Manès Sperber, né le à Zablotov en Galicie orientale (aujourd'hui Zabolotiv en Ukraine) et mort le à l'hôpital Cochin dans le de ParisArchives de Paris , acte de décès , année 1984 (page 9/31), est un écrivain de nationalité française d'origine autrichienne.

Manès Sperber est tout au long de son existence un intellectuel engagé. Romancier, essayiste, psychologue, il écrit aussi sous le nom de Jan Heger et . Il est le père de l'anthropologue et linguiste Dan Sperber.

Biographie Enfance Sperber grandit dans le shtetl de Zabolotiv, dans une famille hassidique. Pendant l'été 1916, sa famille fuit la guerre et s'installe à Vienne, où Sperber, ayant perdu la foi, refuse à treize ans de faire sa bar mitzvah.

Études et exils Il adhère alors au mouvement de jeunesse Hashomer Hatzaïr (« Jeune Gardien »).

C'est dans ce cadre qu'il rencontre Alfred Adler, père de la psychologie individuelle, dont il deviendra l'élève puis le collaborateur. Adler rompt avec lui en 1932 pour des divergences intellectuelles relatives à la relation existant entre psychologie individuelle et marxisme.

En 1927, Sperber s'installe à Berlin et entre au Parti communiste d'Allemagne (KPD). Il est lecteur à la Berliner Gesellschaft für Individualpsychologie, second centre après Vienne de l'association internationale de psychologie individuelle (d'Alfred Adler). Après l'accession d'Hitler au pouvoir, il est emprisonné, mais est libéré quelques semaines plus tard grâce à son statut de citoyen autrichien.

Passant par la Yougoslavie, Il émigre alors à Paris, où il travaille pour l'Internationale communiste avec Willi Münzenberg. Il quitte cette organisation en 1937 à cause des purges staliniennes. Il entreprend dès lors son travail sur le totalitarisme et le rôle de l'individu dans la société (Zur Analyse der Tyrannis).

Pendant l'hiver 1939, Sperber se présente comme engagé volontaire dans l'armée française. Démobilisé sans participation au combat, il rejoint la zone libre à Cagnes-sur-Mer. En 1942, lorsque les déportations s'intensifient, il doit s'enfuir ; durant l'automne de la même année, il parvient à s'établir en Suisse avec sa famille"Manès Sperber en quête d'une gauche introuvable. Ces temps-là, mémoires d'un monde disparu" avec Monique Canto-Sperber, Dominique Schnapper, Sophie Andrieu, Dan Sperber, Olivier Mannoni, Gilles Achache, Jacques Le Rider, Akadem novembre 2025 .

En 1945, à la fin de la guerre, il retourne à Paris et travaille comme éditeur chez Calmann-Lévy (qui publiera Arthur Koestler), tout en poursuivant son œuvre d'écrivain. Sperber travaille alors à sa trilogie parue en France sous le titre Et le buisson devint cendre (1949-1955), largement autobiographique.

Il a fait l’objet en 2004 d’une biographie par Olivier Mannoni : Manès Sperber : L'espoir tragique..

Œuvres (en français) Analyse de la Tyrannie (1939) Qu'une larme dans l'océan, Paris, Calmann-Lévy, 1952 (préfacé par André Malraux)Adaptation cinématographique réalisée en 1971 par Henri Glaeser sous le titre Une larme dans l'océan (film sorti en 1973) Le Talon d’Achille, Paris, Calmann-Lévy, 1957 Ces temps-là, Paris, Calmann-Lévy, 1976 Porteurs d'eau, Paris, Calmann-Lévy, 1976 Le Pont inachevé, Paris, Calmann-Lévy, 1977 Alfred Adler et la psychologie individuelle, Paris, Gallimard, 1972 Au-delà de l'oubli, Paris, Calmann-Lévy, 1979 Plus profond que l’abîme, Paris, le Livre de poche, 1980 La Baie perdue, Paris, Le Livre de poche Et le buisson devint cendre (trad. Blanche Gidon) Calmann-Lévy, 1949 , rééd. Odile Jacob (trad. Olivier Mannoni). Les Visages de l'histoire, Paris, O. Jacob, 1990 Être juif, Paris, O. Jacob, 1994 Psychologie du pouvoir, Paris, O. Jacob, 1995 Œuvres autobiographiques, Paris, Calmann-Lévy, 2024 (réédition de Porteurs d'eau, Le Pont inachevé et Au-delà de l'oubli)

Prix littéraires 1974 : Prix de la Ville de Vienne de littérature 1975 : Prix Georg-Büchner 1979 : Prix Européen de l'Essai 1983 : Prix de la paix des libraires allemands

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Olivier Mannoni, Manès Sperber : l'espoir tragique, préf. Jean Blot, Paris, Albin Michel, 336 p., 2004 Annette Wieviorka, « Manès Sperber : le juif universaliste », in L'Histoire, , , . Articles connexes Psychologie politique Liens externes

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