Le projet de statut Basco-Navarrais, connu comme le projet de statut d'Estella, a été un projet de statut d'autonomie conjoint pour les provinces d'Alava, du Guipuscoa, de Navarre et de Biscaye, élaboré dans les années 1930 pendant la Seconde République espagnole.
Plusieurs projets ont été élaborés entre les années 1930 et 1936. Sur un premier projet de la Société d'études basques que l'assemblée des maires basco-navarrais tenue le à Estella a approuvé avant que les Cortes Constituyentes aient approuvé la Constitution, avec une majorité de carlistes et nationalistes basques. Un projet qui réservait à la future région autonome les relations avec l'Église catholique romaine, ce qui amena le socialiste Indalecio Prieto à déclarer que ce qui était voulu était d'établir un Gibraltar vaticaniste. On a ultérieurement élaboré un second projet qui respectait la laïcité, que la Navarre n'a finalement pas approuvé, étant en pleine guerre civile espagnole, et approuvé par le Pays basque.
Évolution du statut Juste après la proclamation de la Seconde République espagnole, des réclamations ont été faites dans différents domaines pour la réalisation d'un statut d'autonomie. On a effectué des consultations dans 582 mairies avec un soutien de 83,30 %. On a nommé une commission permanente de maires (Sangüesa, Getxo, Azpeitia et Laudio) qui a confié sa rédaction à la Société d'études basques.
Pour sa part la Gestionnaire provinciale de Navarre a désigné une commission le chargée de rédiger deux avant-projets : un basco-navarrais (qui incluait les quatre provinces) et un autre pour la Navarre seule, et la Constitution politique intérieure de la NavarreJosé María Jimeno Jurío, Navarra en la época moderna y contemporánea, Éditions Pamiela 2007, Pampelune .
La Commission de la Société d'études basques a présenté le un Statut général de l'État basqueStanley G. Payne, El Nacionalismo Vasco, (1974) dans lequel elle déclare un État basque autonome dans la totalité de l'État espagnol formé par les quatre provinces espagnoles et dont le nom serait . Pour lui le gouvernement central aurait pleine autorité dans des questions internationales, de communications, de monnaie, de droit marchand et pénal, des relations Église-État, les élections nationales et des forces armées en général. Le gouvernement basque resterait avec une pleine autorité dans les autres affaires et dans l'administration de ses frontières, y compris policier et forces armées (appelés milices basques).
Le le PNB a accepté ce projet avec quelques objections, puisque la juridiction sur les relations avec l'Église restait entre les mains du gouvernement espagnol. Des socialistes, les différents partis républicains et carlistes étaient aussi soutenus, bien que tous avec leurs réserves propres. Le résultat a été que 480 des 520 communes des quatre provinces donnaient leur soutien au projet initial.
On a convoqué pour le , à Pampelune, une assemblée générale de mairies pour examiner le projet, en transférant l'assemblée à Estella pour coïncider avec un meeting de promotion de la coalition Catholico-FueristeLa coalition catolico-fueriste a été le nom générique par lequel on connaît les candidatures électorales qu'ont formées les partis de droite en Navarre et au Pays basque (Espagne) pour les élections générales du 28 juin 1931, une fois proclamé la Seconde République espagnole. dans ce qui n'était encore pas le PNB. Dans cette assemblée on a examiné point par point le projet, étant approuvé par 427 corporations existantes avec une importante modification : il garantissait l'autonomie complète dans les relations entre l'État basque et le Saint-Siège, et le droit de négocier son propre concordat avec le Vatican. Il s'agissait des modifications connues comme « amendements d'Estella ». Des 220 mairies navarraises présentées, 200 ont soutenu le statut basco-navarrais (89,93 % de la population). À la suite de l'assemblée, la coalition navarraise a négocié l'intégration du PNB. Cette assemblée a donné le surnom à ce statut, étant connue comme le Statut d'Estella.
