est une actrice japonaise surtout connue pour ses interprétations, au cours des années 1970, dans les films roman porno de Nikkatsu comportant des scènes sadomasochistes.
Biographie et carrière Débuts Naomi Tani est née le dans l'arrondissement culturel Hakata-ku de Fukuoka. Tani déménage à Tokyo à l'âge de . Peu après son arrivée dans la capitale, elle est photographiée pour la revue Weekly Taishu / Popular Weekly (週刊大衆 - Shukan Taishu)Tani, Naomi. Entretien avec Hamamoto, Maki. (1998). "Naomi Tani - An Interview with Nikkatsu's Queen of SM" (Réalisée au mois de Janvier 1998 à Kyushu, Japon). Parue dans Asian Cult Cinema 19, Avril 1998. p.39.. Elle est alors contactée pour interpréter des rôles dans des films roses (pinku eiga), à petit budget, qui dominaient le cinéma familial japonais à cette époque. Elle débute avec le film intitulé Special (1967) sous le nom d'emprunt de Naomi Tani, Tani du nom du romancier Jun'ichirō Tanizaki et Naomi de celui du personnage central du célèbre roman A Fool's Love écrit par cet auteur à ses débuts. Tani ou Vallée est aussi un mot d'argot japonais désignant l'espace entre les deux seins. L'actrice avait probablement en tête un certain nombre de calembours lorsqu'elle a appelé Ohtani (Gros Seins ou encore Grande Vallée) le restaurant qu'elle a ouvert quelques années après Weisser, Thomas & Yuko Mihara Weisser Japanese Cinema Encyclopedia: The Sex Films, 1998, page=270, éditeur: Vital Books : Asian Cult Cinema Publications, Miami, ..
Tani interprète ses premiers films pour le compte de petites sociétés qui réalisaient leurs films roses indépendamment des grands studios organisés des années 1970. Au cours des années précédant le début de sa carrière chez Nikkatsu, elle est l'actrice de comédies, de drames et de films d'action mais ce sont ses rôles sadomasochistes qui feront d'elle une étoile. Son premier film s'intitule réalisé par Koji Seki, prolifique réalisateur de films roses, pour les studios Shin Nihon Eigasha.. Tani y tient le rôle de maitresse d'un trafiquant du marché noir qui essaie de tromper son monde dans un onsen. Le couple est contraint d'arrêter ses activités par les villageois Cowie, Peter (éditeur) World Filmography 1967, 1977, Chapitre sur le Japon, page=422. Éditeur : Tantivy Press, Londres, .. Experiments on the Human Body (Zanki: Seitaijikken 1967) est un film dramatique dans lequel Tani est infirmière en Chine où les médecins japonais font des expériences sur leurs prisonniers de guerre chinois.
Tani fait sa première expérience de film sadomasochiste avec une apparition dans un épisode de Memoirs Of A Modern Female Doctor (1967), un film aux nombreuses péripétiesWeisser, 269., mais elle devra attendre Female Bodies in a Brutal Scenario (1967), un film du réalisateur Masanao Sakao pour obtenir son premier rôle principal à part entière. Elle interprète une prostituée qui tente régulièrement de s'échapper. Rattrapée et capturée, son yakuza la soumet à toutes sortes de tortures. Tani interprètera d'autre rôles similaires pour Sakao, comme dans le film Virgins With Bad Reputations (1967)Weisser, p.139.. Au cours de la même année, Tani tient un rôle peu important dans le film du réalisateur Mamoru Watanabe, Slave Widow, dont les actrices principales sont les réputées Noriko Tatsumi and Mari lwai. impressionné par les capacités de Tani, Watanabe lui confie le rôle principal de son film suivant, Bed of Violent Desires (1967), typique des films roses impliquant sexe et angoisse et produits par les studios Koei au cours des années qui ont précédé la main mise de Nikkatsu sur le genre dans les années 1970. Tani est une fille qui cherche à commettre un meurtre sur sa mère et l'amant de celle-ci pour venger l'assassinat du père dans le but de s'approprier sa fortuneWeisser, p.62, 394-395..
