Juan Carlos Rodríguez Ibarra (), né le à Mérida, est un homme politique espagnol membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).
Il adhère au PSOE en , après avoir fait la connaissance d'Alfonso Guerra à la fin des années 1960. De à , il représente la province de Badajoz au Congrès des députés. Il échoue en puis en à prendre la présidence du gouvernement pré-autonome d'Estrémadure en raison de la majorité absolue dont bénéficie l'Union du centre démocratique en son sein.
Il y parvient finalement en , avant d'être élu en président de la Junte d'Estrémadure. Il est reconduit à cinq reprises et reste ainsi au pouvoir consécutives, accomplissant cinq de ses six mandats avec la majorité absolue à l'Assemblée d'Estrémadure. À partir de , il est également secrétaire général du PSOE d'Estrémadure. Sa longévité au pouvoir et son influence en font l'un des « barons » du Parti socialiste avec ses homologues José Bono et Manuel Chaves.
En raison de la situation socio-économique difficile de sa région, il défend fermement l'unité de l'Espagne et s'oppose aux nationalismes périphériques. Il assume un discours populiste et adopte une forme de démagogie pour conduire ses campagnes électorales. Au sein du PSOE, c'est un fidèle soutien d'Alfonso Guerra, qui représente selon lui l'essence du socialisme.
Il se retire de la vie politique en , moins de deux ans après avoir été victime d'un infarctus du myocarde. Il cède la présidence de la Junte puis le secrétariat du PSOE à son dauphin Guillermo Fernández Vara. Il continue néanmoins d'intervenir dans les médias sur l'actualité politique espagnole ou la vie interne du PSOE, dont il est un représentant de la vieille garde.
Vie privée Juan Carlos Rodríguez Ibarra naît le à Mérida.. Ses parents s'installent en Estrémadure après la guerre d'Espagne, son père Ponciano Rodríguez ayant été interné en camp de concentration..
Il est marié et père d'une fille. que lui et son épouse ont adopté en ..
Formation et vie professionnelle Juan Carlos Rodríguez Ibarra achève ses études secondaires à Mérida, puis il se forme au métier d'instituteur à Badajoz. Il passe avec succès le concours d'instituteur en mais demande à être mis en disponibilité pour suivre un cursus universitaire.. Il obtient ensuite une licence en philologie moderne, spécialité français, à l'université de Séville. Il est ensuite lecteur en espagnol au lycée Clemenceau de Nantes..
Il commence à travailler en comme professeur non titulaire à l'école de formation des enseignants de Badajoz. Il devient titulaire onze ans plus tard au sein de l'école universitaire de cette même école de formation, qui deviendra plus tard la faculté d'éducation de l'université d'Estrémadure.
Engagement politique Débuts Les premiers contacts de Juan Carlos Rodríguez Ibarra avec le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) ont lieu à la fin des années 1960, alors qu'il est étudiant, notamment sa rencontre avec Alfonso Guerra. Il adhère en et participe au , organisé la même année à Madrid.
Il est élu député de la circonscription de Badajoz au Congrès des députés aux élections générales de 1977, étant réélu à l'occasion de celles de 1979 puis de 1982. Lors des élections de 1977, il occupe la troisième place sur la liste de Badajoz. Il explique, en , qu'il ne pensait pas s'engager en politique au-delà de son adhésion au PSOE et qu'il avait accepté cette proposition car Alfonso Guerra lui avait indiqué que le PSOE n'obtiendrait qu'un seul député dans cette province.. Il échoue, en 1978, à se faire élire secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol d'Estrémadure (PSOE-Ex), le poste revenant à avec 85 % des voix..
Au cours de la réunion de la Junte régionale d'Estrémadure du , il fait partie des deux socialistes nommés à la tête d'un département exécutif, en tant que conseiller à la Santé et à la Sécurité sociale..
