François-Nicolas-Benoît Haxo, né le à Lunéville et mort le dans l'ancien 1er arrondissement de Paris au de la rue Saint-HonoréArchives en ligne de Paris, Actes de décès de l'état civil reconstitué (XVIe-1859), vue 15/51., est un ingénieur militaire et général français de la Révolution et de l’Empire. Cet homme méticuleux a acquis la célébrité au siège d'Anvers en 1832. Il a été comparé à Vauban de par les nombreux sièges victorieux auxquels il a contribué et du fait de ses innovations en matière de fortification.

Biographie Fils de Nicolas Benoît Haxo, conseiller du roi, et de Marie Catherine Hurtevin dit Montauban, il est le neveu du général Nicolas Haxo et de Richard Mique. Son père est le cousin du député François Haxo. Il embrasse de bonne heure le métier des armes. Il sort lieutenant de mineurs de l'École d'artillerie et du génie de Châlons-sur-Marne en 1793 et peu après passe capitaine du génie dans l'Armée du Rhin en 1794. Son avancement se fait ensuite plutôt lentement au regard de ses compétences remarquables. En 1796, il suit les cours de l'École polytechnique.., mais n'est pas polytechnicien. En 1801, il devient chef de bataillon à la suite de la prise du fort de Bard par l'armée d'Italie.

C'est lui qui introduit le premier l’emploi des courbes horizontales équidistantes, pour représenter le relief du terrain, technique qui a fait faire de rapides progrès aux cartes d'état-major. Il est en 1807 à Constantinople dont il est chargé d'améliorer la défense, et va ensuite en Italie sous le général Chasseloup-Laubat. En 1809, il commande un bataillon d'attaque au siège de Saragosse et donne de telles preuves d'habileté que Napoléon le nomme colonel. Appelé à l'armée d'Allemagne il mérite à Wagram la croix d'officier de la Légion d'honneur.. Renvoyé en Espagne, il est chargé de la direction des travaux aux sièges de Lérida et de Mequinenza, y montre autant de zèle que de talent et est promu au grade de général de brigade le . Rentré bientôt en France, il est attaché à l'état-major de l'Empereur et l'accompagne comme aide de camp dans la campagne de Russie. Le , il est seul avec Napoléon lorsque celui-ci, prenant la capote et le bonnet d'un chevau-léger polonais, reconnaît les bords du Niémen et les hauteurs de Kowno.

Le général Haxo se distingue à la bataille de Moguilev et manque d'être pris en cherchant à rallier le qui a été surpris par une nuée de cosaques. Il est promu quatre mois après au grade de général de division le . En 1813, l'Empereur lui confie le commandement du génie de la Garde impériale. En juin, il met la ville de Hambourg en état de soutenir un siège. Après la bataille de Dresde, il suit en Bohême Vandamme qui, avec le , cherche à faire mettre bas les armes à un corps de . Le , à la bataille de Kulm, le général Haxo est blessé et fait prisonnier avec les généraux Vandamme et Guiot du Repaire. Il ne rentre en France qu'à la Première Restauration.

II commande le génie dans la Garde royale lors du retour de l'Empereur. Il se trouve à la bataille de Waterloo, suit l'armée sur la Loire et vient à Paris avec Kellermann et Gérard demander au gouvernement provisoire que l'armée reste réunie tant qu'il y a un étranger sur le sol français, que nul employé civil ou militaire ne soit destitué et que personne ne soit inquiété pour ses opinions. Ces demandes sont rejetées, mais Haxo n'en fait pas moins sa soumission aux Bourbons. En 1815, il est licencié sous la Restauration, puis fait partie du conseil de guerre appelé en 1816 à juger le général Lefebvre-Desnouettes conformément à l'ordonnance du 24 juillet 1815, et le condamne à mort par contumace.