Durant les premières années de sa carrière, Tani travaille à plusieurs reprises pour les studios indépendants du producteur et réalisateur de film rose Koji Wakamatsu. Elle offre ses services au prolifique réalisateur Shinya Yamamoto avec lequel elle interprètera des films tels que Degenerate (1967), Memoirs Of Modern Love: Curious Age (1967) et Season For Rapists (1969)Weisser, p.113.. C'est au cours de cette période qu'elle se lie d'amitié avec l'auteur d'œuvres sadomasochistes, Oniroku Dan, avec lequel elle travaillera durant toute sa carrière cinématographique. Dan écrit des scénarios sadomasochistes sous le pseudonyme de Matsugoro Kuroiwa tout en enseignant la langue anglaise aux classes du secondaireTani (Interview), p.39.. Le visage agréable de Tani, sa magnifique carnation blonde, son généreux tour de poitrine de . alliés à ses capacités d'actrice ont fait d'elle une égérie à la fin des années 1960. Elle aurait été l'interprète plus de 200 films avant de travailler pour Nikkatsu qui l'a mieux fait connaître du grand publicWeisser, p.333.. Quoi qu'il en soit, arrivée à ce point de sa carrière, Tani s'est déjà fait un renom comme « Reine du film rose » en travaillant pour des studios indépendantsKonuma, Masaru. (1998). Entretiens avec Thomas and Yuko Mihara Weisser le . Article paru dans Asian Cult Cinema, 22, , 1999. p.22.. Ses photographies illustrant l'article "Girls of the Orient" publié dans les pages du Playboy américain de décembre 1968 sont le témoignage de la place prépondérante qu'elle a acquise au sein du cinéma érotique Crossett, Andrew ..
En 1992 elle réalise deux films d'après des récits d'Oniroku Dan: Sex Killer et Starved Sex Beast. Commentant ses propres réalisations, Tani note .
Nikkatsu Tout au long des années 1960, les films roses, d'une pornographie « gentillette », sont produits par de petits studios indépendants. En 1971, Nikkatsu, les plus anciens studios du Japon, pénètre le marché du film rose avec la série de ses romans pornos qui sont de qualité et doté d'un budget important Macias, Patrick TokyoScope: The Japanese Cult Film Companion, 2001, Chapitre Nikkatsu's Roman Porno, pages 187–188. Editeur: Cadence Books, San Francisco. ..
Mis à part sa présence dans le tout premier film rose de Nikkatsu, Tokyo Bathhouse (Onna Ukiyo Buro) paru en 1968, qui présentait sur scène plus de 30 grandes actrices du film pornographiqueWeisser, p.434.World Filmography 1968, p.411., le premier Roman Porno que Tani interprétait pour Nikkatsu lui donnait un petit rôle d'infirmière au sein du film Sensuous Beasts (1972). Contrairement aux interprétations majeures dont elle était coutumière pour des studios de moindre importance, elle tient ici un rôle secondaire. Préférant être une vedette dans des films au budget restreint plutôt que de tenir des rôles secondaires dans les Roman Porno elle quitte les studios NikkatsuTani (Interview), p.41.Weisser, p.374-375..
Même lorsque Nikkatsu lui demande de travailler pour lui en promettant à Tani des rôles de premier plan, Tani refuse et refusera des années durant du fait que Nikkatsu était récalcitrant à l'introduction du sadomasochisme dans ses Roman Porno. Pressentant que le sadomasochisme était son avenir, l'actrice consent à travailler pour Nikkatsu à la seule condition que son premier film ait pour thème le roman d'Oniroku Dan, Fleur secrète. Nikkatsu capitule. Sous la direction du réalisateur Masaru Konuma, ce film de 1974 devient le film culte des studios et donne ses lettres de noblesse au sadomasochisme au sein des Roman Porno et sera une source de revenus pour les studios tout au long des années 1970 et au début des années 1980.
