vignette|Bruno La Ronga, militant de l'organisation Prima Linea
() est un groupe terroriste italien, issu du service d'ordre de l'organisation d’extrême gauche Lotta Continua et actif pendant les Années de plomb de 1976 à 1981.
Histoire est fondé à la fin de l'année 1976 par des dissidents de et du (Sergio Segio, Enrico Galmozzi, Massimo Libardi, Bruno La Ronga). Le scissionne après son premier assassinat, les partisans de l'illégalisme participant à la fondation de . Au printemps 1980, le groupe périclite à la suite d'une vague d'arrestations. En , le groupe s'autodissout, ses membres rejoignant les Brigades rouges, les et les .
Les effectifs de Prima Linea sont estimés à environ 250 militants. Le groupe fera 16 victimes reconnuesGabriele Adinolfi, « L'Italie des "années de plomb" », La Nouvelle Revue d'histoire, Hors-Série, n°13H, Automne-Hiver 2016, .. Il a revendiqué 101 actions armées.
Près d'un millier de personnes ont été poursuivies devant les tribunaux italiens pour appartenance à Prima Linea. Le groupe était majoritairement composé de chômeurs et d’étudiants, et comprenait également une bonne part d’ouvriers.
Prima Linea est considéré comme ayant été par ses effectifs le deuxième groupe armé après les Brigades rouges.
Plusieurs militants se réfugièrent en France sous couvert de la doctrine Mitterrand.
Au cours de sa première période d'activité, le groupe choisit la plupart de ses victimes dans le cadre des luttes syndicales ou en usine : beaucoup d'actions consistent à blesser des chefs d'ateliers ou et des entrepreneurs.
Pour se financer, et surtout pour se procurer des armes, Prima Linea va commettre nombre de hold-up et d'actes de brigandage, principalement dans des armureries. Un membre du groupe, Romano Tognini, est d'ailleurs tué lors de l'attaque d'un magasin à Tradate.
Actions armées (chronologie partielle)
Le premier assassinat attribué à Prima Linea est celui d'Enrico Pedenovi, avocat et conseiller provincial du Mouvement Social Italien, commis le à Milan. La victime se rendait à une commémoration du meurtre de Sergio Ramelli, militant du MSI âgé de 17 ans, commis une année plus tôt par des membres de Avanguardia Operaia. Le , à Milan, le directeur de la Sit-Siemens Giuseppe D'Ambrosio est blessé aux jambes. Deux jours plus tard, un groupe attaque au P-38 Giancarlo Niccolai, président de la section de la Démocratie chrétienne de Pistoia. Il a les deux fémurs fracturés. Le matin du , l'agent de police Giuseppe Lorusso est assassiné devant son immeuble à Turin. Le , le juge de 36 ans, Emilio Alessandrini, connu pour son intégrité, est assassiné dans sa voiture à un feu rouge à Milan. Prima Linea l'accusait d'être un « espion ». Le , un groupe de PL attaque la caisse d'épargne de Druento (Turin). Le vigile non armé Bartolomeo Mana, 34 ans, est tué de sang froid. Le , à Turin, PL assassine Carmine Civitate, 38 ans, père de deux enfants en bas âge, tenancier du bar Dell'Angelo, que l'organisation accuse d'avoir dénoncé à la police deux de ses membres. L'enquête établira que Civitate n'était pour rien dans l'arrestation des deux terroristes.
Culture populaire En 2009 paraît , film de Renato De Maria retraçant l'histoire de Sergio Segio. Le film est une adaptation du livre écrit en prison par Sergio Segio lui-même, Miccia corta. Una storia di Prima linea, même si l'ex-terroriste a pris ses distances avec le film. Sergio Segio, né en 1955, a été le principal dirigeant et « commandant militaire » de Prima Linea, où il était surnommé Comandante Sirio. Arrêté en 1982, il sera libéré en 2004.
Notes et références
Articles connexes Mouvement autonome en Italie Années de plomb Doctrine Mitterrand Bruno La Ronga
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