thumb|Panneau indicateur bilingue à l'entrée de Sibiu. thumb|upright|Inscription trilingue à Satu Mare.

Les Allemands de RoumanieCet article est en bonne partie la traduction de l'article correspondant en roumain. (en ) sont une de plus importantes minorités historiques, ethniques et linguistiques de Roumanie. Ils étaient au recensement de 2011Rezultatele finale ale Recensământului din 2011: . et sont aujourd'hui assez uniformément répartis sur le territoire roumain, mais ont été bien plus nombreux au cours de l'histoire et concentrés dans certaines régions de Transylvanie. Klaus Iohannis, président roumain élu en 2014 et réélu en 2019, est notamment issu de cette communauté. En 2022, il y avait 22 900 Allemands enregistrés par le nouveau recensement roumain.

left|300px|thumb|Régions d'implantation des minorités germanophones en Transylvanie jusqu'en 1945. left|300px|thumb|Disposant de leur propre réseau scolaire confessionnel, les minorités germanophones de Roumanie, en Transylvanie et Bessarabie, avaient le meilleur taux d'alphabétisation de Roumanie en 1930 (vert).

Groupes

Les Allemands sont arrivés sur l'actuel territoire de la Roumanie en plusieurs vagues, du jusqu'au . Par conséquent, ils ne forment pas une communauté homogène, mais plusieurs groupes diversifiés, aux deux-tiers catholiques et au tiers protestants depuis l'édit de tolérance transylvain de 1565 :

les Saxons de Transylvanie, arrivés au , forment le groupe le plus connu, souvent identifié à tort à l'ensemble des Allemands de Roumanie ; les Souabes de Satu Mare et ceux du Banat sont issus des Souabes du Danube arrivés à la fin du ; les Landlers de Transylvanie installés aux environs de Sibiu au cours de la première moitié du ; les Zipsiens du Maramureș, arrivés de la région du Zips ou Spiš (dans l'actuelle Slovaquie) au et au ; les Allemands de Bucovine, très nombreux jadis à Gura Humorului (où, en 1930, ils formaient la majorité de la population), à Suceava, Cernăuți, Rădăuți, Vatra Dornei ou Câmpulung Moldovenesc ; les Allemands de Bessarabie dans le Bugeac ; les Allemands du Vieux Royaume, dont les Allemands de Dobrogée, arrivés entre 1840 et 1891.

Historique

Tous les Allemands de Roumanie ont été, dans l'histoire, de libres-artisans, maçons, mineurs, cultivateurs ou marchands, bénéficiant de franchises, patentes et privilèges ; il n'y a pas eu de servage parmi eux. Le groupe le plus ancien est celui des Saxons de Transylvanie, qui géographiquement a débordé sur les principautés danubiennes voisines de Moldavie et Valachie. Les « Saxons » (qui comprenaient en fait aussi des germanophones venus de Thuringe, de Franconie, de la vallée du Rhin, d'Alsace) sont venus dès le en tant que bûcherons, maçons, orpailleurs et mineurs au service des rois de Hongrie et de leurs vassaux les voïvodes transylvains, moldaves et valaques. Lors de la Réforme, les deux tiers des Saxons ont adopté le luthéranisme (alors que leurs voisins Sicules magyarophones adoptaient, pour moitié d'entre eux, le calvinisme).

Tous les autres groupes d'Allemands sont plus récents et, à l'exception des Landlers, sont catholiques : ils ont été colonisés ici au et au par les Habsbourg dans le cadre de l'empire d'Autriche. Les Allemands bessarabiens et dobrogéens, pour leur part, sont arrivés entre 1820 et 1891, initialement installés par les Tzars russes au nord de la mer Noire. Les Allemands du Vieux Royaume, pour la plupart commerçants, tailleurs, coiffeurs, confiseurs ou ingénieurs, sont venus à diverses époques en Roumanie, avant qu'elle n'intègre la Bessarabie, la Bucovine et la Transylvanie.

