L'Affaire Jacques Maire est une affaire criminelle française qui date de 2004. Jacques Maire a été soupçonné dans les disparitions d'Odile Busset en 1983 et de Sandrine Ferry en 1985, et dans le meurtre de Nelly Haderer en 1987 dans la région de Dombasle-sur-Meurthe.
Il a été condamné en première instance en 2004 à quinze ans de réclusion criminelle pour enlèvement et séquestration sur la personne d'Odile Busset et fut acquitté dans l'affaire du meurtre de Nelly Haderer. En 2006, le procès en appel le condamne à vingt ans de réclusion criminelle à la fois pour enlèvement et séquestration sur Odile Busset, et pour enlèvement et meurtre sur Nelly Haderer. La décision de la cour d'appel est cassée pour vice de procédure en (une trentaine de pages n'étaient pas signées par la greffière).
Après trois procès, il est acquitté le . Il perçoit également d'indemnité pour les onze ans d'enquête et les condamnations précédentes lorsqu'il fut emprisonné. Six ans plus tard, un indice sérieux (trace d'ADN, considérée par le grand public comme une preuve irréfutable) est trouvé, mais il est considéré que la prescription intervient dix ans après la fin de l'enquête et non dix ans après la fin du procès.
Jacques Maire est mort chez lui le .
Meurtre de Nelly Haderer
Le , dans la région de Dombasle-sur-Meurthe, une jambe est découverte dans un terrain vague, ainsi que plusieurs autres morceaux de corps humain. La gendarmerie arrive sur les lieux ainsi que la police ; ces derniers découvrent non loin de la scène du crime un couteau de cuisine ensanglanté. Dans un buisson, ils découvrent un ciré en cuir marron, un slip et des bottines. Tout près du même buisson, ils trouvent un corps nu aux mains coupées, pratiquement dépecé. Des papiers d'identité ont permis d'identifier la victime : Nelly Haderer, une jeune femme de « Un "tueur" dans la ville » Article de Jean-Pierre Verges publié le 14 octobre 2007 dans Le Journal du dimanche.
Au même moment, un certain Michel Miclo vient signaler la disparition de sa compagne à la brigade de gendarmerie de Baccarat. Il s'agit de Nelly. Il raconte qu'il s'est disputé avec Nelly le vendredi soir et qu'elle est partie de la maison, lui laissant ses deux enfants en bas âge. Suspecté, il est retenu une semaine en prison. Le frère de Nelly Haderer l'ayant réveillé à du matin la nuit du meurtre pour savoir si elle était rentrée, il est relâché.
En effet, le soir de sa disparition, après s'être disputée avec son compagnon, Nelly est allée voir son frère à Dombasle sur Meurthe (à de son domicile) pour lui dire quelque chose d'important. Elle y est arrivée vers . Au bout de d'attente, elle s'est rendue dans une brasserie du coin. Vers , elle est retournée chez son frère dans l'espoir qu'il soit là, et l'attend encore quelque temps. Aux alentours de minuit elle lui laisse un mot le priant de l'appeler dès son retour. Elle quitte l'immeuble dans lequel habite son frère vers minuit. Plus personne ne l'a revue ensuite.
Après la libération de Michel Miclo, une jeune femme se présente à la police et déclara avoir vu une GS blanche (dont une partie de la plaque d'immatriculation comporte le chiffre 88) stationnée devant l'immeuble où habite le frère de Nelly. Il lui semble avoir vu de manière brève le chauffeur qui semblait attendre. Après vérification de toutes les GS de couleur blanche dont une partie de la plaque d'immatriculation comporte le chiffre 88, les policiers mettent un nom sur le propriétaire de ladite voiture : il s'agit de Jacques Maire. Ce dernier est immédiatement mis en garde à vue, mais nie être allé à l'immeuble dans lequel il a été vu. Sa femme affirme qu'il était bien avec elle le soir du . Les policiers croient en cet alibi et, faute de preuves, Jacques Maire est relâché.
Au bout de sept années d'enquête en 1994, le juge d'instruction ordonne un non-lieu dans le meurtre de Nelly Haderer, faute de preuves.
En , une expertise ADN révèle quatre profils suspects (deux masculins et deux féminins) sur les vêtements de Nelly Haderer« Le "caïd de Dombasle" encore inquiété ? » Article publié le 10 août 2011 dans L'Essentiel.
