Antoine Mortier est un peintre belge, né à Saint-Gilles (Bruxelles), le et décédé à Auderghem (Bruxelles) en .

Biographie

À l'âge de quinze ans, il devient apprenti dans un atelier de sculpture ornementale. Sur le conseil de son employeur, il s'inscrit à l'Académie où il suit les cours de modelage, de perspective et dessin d'après l'antique.

Il exerce le métier de fourreur tout en suivant le soir des cours de sculpture aux académies de Saint-Josse-ten-Noode, puis de Saint-Gilles. Le peintre Henry Ottevaere l'encourage à la peinture. Il fréquentera également les cours de l'atelier libre d'Edgard Tytgat.

En 1940, il devient choriste au Théâtre de la Monnaie. Il continue pendant sept années à exercer, le matin, le métier de fourreur tout en suivant les répétitions l'après-midi. De nombreux dessins parmi lesquels ceux de sa loge de choriste, des nus au fusain et des croquis sur le vif témoignent de cette période. Le Pain noir (1944), Les flacons (1946). Ses compositions aux formes cernées d'un contour noir ne sont pas sans rapport avec l'expressionnisme de Laethem-Saint-Martin ou d'un Georges Rouault.

Mis en contact par le directeur de la Monnaie avec la galerie Apollo et le groupe de la Jeune Peinture belge, il figurera parmi leurs membres, avec lesquels il exposera collectivement à Paris et à Amsterdam. Il démissionnera rapidement du groupe à la suite de la mainmise des Français et de son refus de tout compromis.

Il quitte la Monnaie et se consacre désormais tout son temps à la peinture. Brossés à grands traits, ses lavis à l'encre de Chine de ces années, expriment le passage progressif de la figuration à l'abstraction.

"Figure bleue couchée", est le tableau à partir duquel on le rattache à l'Action painting. À cette époque, l'Action painting et l'expressionnisme abstrait sont encore inconnus en Belgique et entraînent l'incompréhension de la critique. Cette incompréhension accentuera encore sa révolte intérieure S'il a été comparé à Franz Kline ou Pierre Soulages, il s'en distingue néanmoins car chez lui le geste n'est pas tout, mais l'incarnation d'un sujet de départ qui est "analysé, réinventé, synthétisé jusqu’à la rigueur du signe"Sosset LL, Antoine Mortier, Catalogue exposition Palais des Beaux Arts de Bruxelles 7 au 18 mai 1949.

Des raisons matérielles lui interdiront de s'installer à Paris, à l'invitation du grand marchand et collectionneur Daniel-Henry Kahnweiler! Il devra même travailler comme ouvrier chez un encadreur pour subsister. « Autour de 1949 - tout comme autour de 1968 - je n'avais pas d'argent pour peindre. Alors, le papier était beaucoup moins cher que la toile et l'encre noire était beaucoup moins chère que la couleur à l'huile. Or ma mesure, c'était les grands formats. Le papier se vendait au rouleau… » Geirlandt Karel, Antoine Mortier, dessins, op cit. .

Antoine Mortier travaille en 1953 pour le compte de l'architecte Willy Van Der Meeren à la mise en couleur des appartements de bâtiments sociaux à Evere.

Antoine Mortier bénéficie de deux résidences d'artiste sur l'Isola Comacina (lac de Côme - Italie) respectivement en 1962 et 1964.

Il crée en 1983/1984 pour le compte du réseau de transports en commun bruxellois la STIB, deux hauts reliefs d'acier à la gloire de la Guerre 14-18 pour la station Yser qui seront inaugurés en 1988, le jour de ses quatre-vingts ans.

