Alexis Pinturault, né le à Moûtiers en Savoie, est un skieur alpin français polyvalent, troisième athlète de son pays à remporter le classement général de la Coupe du monde, à l'issue de la saison 2020-2021 (vingt-quatre ans après Luc Alphand), recordman français au nombre de victoires et de podiums, et double champion du monde du combiné alpin.

Champion du monde du combiné à Åre en 2019, 37 ans après l'ancien président de la Fédération française de ski, Michel Vion, il est par ailleurs le seul skieur français de l'histoire à avoir remporté le petit globe de cristal du combiné alpin (en 2016, 2017, 2019 et 2020). En comptant ses victoires aux classements du combiné en 2013 et 2014, qui ne délivrait alors pas de globe, il y totalise six victoires en tout, ce qui constitue un record. Il est le skieur français comptant le plus grand nombre de victoires en Coupe du monde (34) et de podiums (77) étant aussi le quatrième skieur alpin de son pays à totaliser trois médailles olympiques, après Henri Oreiller, Jean-Claude Killy et Franck Piccard. Sa polyvalence fait de lui l'un des skieurs les plus complets du circuit de la Coupe du monde. Durant sa carrière, il s'aligne en super G, en slalom géant, en slalom, en parallèle et en combiné.

Également de nationalité norvégienne par sa mère, il est licencié au club des sports de Courchevel. Il remporte le titre de champion du monde junior de slalom géant en 2009 et en 2011, et plusieurs titres lors des championnats de France. Il prend part à la Coupe d'Europe (antichambre de la Coupe du monde), dont il gagne l'édition 2010-2011. En 2011, il intègre également l'équipe de France Douane.

Il débute en Coupe du monde lors de la saison 2008-2009 et signe ses premières victoires en City Event à Moscou, en slalom à Val d'Isère, en combiné à Wengen et en slalom géant à Garmisch-Partenkirchen lors de l'hiver 2012-2013. En 2014, il remporte la médaille de bronze du slalom géant aux Jeux olympiques, puis devient le premier Français depuis Luc Alphand en 1997 à atteindre le podium du classement général de la Coupe du monde. L'année suivante, il remporte le bronze au slalom géant des championnats du monde. Il est champion du monde par équipes en 2017. En remportant sa dix-neuvième victoire en Coupe du monde, le , à l'arrivée du slalom géant d'Adelboden, Alexis Pinturault devient le Français comptant le plus de victoires en coupe du monde, dépassant le total de Jean-Claude Killy.

En 2018, il remporte la médaille d'argent du combiné des Jeux olympiques de Pyeongchang, puis la médaille de bronze en slalom géant. Le 11 février 2019, à Åre, il devient le sixième champion du monde français de combiné alpin. Il remporte ensuite dans ces Mondiaux la médaille de bronze du slalom géant, gagné par Henrik Kristoffersen, sa deuxième après être monté sur la du podium en 2015 à Beaver Creek. Il s'impose dans le combiné de Bansko, le , et remporte son de la discipline et son troisième petit globe. Enfin, il remporte le slalom géant des finales de Soldeu, le , pour un record personnel (il termine pour la première fois deuxième du classement général de la Coupe du monde) et national, puisqu'il s'agit de la de sa carrière, une de mieux que Carole Merle.

Après la retraite de Marcel Hirscher, Alexis Pinturault fait partie des principaux prétendants à la victoire au classement général de la Coupe du monde, au cours de la saison 2019-2020. À l'occasion de sa , le , où il s'impose dans le combiné alpin d'Hinterstoder, il remporte son quatrième petit globe de cristal de la discipline. La fin de saison tronquée en raison de la pandémie de Covid-19 ne lui permet pas de défendre ses chances face à Aleksander Aamodt Kilde, qui gagne le gros globe en le devançant de 54 points.