En , l'ADN de Jacques Maire est identifié dans une tache de sang trouvée sur un vêtement de la victime« Des traces d'ADN relancent l'affaire du meurtre de Nelly Haderer » Article publié le 30 janvier 2014 dans Libération.
Disparition de Sandrine Ferry
En 1995, un dossier concernant une affaire de disparition non résolue datant de 1985 est rouverte par Maître Bloch à la suite de la demande de la mère de la disparue, madame Romac. En , à Dombasle-sur-Meurthe (là où a été découvert le corps de Nelly Haderer), une jeune fille de , Sandrine Ferry, disparaît. Elle était sortie de boîte de nuit vers du matin. En rentrant chez elle, elle croise un ami, Mohamed Toukali. Ils marchent ensemble et se quittent près d'une rivière à trois kilomètres de chez elle. Il est le dernier à l'avoir vue.
Le lendemain, sa mère prévient la gendarmerie de la disparition de sa fille. La police, prévenue également de cette disparition, trouve le sac à main de Sandrine Ferry près de la rivière, à l'endroit même où elle a été vue pour la dernière fois. Cependant, la police croit en la fugue de la jeune fille et ne procède à aucune recherche pour essayer de la retrouver. Aucune enquête n'est donc ouverte. En 1987, le nom de la jeune fille est effacé du Fichier des Personnes Recherchées dans l'Intérêt des Familles, du fait de sa majorité supposée.
Disparition d'Odile Busset
Maître Bloch, l'avocate de Romac (la mère de Sandrine Ferry), met également au jour en 1995 une autre affaire de disparition non résolue : celle d'Odile Busset disparue en 1983. Odile Busset, , a aussi disparu mystérieusement à Dombasle-sur-Meurthe en . Un soir, elle avait confié son bébé âgé de quelques mois à sa famille pour sortir en boîte de nuit. Elle devait le récupérer le lendemain, mais n'a jamais été revue depuis.
En 1996, une femme nommée Akima vient déclarer à la police que le soir de la disparition d'Odile, elle a vu une voiture rouge ou orange garée à proximité de la maison des parents d'Odile. Elle raconte aussi que, lorsqu'elle s'est dirigée vers la voiture pour demander au conducteur s'il avait un briquet, elle s'est rendu compte qu'il s'agissait de Jacques Maire, un ami d'Odile (). Jacques Maire ne tarde pas à faire figure de suspect d'autant plus que les parents d'Odile, le lendemain de la disparition de leur fille, ont reçu la visite de Jacques Maire qui est venu leur faire comprendre qu'il n'était pas responsable de la disparition d'Odile.
L'enquête révèle que Jacques Maire a de mauvaises fréquentations à Dombasle, qu'il traîne souvent dans les bars du coin, qu'il est bagarreur et peut se montrer extrêmement violent quand il est ivre.
En 1997, Jacques Maire est interpellé à son domicile pour enlèvement et séquestration sur la personne d'Odile Busset. Comme dans l'affaire sur la mort de Nelly Haderer, il nie avoir un rapport quelconque avec cette histoire. Cependant les gendarmes et la police confrontent Akima (le seul témoin) et Jacques Maire. Akima réaffirme qu'elle a bien vu Jacques Maire ce soir-là emmener Odile, que cette dernière est montée dans sa voiture. Jacques Maire continue à nier.
Après quelques mois d'incarcération Jacques Maire est libéré et sort donc de prison.
En 1999, une jeune femme, Viviane Barbelin, raconte à la gendarmerie que, le soir de la mort de Nelly Haderer, elle a vu Jacques Maire en train d'attendre Nelly Haderer dans sa voiture. Lorsque Nelly est sortie de l'immeuble Jacques Maire a mis sa tête hors de la voiture. Viviane Barbelin n'avait pas témoigné à l'époque sur ordre de son mari qui ne voulait pas d'histoires avec Jacques Maire, son voisin de quartier.