La commission de la Gestionnaire provinciale de Navarre a livré le les trois projets, en réadaptant le texte de la Société d'études basques. Dans le prologue au peuple navarrais ils recommandaient l'appui au statut unique pour les quatre provinces, parce que "il ne peut qu'y avoir des avantages de cette création de l'État Basco-Navarrais"
Pour le la Gestionnaire provinciale de Navarre présida cette assemblée d'Estella et a convoqué une autre assemblée générale de mairies réunie à Pampelune. On n'est pas arrivé au vote pour considérer que certains des textes méritaient une étude plus attentive. On a effectué des assemblées comarcales dans les cinq merindades. Toutes ont opté pour le statut unique. Le ont été soumis au vote les Statuts Basco-Navarrais et Navarrais avec les résultats suivants :
Assemblée municipale de Navarre () Pour municipalités votes pourcentage Statut basco-navarrais 200 314.740 89,83 Aucun statut 15 30.290 8,64 Statut navarrais 3 2.802 0,80 Autonomie régionale 2 2.561 0,63Total 220 350.393 100,00
L'inclusion des amendements d'Estella a été soumise à vote l'après-midi, approuvée par 59,2 % de la population représentée. le une délégation de 420 maires (dont 156 Navarrais) s'est déplacée à Madrid, en livrant le projet de statut à Niceto Alcala Zamora, président du Gouvernement provisoire. Les 25 et , il a été débattu en commission dans les Cortes, où on a décidé que l'article sur les relations Église-État était anticonstitutionnel, raison pour laquelle il a été rejeté dans sa totalité.
Le a été approuvée la Constitution de la Seconde République espagnole, à caractère laïque et qui réservait à l'État espagnol les relations avec le Vatican. En elle on séparait l'Église et l'État, on dissolvait les ordres religieux qui imposeraient un vote additionnel d'obéissance à des autorités différentes de ce qui est étatique (en référence claire à la Compagnie de Jésus) et on interdisait aux ordres religieux l'exercice de l'enseignement, ce pourquoi le premier projet s'avérait anticonstitutionnel. Le rejet du statut a forcé à reprendre le processus d'autonomie, lequel, en accord avec la législation approuvée par les Cortes espagnols, devait être dirigé par les gestionnaires des députations provinciales. Les quatre gestionnaires se sont réunis à Bilbao le et ont désigné une nouvelle commission gestionnaire des quatre provinces pour rédiger un nouveau statut en accord avec la Constitution, qui est officiellement présenté en . Dans ce nouveau statut, on ne mentionne pas l'État basque, mais une unité autonome politico-administrative dans l'État espagnol qui est appelé Pays basco-navarrais en castillan et Euzkadi en basque. En accord avec la législation, chaque province devait approuver, en assemblée des communes, si elle voulait être unie à un statut conjoint ou jouir d'un statut provincial.
Le nouveau document n'était pas trop soutenu par les carlistes, dont la direction déclarait que ses membres devaient voter selon leur conscience. Tandis que beaucoup de carlistes le considéraient antifuerista (opposé aux fors), le PNV répondait en disant que la juridiction authentique n'est pas adaptée à la volonté de vivre dans le passé, mais à celle de vivre dans le présent.
Dans l'assemblée du , le résultat a été positif, mais tant l'attitude de Communion Traditionaliste, qui a laissé liberté de vote à ses membres, que celle d'un important secteur de la gauche navarraise, dirigé par Emilio AzarolaEmilio Azarola Gresillón Tafalla, Navarre, 1872-1950. Ingénieur des routes, économiste et politicien espagnol. Membre d'une famille basco-navarraise émigrée en Uruguay. En 1931, dans les élections municipales qui ont apporté la Seconde République espagnole, sera élu maire de Santesteban (Navarre), par la minorité radical-socialiste., qui s'opposait au statut conjoint, a mené jusqu'à un total de 69 mairies sur 229 s'opposant au statut conjoint. Plus encore, Azarola est parvenu à approuver un amendement qui spécifiait qu'on requerrait un pourcentage des deux tiers du corps électoral pour l'approbation du statut conjoint en Navarre, tant des mairies qui devaient l'approuver avant de soumettre le projet de statut au plébiscite (qu'elles devaient représenter aux deux tiers de la population citée), que des électeurs qui devaient définitivement l'approuver. Les résultats de l'assemblée ont été les suivants :
Assemblée municipale de Navarre () Pour municipalités votes pourcentage Statut basco-navarrais 160 209.479 64,46 Aucun statut 21 66.553 20,48 Statut navarrais 36 28.891 8,89 Autonomie régionale 12 20.044 6,17Total 229 324.967 100,00
Le nouvel avant-projet publié le , préalable au vote pour le , mais a dû être retardé au .