Le château de Ruère ou Ruères est un édifice du , situé au finage de Saint-Léger-Vauban, dans l'Yonne, perché sur un mamelon à l'est du hameau de Ruères.

Localisation Situé dans l'arrondissement, à au sud-est d'Avallon, par la route départementale 10 et 55 et le chemin vicinal 5 duquel part une allée menant au manoir.

Histoire du fief Ce qu'on désigne sous le nom de château, était une maison-forte limitée aujourd'hui au logis seigneurial. La construction initiale date de la seconde moitié du (XIVe siècle).

Cette baronnie était en 1318 à Huguenin et Pierrot de Veillart ou Véliart qui prirent part au partage de la terre de Sainte-Marie, entre l'abbaye de Reigny et l'abbaye de Vézelay, au finage de Saint-Léger-de-Foucheret.

Un peu plus tard, en 1370, Isabelle de Beauvoir, fille de Jean de Beauvoir et de Jacquette d'Autun-Bordeaux, l'apporta en dot avec le Vault, à , son époux, baron bourguignon et gouverneur du Nivernais.

En 1478, Louis XI donne l'ordre à Charles I d'Amboise, gouverneur de Bourgogne de raser 14 des châteaux et maisons à pont-levis de Jean de Jaucourt dit Digoine, qui seront reconstruits au siècle suivant. Devenu protestants, les Jaucourt établiront un prêche à Ruères dans leur chapelle. Puis par mariage ce fief entre dans la Maison de Briquemault et sera vendu en 1705 à François Friant, secrétaire de Vauban. Puis viennent les Sainte-Maure qui feront dans la seconde moitié du abaisser la tour d'un étage et d'autres transformation interviendront tout au long des et selon les différents propriétaires.

Description La bâtisse du début du était en forme de quadrilatère, occupant le côté ouest de la cour, avec un logis seigneurial flanqué de deux tours. Sur l'autre côté de la cour à l'est se trouvait un autre bâtiment renfermant la chapelle jouxtant le bâtiment d'entrée de plan carré, par lequel on accédait à la cour par un pont-levis et pont-dormant, séparant la basse-cour de la cour d'honneur. Les autres côtés de la cour étaient clos par des bâtiments annexes.

Cet ensemble était entouré d'une muraille et de fossés

Aujourd'hui, il ne reste qu'un rempart, grand mur à l'entrée du village, sur la route du bas, et un pigeonnier, et la base de la grosse tour carrée, contre lequel se trouve le bâtiment d'habitation, seules traces de l'existence du château primitif dont l'avant-cour est devenue un pré. le bâtiment actuel est un manoir, propriété privée. Les fossés n'existent plus.

La chapelle Elle est contiguë au portail qui sépare la basse-cour de la cour d'honneur, et sert au cours des et de prêche aux huguenots. Elle est devenue la maison d'habitation de l'exploitation agricole.