Le film suivant de Tani pour Nikkatsu, Une femme à sacrifier (1974), également réalisé par Konuma, n'est cependant pas, contrairement la plupart des films interprétés par l'actrice, une transposition à l'écran d'un roman d'Oniroku Dan. Il supplante Fleur secrète au hit parade des meilleurs films de Nikkatsu et devient un des cinq films assurant des revenus permanents aux studios. Terumi Azuma, la partenaire de Tani dans Une femme à sacrifier, reviendra à ses côtés en 1975 pour interpréter Cruelty: Black Rose Torture. Le titre introduit le surnom de "Black Rose" qui a été conféré à Tani par Nikkatsu et sera réutilisé pour des productions ultérieuresWeisser, p.67.. Les deux actrices seront ensuite à nouveau réunies au sein de plusieurs autres films jusqu'à ce qu'Azema devienne l'interprète de ses propres productions en 1976Weisser, p.302.. En 1977, Konuma réalise In the Realm of Sex, une parodie des Roman Porno. dans lequel Tani est poursuivie par un de ses admirateurs âgé d'une quarantaine d'années et qui désire réaliser une séance de sadomasochisme avec elle. Tani parvient à inverser les rôles ligotant et torturant son admirateur à sa placeWeisser, p.209..
Tani travaille également avec beaucoup d'autres éminents réalisateurs de Roman Porno que Konuma pendant son séjour chez Nikkatsu. Le réalisateur de « films roses violents » Yasuharu Hasebe commente sa prestation de Rape! en ces termes Hasebe, Yasuharu. (1999). Entretien avec Thomas et Yuko Mihara Weisser à Tokyo. op. Asian Cult Cinema 25, Quart 1999, p.42..
Tani joue encore dans Fascination: Portrait of a Lady (1977), Rope Hell (1978) et Fairy in a Cage (1977), films de la série Roman Porno réalisés par Koyū Ohara. Elle y interprète le rôle d'une riche femme d'affaires torturée par le chef sadique du bureau militaire japonais des renseignements au cours de la Seconde Guerre mondialeWeisser, p.136-138..
Le film Lady Black Rose (1978 du réalisateur Shogoro Nishimura renferme deux scènes célèbres qui sont fréquemment présentées comme des exemples de sadomasochisme des films Roman Porno. Dans l'une, des litres d'eau sont injectés de force dans la bouche de Tani à l'aide d'un entonnoir. On peut suivre la dilatation de son estomac. Tani indique que de telles scènes sont souvent une supercherie bien qu'aucun effet spécial ne soit mis en jeu: . L'autre scène montre de l'eau de vie couler à flots dans le vagin de Tani pendant que son corps passe alternativement du blanc pâle au rouge lie de vin. Le film a été tour à tour encensé par la critique puis vilipendé par elle en raison de l'image « de femme-objet absolue » qu'il véhiculeWeisser, p.222-223..
Le dernier film de Tani, Rope and Skin (1979), également réalisé par Nishimura est, à nouveau, l'adaptation à l'écran d'un roman d'Oniroku Dan avec Junko Miyashita, la « reine du film rose » et amie de Tani aux côtés de cette dernière. S'agissant de la dernière interprétation de l'actrice avant ses adieux définitifs à la scène, Nikkatsu a investi un budget important pour ce film salué par la critique et dont l'action a pour cadre le Japon à l'époque des yakuzasWeisser, p.353..
Départ En 1979, après cinq ans de règne en tant que « Reine Du Sadomasochisme » chez Nikkatsu Chinchen, Jonny ., Tani décide, de façon aussi soudaine qu'inattendue, de se retirer de la pornographie alors qu'elle avait atteint le sommet de sa popularité. Elle a tenu à donner les raisons qui l'ont poussée à partir .
L'actrice a célébré son départ en éditant un album de chansons intitulé Modae no Heya. De ce disque récemment ré-édité en CD, un critique disait .
Tani fait remarquer qu'elle se sent beaucoup plus détendue depuis son départ : . Son départ précoce est néanmoins assombri par des difficultés. En 1981, elle est heurtée par une voiture alors qu'elle promène son chien. Elle doit entreprendre une rééducation intensive pendant trois ans. Cette période difficile de sa vie se poursuit, en 1984, par le divorce d'avec son mari, divorce à la suite duquel elle ouvre un restaurant à Kumamoto, le Ohtani qui connaît rapidement un grand succès et qu'elle possède toujoursTani (Interview), p.47. En 1996, elle ouvre également près d'Hakata, le "Yours Naomi", un magasin de vidéos spécialisé dans le cinéma érotique et, en particulier, dans les films Roman Porno de Nikkatsu. Elle dit à ce sujet : .