Lors de l'unification de la Roumanie, tous ces groupes ont reçu la nationalité roumaine, ont pu sauvegarder leurs biens, presse et écoles, et envoyer des représentants au Parlement. Mais le pacte Hitler-Staline de 1939 se traduit en 1940 par l'occupation soviétique de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord : les Allemands de ces régions ainsi que les Allemands de Dobrogée sont alors expulsés et rapatriés de force vers le Troisième Reich, pour y être recolonisés dans le Reichsgau Wartheland arraché à la Pologne, d'où ils seront à nouveau expulsés par l'Armée rouge en 1944-45 : la plupart n'y survivent pas.

Les Allemands de Roumanie ont eu des attitudes divergentes pendant la Seconde Guerre mondiale. Une minorité menée par Andreas SchmidtAndreas Schmidt, né le à Manarade (Transylvanie, Autriche-Hongrie), mort en 1948, à Vorkouta (Goulag, URSS) leader nazi (Volksgruppenführer) et membre de la Waffen-SS. constitua une filiale locale du parti nazi, demanda et obtînt d'être considérés comme ressortissants du Reich et d'être enrôlés dans la Wehrmacht et non dans l'armée roumaine ; une autre minorité, surtout parmi les mineurs du Haut-Jiu et les bûcherons de Transylvanie et de Bucovine, de tradition socialiste, s'y refusa et rejoignit l'opposition au régime fasciste, mais la plupart se tînt dans une prudente expectativeGrigore Gafencu, Préliminaires de la guerre à l’est : de l’accord de Moscou (21 août 1939) aux hostilités de Russie (22 juin 1941), Egloff, Fribourg/Suisse, 1944Nicolette Frank, La Roumanie dans l’engrenage, Elsevier-Sequoia, Paris 1977. La fuite des premiers vers l'Allemagne commença à partir du lorsque la Roumanie déclara la guerre à l'Allemagne. Les décrets émis en par le gouvernement allié de Constantin Sănătescu considéraient les ressortissants du Reich comme des ennemis, civils ou militaires, à interner ou traiter en prisonniers de guerre, leur cas devant être éclairci ultérieurement, mais l'Armée rouge exigea que tous les Allemands de Roumanie sous uniforme allemand lui soient livrés, ce qui fut fait : la plupart (dont Andreas Schmidt) finirent leurs jours au GoulagDuţu A., Dobre F., Loghin L., Armata română în al doilea război mondial, 1941-1945 (L'Armée roumaine dans la seconde guerre mondiale), Dicţionar enciclopedic, éd. Enciclopedică, Bucarest 1999.. Simultanément, les forces soviétiques commencèrent les expulsions de leurs familles, mais le gouvernement roumain protesta que ces expulsions handicapaient l'économie, sans pour autant s'y opposerTheodor Schieder (ed.) : Documents on the Expulsion of the Germans from Eastern & Central Europe, Bonn : Federal Ministry for Expellees, Refugees, & War Victims, vol.2/3 : The Expulsion of the German Population from Hungary and Rumania (1961).. De toute manière, après le coup d'état communiste du , le nouveau gouvernement roumain approuva toutes les exigences soviétiques et de Roumanie furent expulsés sous divers prétextes, le plus fréquent étant celui de « collusion avec le fascisme »Florin Constantiniu, Une histoire sincère du peuple roumain, éd. Univers Enciclopedic, Bucarest 2008..

Après la guerre, au début du régime communiste de Roumanie, il restait dans le pays sur les d'avant-guerre, disposant d'écoles, journaux et théâtres dans leur langueConstantin Daicoviciu, Alex. Graur (dir.), Republica populară Romînă, éd. Meridiane, Bucarest 1960, 870 pp., ., contrôlés bien sûr par le Parti communiste roumain mais autorisés à tisser des liens culturels avec l'Allemagne de l'Est. Néanmoins, c'est vers l'Allemagne de l'Ouest que la plupart d'entre eux demandèrent à émigrer durant cette période, quitte à payer des taxes au gouvernement roumain au prorata des études effectuées. Le mouvement d'émigration connut un pic après la chute de la dictature communiste en 1989 de sorte qu'au recensement de 2002, il restait sur les d'avant 1990.