En remportant le parallèle de Zürs, le , il obtient sa trentième victoire et devient le premier skieur alpin vainqueur dans six disciplines différentes. Il lutte pour le gros globe de cristal tout au long de l'hiver 2020-2021, et en sort doublement vainqueur, s'adjugeant le classement général après Jean-Claude Killy en 1967 et 1968, et Luc Alphand en 1997, ainsi que le petit globe du slalom géant, 19 ans après Frédéric Covili. Le dénouement a lieu le , jour où il fête ses 30 ans, lorsqu'il s'impose dans le dernier slalom géant de la saison à Lenzerheide, sa dans la discipline. Il traverse la saison 2021-2022 sans victoire et ne connait pas la réussite aux Jeux de Pékin 2022. Toujours sans victoire au cours de l'hiver 2022-2023 en Coupe du monde, Alexis Pinturault parvient à remporter à domicile, un deuxième titre de champion du monde du combiné alpin, le 7 février 2023 à Courchevel, avant de prendre la médaille de bronze du Super-G : les deux seuls podiums de la France dans les Mondiaux 2023.

Alors qu'il a réorienté sa carrière vers les épreuves de vitesse, obtenant son premier « top 10 » en descente à Wengen le , il chute à la réception d'un saut en Super-G le lendemain. Souffrant d'une blessure au genou gauche, il doit alors mettre un terme à sa saison. Il reprend la compétition la saison suivante, mais il se blesse à nouveau, cette fois genou droit en chutant lors du Super-G de Kitzbühel tout juste un an plus tard.

Le , il est annoncé qu'Alexis Pinturault n'est pas sélectionné pour les Jeux olympiques d'hiver 2026. Le , dans sa station de Courchevel, Alexis Pinturault annonce la fin de sa carrière sportive avec un des plus importants palmarès du ski alpin français.

Parcours sportif

Débuts et espoir du ski alpin français Alexis Pinturault est né le à Moûtiers, en Savoie. Son père, Claude Pinturault, est propriétaire de l'hôtel Annapurna à Courchevel, et sa mère, Hege, de nationalité norvégienne, vit à Menthon-Saint-Bernard. En 2007, il entre à la section ski de haut niveau du Lycée d'été d'Albertville. À 18 ans, pour la saison 2009, il devient l'un des skieurs français les plus prometteurs en remportant le titre de champion du monde junior de slalom géant à Garmisch-Partenkirchen, devant les Autrichiens Björn Sieber et Marcel Hirscher. Il devient ensuite champion de France senior du super combiné, profitant des absences de Jean-Baptiste Grange et de Julien Lizeroux, puis champion de France senior du géant en 2010 devant Cyprien Richard.

Après plusieurs participations à des slaloms et slaloms géants en coupe du monde à partir de où il ne rentre jamais dans les points, il inscrit ses premiers points à l'occasion de sa première participation à un super G en prenant la sixième place à Hinterstoder malgré un dossard très élevé (le 62). À quelques jours des championnats du monde de Garmisch-Partenkirchen, cette performance lui permet de postuler à la sélection pour ces mondiaux à tout juste dix-neuf ans. Il est finalement sélectionné à la suite du forfait de Julien Lizeroux.

Lors de ces Championnats du monde 2011 de Garmisch-Partenkirchen, il termine du slalom remporté par Jean-Baptiste Grange après une cinquième place obtenue lors de la deuxième manche. Deux semaines plus tard, il obtient son premier podium en coupe du monde en prenant la deuxième place du slalom géant de Kranjska Gora alors qu'il n'a pas encore fêté son vingtième anniversaire. Il remporte lors de cette saison le classement final de la Coupe d'Europe grâce notamment à cinq victoires en slalom géant ou en slalom, ainsi que le titre de champion de France de slalom.

Saison 2011-2012 : première victoire en Coupe du monde Il commence sa saison 2011-2012 par un excellent résultat en prenant la deuxième place du slalom géant inaugural à Sölden, ce qui lui vaut l'admiration de Ted Ligety, triple vainqueur du globe de la discipline : Jusqu'en février, il termine dans le top dix de presque tous les géants et réalise des performances honorables en slalom et en super combiné. C'est dans cette dernière discipline qu'il obtient le troisième podium de sa carrière en se classant deuxième de l'épreuve sur la Verte des Houches, près de Chamonix. Après des résultats décevants à Sotchi et à Bansko, il remporte la première victoire de sa carrière lors du « City Event » de Moscou, un slalom géant parallèle disputé dans la ville même, sur le parking du stade Loujniki.