Lors de la campagne des élections générales de , il est physiquement molesté en par environ de Los Santos de Maimona, dans la province de Badajoz, qui l'expulsent du bar où il attendait avant d'entamer une réunion publique et le forcent à parcourir tout le village jusqu'à la sortie du territoire communal. Cette violence s'expliquerait par ses propos critiques à l'endroit de la décision du ministre de la Santé Enrique Sánchez de León d'installer un centre de formation permanente à Los Santos alors que selon lui, un accord avait été conclu pour qu'il soit bâti à mi-chemin avec Zafra.. Lors d'une intervention publique en , il révèle qu'il considère cet événement comme l'un des et qu'il avait eu peur d'être tué..
Président d'Estrémadure Président provisoire Juan Carlos Rodríguez Ibarra tente de se faire de se faire élire président de la Junte régionale d'Estrémadure le , mais il n'emporte que sept voix, soit neuf de moins que Luis Ramallo de l'Union du centre démocratique (UCD). Les socialistes décident alors de renoncer à leurs fonctions au sein de l'exécutif.. Ce résultat se répète le , alors qu'il fait face cette fois-ci au centriste Manuel Bermejo au cours d'un scrutin qui suit la démission de Ramallo.. Après la démission de ce dernier, il est effectivement investi président de cette institution en à sa propre surprise, bénéficiant du vote de deux élus de l'UCD qui auraient dû porter leurs suffrages sur l'indépendant Juan Bazaga..
Quatre mois plus tard, l'Assemblée d'Estrémadure provisoire le porte le à la présidence de la Junte d'Estrémadure en attendant la tenue d'élections territoriales par favorables et , l'unique député du Parti communiste d'Espagne (PCE) se joignant à ses pairs du Parti socialiste.. Le , le comité fédéral du PSOE ratifie sa candidature comme chef de file aux élections du ..
Six mandats de chef du gouvernement vignette|redresse=0.7|Juan Carlos Rodríguez Ibarra est président de la Junte d'Estrémadure entre 1983 et 2007. Élu député de Badajoz à l'Assemblée d'Estrémadure lors des élections du 8 mai suivant, Juan Carlos Rodríguez Ibarra démissionne du Congrès le suivant. Le , il reçoit l'investiture de l'Assemblée comme président de la Junte d'Estrémadure. Il est désigné président du gouvernement de la communauté autonome à six reprises, remportant tous les scrutins avec une majorité absolue des sièges, sauf en . Cette année-là, il est réélu au second tour de scrutin par favorables, contre et six abstentions, profitant de la décision de la Gauche unie (IU) de rejoindre la Coalición Extremeña (CEx) dans l'abstention..
Cette longévité à la tête d'une puissante institution territoriale lui vaut le surnom de () du PSOE, au même titre que le président de la Junte d'Andalousie Manuel Chaves et le président de la Junte des communautés de Castille-La Manche José Bono..
Le , l'Alliance populaire (AP) dépose à son encontre une motion de censure proposant de le remplacer par Adolfo Díaz-Ambrona. Lors du débat, Juan Carlos Rodríguez Ibarra qualifie son opposant d' et lui reproche d'avoir monté une opération purement électorale destinée à lui donner de la visibilité à quelques semaines des élections. La motion est rejetée par contre et . Elle reste la seule motion de censure de l'histoire régionale jusqu'à celle déposée en par Guillermo Fernández Vara..
Pour ses campagnes électorales, il adopte une stratégie de type populiste et démagogique que lui-même définit comme le fait de parler aux gens de la vérité qui les intéresse... Ses prises de position sans filtre lui ont permis, au fil des années, d'offrir à l'Estrémadure une place singulière dans la vie politique espagnole..
Départ vignette|En 2007, Juan Carlos Rodríguez Ibarra cède le pouvoir à son dauphin, Guillermo Fernández Vara. Juan Carlos Rodríguez Ibarra annonce le qu'il ne postulera pas pour un sixième mandat, dénonçant la volonté du parti de limiter à trois le nombre de mandats de ses élus.. Il revient sur cette décision en , à la demande expresse de José Luis Rodríguez Zapatero, en échange d'engagements forts en faveur de l'Estrémadure.
