Le site Natura 2000 de la vallée de l’Antenne est une zone spéciale de conservation située en Charente-Maritime et en Charente, dans la vallée de l’Antenne, affluent de rive droite de la Charente. Il couvre l’ensemble de la rivière et la majeure partie de ses affluents, dont le Briou.
Il a été proposé en pour et validé le pour Fiche d’information Vallée de l’Antenne sur le site de la DIREN Nouvelle-Aquitaine.
La vallée a été intégrée comme site Natura 2000 car elle abrite sept habitats naturels d’intérêt communautaire et que sont présentes dix-neuf espèces d’intérêt communautaire dont certaines sont jugées prioritaires : le vison d'Europe, des chauves-souris (chiroptères), et un insecte, la rosalie des Alpes FR5400473 - Vallée de l’Antenne (INPN - Inventaire National du Patrimoine Naturel..
Localisation Le site Natura 2000 de la vallée de l’Antenne était proposé pour dont 541 en Charente-Maritime et 632 en Charente puis a été porté à avec en Charente-Maritime et 660 en Charente. Il se compose de tout le linéaire de l’Antenne depuis sa source à Fontaine-Chalendray ainsi que du lit majeur de Prignac jusqu’à Cognac.
Le territoire de la vallée de l’Antenne est couvert par plusieurs aires protégées : le site Natura 2000 qui porte le nom de la vallée est limitrophe de deux zones de protection spéciale (ZPS) : celle de la vallée de la Charente moyenne et Seugnes (nommé ZPS 05 dans le tableau ci-dessous) FR5412005 -Vallée de la Charente moyenne et Seugne (INPN - Inventaire National du Patrimoine Naturel). et celle de la plaine de Néré à Bresdon (nommé ZPS 24) FR5412024 - Plaine de Néré à Bresdon (INPN - Inventaire National du Patrimoine Naturel)..
La zone Natura 2000 comprend aussi une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) du même nom. C’est une ZNIEFF de première génération (type I) qui s’étend sur 709,7 hectares répartis sur cinq communes. Plusieurs ZNIEFFs indiquées ci-dessous se trouvent à proximité sans être incluses dans le périmètre de classement Natura 2000.
Il existe des zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) à proximité (notamment sur la vallée de la Charente et de la Seugne Vallée de la Charente et de la Seugne sur le site de BirdLife International.) mais pas dans la vallée de l’Antenne elle-même.
+ Liste des 29 communes ayant une partie de leur territoire du site Natura 2000 Commune Département Superficie (km²) SuperficieclasséeSystème d’information géographique de l’Observatoire régional de l’environnement Poitou-Charente (Sigore), site web. Commentaires Aujac Charente-Maritime 8,73 0,440 AumagneCes cinq communes sont situées sur le lit mineur d’un affluent de la rivière, elles sont classées mais leur surface officielle est nulle. Charente-Maritime 20,50 0,000 Authon-Ébéon Charente-Maritime 11,65 0,116 Bagnizeau Charente-Maritime 9,63 0,090 Blanzac-lès-Matha Charente-Maritime 9,42 0,090 Bresdon Charente-Maritime 16,67 0,000 ZPS 24 La Brousse Charente-Maritime 18,84 0,188 Cherves-Richemont Charente 37,94 2,660 ZNIEFF 467 et ZNIEFF 002 Cognac Charente 15,50 0,010 ZPS 05 et ZNIEFF 574 Courcerac Charente-Maritime 6,20 0,370 Cressé Charente-Maritime 10,96 0,329 ZPS 24 Fontaine-Chalendray Charente-Maritime 18,86 0,033 Gibourne Charente-Maritime 11,00 0,000 Haimps Charente-Maritime 18,47 0,000 Javrezac Charente 3,66 0,220 Louzac-Saint-André Charente 10,04 0,300 ZNIEFF 002 Massac Charente-Maritime 9,15 0,090 Matha Charente-Maritime 19,08 0,190 Mesnac Charente 6,51 0,840 ZNIEFF 467 Migron Charente-Maritime 15,06 1,350 ZNIEFF 467 Mons Charente-Maritime 15,63 0,780 Prignac Charente-Maritime 6,77 0,340 Saint-Ouen-la-Thène Charente-Maritime 7,01 0,070 Saint-Sulpice-de-Cognac Charente 23,82 2,570 ZNIEFF 467 et ZNIEFF 542 Le Seure Charente-Maritime 5,68 0,680 ZNIEFF 467 Siecq Charente-Maritime 11,66 0,000 Sonnac Charente-Maritime 17,12 0,020 Thors Charente-Maritime 5,55 0,100 ZNIEFF 711. Les Touches-de-Périgny Charente-Maritime 21,56 0,210 ZPS 24 Total des 29 communes 392,67 12,080(3,1 %)
Géographie et hydrographie
Les du site se situent à une altitude qui culmine à et descend lentement au fil du cours des rivières pour atteindre à la confluence avec la Charente. Le dénivelé est donc de , très faible dans la seconde partie de la rivière ce qui explique les méandres, bras multiples et marais.
