vignette|Famille de quatre enfants tibétains au bord du lac Qinghai Selon la loi chinoise, la politique de l'enfant unique en vigueur en Chine ne s'applique pas aux minorités ethniques mais uniquement aux Han, ethnie majoritaire, et les familles tibétaines de bergers et d'agriculteurs comptent souvent deux enfants ou plusChine: trois millions d'habitants au Tibet, dont 90 % sont des Tibétains, Le Quotidien du peuple en ligne, 5 mai 2011..

Selon Robert Barnett, un contrôle des naissances pour les personnes travaillant pour le gouvernement de la région autonome du Tibet (RAT) a été introduit en 1985 puis a été renforcé en 1992Robert Barnett dans Le Tibet est-il chinois ? Citation: .

Dans une étude sur la fertilité et la planification familiale au Tibet, publiée en 2002, Melvyn C. Goldstein, Ben Jiao, Cynthia M. Beal et Phuntsog Tsering affirment pour leur part que dans aucun des endroits qu'ils ont étudiés, il n'y a d'indications montrant que Lhassa applique dans le Tibet rural la règle des deux enfants. Alors même qu'un rapport du Tibet Information Network prétendait que cette politique était en place, ils constatèrent que dans le comté de Ngamring où ils enquêtaient, aucune limite de ce genre n'était imposée M. C. Goldstein, Ben Jiao, C.M. Beall, Phuntso Tsering, «  », , 2002, , fasc. 1, : .

Le spécialiste en économie du développement Andrew Martin Fischer estime que les allégations d'abus concernent, pour un grand nombre d'entre elles, les zones tibétaines en dehors de la RAT, et, dans la plupart des cas, renvoient aux années 1980 et au début des années 1990. Il voit dans ces abus moins une politique érigée en système que des excès de zèle très localisés et brefs Andrew Martin Fischer, : ..

Cadre géographique Le Tibet, évoqué dans cette page, est composé des trois régions traditionnelles revendiquées par le gouvernement tibétain en exil : l'Ü-Tsang (dont la plus grande partie du territoire est comprise dans la région autonome du Tibet), l'Amdo (éclaté entre les provinces du Qinghai, du Gansu et du Sichuan) et le Kham (dont le territoire est partagé entre les provinces du Sichuan et du Yunnan et la région autonome du Tibet)Quelle solution politique pour le Tibet ? - Rapport présenté par Louis de Broissia, sénateur, série Relations interparlementaires France-Tibet, 2006, p. 17 : « Le territoire revendiqué par le gouvernement tibétain en exil depuis 1959 correspond au Pö Chölka Sum, c’est-à-dire au « Tibet des trois provinces » : Ü-Tsang, Kham et Amdo. Ce Grand Tibet a une superficie d’environ de km, soit sept fois la France. Il représente donc près de 40 % de la superficie de la Chine dans ses frontières actuelles ( de km) ». Yan Hao, «  », , , 1, mars 2000, ; .

Mortalité infantile dans le Tibet des années 1930 Selon le zoologue Ernst Schäfer, qui séjourna au Tibet en 1939 et que cite Christopher Hale : (NJ), 2003, 422, 50 : ..

Entraver les naissances au sein d'un groupe, un des critères du génocide

Le génocide a été juridiquement redéfini dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par l'assemblée générale des Nations unies le . La Convention définit précisément à quoi correspond le crime de génocide dans son article 2Texte de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide :

La Chine a signé et ratifié la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide respectivement le et le , ICRC.

Selon un rapport de deux avocates américaines publié par le Tibet Justice Center en 1995, bien que la république populaire de Chine dément en avoir l’intention, son action au Tibet indique un politique systématique de réduction de la population tibétaine, d’élimination de la culture tibétaine, et de relégation des Tibétains à une minorité dans leur pays par le transfert de millions de colons Chinois. Cette politique factuelle est une preuve suffisante permettant de conclure à une intention de la part de la RPC. Dans ce contexte, la planification familiale contrainte et forcée de la RPC au Tibet apparaît comme une violation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide Eva Herzer et Sara B. Levin, , 10 octobre 1995, ..

Évolution démographique de la population tibétaine vignette|300px|L'évolution démographique tibétaine entre 1953 et 2000 1950—1990年藏族人口规模变动及其地区差异研究 (les chiffres de la RAT en 1953 et 1964 présentés dans cette étude correspondent à des évaluations, tous les autres chiffres proviennent de recensements) (国家统计局人口和社会科技统计司) (国家民族事务委员会经济发展司), eds. Tabulation on Nationalities of 2000 Population Census of China (《2000年人口普查中国民族人口资料》). 2 volumes. Beijing: (民族出版社), 2003 .

Selon le gouvernement chinois, avant la « libération pacifique » du Tibet en 1951, les autorités locales du Tibet ne possédaient pas de documents démographiques précis. Ainsi, lors du premier recensement national de 1953, elles auraient déclaré au gouvernement central que la population du Tibet était de 1 million de personnesDéveloppement des services médicaux et poussée démographique au Tibet..

En 1959, il y aurait eu personnes d'ethnie tibétaine uniquement dans la seule RAT, chiffre obtenu en ajoutant l'estimation imprécise de 1 million de personnes donnée par le gouvernement du dalaï-lama au chiffre précis de personnes correspondant à la préfecture de Qamdo dans le Kham occidentalJing Hee, « 1950-1990.  », site , 10 octobre 2006 : .. Hors RAT (c'est-à-dire les anciennes provinces orientales du Kham et de l'Amdo), le recensement des habitants d'ethnie tibétaine donnait personnes.

