'y installer John Wilson Lewis, Litai Xue, China Builds the Bomb, p. 140..

Exploitation (1962-1987)

Ce centre de recherches militaire secret , , qui entra en fonction en 1962 William Burr et Jeffrey T Richelson, A Chinese Puzzle, Bulletin of the Atomic Scientists, juillet 1997., aurait produit de l'uranium enrichi et les premières armes nucléaires chinoisesThierry Dodin, in Anne-Marie Blondeau, Katia Buffetrille, Wei Jing (eds), Authenticating Tibet: answers to China's 100 Questions, p. 284.. C'est là, entre 1958 et 1964, que la Chine mit au point sa première bombe atomique et, deux ans plus tard, sa première bombe à hydrogène, lesquelles furent testées sur le site de Lop Nor au Xinjiang.

Les Chinois reconnaissaient que 16 armes nucléaires furent mises au point dans cette usine, avant sa fermeture en 1987 Eric A. Croddy, James J. Wirtz, WWeapons of Mass Destruction: An Encyclopedia of Worldwide Policy, Technology, and History, Volume 2, ABC-CLIO, 2005, , p. 50..