Il a épousé en 1818 Pervenche Éléonore Benjamine Frotier de La Coste-Messelière, une des filles de Benjamin-Léonor-Louis Frotier de La Coste-Messelière. Celle-ci se remarie en 1843Archives en ligne de Paris, Actes de mariage de l'état civil reconstitué (XVIe-1859), vue 45/51. avec le maréchal Jean-Baptiste Philibert Vaillant, qui fut aide de camp d'Haxo et fut fait prisonnier avec lui à l'issue de la bataille de Kulm.

En 1819, il est réintégré comme inspecteur général des fortifications frontalières (Grenoble, Besançon, Dunkerque, Saint-Omer, Sedan, Fort l'Écluse, Belfort, Bitche).

vignette|gauche|Plan-relief de Grenoble avec les fortifications réalisées par Haxo. vignette|Monument à Tournai rappelant le souvenir des soldats français morts durant le siège de la citadelle d'Anvers en 1832.

Il est promu inspecteur général de son arme et grand officier de la Légion d'honneur : Louis-Philippe le fait commandeur de Saint-Louis le , et le nomme Pair de France le , grand-croix en 1833, conseiller d'État et membre du comité des fortifications. Dans cette instance il prend position contre les forts détachés et pour l'enceinte continue. En 1832, il dirige les travaux et commande le Génie lors du siège de la citadelle d’Anvers. Durant ce siège, Haxo, rompant avec la méthode des sapes et parallèles chère à Vauban et ses successeurs, emploie pour la première fois, de manière massive, les mortiers dont les tirs paraboliques se révèlent très efficaces. Côté assiégeants il y a d'artillerie (, et ), nombre record pour l'époque. Grâce à cela, l'imposante citadelle est conquise en cinq semaines seulement. On doit à Haxo le remaniement ou la construction de fortifications à Bitche, Genève, Venise, Mantoue, Peschiera , Rocca d'Anfo, Constantinople et les Dardanelles, Modlin, Dantzig, Grenoble, Besançon (forts de Bregille et Chaudanne), Belfort (Citadelle, camp du Vallon, fort des Barres, mur d'enceinte des faubourgs…), Briançon (fort du Château), Dunkerque, Saint-Omer, Sedan. Ses projets aboutiront aussi à la réalisation du Fort l'Écluse (fort d'en haut) dans l'Ain et du fort des Rousses dans le Jura. Il a travaillé en définitive sur près de soixante sites.

vignette|Siège d'Anvers, par Horace Vernet.

C'est lui qui milite entre 1815 et 1830 pour la fortification de la place de Lyon. Après le feu vert de Louis-Philippe, le Comité des fortifications débloque une première somme de et étudie le projet du nouveau directeur supérieur des travaux de défense, le général Hubert Rohault de Fleury. Haxo milite comme toujours pour l'enceinte continue, mais au fil des travaux, Rohault de Fleury va faire émerger son projet personnel, le système Rohault de Fleury, à savoir une ceinture de dont distants entre eux de et situés entre du centre-ville. Cet énorme chantier, la première ceinture fortifiée de Lyon, n'est terminé qu'en 1854 et nécessite un budget de m de francs. Lyon constitue avec Paris (enceinte de Thiers) le premier exemple français de défense d'une grande ville par des forts détachés, ce qui va à l'encontre des conceptions d'Haxo. Sur Paris, il préconise également l'enceinte continue englobant les faubourgs alors que d'autres experts étaient favorables à un camp retranché constitué de forts permanents défendant une enceinte de sûreté. En 1838 est adopté un plan qui combine les deux options. Les travaux seront terminés en 1845 : Paris est alors dotée de l'enceinte dite de Thiers et de détachés qui connaîtront le baptême du feu lors du siège prussien fin 1870-début 1871.

François Nicolas Benoît Haxo repose au cimetière du Père-Lachaise ()..

Le « Vauban du » On l'a surnommé « le Vauban du », distinction qu'il partage ensuite avec Séré de Rivières, parce qu'il renforce ou remet en état une soixantaine de fortifications et citadelles entre 1800 et 1830, en fait construire d'autres comme le fort de Tournoux, et participe à et batailles, principalement des sièges. Rejoignant dans l'esprit son illustre prédécesseur, il affirme : . L'académicien Pierre Lebrun déclare : . Quant à Aubernon, pair de France, il dit de lui : .