Le , il est victime d'un infarctus du myocarde, qui conduit à la réalisation d'une angioplastie.. Il racontera par la suite que Guillermo Fernández Vara lui a sauvé la vie ce jour-là, en identifiant ses symptômes à l'occasion d'une conversation téléphonique et en prévenant les secours.. Il quitte quatre jours plus tard l'hôpital de Madrid où il était admis..
Il indique le qu'il a l'intention de mettre un terme à sa vie politique en ne se représentant pas aux élections du 27 mai 2007.. Le conseiller à la Santé de la Junte Guillermo Fernández Vara, un ami proche perçu de longue date comme son dauphin, est effectivement choisi deux jours plus tard par la commission exécutive régionale pour mener la prochaine campagne du PSOE comme candidat à la présidence..
À l'issue du scrutin, Guillermo Fernández Vara est investi pour lui succéder le .. Juan Carlos Rodríguez Ibarra reçoit des mains de son successeur la médaille d'Estrémadure le ..
Figure du PSOE Secrétaire général en Estrémadure Juan Carlos Rodríguez Ibarra est élu secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol d'Estrémadure (PSOE-Ex) le , lors du régional, qui consacre l'unification de la direction du parti au niveau de la communauté autonome, confiant la présidence honorifique à Eugenio Álvarez et le vice-secrétariat à Federico Suárez.. Il est remplacé par au secrétariat général provincial de Badajoz..
Il décide initialement en de ne pas postuler à un nouveau mandat dans un contexte de forte tension au sein de l'appareil national., avant d'être finalement réélu en avec plus de 90 % des voix des délégués.. Le congrès de est l'occasion pour lui de ne pas participer directement aux discussions sur la structure et la composition de son équipe de direction pour la première fois, son vice-secrétaire Federico Suárez se voyant confier la présidence de la commission exécutive en remplacement d'Eugenio Álvarez, dont Juan Carlos Rodríguez Ibarra salue la générosité..
Le , Guillermo Fernández Vara le remplace également comme secrétaire général du PSOE-Ex..
Membre de la direction nationale En outre, Juan Carlos Rodríguez Ibarra siège à deux reprises au sein de la commission exécutive fédérale du PSOE : entre et sous l'autorité de Felipe González, puis de à , sous la direction de José Luis Rodríguez Zapatero. Lors du congrès de 1997 qui consacre la succession de Felipe González au profit de Joaquín Almunia, il renonce à siéger au sein de la direction, officiellement au nom du renouvellement générationnel. mais en réalité car il considère que la nouvelle direction ne présente pas un caractère unitaire..
À l'occasion du congrès de 2004, il négocie avec José Luis Rodríguez Zapatero pour lui faire admettre la présence du premier secrétaire du Parti des socialistes de Catalogne (PSC) José Montilla au sein de la commission exécutive, alors que le secrétaire général ne souhaitait la présence d'aucun dirigeant territorial ; il lui propose d'intégrer Montilla dans la mesure où le PSC forme un parti associé du PSOE et de confier à Patxi López la coordination du conseil territorial du parti, une solution approuvée par José Luis Rodríguez Zapatero qui nomme également Juan Carlos Rodríguez Ibarra dans son équipe de direction sans lui confier de responsabilité particulière...
Soutien d'Alfonso Guerra vignette|redresse=0.7|Au sein du PSOE, Juan Carlos Rodríguez Ibarra est un soutien de premier ordre d'Alfonso Guerra. Au sein du Parti socialiste, Juan Carlos Rodríguez Ibarra est un défenseur acharné des thèses d'Alfonso Guerra, qui représente d'après lui un .. Il entretient avec Alfonso Guerra une amitié profonde, qui explique que ce dernier ait choisi d'annoncer sa démission de la vice-présidence du gouvernement en 1991 lors de la clôture du congrès régional du PSOE d'Estrémadure, une décision dont Juan Carlos Rodríguez Ibarra était l'un des rares informés au préalable.