Marguerite Thérèse Jeanne de Savoie-Gênes, princesse de Savoie (en italien ), née le à Turin (alors partie du royaume de Sardaigne) et morte le à Bordighera, est reine d'Italie de 1878 à 1900. Épouse du roi , elle est la mère du roi .

La pizza Margherita, mondialement célèbre, a été créée en son honneur en 1889.

Famille vignette|Ferdinand de Savoie (1822-1855), duc de Gênes, père de Marguerite de Savoie-Gênes, princesse de Savoie.|gauche Nièce du roi Victor-Emmanuel II, la princesse Marguerite est la fille de Ferdinand de Savoie, duc de Gênes, et d'Élisabeth de Saxe.

Elle appartenait à la maison de Savoie, comme son époux le roi Humbert , qui est son cousin germain ; en effet, tous deux sont les petits-enfants de Charles-Albert de Savoie, roi de Sardaigne, et de Marie-Thérèse de Habsbourg-Toscane.

Biographie

Elle n'a pas encore dix ans quand, après deux années de guerre, son oncle est proclamé roi d'Italie après avoir conquis la péninsule en 1861. En 1866, allié de la Prusse contre l'Autriche, il est vaincu mais la défaite de l'Autriche face à la Prusse lui permet d'annexer la Vénétie. En 1870, la défaite de la France, protectrice des Etats pontificaux, face à la Prusse lui permet d'annexer le Latium et de fixer la capitale de l'Italie à Rome. Le pape Pie IX se considère comme prisonnier de fait à l'intérieur du palais du Vatican. Bien que victorieux, le souverain du nouveau royaume d'Italie est méprisé par ses pairs, qui lui reprochent d'avoir dépouillé de leurs possessions le pape, , tous membres des dynasties catholiques de Bourbon et de Habsbourg-Lorraine.

En 1866, le roi demande la main d'une infante d'Espagne pour son second fils, le duc d'Aoste. La reine d'Espagne lui oppose une fin de non-recevoir et pour bien marquer son soutien à la cause catholique donne sa fille à un prince de la maison des Deux-Siciles. Aussi le mariage du prince héritier devient-il un problème épineux, le roi redoutant un affront diplomatique de la part de ses pairs, les souverains catholiques. Un rapprochement avec l'Autriche fut envisagé mais la mort prématurée et tragique de la jeune archiduchesse Mathilde de Teschen mit un terme aux suppositions. Victor-Emmanuel se tourna alors vers sa propre famille et en tant que chef de famille choisit pour son fils sa nièce, Marguerite de Savoie-Gênes, orpheline de père dont la mère vivait en disgrâce pour avoir contracté après son veuvage une union morganatique, avec le marquis Nicolò Giuseppe Rapallo.

Le , elle épousa son cousin germain Humbert d'Italie (1844-1900), couronné roi le . Ils n'eurent qu'un enfant : Victor-Emmanuel, prince de Naples (1869-1947), le futur Victor-Emmanuel III.

La reine Marguerite était connue pour être une protectrice des arts et des lettres. Blonde et avec une allure très majestueuse, la jeune Marguerite développa un esprit très religieux et conservateur. Elle fut l'élève de Francesco Paolo Tosti. Elle fonda diverses sociétés culturelles, dont la Società del Quartetto et la Casa di Dante, et fut la bienfaitrice de plusieurs œuvres comme la Croix-Rouge. Carducci écrivit en son honneur l’Ode alla regina d'Italia. Elle fut donc très populaire auprès de la plus grande majorité des Italiens, bien qu'elle approuvât sans réserve la violente répression des révoltes de Milan de 1898, dues à la misère de la classe populaire, sur ordre du général Bava-Beccaris.

En 1896, le prince héritier épousa la princesse Hélène de Monténégro.

Le roi Humbert est assassiné en 1900 au cours d'un déplacement à Monza. Il meurt dans les bras de la reine.

