Chronologie de l'Afrique 2007 à Madagascar - 2008 à Madagascar - 2009 à Madagascar - 2010 à Madagascar - 2011 à Madagascar 2007 par pays en Afrique - 2008 par pays en Afrique - 2009 par pays en Afrique - 2010 par pays en Afrique - 2011 par pays en Afrique Cet article présente les faits marquants de l'année 2009 à Madagascar.

Chronologie

Janvier 2009 left|thumb|Marc Ravalomanana(2005) : à la suite de la décision de fermeture, le dernier par le gouvernement de la chaîne de télévision privée Viva, propriété d'Andry Rajoelina, le maire de la capitale Antananarivo, un grand meeting politique se déroule à Tananarive en présence de quelque personnes, lors de l'inauguration d'une « place de la Démocratie ». Le soir même, les forces de l'ordre démantèlent l'émetteur de Viva. Andry Rajoelina appelle alors à un nouveau rassemblement de protestation samedi prochain et envoie des « ultimatums » à deux ministres, exigeant leur démission et menaçant de faire expulser la propre télévision du chef de l'État, MBS, installée sur un terrain communalLe Monde.fr, Utilisant le mécontentement populaire, le maire d'Antananarivo défie le président Ravalomanana.

: le président Marc Ravalomanana affirme vouloir « rétablir l'ordre » et « sauvegarder la République » à Madagascar. Dès le lendemain, des témoins font état d'une plus forte présence de forces de l'ordre.

: plusieurs milliers de partisans du maire d'Antananarivo se sont rassemblés dans le centre de la capitale malgache après l'appel lancé par le maire à une « grève générale » à compter de lundi contre le régime du président Marc Ravalomanana. D'autres partisans d'Andry Rajoelina ont érigé des barrages routiers, paralysant la circulation dans d'autres quartiers de la ville, alors que les locaux de la radio nationale malgache sont saccagés et les bâtiments incendiés. Des affrontements ont aussi lieu devant la télévision privée du président Ravalomanana lors desquels il y a eu deux morts, un policier et un manifestant de 14 ans. La foule en colère a mis le feu à l'immeuble de la radio-télévision d'État et pillé plusieurs magasins liés à l'empire commercial du président pendant la nuit.

thumb|right|Andry Rajoelina (novembre 2008)

À la suite de la mort d'un manifestant la veille, le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, devenu le principal opposant du président malgache, annoncent qu'il suspend avec effet immédiat les manifestations contre le régime, lors d'une intervention à l'antenne d'une radio malgache estimant qu'« il faut d'abord juger le militaire qui a tué un de mes partisans […] J'ai accepté de discuter avec le président Ravalomanana en présence d'ambassadeurs de pays qui apportent un soutien financier à Madagascar […] Restez calme car ce sont les autres qui profitent du désordre ». Un journaliste malgache, Fano Rakotondrazaka, affirme que les violences dans les rues se sont soldées par onze morts. 25 corps carbonisés ont été découverts dans un grand magasin de la capitale. Une mutinerie éclate dans la prison d'Antananarivo réprimée par les forces de l'ordre faisant un tué et dix blessés parmi les prisonniers et trois blessés parmi les policiers.

Le président Marc Ravalomanana qui a visité dans la matinée les locaux de la radio nationale malgache, incendiés par des émeutiers lundi en marge d'un rassemblement contre le régime appelé par le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, l'accuse d'être « l'initiateur des troubles » qui ont fait au moins 34 morts depuis lundi dans la capitale : « C'est moi qui ai donné l'ordre aux militaires de ne pas intervenir. Il faut bien gérer la crise, sinon cela aurait été un bain de sang » sans l'intervention des forces de l'ordre contre les émeutiers et les pillards. « La priorité pour moi actuellement, c'est de réhabiliter tout ce qui a été détruit »Le Figaro.fr, Le président accuse. Selon le secrétaire d'État français à la Coopération et à la francophonie, Alain Joyandet, plus de 80 personnes ont été tuées depuis lundi à Madagascar, dont 23 dans des villes de province, lors d'émeutes et de pillages liées aux manifestations appelées par le maire de la capitale contre le régime. Le rassemblement du jour s'est déroulé dans le calme.

: Le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, à la tête du mouvement de contestation du régime en place du président Marc Ravalomanana, affirme lors d'une interview vouloir prendre la tête d'une « transition démocratique » : « Je veux être à la tête de cette transition démocratique. C'est le souhait de la population. Il faut du sang neuf, une nouvelle vision […] Beaucoup de gens rêvent aujourd'hui, essaient de trouver d'autres solutions. La population voit l'avenir en un jeune en qui ils ont confiance, et pas avec d'autres personnes. Il s'appelle "Andry TGV" bien évidemment » — TGV (train à grande vitesse) est le surnom donné par ses partisans TGV à Andry Rajoelina pour son caractère fonceur.

Le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, déclare : « Puisque le président et le gouvernement n'ont pas pris leurs responsabilités, je proclame que je vais gérer toutes les affaires nationales à partir d'aujourd'hui […] Je fais appel à la banque centrale pour qu'elle ne délivre plus d'argent au gouvernement. Je demande à tous les ministères de fermer à partir de lundi. J'appelle les forces de l'ordre à nous rejoindre. À présent, je vais donner les ordres » Le président Marc Ravalomanana déclare « Je reste président de ce pays et je fais le nécessaire pour développer ce pays ». Interrogé sur d'éventuelles poursuites envisagées contre le maire de la capitale après ses déclarations, il déclare : « Ici à Madagascar, nous avons un ministère de la Justice et aussi une Haute cour constitutionnelle et je crois qu'ils vont prendre leurs responsabilités […] Il faut mettre en place la sécurité et respecter la loi ». Il appelle la population malgache à aller travailler normalement lundi.