Seigneurs 1318 : Huguenin Véliart, ou Veillart, et Pierrot, ou Poinçot de Véliart, ou Veillart. 1325 : Guyot de Véliart. 1370 : Philippe I de Jaucourt, époux d'sgn de Beauvoir de Chastellux qui lui apporte cette seigneurie en dot. vers 1420 : Gui de Jaucourt (mort vers 1462), sgn de VillarnoultVillarnoult est de nos jours Villarnoux, un hameau sur la commune de Bussières dans le sud de l'Yonne à la limite de la Côte-d'Or. Voir Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées., Marrault, Quers, Vault, Lugny, Montmardelein, Villaines, Saint-Brancher, Saint-Léger de Foucheret, Beauvilliers, Rouvray, Ruère, Comdoy, Saulx, Moigny, Saint-Germain-des-Champs, Saint-Georges-les-Carrières, Aulnay, La Coste, Montjallin etc. Conseiller et chambellan du duc de Bourgogne : Philippe le Bon, gouverneur des enfants de Bourgogne, comtes de Nevers et Rethel. Bienfaiteur de la collégiale d'Avallon, époux en 1401 de Jeanne Damas (Bourgogne), fille de Philibert Damas, sgn de Montaigu, et de Jeanne de Crux. Fils du précédent. vers 1450 : Philibert de Jaucourt (vers 1400-vers 1454), sgn de Villarnoult, du Vault etc. Conseiller et chambellan du duc de Bourgogne : Philippe le Bon en 1431 ; gouverneur de l'Auxerrois, châtelain de Péronne (1452), écrasement des Gantois à Gavre (1453), capitaine d'Auxerre (1456/57) et de l'Auxerrois (1462/63), épouse le Agnès de La Trémoïlle, fille de Pierre de La Trémoïlle, seigneur et baron d'Ours, union sans postérité, le fils passera à son frère Guillaume. Fils du précédent. 1467 : Guillaume de Jaucourt, sgn de Villarnoult, Marrault, Quers, Ruère etc. époux de Jeanne de Digoine. Frère du précédent. 1506 : Jean de Jaucourt dit Digoine (mort en 1506), conseiller et chambellan. Capitaine de 100 lances de Charles de Bourgogne d'abord rallié à Louis XI (1476), conseiller et chambellan, bailli de Dijon, gouverneur d'AuxerreCommines dit qu'il reçut une pension de sur les Finances ordinaires et extraordinaires. Il défend ensuite la cause de Marie de Bourgogne, épouse de Maximilien d'Autriche, roi des Romains dont il devient le conseiller grand maître de son hôtel, soulève Avallon, Montréal et Saumur. Capitaine général des armées impériales (1491) avec mission et pleins pouvoirs pour reconquérir le duché de Bourgogne. Il prend Arras et Saint-Omer (1492). En représailles, Louis XI fait raser 14 de ses maisons fortes et châteaux ayant pont-levis, arrêter femme et enfants. Compris dans le Traité de Senlis (1493), il revient en France et récupère ses biens. Il épouse Agnès du Plessis, sa cousine, fille de Thibaud du Plessis et Antoinette de Jaucourt. Fils du précédent. Il laissa cette terre avec en partie Saint-Léger, Ferrières Cuzy, La Motte-de-Joux, Saint-Andeux à ses enfants. vers 1507 : Aubert de Jaucourt (mort en 1527), chevalier, sgn de Villarnoult, Marrault, Ruères etc. époux de Renée Le Roux fille d'honneur d'Anne de Bretagne. Fils du précédent. 1556 : Hardi de Jaucourt (mort vers 1560), seigneur du Vault, lieutenant général pour le roi en Bourgogne, gouverneur de Seurre, bailli de Mâcon, époux de Françoise Hamon (morte le ), dame de Lucinière, Montigny, Soyaulx et La Martinière en Bretagne, fille de Gilles Hamon et de Guillemette Guibé, elle est la nièce du trésorier de Bretagne Pierre Landais. Veuve, elle reprit de fief en 1560 au nom de Hugues et Gui ses fils.Baudiau donne comme enfant René et Gui (?), Étienne Patou généalogiste donne Hugues et Gui. Il apparaît que c'est Renée la nièce de Hardy (fille de son frère Jean et de Vérine de Charnier) à qui revient la seigneurie de Ruère.. 1560 : Renée de Jaucourt épouse François de Beauvais de Briquemault (vers 1502-vers 1572), dit aussi Tauvenay ou Thauvenay, sgn de Prégrimault et de Danmarie, gouverneur de Villeneuve d'Asti, maître de camp des bandes françaises. Cité par . en Piémont et se joint à l'amiral de Coligny en 1554. Il participe à la prise de Dieppe contre les catholiques participe à la bataille de Jarnac de Roche-l'Abeille, de Montcontour, siège de Poitiers à la bataille d'Arnay-le-Duc en 1570 aux côtés de Coligny. Chargé de négocier le mariage du prince de Navarre avec Élisabeth d'Angleterre. Il échappe à Paris à la Saint-Barthélemy le en se réfugiant à l'ambassade d'Angleterre où il fut arrêté. Condamné à mort le , il se vit confisquer tous ses biens et fut exécuté le en même temps que son ami Arnaud de Cavagnes, en présence du roi Charles IX. Il laissa trois enfants : François et Gaspard et Odette de Beauvais de Briquemault, mariée avec André Le Gresle (mort en 1563) et avec François de CassagnetGeneaNet pour Odette, arbre de Guillaume de Wailly.. Il était surnommé par Brantôme , il est dit aussi « Le Bayard protestant ». Devenu protestant par suite de la décapitation d'un de ses neveux, Cadet de Villemaugis, prit dans la conjuration d'Amboise, il deviendra un farouche et même cruel adversaire des catholiques. Homme redouté, il massacrait, selon l'abbé Baudiau, .. 