Looberghe (Loberge en néerlandais) est une commune rurale française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France.
Ses habitants sont appelés les Looberghoises et les Looberghois.
Géographie
vignette|gauche|Looberghe dans son canton et son arrondissement.|180px La commune est traversée par les canaux de la Haute et la Moyenne Colme. L'altitude moyenne est de .. Looberghe se trouve à environ du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale et à du Bois du Ham. Le port de Dunkerque est à de la commune..
La plage la plus proche est la Plage de Petit-Fort-Philippe à Gravelines, à ..
Le climat est océanique avec des étés tempérés.
Situation
Communes limitrophes
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par le canal de la Haute Colme, la Vliet, le Langhegracht, la Kerkofgracht, le Collecteur, le Landsdyck, le watergang Boudyck, l'Overdyck, le Tronçon Sud-Ouest Oudegracht, le Schardauwgracht Rg du Snaekedyck, le Landsdyck et le Schey Dyck.
Le canal de la Haute-Colme relie l'Aa à Watten au canal de Bergues et au canal de la Basse-Colme à Bergues. Il fait partie du canal de la Colme, et correspond à la partie occidentale, la seule encore accessible à la navigation fluviale.
La Langhegracht, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Canal de Bergues à Téteghem-Coudekerque-Village, après avoir traversé .
La Langhegracht, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Canal de Bergues à Téteghem-Coudekerque-Village, après avoir traversé . vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LoobergheLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Delta de l'Aa ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de l'Aa. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est l'Institution intercommunale des Wateringues.
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Watten à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Looberghe est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dunkerque, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (98,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (97,7 %), zones urbanisées (1,7 %), zones agricoles hétérogènes (0,6 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Loberga en 1093 ; Lon en 1075 ; Lobergis en 1111.
Il s'agit d'un composé toponymique flamand dont les éléments remontent au germanique occidental : lôh (ancien néerlandais loh) « bois » et berg « élévation, colline, mont, montagne ».
Un érudit, Louis Cousin, écrivant en 1869 dans un mémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences , des lettres et des arts (Mémoires de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts) a cru pouvoir retrouver Looberghe dans une charte de 828 sous le nom de Lonastingahem.
Histoire Avant la Révolution française La première trace écrite de Looberghe remonte à 1093 : Robert dit Le Frison, alors comte de Flandre, avait pris sous sa garde et protection Bernold, le prévôt de l'abbaye de Watten et lui donna par charte datant de l'an 1093, 53 hectares à LoobergheGeorges Dupas, Les noms de personnes en Flandres-Artois du à nos jours, Dunkerque, 1988, Éditions du beffroi, p. 17.. Néanmoins le nom Loobergha figurait déjà sur une carte datant d'environ 800Aymard Drieux et Yves Lemaire, Brouckerque, Coppenaxfort, 2005, ..
On retrouve le nom de Looberghe sous la forme Loberga également dans un titre de l'abbaye Notre-Dame de Bourbourg datant de 1119. En 1130, le nom est écrit Loberghe dans une charte de la même abbaye. Cette graphie changea en Loberges en 1193.
En 1145, Milon II, évêque de Thérouanne, déclare que les chanoines de l'église de Saint-Omer ont abandonné à l'abbaye de Bourbourg leurs dîmes novales (dîmes portant sur les nouvelles terres défrichées) de Looberghe, à condition qu'elle verse chaque année six hods (ancienne unité de mesure) d'avoineAlphonse Wauters,Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de la Belgique, 10 volumes en 11 tomes, Bruxelles, 1866 à 1904. Tome II, Année 1145..
En 1161, Milon II, donne à l'abbaye de Watten, l'autel de Looberghe et un revenu annuel de quatre marcsAlphonse Wauters,Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de la Belgique, 10 volumes en 11 tomes, Bruxelles, 1866 à 1904. Tome II, Année 1161.
Dans un acte non daté, peut-être pris entre 1184 et 1188, un Wilgelmus (Guillaume) de Drincham de même qu'un Walterus de Loberga (Gautier de Looberghe) sont dits échevins de Bourbourg (la ville avait obtenu des comtes de Flandres le droit d'avoir un corps municipal ayant le pouvoir de régler certaines affaires internes de la ville dans une certaine indépendance)..
