Radinghem-en-Weppes est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France. Radinghem-en-Weppes, qui faisait partie de la communauté de communes de Weppes, en Flandre française, a rejoint la métropole européenne de Lille en 2017.
Géographie Localisation Dans le centre du département du Nord, Radinghem-en-Weppes est un bourg rural situé, à vol d'oiseau, à à l'ouest de la commune de Lille.
Communes limitrophes
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Becque, la Radinghem-en-Weppes, le Courant des Breux et un autre petit cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Radinghem-en-WeppesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Lys ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Lys. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le , puis révisé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte pour l'élaboration du SAGE de la Lys (SYMSAGEL).
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lesquin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Radinghem-en-Weppes est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Radinghem-en-WeppesUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l'agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Radinghem-en-Weppes comprend deux villes-centres (Fromelles et Radinghem-en-Weppes) et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lille (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (93,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (95,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (86,9 %), zones urbanisées (6,1 %), zones agricoles hétérogènes (4,5 %), prairies (2,6 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports La commune est desservie, en 2023, par les lignes 62, 236 et par les lignes de transport à la demande 22R, 25R, 29R, 62R et 74R du réseau Ilévia..
Toponymie Le nom de Radinghem apparaît pour la première fois en 1168; sous la forme Radinghehan en 1204..
Il s'agit d'un composé de l'anthroponyme germanique Ratdo. Albert Dauzat croit reconnaître ce nom de personne dans le nom de la commune homonyme du Pas-de-Calais, Radinghem (Rhadinghem 1139), ainsi que dans les toponymes de type roman : Radon (Orne) ; Radepont (Eure) et Radonvilliers (Aube). Dans Radinghem, Ratdo est suivi du suffixe -ing qui indique la propriété de la terre, puis de l'appellatif -hem, forme flamande du nom commun haim qui signifie « habitation, foyer » en germanique occidental (cf. ham > hameau). Les formations toponymiques en ing-hem sont typiques des Flandres et correspondent aux formations saxonnes de Grande-Bretagne en -ing-ham (Birmingham, etc.). Dans les régions où l'usage de la langue flamande s'est poursuivi, il a évolué en -igem, -egem.
Le village fait partie de la région de Weppes, qui désigne un des cinq quartiers de Lille avant Révolution. La mention de Weppes apparaît pour la première fois en 984.
Histoire Avant 1789 Le village de Radinghem appartint successivement à la famille de Fiennes, puis de Luxembourg, (Maison de Luxembourg) ce sont des familles de haute-noblesse, ils ne venaient que très rarement dans le village. Au milieu du , la famille de Luxembourg qui possédait la seigneurie de Radinghem s'éteignit, le village passa donc dans la lignée des comtes d'Egmont, vieille famille princière hollandaise qui faisait remonter ses origines au début du Moyen Âge. L'un d'entre-eux, Lamoral comte d'Egmont et seigneur de Radinghem, fut un général victorieux pour la couronne d'Espagne (les Flandres étaient espagnoles) dans les guerres contre la France (bataille de Saint-Quentin et bataille de Gravelines en 1557 et 1558). Il fut nommé gouverneur des provinces d'Artois et de Brabant. Il était donc un serviteur fidèle à la couronne espagnole. Cependant, il prit la tête de la révolte des gueux aux Pays-Bas protestants et en Belgique catholique. Leur armée désorganisée finit par être défaite et après un procès expéditif, Lamoral d'Egmont fut décapité en Place de Bruxelles. La famille d'Egmont posséda Radinghem jusqu'à la fin du . Happé par des fonctions de cour plus prestigieuses, elle se désintéressa de ses possessions flamandes. Jean-Pierre de Flandres, issu d'une famille de marchands lillois récemment anobli par le roi, achète en 1720 la seigneurie et le village de Radinghem au comte d'Egmont.