Démographie Évolution de la population allemande de Roumanie 1930 : , soit 4,1 % de la population de la RoumanieRecensământul general al populației României din 29 Decemvrie 1930, vol. II, pag. XXIV., (23,7 % de la population du BanatIdem, pag. XXVII., 8,9 % de la population de la BucovineIdem, pag. XXVI., 7,9 % de la population de la Transylvanie, 3 % de la population de la Bessarabie et 2,8 % de la population de la Dobroudja). 1948 : , soit 2,2 % de la population de la Roumanie; 1956 : , soit 2,2 % de la population; 1977 : ; 1992 : ; 2002 : ; 2011 : .

Émigration Chiffres officiels des Allemands ayant émigré en Allemagne de l'Ouest pendant les dernières années du régime communiste : en 1985, en 1986, en 1987, en 1988, en 1989. On estime qu'à la fin de 1989, il y avait quelque - en Roumanie.

Ces départs n'allaient pas tous vers l'Allemagne mais aussi vers l'Autriche, les États-Unis, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Juste après la chute du régime communiste à la fin 1989, l'émigration a connu une forte croissance pour décroître par la suite : en 1990, en 1991, en 1992, en 1993, en 1994, en 1995, en 1996, en 1997.

En 2002, il y avait en Roumanie, soit 0,3 % de la population du pays.

Personnalités Saxons de Transylvanie Samuel von Brukenthal (, Nocrich – 1803, Sibiu), juriste transylvanien et gouverneur de Transylvanie Otto Hindrich (, Cluj-Napoca), footballeur international roumain Johannes Honterus (1498, Brașov – , Brașov), humaniste et théologien Klaus Iohannis (né en 1959), maire de Sibiu de 2000 à 2014 et président de la Roumanie de 2014 à 2025 Johannes Kelpius, (1673, Sighișoara – 1708, Germantown, Pennsylvanie), théologien piétiste allemand Hermann Oberth, (, Sibiu – , Nuremberg), physicien Jean Rounault, (, Brașov - , Le Mesnil-Saint-Denis), écrivain de langue française et frère de Walter Biemel (, près de Belgrade - , Topčider en Serbie), philosophe Mattis Teutsch (, Brașov – , Brașov), peintre Pauline Schullerus, (, Cincu - , Sibiu), ethnologue, botaniste.

Allemands de Bucovine Elisabeth Axmann (, Siret - 2015, Cologne), écrivaine, traductrice, critique et poétesse Stefan Hantel (né en 1968), DJ Alfred Eisenbeisser (, Cernăuți - 1991, Berlin), joueur de football Gregor von Rezzori (, Cernăuți - 1998), écrivain et acteur

Souabes du Banat Otto Alscher (, Perlez - , Târgu Jiu), écrivain Robert Dornhelm, (, Timișoara), réalisateur Nikolaus Lenau, (1802, Lenauheim – 1850, Vienne), écrivain Herta Müller, (, Nițchidorf), écrivaine et prix Nobel de littérature en 2009 Johnny Weissmuller (, Freidorf, Timișoara – , Acapulco, Mexique), nageur olympique et acteur Helmuth Duckadam (, Semlac – , Bucarest), footballeur et vainqueur de la Ligue des champions en 1986

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Johann Böhm: Die Gleichschaltung der deutschen Volksgruppe in Rumänien und das Dritte Reich 1941-1944, Frankfurt am Main 2003, .

Liens externes Die Deutschen in Rumänien

Articles connexes Aussiedler/Spätaussiedler Confins militaires, Krajina du Banat

* Catégorie:Communauté ethnique de Roumanie