Au recensement de 1964, les chiffres étaient respectivement de (en RAT) et de (hors RAT). En 1982 : et . En 1990 : et . En 2000 : et . Au mini-recensement de 2005 : pour la RAT (chiffre hors RAT non disponible)Développement des services médicaux et poussée démographique au Tibet, sur french.china.org.cnYan Hao, (Institute of Economic Research, Beijing), Tibetan «  », , , 1, mars 2000, Quelle solution politique pour le Tibet ?, rapport du groupe interparlementaire d'amitié 77 (2007-2008), 17 octobre 2007, sur www.senat.fr..

En 2000, le nombre de personnes d'ethnie tibétaine dans l'ensemble des régions du « Tibet historique » était d'environ selon Bureau d'État des Statistiques de Chine lors du recensement de 2000 : China Statistical Yearbook 2003, p. 48.. Le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala en Inde donne une estimation, proche de ce chiffre, de 6 millions de Tibétains vivant actuellement au « Tibet historique »Il faut ajouter qu'environ Tibétains vivent à l'étranger (soit qu'ils aient fui le Tibet soit qu'ils soient nés en exil), principalement en Inde mais aussi au Népal, au Bhoutan, en Europe et aux États-Unis..

La population de l'ethnie tibétaine a subi une baisse entre l'évaluation de 1953 et le recensement de 1964 (de à , soit ), comme l'indiquent les chiffres de source officielle. Les causes de cette diminution restent toutefois à déterminer précisément.

L'explication officielle doctrinaire, à ce que rapporte en 1966 le géographe Michael Freeberne, met en avant les contraintes afférentes à la condition des serfs et des esclaves de l'époque: corvées pour les seigneurs, entraves au mariage et à la procréation, maladies de type épidémique, retour des mères au travail après l'accouchement , Changing Population Characteristics in Tibet, 1959 to 1965, Michael Freeberne, Population Studies, Vol. 19, No. 3 (Mar., 1966), p. 317. Extrait en ligne..

Le politologue Colin P. Mackerras, pour sa part, mentionne les facteurs suivants : le bilan des révoltes des années 1950 et de l'insurrection de 1959, la famine de la fin des années 1950 et du début des années 1960 (principalement en dehors de la future RAT), ainsi qu'un déclin continu dû à des facteurs similaires à ceux déjà attribués à la période d'avant 1950 (le nombre élevé des mâles dans les ordres monastiques, la polyandrie, les maladies vénériennes (très répandues), la mortalité infantile élevée, les fréquentes épidémies de petite vérole, le goître endémique (en certains endroits), la dégradation des milieux naturels, le style de vie violent des gens du Kham (dans les années 1930-1940), en plus de l'émigration dans les années 1950 et suivantes , People’s Republic of China: Background paper on the situation of the Tibetan population, A Writenet Report by Professor Colin P. Mackerras, p. 19-20. Consulté le 16 novembre 2007.Elisabeth Allès remarque que s'il tente une mise en perspective, Colin P. Mackerras formule parfois un satisfecit au pouvoir politique chinois, cf Colin Mackerras, China’s Ethnic Minorities and Globalisation..

Selon la Chine, entre 1953 et 2000 la population d'ethnie tibétaine en Chine a doublé, passant de à , comme elle a aussi doublé dans la seule région autonome du Tibet, passant de à Sources : 1/ Développement des services médicaux et poussée démographique au Tibet; 2/ Yan Hao, (Institute of Economic Research, Beijing), Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined, Asian Ethnicity, vol. 1, Number 1, March 2000, pp. 11-36.« De 1950 à 1991, la population tibétaine a augmenté de habitants ». Source : Développement des services médicaux et poussée démographique au Tibet..

Contrôle des naissances

En 1983, une politique de planning familial destinée aux Tibétains de la région autonome du Tibet a été instituée, limitant à 2 le nombre d’enfants par couple d’abord dans les zones urbaines, puis en 1984, dans les zones rurales, à l'exception des zones frontalières. Après le recensement de 1990, une campagne destinée à en renforcer l'application, principalement dans les zones rurales a été mise en œuvre avec l’instauration d’amendes, et de quotas de naissances Fertility and Family Planning in Rural Tibet, Melvyn C. Goldstein, Ben Jiao, Cynthia M. Beall, et Phuntsog Tsering. Publiée dans The China Journal, No. 47 (Jan., 2002), pp. 19-39..

L'application de cette politique fait l'objet de diverses analyses : Selon Kate Saunders, journaliste spécialiste du Tibet et de la Chine, directeur de communication de l'association Campagne internationale pour le Tibet, les fonctionnaires tibétaines n'auraient droit qu'à un seul enfant ; les familles ayant 3 enfants ou plus seraient soumises à des sanctions : une amende de yuans par an (équivalent au revenu annuel d'un fonctionnaire bien payé), la perte d'allocations ou d'avantages liés à l'emploi, et même l'avortement forcé ou la stérilisation. En outre, les enfants surnuméraires ne pourraient pas obtenir de permis de travail, et seraient exclus des systèmes d'éducation et de soins de santé Politique de l'Enfant Unique, China one-child policy updateBirth Control Policies In Tibet.. En revanche, selon Gu Baochang, un responsable du gouvernement chinois, au Tibet, si les fonctionnaires Han n'ont droit qu'à un seul enfant, les fonctionnaires tibétaines pourraient en avoir deux. Une étude du « Center For Research on Tibet » de l'Université américaine Case Western Reserve, précise que l'application de la politique de planning familial resterait assez souple au Tibet, et qu'aucun avortement forcé n'y serait pratiquéAu chapitre Family-planning programs : . Cette étude a été commentée par les organisations pro-tibétaines New Report Disputes Charges of Forced Family Planning in Tibet, 25 décembre, 2001, sur www.savetibet.org. ..