Jean-Pierre de Flandres (1670-1740), seigneur de Radinghem et du Coustre, écuyer, fils de Josse, écuyer, seigneur du Coustre et de Beauvoir, bourgeois de Lille, confirmé noble en 1697, et de Marie-Angélique Duhot, est baptisé à Lille le . Il est bourgeois de Lille le , devient échevin, mayeur, rewart (chargé de la police) de la ville. Créé chevalier par lettres du , il meurt à Lille le , à 70 ans. Il épouse à Lille le Anne-Virginie Poulle (1681-1744). Elle est baptisée à Lille le )et meurt à Lille le , à l'âge de 62 ans. Elle est fille de Robert-André Poulle, écuyer, seigneur du Vas et de Anne-Catherine-Virginie Aronio..
Pierre-André-Joseph de Flandres (1712-1747), chevalier, fils de Jean-Pierre, baptisé à Lille le , succède à son père dans ces seigneuries. Il est bourgeois de Lille sur requête le et échevin de la ville. Il y meurt le . Il a épousé à Lille le Anne-Marguerite-Françoise Desbuissons (1717-1804), baptisée à Lille le , décédée le , à 84 ans, et inhumée à Beaucamps. Elle avait pour parents Pierre-Martin Desbuissons, écuyer, seigneur de Hautevalle (sur Linselles), bourgeois de Lille et Anne (ou Marie)-Marguerite-Hyacinthe Poulle (née en 1691, elle est la demi-sœur de l'épouse de Jean-Pierre de Flandres )Paul Denis du Péage, « Recueil de généalogies lilloises », tome 1, dans Recueil de la société d'études de la province de Cambrai, tome 12, 1906-1909, p. 47 lire en ligne..
Alexis-Joseph de Flandres (1746-1818), chevalier, dernier seigneur de Radinghem, est le fils de Pierre-André-Joseph. Il est baptisé à Lille le , épouse à Lille le Christine-Thérèse Rouvroy (1746-1825), fille de Jacques-François-Alexandre Rouvroy, chevalier seigneur de Fournes, Capinghem, Treusignies, bourgeois de Lille, trésorier de France au bureau de la généralité de Lille, anobli, et de Marie-Claire-Joseph-Bonne Jacops; il meurt le , à l'âge de 72 ans, est enterré à Beaucamps. Son épouse est baptisée à Lille le ) et meurt le , à 79 ans..
En 1720, le village s'étend sur 635 hectares et a une population de 240 foyers (environ 720 personnes). Le village produit surtout du blé, colza, seigle. Mais la production agricole n'est pas la seule, la production de lin, les filets et les toiles revendues aux marchands de Lille ou d'Armentières sont aussi importantes.
Les Templiers et les Hospitaliers
La mention du nom de Radinghem en 1168 figure au registre de l'abbaye Saint-Pierre de Loos, qui possédait de nombreuses terres à Radinghem. Il faut savoir qu'à l'époque, beaucoup de gens offraient des terres à l'église en rédemption de leurs péchés. À l'époque, le seigneur de Radinghem se nommait Jean - on le nomme « miles » dans le registre, c'est-à-dire chevalier en latin. Aux , le village de Radinghem appartient en partie à des ordres religieux, sont cités par exemple la Table des pauvres, la collégiale Saint-Pierre de Lille, l'église Saint-Piat de Seclin ou encore l'ordre du Temple, qui possédait par exemple la ferme du Grand-Maisnil située dans la rue Pontchel-Boutry, la ferme faisait partie de la commanderie templière de La Haie, à Canteleu-lez-Lomme. En 1312, les Templiers furent accusés par le roi Philippe IV le Bel de détourner des fonds ; il les châtia en brûlant vif le grand maître et des chevaliers templiers. La ferme fut donnée à un ordre concurrent, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
La présence de ces moines-soldats fut bénéfique à la prospérité de la paroisse. Durant la guerre de Cent Ans par exemple, le village fut épargné par les combats. Le village était aussi protégé des bandes de pillards qui étaient nombreuses dans la région à l'époque. Le village de Radinghem bénéficia de cette protection jusqu'à la Révolution car ce ne fut qu'en 1789 que les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem furent chassés du village.
Révolution française