Ce site est composé pour 10 % de l’eau de la rivière, eau courante et eau stagnante. L’Antenne est une petite rivière d’une longueur de à régime pluvial océanique aux eaux de bonne qualité, et constituée de deux parties. Au nord de Prignac, seuls les lits mineurs des linéaires de l’Antenne et d’une partie de ses affluents (le Briou) ont été intégrés dans la zone Natura 2000 car la présence d’assecs estivaux est préjudiciable à un bon état de conservation.
De Prignac à la confluence avec la Charente, la rivière présente de très nombreux bras secondaires et une importante surface inondable qui en font un des sites alluviaux régionaux les mieux conservés. Sur cette partie aval, c’est l’ensemble du lit majeur qui est en zone Natura 2000.
Les 80 % du site en forêts sont en presque totalité répartis en 48 % de forêts caducifoliées et 32 % de forêts en monoculture, presque exclusivement des peupleraies. La ripisylve d’aulnaie-frênaie alterne avec des plantations de peupliers, des roselières et quelques prairies inondables.
Les cultures céréalières représentent 6 % de sa surface, les autres surfaces (zones urbanisées, routes) 2 %.
Deux zones de pelouses sèches et de prairies semi-naturelles humides qui représentent chacune 1 % de la surface sont d’un grand intérêt.
Historique
Le site Natura 2000 de la vallée de l’Antenne fait partie de la liste nationale française des sites soumis à la formation du réseau Natura 2000 et a été intégré au réseau Natura 2000 sous le numéro FR5400473 en .
La procédure est gérée par la sous-préfecture de Saint-Jean-d'Angély avec comme opérateur la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de Rochefort.
Le comité de pilotage ou « Copil » chargé de veiller à la bonne application et au bon déroulement de la gestion du site est composé des représentants des collectivités, notamment les maires des communes concernées, des associations de riverains, sylviculteurs, pêcheurs, et protecteurs de la nature, entre autres.
Le gestionnaire de la LPO a d’abord été chargé de la rédaction du document d’objectifs (couramment appelé DOCOB) qui a été validé le . La charte Natura 2000, qui doit être annexée au DOCOB, a été validée le .
Les chartes Natura 2000 commenceront à être signées en 2009.
Les contrats Natura 2000 sont eux passés directement avec l’État ou avec l’Europe, qu’il s’agisse de mesures agro-environnementales territorialisées (MAEt) pour des terres agricoles ou des contrats Natura 2000 de terres non agricoles (hors SAU)Site de la DIREN Nouvelle-Aquitaine.
Habitats d’intérêt communautaire Le site Natura 2000 de la vallée de l’Antenne abrite sept habitats naturels d’intérêt communautaire tels qu’ils sont définis dans la directive habitats (directive de l’Union européenne 92/43/CEE, annexe I), tous d’importance C (moins de 2 % des surfaces existantes en France).
La frênaie alluviale ou forêt alluviale résiduelle à frêne commun (Fraxinus excelsior) et aulne glutineux (Alnus glutinosa) couvre 598 ha, soit 52 % du site.
Une forêt de chênes verts (Quercus ilex) couvre soit 3 % du site sur Cherves-Richemont entre la rivière et la D731 au « bois d’Ouillat ».
La rivière constitue deux sites : sur la moitié de sa surface, soit 5 % du site, l’eau stagne sous forme de lacs eutrophes naturels (une eau très riche en algues et en plantes) ; et, pour 5 % du site, la rivière elle-même, en eau courante, est habitat d’intérêt communautaire.