Leur fils devient roi sous le nom de Victor--Emmanuel III. En 1904, nait son héritier prénommé Humbert.

En 1915, l'Italie rejoint le camp des alliés et déclare la guerre à l'Autriche. La victoire de 1918 ne permet pas à l'Italie de recevoir les gains territoriaux promis par l'Angleterre et la France. Le frustrations italiennes s'exacerbent dans des luttes politiques violentes. En 1922, le roi appelle au pouvoir Benito Mussolini lequel instaure une dictature.

Pendant ce temps, les négociations devant aboutir au mariage du prince héritier avec la princesse Marie-José de Belgique piétinent. En effet, la princesse est une petite-nièce de la reine Marie-Sophie des Deux-Siciles, qui, bien qu'octogénaire, n'oublie pas que son défunt mari a été chassé de son trône et dépouillé de ses états par l'arrière-grand-père du prince héritier d'Italie, s'oppose avec vigueur à l'union des deux jeunes gens. "L'héroïne de Gaëte" s'éteindra en 1925 et le mariage sera célébré en 1930.

Quant à ses deu petie-filles aînées, la première contracte une union morganatique, la seconde épouse le landgrave de Hesse-Cassel, petit-fils du Kaiser. Si le marié est issu d'une maison souveraine, le fait qu'il soit protestant déplaît au pape Pie XI et l'union n' est pas célébrée à Rome mais à Racconigi.

La reine-douairière Marguerite ne verra pas le mariage de son petit-fils. Elle meurt le dans sa villa à Bordighera et, le , sa dépouille mortelle est transférée à Rome pour être inhumée, comme son époux, à la basilique Santa Maria ad Martyres, le Panthéon.

Curiosités Le nom de « Margherita » est passé à la postérité lorsque, en 1889, un artisan pizzaiolo créa la pizza Margherita en son honneur. Cette nouvelle pizza avait pour particularité de présenter les trois couleurs du récent drapeau de l'Italie unifiée : vert, blanc, rouge. En 1879, les Siennois avaient baptisé de son nom une variété de panforte.

Passionnée d'alpinisme, Marguerite de Savoie s'est rendue régulièrement à Gressoney-Saint-Jean dans la vallée du Lys pour ses vacances, où elle fit bâtir sa résidence, le château Savoie. Elle fut la première femme à escalader le mont Rose, quatrième sommet des Alpes. Pour cette ascension elle fit bâtir la cabane Reine-Marguerite, inaugurée le , qui est encore aujourd'hui le plus haut refuge d'Europe à .

Le , la ville de Bordighera a inauguré une statue de la reine en marbre blanc réalisée par le sculpteur Italo Griselli (1880-1950)Archive Luce Cinecittà. Elle est située aux pieds de la Pineta del capo, tout près de l'église Saint Ampelio.

Les marais salants situés à Margherita di Savoia, dans les Pouilles, ont été renommés ainsi en 1879 en l'honneur de Marguerite de Savoie.

Distinctions : dame grand-croix de l'ordre de Sainte-Catherine 1871 : dame de l'ordre de la Reine Marie-Louise Dame de l'ordre royal de Sainte-Isabelle de Portugal Dame de l'ordre de la Croix étoilée Dame de l'ordre de Thérèse

Ascendance

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Carlo Casalegno, La Regina Margherita, Einaudi editore, Torino, 1956. Manlio Lupinacci, La Regina Margherita, Le lettere editore, Firenze, 2008. Félix Fénéon, Nouvelles en trois lignes, 1906, éditeur Libella, collection Libretto, 162 p. , Paris, 2019 , p. 95 et 106.

Articles connexes Le Duc d'Albe (grand opéra de Gaetano Donizetti) Château Savoie (dans le val d'Aoste) Pointe Marguerite (dans les Grandes Jorasses) Villa Margherita (à Bordighera)

Liens externes

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