Bien qu'il affirme , il termine quatrième du classement général de la discipline. Le , il décroche une nouvelle deuxième place lors du géant de Kranjska Gora où il est devancé par Ted Ligety. Le lendemain, il obtient son premier podium en slalom en finissant troisième dans la station slovène grâce à une belle seconde manche.

Trois jours plus tard, il décroche son premier podium en super G lors des finales de la coupe du monde à Schladming, terminant à seulement deux centièmes de seconde de Christof Innerhofer, vainqueur de l'épreuve.

Saison 2012-2013 : vainqueur dans trois disciplines Durant l'intersaison, Pinturault est victime d'une entorse de la cheville droite avec rupture de deux faisceaux du ligament collatéral latéral, ce qui diffère son retour à la compétition. Il remporte sa seconde victoire en Coupe du monde « à domicile » en slalom sur la Face de Bellevarde à Val-d'Isère, le . Sixième de la première manche, il remporte la deuxième manche et s'impose devant Felix Neureuther et Marcel Hirscher.

Il s'impose le lors du super combiné de Wengen, remportant ainsi le premier super combiné de sa carrière. Il devance Ivica Kostelić, double tenant du titre, et Carlo Janka.

Il arrive aux championnats du monde 2013, qui se déroulent à Schladming en Autriche, comme chef de file de la délégation française. Sa polyvalence lui permet de s'aligner sur 5 épreuves : le slalom, le géant, le combiné, le Super G et l'épreuve par équipes.

Le , il prend la du Super G remporté par l'Américain Ted Ligety devant le Français Gauthier de Tessières. Le jeune Français aborde le super combiné 1 semaine plus tard avec le statut de favori au même titre que le Croate Ivica Kostelić mais rate sa descente en signant le trop loin de ses principaux rivaux. Lors de la manche de slalom sur la Planaï il réalise le meilleur chrono avec près d'1 seconde et 20 centièmes d'avance sur le mais ne parvient pas à reprendre suffisamment de temps pour accrocher le podium. Il termine à nouveau d'une course encore dominée par Ted Ligety, à seulement 30 centièmes de la médaille d'argent. Tout proche du podium, il l'est aussi en slalom géant, où il prend la cinquième place d'une course remportée par le maître des Mondiaux, Ted Ligety, à 19 centièmes du podium et de Manfred Moelgg. Lors de la dernière journée des mondiaux, Pinturault se classe du slalom, remporté par Marcel Hirscher. Le directeur national du ski Fabien Saguez loue ensuite les performances de Pinturault, qui repart de ses premiers Mondiaux sans médaille, mais en ayant terminé dans les 6 premiers des quatre courses auxquelles il a participéEurosport.com (vidéo) "Mondiaux Schladming : "Une bonne marche avant Sotchi" pour les Bleus".

Le , lors du week-end de Coupe du monde de Garmisch-Partenkirchen, Alexis Pinturault remporte sa première victoire en slalom géant, soit la de sa carrière internationale, en signant le deuxième temps de la première manche et le meilleur chrono sur le second tracé pour devancer finalement les deux plus grands protagonistes actuels de la discipline Marcel Hirscher, de 60 centièmes de seconde, et Ted Ligety de 63 centièmes de seconde. Il devient le premier skieur à s'imposer la même saison dans trois disciplines en Coupe du Monde depuis Ivica Kostelić en 2011, et le de l'histoire à réussir cette performance dans sa carrière après Jean-Claude Killy (années 1960), Henri Duvillard (années 1970) et Franck Piccard (années 1990)L'Équipe du 25 février 2013, page 14. Sur une seule saison, Alexis Pinturault est par ailleurs le premier Français à gagner un slalom et un géant depuis Patrick Russel en 1971, et à s'imposer sur un même exercice dans trois épreuves comme le fit deux fois Jean-Claude Killy en 1967 et en 1968Le Dauphiné.com "Pinturault, la marque d'un géant".