En 2001, une reconstitution est faite concernant la disparition et la mort de Nelly Haderer. Jacques Maire participe à cette reconstitution et fait ce qu'on lui dit, à savoir entrer dans la voiture, s'installer au volant et mettre sa tête hors de la voiture lorsque Nelly a allumé la lumière du couloir et est sortie de l'immeuble en 1987. Viviane Barbelin se trouvait au de l'immeuble lorsqu'elle a vu Jacques Maire au volant de sa GS. Lors de la reconstitution, il fut prouvé qu'on ne peut pas se tromper de personne quand on est au .
Jacques Maire (même s'il se trouvait à cet immeuble ce soir-là) déclare être parti de l'endroit vers , mais sa femme dit qu'il est rentré entre minuit et une heure du matin car elle l'a entendu marcher dans leur appartement sans savoir l'heure qu'il était. Puis elle affirme avec certitude s'être réveillée à du matin et que celui-ci était dans le lit.
Si Jacques Maire est parti de l'immeuble vers minuit (l'heure à laquelle a disparu Nelly) a-t-il pu avoir le temps de tuer Nelly et de rentrer chez lui à ? L'avocat de Jacques Maire affirme que Jacques Maire n'a pas pu tuer Nelly Haderer car en un peu plus d'une heure, Jacques Maire n'aurait pas pu tuer sa victime, la déshabiller, la démembrer et même la dépecer. Toutefois l'enquête permet d'établir que Jacques Maire aurait pu avoir le temps de tuer Nelly Haderer (la distance entre l'immeuble et l'endroit où le corps de Nelly a été découvert est de et le domicile de Jacques Maire est proche de ces deux endroits).
Le dossier sur la mort de Nelly Haderer et celui sur la disparition de Odile Busset présentent des similitudes : deux témoins dénoncent Jacques Maire et ces deux dossiers sont bouclés. Quant au dossier sur la disparition de Sandrine Ferry, il n'y a aucun élément qui permet d'établir un lien entre Jacques Maire et la jeune fille disparue. Un non-lieu est prononcé dans cette affaire.
Procès Premier procès d'assises Le procès de Jacques Maire s'ouvre le et doit durer deux semaines. Au total doivent apporter leurs déclarations, à la fois dans le dossier Nelly Haderer et dans celui concernant Odile Busset. Akima, après avoir répété à quatre reprises qu'elle avait vu Jacques Maire le soir de la disparition d'Odile, affirme qu'elle a tout inventé, que rien n'est vrai. Quand un avocat lui demande pourquoi elle a déclaré avoir vu la voiture rouge orangé de Jacques Maire, elle répond « Parce que j'aime les oranges ». Il n'y a donc plus de témoin à charge dans l'affaire de la disparition d'Odile Busset. De plus les scellés (le ciré, le couteau ensanglanté...) concernant la mort de Nelly Haderer sont introuvables. Ils sont finalement retrouvés, mais ne sont pas exploitables. En effet, aucune empreinte n'est décelée sur les pièces à conviction, ne permettant pas de prouver que Jacques Maire est l'auteur du meurtre de Nelly Haderer.
En revanche, Viviane Barbelin affirme avoir vu Jacques Maire dans sa voiture au pied de l'immeuble le soir de la mort de Nelly Haderer et qu'il a tourné le regard vers elle lorsqu'elle est sortie de cet immeuble.
Après deux semaines de procès, les jurés condamnent Jacques Maire à quinze ans de réclusion criminelle pour l'enlèvement et la séquestration d'Odile Busset, et l'acquittement est prononcé pour l'enlèvement et le meurtre de Nelly Haderer.
Deuxième procès d'assises Le procès en appel s'ouvre en . Jacques Maire paraît décontracté et est certain d'être acquitté à l'issue du procès. Lors de ce procès, Akima déclare une nouvelle fois qu'elle n'a jamais vu Jacques Maire le soir de la disparition d'Odile Busset et que par conséquent il ne l'a jamais emmenée. Cependant, comme au premier procès Viviane Barbelin déclare que Jacques Maire était bel et bien présent lors de la disparition de Nelly Haderer.
À l'issue du procès, Jacques Maire est condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour l'enlèvement et la séquestration d'Odile Busset et pour l'enlèvement et le meurtre de Nelly Haderer.
Cassation En , la décision de la cour d'appel est cassée pour vice de procédure en raison d'une trentaine de pages du dossier non signées par la greffière. Un troisième procès doit donc avoir lieu.
Troisième procès d'assises