Gilchrist Olympio, surnommé « le maréchal », est un homme politique togolais. Fils du père de l'indépendance Sylvanus Olympio et longtemps opposant au régime dictatorial de Gnassingbé Eyadema, il est président de l'Union des forces de changement, un parti politique allié au régime depuis 2010 dans un accord de gouvernement.

Biographie Famille et origine Gilchrist Olympio est né le à Lomé, fils de Dina et Sylvanus Olympio, il est le troisième d'une fratrie de cinq enfants. Il est marié et père d'une fille.

Descendant d'une grande famille métisse de l'élite Éwé du sud du Togo et du Ghana, son grand-père d'origine brésilienne, Epiphanio Elpidio Olympio, était un riche commerçant. Son père Sylvanus Olympio, homme politique, figure emblématique de la lutte pour l'indépendance du Togo et premier président de la République indépendante du Togo, est mort assassiné lors du coup d'État de 1963http://www.ufctogo.com/-Le-President-.html Le président de l’UFC : Gilchrist Olympiohttp://www.jeuneafrique.com/Article/LIN11117lecasoipmyl0/ Le cas Olympio.

Éducation Gilchrist Olympio fait ses études primaires à l’école de la mission catholique Notre-Dame du Sacré-Cœur de Lomé puis les études secondaires à Accra à l'école secondaire d’Achimota (anciennement appelée « Princes of Wales College »).

Il entre brièvement en 1958 au Hamilton College aux États-Unis pour des études de mathématiques et de philosophie, puis rejoint l'année suivante la London School of Economics and Political Sciences au Royaume-Uni où il étudie l'économie et la comptabilité pour obtenir en 1962 un master en économie monétaire. En 1965, Gilchrist Olympio obtient un doctorat en sciences économiques à l'université d’OxfordEssè Amouzou. Gilchrist Olympio et la lutte pour la libération du Togo. Éd L'harmattan.

Carrière professionnelle Gilchrist Olympio commence sa carrière professionnelle en 1963 comme économiste au département des études fiscales et financières du Secrétariat général des Nations unies à New York. L'année suivante, en 1964, il rejoint le Fonds monétaire international (FMI) comme cadre au département Afrique, puis comme maître de conférence à l'institut du FMI.

En 1970, il est engagé au groupe minier et financier Lonrho Limited (Londres) comme directeur chargé du développement du groupe et de ses opérations boursières en Afrique.

Dès 1977, il se met à son propre compte comme chef d’entreprise, actionnaire et dirigeant de différentes sociétés industrielles et agro-industrielles en Côte d'Ivoire et au Ghana. En Côte d'Ivoire, il est président-directeur général de SIA Auto, une concession de la marque Volkswagen créée en association avec des partenaires allemands, et de Construction métallique Tropical (CMT), une fonderie de citernes métalliques créée avec des associés français. Au Ghana, il est propriétaire de Abosso Glass, une usine de fabrication de bouteilles en verre pour les brasseries de la sous-région.

De 1987 à 1989, il est enseignant visiteur (academic visitor) à la London School of Economics.

Les affaires de Gilchrist Olympio, prospèrent dans les années 1980 mais périclitent ensuite les unes après les autres. En Côte d'Ivoire, les associés allemands se retirent de SIA Auto et la CMT est abandonnée par les associés français lors de la crise politico-militaire de ce pays. Au Ghana, Abosso Glass cesse toute activité à la suite de grèves et d'occupations d'usines à répétition avant d'être repris par l'État ghanéen en 2002http://allafrica.com/stories/200204290750.html Ghana: Olympio Loses Glass Factoryhttp://www.modernghana.com/news/15797/1/government-to-resuscitate-aboso-glass-factory.html Government to resuscitate Aboso Glass Factory.

Politique togolaise

L'héritier de l'ablodé en exil et le mythe du terroriste Dans le sillage de son père, le jeune Gilchrist Olympio s'implique dans les années 1957 avec les leaders du CUT et de la Juvento dans les campagnes qui ont mené au référendum pour l'indépendance en 1958. Après ses études universitaires et quelques années après l'assassinat de son père en 1963, Gilchrist Olympio, héritier de l'ablodé (indépendance en mina) aux yeux des Togolais, entre en opposition ouverte au régime de Gnassingbé Eyadema. En exil, il crée en 1967 le Mouvement togolais pour la démocratie (MTD). S'il existe très peu de sources sur les activités politiques menées, Gilchrist Olympio est cité comme parmi les commanditaires de plusieurs actions de déstabilisation du régime togolais : en 1977, un commando de mercenaires débarque au Togo pour un coup de force, mais l'opération est éventée par des services diplomatiques occidentaux deux jours avant son exécution prévue le Comi Toulabor. Le Togo sous Eyadéma. Éditions Karthala. 1986 ; en 1985, une série d'attaques à la bombe à Lomé (les 3, 17, , le et le ) est attribuée au MTD de Gilchrist Olympio et au Front national de libération du Togo (FNLT)Théodore Nicoué Gayibor. Cinquante ans d'indépendance en Afrique subsaharienne et au Togo. Éditions L'Harmattan. 2012 ; en 1986, un assaut mené par un commando d'opposants armés et infiltré depuis le Ghana fait plusieurs victimes mais est déjoué, et en vertu d’un accord de défense, le Togo sollicite l’aide militaire française..http://www.afrika.no/Detailed/6147.html Togo: 1986 'Terrorist' attack from Ghana marked.

Gilchrist Olympio nie les faits. mais il fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux lancés par le Togo et est condamné à mort par contumace le par la haute cour de justice de Lomé.