Jusqu'à la Révolution française, le territoire de Looberghe est partagé et relève de deux châtellenies : la châtellenie de Bourbourg et la châtellenie de Bergues Saint Winoc. Il ne semble pas que Looberghe soit le siège d'une seigneurie, comme la plupart des villages voisins (voir par exemple Liste des seigneurs de Drincham), en dehors de la seigneurie de Locre citée sous-dessous. Néanmoins, Louis de Backer parle dans une ses étudesLouis de Baecker, « Noordpeene, sa seigneurie, son église et son monastère », dans Annales du Comité flamand de France, tome IV, Dunkerque 1859, p. 18, lire en ligne. d'un seigneur de Looberghe, qui serait Jean d'Ypres, dit de Saint-Omer, chevalier, seigneur de Beaurepaire, Staple et Looberghe. Il épouse Ermengarde de la Viefville qui lui amène les seigneuries de Peene (Noordpeene), Zuydpeene, Boeschepe, Walle. Il est fils de Jean châtelain d'Ypres et de Mahaut d'Aire, châtelaine de Saint-Omer. Il meurt à Cassel en 1275 et y est inhumé dans l'église Saint-Pierre de Cassel.
Avant la Révolution française, la paroisse était incluse dans le diocèse de Thérouanne, puis à la disparition de celui-ci dans le diocèse de Saint-OmerMémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, 1862-1864, neuvième volume, p. 66, lire en ligne..
Le , lors de la guerre de Cent Ans, et dans le contexte du siège de Calais de cette année là, les habitants de Looberghe sont assiégés et brulés dans leur église par les Anglais, venus de la garnison de Calais, alors anglaise.Georges Dupas, Histoire de Gravelines, porte de Flandre et de ses hameaux, des origines à la Libération, Westhoeck éditions, 1981, avec Patrick Oddone comme collaborateur, p. 34..
Le village trouva sa graphie actuelle en 1475 dans le cartulaire de l'Abbaye de Saint-Winoc de Bergues.
Looberghe s'est retrouvé comme les villages voisins au cœur des affrontements entre la France (de l'époque de François au à Louis XIV au ) contre le Saint Empire Romain germanique de Charles Quint puis la Maison d'Autriche puis l'Espagne. À ce titre, le village a subi destructions, pillages, passage des troupes qui ont fait de cette époque des moments difficiles pour les habitants. En 1645, les Français tentent de passer la Colme à Looberghe pour avancer vers Bourbourg et Gravelines, les Espagnols réussissent à les bloquer et à empêcher le passage, les Français se retirent, non sans avoir provoqué des dégâts sur leur passage (ils vont réussir à passer à Pont l'Abbesse (commune actuelle de Cappellebrouck)Edmond de Coussemaker, «Document inédit pour servir à l'histoire des guerres de Flandre et à celle de la ville et châtellenie de Bourbourg », dans Mémoires de la Société dunkerquoise d'encouragement aux sciences, aux lettres et aux arts, Année 1856, page 175, lire en ligne. En 1657, Looberghe vit une répétition des évènements de 1645 : nouvelle tentative française de franchir la Colme, résistance espagnole, nouvelles destructions dus aux combats et à la présence des troupes, les Français vont finir par passer par WattenEdmond de Coussemaker, «Document inédit pour servir à l'histoire des guerres de Flandre et à celle de la ville et châtellenie de Bourbourg », dans Mémoires de la Société dunkerquoise d'encouragement aux sciences, aux lettres et aux arts, Année 1856, page 180-185, lire en ligne..
En 1659, par le traité des Pyrénées, la châtellenie de Bourbourg devient française mais celle de Bergues reste espagnole. Looberghe qui relève des deux pouvoirs connait une période difficile pendant quelques années. Les problèmes vont durer jusqu'en 1668 lorsque Bergues devient française (Traité d'Aix-la-Chapelle).