John Ford, né en 1586 à Ilsington, dans le Devon, et mort dans le même comtéMichel Corvin et L. Lecocq. Dictionnaire encyclopédique du théâtre, vol. 1, Paris, Larousse, 1998, p. 668 vers 1640, est un poète, essayiste et dramaturge anglais.
Biographie Il quitte sa famille vers l'âge de 16 ans pour Londres où il entre au Middle TempleIl est possible qu'il ait fréquenté le Collège d'Exeter, à Oxford, bien que les preuves sur ce point ne soit pas concluantes., une prestigieuse faculté de droit, doublé d'un cénacle littéraire et théâtral réputé. Il y rencontre le jeune dramaturge John Marston. En raison de son statut de gentilhomme, il est probable que Ford n'ait jamais étudié le droit. Il pouvait se borner à fréquenter les cours de son choix et participer à toutes les activités qui lui plaisaient, comme le permettaient les règles en vigueur dans cette institution, dont il est toutefois expulsé au printemps 1606 en raison de problèmes financiers. Il se met alors à écrire des ouvrages de commande et gagne suffisamment d'argent pour y être admis de nouveau en .
Avant d'écrire pour le théâtre, il compose Christ's Bloody Sweat (1613), un long poème religieux, et des pamphlets en prose, témoignages de l'intérêt du jeune écrivain à fustiger les autorités politiques et religieuses de son temps. Il fait ensuite son apprentissage de l'écriture dramatique en collaborant à la composition de plusieurs pièces. Il signe notamment, avec les dramaturges Thomas Dekker et William Rowley, La Sorcière d'Edmonton (1621), une pièce inspirée d'un événement contemporain : l'exécution pour sorcellerie d'Elizabeth Sawyer. Cette tragédie, où la sorcière d'un village d'Angleterre est l'objet de la vindicte des bien-pensants, permet surtout aux auteurs d'aborder le sujet délicat de la bigamie. Comme d'autres pièces écrites par John Ford seul à partir de la fin des années 1620, cette œuvre, parce qu'elle oppose une héroïne combative et soucieuse d'affirmer sa liberté fait souvent considérer ce dramaturge comme un grand défenseur de la liberté des femmes, alors qu'il s'intéresse surtout à l'exploration de psychopathologie. Ainsi, dans Perkin Warbeck, pièce écrite vers 1629, qui met en scène ce prétendant à la couronne d'Angleterre pendant le règne du roi Henri VII, Perkin Warbeck, le héros de ce drame historique, considéré comme le meilleur de la période, juste derrière ceux de ShakespeareTerence P. Logan et Denzell S. Smith. The Later Jacobean and Caroline Dramatists: A Survey and Bibliography of Recent Studies in English Renaissance Drama, Lincoln, University of Nebraska Press, 1978, p. 133 dans un Michel Corvin et L. Lecocq. Dictionnaire encyclopédique du théâtre, vol. 1, Paris, Larousse, 1998, p. 669, emporte la sympathie du spectateur et s'élève à une évidente noblesse lors de son exécution, bien que la chronique officielle et l'opinion générale en aient fait un vil imposteur. Le Cœur brisé, écrite vers 1625, fait revivre la Grèce antique de Sparte. Soucieux de ses intérêts politiques, le jeune général Ithoclès entend imposer à sa sœur Penthea un mariage avec Bassanes, un noble aussi puissant que tyrannique. Mais la jeune fille veut épouser Orgilus, et ces deux amoureux ne reculeront devant rien pour parvenir à leur fin. Les protagonistes, apparemment sans foi ni loi, conservent néanmoins ici un sens de l'honneur et une allure héroïque en dépit d'un récit dramatique où l'accumulation d'effets spectaculaires et sensationnels (déguisements, meurtres, banquets, mort volontaire de Penthea par anorexie), parvient à éviter le mélodrame.
John Ford est aujourd'hui considéré comme et Le Nouveau Dictionnaire des auteurs, vol. I, Paris, Bompiani/Robert Laffont, 1994, p. 1113. du théâtre élisabéthain. Ses pièces opposent fréquemment, d'une part, des conflits entre des passions amoureuses scandaleuses et l'étroite morale de son temps et, d'autre part, l'impunité dont jouissent des tenants du pouvoir incompétents, irresponsables et corrompus. Il laisse en apparences le soin au spectateur de juger lequel des deux agissements est le plus répréhensible, bien que l'intrigue fasse pencher la balance en faveur des relations amoureuses interdites contre les responsables de tractations politiques douteuses. Connu pour son non-respect des règles du tragique, selon les normes édictées par Shakespeare et ses contemporains qu'il a lus, mais qu'il n'imite pas, il et préfère l'expression brute du vrai à la bienséance lénifiante.
Sa pièce la plus connue, Dommage qu'elle soit une putain (1626), un drame familial où est exposé un inceste entre frère et sœur, a pour toile de fond la corruption des autorités politiques et religieuses de la ville de Parme. . La pièce se clôt sur une sentence proférée par un cardinal véreux. Or, ce Dommage qu'elle soit une putain !, qui se veut une condamnation évidente dans la bouche du prélat hypocrite, Line Cottegnies, Introduction, dans Théâtre élisabéthain, vol. 2, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade » , 2009, p. XXXVIII..
Outre ses tragédies, dont plusieurs sont malheureusement perdues, John Ford a également laissé deux masques allégoriques : The Sun's Darling (1624) et The Fancies Chaste and Noble (vers 1635).
Œuvre Poésie Fame's Memorial (vers 1606) Christ's Bloody Sweat (1613)
Essais Honour Triumphant (vers 1606) The Golden Mean (1613) A Line of Life (1620)
Théâtre Pièces d'attribution certaine The Witch of Edmonton (écrite en 1621 ; publication posthume en 1658), en collaboration avec Thomas Dekker et William Rowley The Sun's Darling (écrite en 1624; publication posthume en 1656), en collaboration avec Thomas Dekker The Broken Heart (écrite vers 1625 ; publication en 1633) 'Tis Pity She's a Whore (écrite en 1626 ; publication en 1633) The Lover's Melancholy (1626 ; publication en 1633) Perkin Warbeck (vers 1629 ; publication en 1634), en collaboration probable avec Dekker Love's Sacrifice (vers 1630 ; publication en 1633) The Fancies Chaste and Noble (vers 1635 ; publication en 1638) The Lady's Trial (1638 ; publication en 1639)
Pièces d'authenticité douteuse The Queen (vers 1621 ; publication posthume en 1653) The Spanish Gypsy (écrite en 1623 ; publication posthume en 1653)
Pièces en collaboration d'authenticité douteuse The Laws of Candy The Welsh Ambassador The Fair Maid of the Inn
Pièces perdues The Royal Combat Beauty in a Trance The London Merchant, en collaboration avec Thomas Dekker The Bristol Merchant, en collaboration avec Thomas Dekker The Fairy Knight, en collaboration avec Thomas Dekker Keep the Widow Waking, en collaboration avec William Rowley et John Webster
Sources F. E. Halliday. A Shakespeare Companion Baltimore, Penguin, 1964 Terence P. Logan et Denzell S. Smith. The Later Jacobean and Caroline Dramatists: A Survey and Bibliography of Recent Studies in English Renaissance Drama, Lincoln, University of Nebraska Press, 1978 Mark Stavig. John Ford and the Traditional Moral Order. Madison, University of Wisconsin Press, 1968
Notes et références
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