Quelque deux mille manifestants se sont réunis tôt le matin, en protestation contre le régime malgache, sur la place du , haut lieu de la contestation malgache située au milieu de l'avenue de l'Indépendance dans la capitale Antananarivo. Vers 9h00, des gendarmes ont essuyé des jets de pierres et se sont repliés. Andry Rajoelina se proclame chargé des affaires de l'île, devant plusieurs dizaines de milliers de partisans, pour remplacer le président Marc Ravalomanana dont il réclame la destitution devant le ParlementLe Figaro.fr, Le maire de la capitale prend la tête du pays. L'annonce d'Andry Rajoelina a été précédée d'un véritable réquisitoire contre le chef de l'État, avec l'énumération des « violations de la Constitution » dont il se serait rendu coupable. Une réponse à la communauté internationale qui en appelle au respect de l'ordre constitutionnel : « Les bailleurs de fonds, les évêques, tout le monde nous dit : "respectez la Constitution". Nous sommes d'accord. Nous allons donc proclamer ici les délits du président et du gouvernement au regard de la Constitution »Le Monde.fr, Le bras de fer se durcit pour la direction du pays. Le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping déclare que « tout changement anticonstitutionnel à Madagascar sera condamné ».

Février 2009 : le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, qui s'est publiquement proclamé samedi chargé des affaires nationales du pays en lieu et place de l'actuel président, a fait déposer une demande de destitution du président malgache Marc Ravalomanana devant la Haute Cour constitutionnelle. Il appelle la communauté internationale à ne « pas se rendre complice d'un régime qui a bafoué la Constitution ». Il annonce être « en train de mettre en place la structure de la transition » et qu'il allait faire une tournée en province « dans quelques jours ».

: Le ministère de l'Intérieur prononce la destitution d'Andry Rajoelina de son poste de maire d'Antananarivo. Il est remplacé par un administrateur provisoire, Guy Randrianarisoa, proche du pouvoir, officiellement appelé « président de délégation spéciale ». Le motif officiel de cette destitution serait, selon la préfecture, « des manquements dans la conduite de la mission de la commune, par exemple en ce qui concerne la gestion des ordures ». Le nouveau maire de la ville a été conseiller du maire destitué après son élection en 2007 avant de claquer la porteLe Monde.fr, Le gouvernement à l'offensive contre le maire d'Antananarivo.

Manifestation d'environ 1 500 partisans d'Andry Rajoelina qui vient d'être destitué de sa fonction de maire de la capitale. Il refuse de reconnaître sa destitution par le gouvernement, estimant qu'il s'agissait d'une « insulte au peuple malgache […] on n'acceptera jamais l'installation du "président de délégation spéciale" ». La Haute Cour constitutionnelle de Madagascar se déclare incompétente pour examiner la procédure de déchéance déposée par Andry Rajoelina à l'encontre du président pour violation de la Constitution : « La compétence de la HCC se limite à la constatation de la vacance de la présidence après la mise en accusation par les deux assemblées parlementaires et le prononcé de la déchéance par la Haute Cour de justice […] En conséquence, en l'état actuel, la demande de déchéance du président de la République ou de son départ immédiat de ses fonctions ne sauraient être régulièrement examinés par notre juridiction » Le Figaro.fr, Le maire de la capitale refuse de reconnaître sa destitutionLe Monde.fr, La justice se déclare incompétente .

: Le maire déchu d'Antananarivo, Andry Rajoelina, annonce devant quelque partisans la création d'une « Haute autorité de transition », puis plusieurs milliers de manifestants se sont dirigés vers le palais présidentiel avec à sa tête Monja Roindefo, intronisé « premier ministre de transition » par Andry Rajoelina. Les forces de l'ordre ouvrent le feu faisant 31 morts et 86 blessés. Andry Rajoelina appelle sur les ondes de la radio indépendante Viva les forces armées à « défendre le peuple et stopper les soldats qui tirent sur les gens ».

Au moins 5 000 personnes assistent au culte œcuménique célébré dans un gymnase du centre de la capitale pour rendre hommage aux partisans d'Andry Rajoelina dont 28 ont été tués et 212 ont été blessés la veille par la garde présidentielle. L'ancien président Albert Zafy, opposant affiché de Marc Ravalomanana assiste à cette cérémonie en compagnie de l'archevêque d'Antananarivo, Odon Razanakolona, président du Conseil œcuménique des Églises malgaches (FFKM)Le Monde.fr, Cérémonie en mémoire des tués de samedi. L'ONU appelle le gouvernement malgache à traduire en justice les responsables de la mort d'au moins 28 manifestants qui participaient hier à un rassemblement de l'opposition dans la capitale Antananarivo, réprimée par la garde présidentielle alors qu'ils marchaient à l'appel du maire sur le palais présidentiel. L'ONU en appelle aussi au calme dans l'ensemble du pays en proie aux violences depuis le en raison de l'opposition entre les deux hommes forts de Madagascar.

: La presse malgache dénonce de façon unanime la répression de la manifestation du « samedi noir » parlant de « bain de sang », de « carnage » et de « boucherie ». Le quotidien d'opposition La Vérité dénonce dans son éditorial un « bilan tragique, à nul autre pareil de l'histoire de la république malgache ». La ministre de la Défense, Cécile Manorohanta, annonce sa démission après la répression de la manifestation des partisans du maire par la garde présidentielle durant laquelle 28 personnes ont été tuées.

: Le président Marc Ravalomanana a reçu le secrétaire d'État français à la Coopération, Alain Joyandet, venu à Antananarivo avec une délégation de la Commission de l'océan Indien (COI) pour plaider une issue pacifique à la crise.