La casemate Haxo vignette|Casemate à 3 positions.

Une casemate d'artillerie à tir direct porte son nom. Haxo l'a conçue lors de son séjour à Dantzig en 1811, en réponse à la nécessité de préserver les positions d'artillerie de place lors des étapes finales d'un éventuel siège. Aménagée dans un parapet et destinée à assurer la protection de ces positions, elle consiste en un alvéole construit en maçonnerie, avec une voute tronconique ouverte à l’arrière, ce qui permet d'évacuer rapidement les fumées de la poudre noire utilisée à l'époque. Sa partie supérieure est protégée par un épais talus de terre qui absorbe le choc des impacts de projectiles, en formant une sorte de coquille protectrice empêchant la casemate de se disloquer. Ainsi protégée contre le tir vertical, direct et de ricochet, cette batterie permet le service efficace et rapide des pièces d'artillerie lors de tirs de défense cadencés. On trouve des exemplaires de ces casemates dans de nombreuses fortifications : à la citadelle de Belfort, au fort de Bregille (place de Besançon), au fort de Sainte-Foy (Lyon), au fort de l'Île Pelée de Cherbourg, au Fort des Salettes de Briançon, le long de la liaison souterraine entre Villefranche-de-Conflent et Fort Libéria. Le fort Sainte Catherine aux Bermudes est également doté de casemates Haxo.

Un fort joueur d'échecs Selon Le Palamède, François Nicolas Benoît Haxo, fort joueur d'échecs, se spécialise dans les « parties sans voir ».. Après les victoires napoléoniennes et notamment Iéna en 1806, il affronte et bat le capitaine William Davies Evans, ancien officier de marine britannique, un des meilleurs joueurs d’Angleterre. Dans le contexte tendu de l'époque, c'est une occasion de « démontrer par A+B » l’innocuité de son gambit.

Honneurs, titres, décorations vignette|Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, et .

1811 : Baron d'Empire : .. 1828 : Commandeur de Saint-Louis. 1832 : Pair de France 1833 : Grand croix de la Légion d'honneur 1833 : Grand cordon de l'Ordre de Léopold de Belgique Son nom apparaît sur l'arc de triomphe de l'Étoile

Hommages Une rue de Paris porte son patronyme dans le et le arrondissements depuis 1865, et d'autres à Marseille, à Nancy, Lunéville, Grenoble et Belfort. Une station à son nom a été construite pour le métro parisien, mais n'a jamais été ouverte. La caserne du d'infanterie à Golbey (banlieue d'Épinal, Vosges) s'appelle caserne Haxo. La de l'École Nationale Supérieure des Ingénieurs de l'infrastructure Militaire (ENSIM) porte son nom.

Galerie de photographies vignette|Casemates du fort de Ste Foy à Lyon.

Notes et références

Bibliographie . . .

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Voir aussi Articles connexes Fort de la Bastille (Grenoble) / Boulevard des Adieux (Grenoble) / Boulevard Jean-Pain Ceintures de Lyon Liste de forts, fortifications, citadelles et places fortes en France

Liens externes

François Nicolas Benoît Haxo sur www.1789-1815.com Les ouvrages fortifiés des successeurs de Vauban (ici Haxo) sur le site de l'Association Vauban Service historique de la Défense – Château de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Cote : 7 Yd 561.

Catégorie:Naissance en juin 1774 Catégorie:Naissance à Lunéville Catégorie:Naissance dans la province de Lorraine Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Grand cordon de l'ordre de Léopold Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Général du Premier Empire promu en 1810 Catégorie:Joueur français d'échecs Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Pair de France (monarchie de Juillet) Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 28) Catégorie:Décès en juin 1838 Catégorie:Décès à 64 ans Catégorie:Décès dans l'ancien 1er arrondissement de Paris Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française Catégorie:Chef militaire français des guerres napoléoniennes Catégorie:Militaire français de la guerre belgo-néerlandaise