Sur la commune de Saint-Sulpice-de-Cognac, des carrières de pierre souterraines abandonnées forment un gite de cavités souterraines à chauves-souris. Les colonies de chiroptères les utilisent comme gite d’hibernation, mais aussi comme gite de reproduction.
Les pelouses calcicoles qui sont comprises pour dans la zone Natura 2000 sont un ensemble de pelouses sèches où le calcaire affleure. Les graminées, d’autres plantes annuelles et des orchidées forment un habitat spécifique. L’astragale de Montpellier (Astragalus monspessulanus) est l’espèce la plus rare.
Des prairies maigres de fauche de basse altitude forment le septième habitat naturel d’intérêt communautaire.
Espèces d’intérêt communautaire Le site Natura 2000 de la vallée de l’Antenne abrite dix-neuf espèces d’intérêt communautaire telles qu’elles sont définies dans la directive habitats, annexe II.
Mammifères Le vison d’Europe (Mustela lutreola) et la loutre (Lutra lutra) sont des occupants permanents des rives du site. Ce site est d’importance B pour le vison d’Europe (présence de 2 % à 15 % de l’effectif connu en France) et C pour la loutre (moins de 2 % de l’effectif connu en France) InfoSite 2, décembre 2006..
Les chauves-souris sont présentes dans toute la vallée qui leur sert de zone de chasse ; les espèces présentes sont : barbastelle (Barbastella barbastellus), grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) et petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), grand murin (Myotis myotis), minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersii), vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) et vespertilion de Bechstein (Myotis bechsteinii). Pour tous ces chiroptères, le site est d’importance C, avec moins de 2 % de l’effectif connu en France.
Le comptage des hibernants durant l’hiver 2007-2008 donne 442 individus (540 en 2008-2009), de sept espèces différentes. Ce sont 383 grands rhinolophes (409 en 2008-2009), 12 petits rhinolophes (19 en 2008-2009), 41 vespertilions à oreilles échancrées (98 en 2008-2009), 2 vespertilions de Bechstein (1 en 2008-2009) et 2 barbastelles (2 aussi en 2008-2009) (ces dernières privilégient d’autres habitats et sont très nombreuses et visibles l’été dans toute la vallée). Il a aussi été compté 1 oreillard roux (Plecotus auritus) (9 en 2008-2009) et 1 murin à moustaches (Myotis mystacinus) (2 en 2008-2009).
Durant l’été 2007 des sorties nocturnes ont permis d’identifier onze espèces, dont certaines ne sont pas comptabilisées parmi les hibernants du site des Chaudrolles et en particulier vespertilion de Daubenton (Myotis daubentonii), vespertilion de Natterer (Myotis nattereri), sérotine commune (Eptesicus serotinus), pipistrelle de Kuhl (Pipistrellus kuhlii), barbastelle commune (Barbastella barbastellus) et noctule commune (Nyctalus noctula).
La pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) est très présente.
La majorité des gites de reproduction reste inconnue.
Invertébrés Sur le site est présent un invertébré rare, la rosalie des Alpes (Rosalia alpina), plus ou moins inféodée en Nouvelle-Aquitaine à ce type de milieu. Elle est reconnue espèce prioritaire car elle est .
Sont aussi présents l’agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), la cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii), le gomphe de Graslin (Gomphus graslinii), le grand capricorne (Cerambyx cerdo) et le lucane cerf-volant (Lucanus cervus). Le grand cuivré ou cuivré des marais (Lycaena dispar), n'a pas été retrouvé et serait donc disparu.
Pour ces espèces, le site est d’importance C (présence de moins de 2 % de l’effectif connu en France).
Depuis l'inventaire fait pour l'élaboration du dossier du site ont été trouvés l'Azuré du serpolet (Phengaris arion) sur deux sites de deux communes et le Damier de la succise Euphydryas aurinia sur un site.
Poissons Le chabot commun (Cottus gobio), la lamproie de Planer (Lampetra planeri) et la lamproie de rivière (Lampetra fluviatilis) sont les trois espèces d’intérêt communautaire présentes sur le site. Pour ces trois espèces, le site est d’importance C (présence de moins de 2 % de l’effectif connu en France).
Par ailleurs, l’Antenne est classée en pour la pêche avec présence de truites.