Sociétés artistiques

La Jeune Peinture belge, 1945-1947 Groupe Espace, cofondateur, 1952-1954

Œuvres

Le pain noir, 1944 Le faiseur de réussite, 1948 Torse bleu, variation II, 1948 Figure bleue couchée, 1949 La fuite en Égypte, 1953 Le choc, 1954 La Commode, 1955 Les sommets, 1959 La famille, 1972 Piéta, Haut relief, 1988

Muséographie S.M.A.K., Gent Mu.ZEE, Oostende Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Antwerpen Musée d'Ixelles Musées royaux des beaux-arts, Bruxelles Fondation Roi Baudouin, Belgique Guggenheim, New York Centre Pompidou, Paris AlbrightArt Gallery, Buffalo Musée d'art moderne (Mam) Saô Paulo, Brésil

Expositions

Sélection d'expositions individuelles

Première exposition personnelle, Galerie Apollo, 1946 Galerie Colette Allendy, Paris, 1958 Rétrospective, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 1969 Rétrospective, Musées royaux des Beaux-Arts et Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 1986 Galerij Jeanne Buytaert, Antwerpen, 1978 Museum van Hedendaagse Kunst, Gent, 1989 Antoine Mortier, Le geste incarné, Bruxelles, Oostende, Liège, Paris, 2000-2001 Galerie Pierre Hallet, Bruxelles, 2008 Antoine Mortier, La transfiguration du réel, Anciens Abattoirs, Mons, 2012

Sélection d'expositions collectives

Salon annuel Apport, Bruxelles, 1944,1945, 1946 La Jeune Peinture Belge, Paris, 1946 La Jeune Peinture Belge, Galerie Plaats, La Haye, 1946 La Jeune Peinture Belge, Amsterdam, 1946 Younger European Painters, Guggenheim, New York, 1953 Biennale, Museu de Arte Moderna, São Paulo, 1953 Biennale, Venezia, Pavillon belge, 1960 Profile II Belgische Kunst heute, Städtische Kunstgalerie, 1963 Biennale, Venizia, Pavillon belge, 1964 Kontrasten 1947/1967 schilderkunst in België, Koninklijke Museum voor Schone Kunsten, Antwerpen, 1968 The sixties - Art in Belgium, SMAK Stedelijk Museum voor Actuele Kunst, Gent, 1979 Presentation of the collection, SMAK, Gent, 1982 Open Mind (Gesloten Circuits), SMAK, Gent, 1989 La jeune peinture belge 1945-1948, Galerie Crédit Communal, Bruxelles, 1992 Antoine Mortier, Le geste incarné, Bruxelles, Oostende, Liège, Paris, 2000-2001 Entre Cobra et Abstraction collection T. Neirynck, Musée Bellevue, Bruxelles, 2004 Entre Cobra et Abstraction, Centre Wallonie-Bruxelles, Paris, 2006

Bibliographie

Antoine Mortier, Paul Fierens, Elsevier, Bruxelles, 1956 L'Art en Belgique depuis 1945, Wim Van Mulders, Fonds Mercator, Anvers, 1983 Antoine Mortier, Roger Palm, En marge, Bruxelles, 1988 Antoine Mortier, Karel Geirlandt & Jan Hoet, 1989. États d'âme, Réflexions et considérations, Antoine Mortier, Tandem, Gerpinnes, 1999 Antoine Mortier, Le geste incarné, Collectif, Carine Fol, Fonds Mercator, Anvers, 2000 L'Art en Belgique depuis 1975, Flor Bex, Fonds Mercator, Anvers, 2001 Art belge 1880-2000, D’Alechinsky à Panamarenko, Robert Palmer, Racines, Bruxelles 2002 Antoine Mortier, La Transfiguration du réel, Camille Brasseur, Mons, 2012

Références

Liens externes

Site officiel d'Antoine Mortier

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Catégorie:Peintre belge du XXe siècle Catégorie:Art abstrait Catégorie:Naissance en octobre 1908 Catégorie:Naissance à Saint-Gilles (Bruxelles) Catégorie:Décès en janvier 1999 Catégorie:Artiste du métro de Bruxelles Catégorie:Décès à Auderghem Catégorie:Décès à 90 ans Catégorie:Peintre abstrait belge