Considéré comme un opposant charismatique, Gilchrist Olympio milite pour le respect des droits humains et la participation de la diaspora africaine aux processus électoraux. Son parcours illustre la persistance des luttes démocratiques en Afrique de l’Ouest postcoloniale.

Bref retour d'exil, création de l'UFC et attentat de Soudou L'ouverture du régime togolais au multipartisme après les soulèvements populaires de 1990 donne l'occasion à Gilchrist Olympio de rentrer au Togo, après 25 années d’exil, pour participer à la Conférence nationale souveraine dans le processus de démocratisation du pays. Le , il est accueilli dans la liesse par des milliers de partisans à la frontière Togo-Ghana d'Aflao et son cortège met plusieurs heures pour parcourir la dizaine de kilomètres afin de rejoindre la maison familiale Olympio.

En , il participe à la création de l’Union des forces de changement (UFC), née de la fusion de plusieurs partis politiques. Il en est désigné président national par ses pairs.

L'euphorie est de courte durée car le , le convoi de Gilchrist Olympio est victime d’une agression armée à Soudou (une localité de la préfecture d'Assoli dans la région de Kara)http://sylviocombey.wordpress.com/2009/05/20/l%E2%80%99historien-godwin-tete-raconte-soudou-5-mai-1992-le-terrorisme-d%E2%80%99etat-du-regime-eayadema/ L’HISTORIEN GODWIN TETE RACONTE / SOUDOU 5 MAI 1992 : LE TERRORISME D’ETAT DU REGIME EAYADEMA. Cette agression fait 12 morts parmi les militants de l’UFC, dont le vice-président Marc Attidépé, et 27 blessés graves dont Gilchrist Olympio qui a eu la vie sauve seulement grâce à son évacuation au Bénin proche puis à Parishttps://www.youtube.com/watch?v=xwrmSEpxco8 Attentat de Soudou contre Gilchrist Olympio et assassinat de Marc Atidépé [5 mai 1992]. L’enquête diligentée par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) désigne le colonel Ernest Gnassingbé, fils d’Eyadéma comme conduisant l’attentathttps://www.amnesty.org/fr/library/asset/AFR57/013/1993/fr/64f91e0f-ecbb-11dd-85fd-99a1fce0c9ec/afr570131993fr.pdf TOGO Les forces armées tuent impunémentMission d'enquête internationale au Togo, 8 au 13 juin 1992 : à propos des événements de Soudou survenus le 5 mai 1992. .

Candidature aux élections présidentielles

En 1993, la candidature de Gilchrist Olympio est rejetée à la première élection présidentielle pluraliste depuis l'indépendance. Le motif invoqué par le régime est la non-conformité de son certificat médical, délivré par des médecins français du Val-de-Grâce et de l’Hôpital américain à Paris, au lieu de médecins togolais à Loméhttp://etudesafricaines.revues.org/4846 Alain Macé. Politique et démocratie au Togo 1993-1998 : de l’espoir à la désillusion..

En 1998, la candidature de Gilchrist Olympio est validée pour l'élection présidentielle. Alors que le dépouillement lui donnait une large avance sur son adversaire Gnassingbé Eyadéma, ce dernier fait arrêter le décompte des voix et se fait proclamer vainqueur dès le premier tour avec 52,13 % des voix. Cette proclamation est faite par le ministre de l’intérieur et de la sécurité, en lieu et place de la Commission électorale nationale indépendante dont la plupart des membres, y compris la présidente ont été contraints à la démission. Selon le rapport d'observation de l'Union européenne http://www.fidh.org/IMG/pdf/269togo.pdf FIDH Mission internationale d’enquête

En 2003 et en 2005, Gilchrist Olympio ne peut se présenter aux élections présidentielles à la suite de la modification unilatérale de la Constitution en 2002 par l'assemblée monocolore RPT. Les modifications de la constitution instaurent en effet qu’un candidat à l’élection présidentielle doit vivre sur le sol togolais l’année précédant l’élection. Or depuis l'agression de Soudou, Gilchrist Olympio ne réside plus au Togo.

Pour les élections présidentielles de 2010, les accords de Ouagadougouhttp://presidence.bf/pageArticle.php?id=2523&sid=2 DIALOGUE INTER TOGOLAIS : COMMUNIQUE DE PRESSE permettent d'assouplir les conditions de résidence. Pourtant, le , un jour avant la clôture des dossiers de candidature, Gilchrist Olympio annonce qu'il est bloqué aux États-Unis pour des raisons de santé, un mal de dos à la suite d'une chute et ne pourra être à Lomé le à minuit pour déposer sa candidature.. Jean-Pierre Fabre, alors secrétaire général de l'UFC, est désigné par le bureau national du parti pour être candidat à l'élection présidentielle. et est soutenu par une coalition de plusieurs partis d'opposition, le Front républicain pour l'alternance et le changement (FRAC).

Des négociations infructueuses à la paix des braves avec le régime Les mascarades électorales répétées et les violations des droits de l'homme valent au Togo de Gnassingbé Eyadema d'être banni sur le plan international, en l’occurrence, l’Union européenne décide en 1993 de suspendre son aide au Togo pour déficit démocratique et manquements graves aux droits humains. Gilchrist Olympio entreprend des démarches auprès de l’Union européenne pour amener le pouvoir à accepter un dialogue inter-togolais qui donne lieu à la signature de l’accord–cadre de Lomé en . Cet accord censé régler le contentieux électoral né de la présidentielle de 1998, est mort sans donner de fruithttp://www.panapress.com/Oraison-funebre-pour-l-Accord-cadre-de-Lome--13-595845-17-lang1-index.html Oraison funèbre pour l'accord-cadre de Lomé.