1573 : Marc de Briquemault, chevalier, capitaine au service du roi de Hollande, ayant hérité en partie des biens de sa famille, acquit de Louise de Bouy sa parente, le , la portion de celle-ci dont il fit dénombrement, le . Il laissa avant 1643 son épouse, Jeanne de Robret veuve, reprendre de fief le au nom de ses enfants : Jean, Marc-François, Philippe, Madeleine, Anne et Louise. L'aîné, Jean, premier capitaine au régiment de Rambure ayant été tué en 1656 dans une tranchée devant Valenciennes, Marc-François fit aveu pour Ruère et autres terres le . 1643-1656 : Jean de Briquemault (mort en ), capitaine au régiment de Rambure, fils du précédent. Tué au siège de Valenciennes. 1657 : Marc-François de Briquemault, gentilhomme de la Chambre du roi, il fait aveu le tant en son nom qu'en celui de ses sœurs, dont l'aînée avait épousé son cousin Gustave, baron de Briquemault. cité par ... En 1664, il est colonel d'un régiment de cavalerie ou se trouve un jeune capitaine Noël Bouton de Chamilly qui deviendra maréchal de France. Il reçoit un refus cinglant de Louvois de qui il sollicitait une récompense pour ses services. Furieux il jette sa commission dans le carrosse du ministre qui le fait aussitôt embastiller. Pendant qu'il était en prison, Chamilly s'étant distingué à Grave, le roi lui offrit une faveur et celui-ci implora la grâce de son colonel qu'il obtint. Marc-François avait hérité de ses sœurs Anne et Louise mortes sans postérité. Il laissa en 1658 Ruère à son beau-frère, Marc-Auguste de Briquemault. Frère du précédent. 1658 : Marc-Auguste de Briquemault, beau-frère du précédent. Par décret du , cette terre fut vendue par adjudication pour à François Friand(t). 1705 : François Friant (1654-avant 1716), sgn de Champlois, conseiller du roi, commissaire ordinaire des guerres, secrétaire de Vauban, fils de François Friant, vivant avocat en parlement, bailli de Murey, proche de Troyes en Champagne et Anne Champy Archives civiles du départementde l'Yonne, séries A - F, tome I, impr. Gallot, Auxerre 1868, acte de mariage du : le marié, François Friand, secrétaire de Vauban, âgé de 31 ans. Arrondissement d'Avallon -In-4°, GG, 1 à 14 registres de 1610 à 1789.. Il fait l'acquisition du fief de Ruère et de sa maison forte, le par adjudication pour . Il en reprit de fief le . Il a épousé le en la paroisse Saint-Pierre de Vézelay, Claude Anthoine, ou Antoine (née le ) , fille de Pierre Antoine, avocat élu et grenetier du moulin à sel de Vézelay. Était présente Jeanne d'Aulnay, épouse du maréchal Vauban; dame Charlotte Leprestre, épouse de Jacques-Louis de Mesgrigny, comte de Villebertin; Antoine Leprestre, chevalier seigneur du Puits-Vauban, capitaine au régiment de Normandie, directeur des fortifications de Valenciennes; Nicolas de Messgrigny, comte dudit lieuArchives civiles aux archives départementales de l'Yonne, GG1 à 14, 1610-1789.. Il rédigea Les Oisivetés de Monsieur de Vauban ou ramas de plusieurs mémoires de sa façon sur différents sujets, signé Sébastien le Prestre de VaubanRéédition Champ Vallon, 2007, 1721 pages.. En 1716, sa veuve renouvela son devoir au nom de ses filles Louise-Françoise et Jeanne-Françoise. 1716 : Louise-Françoise Friant et sa sœur Jeanne Françoise Friant. 1724-1742Jean-Baptiste Courcelles, Dictionnaire de la noblesse de France, Éditions du bureau de la noblesse de France, 1821, p.112. : Joseph-André Bretagne, écuyer, sgn de Ruère, a épousé le Marie Bresse, fille de Pierre Bresse, conseiller du roi, maître particulier des eaux et forêts du bailliage d'Auxois au siège d'Avallon et de Didière le Court de BeamFrançois Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse…, Paris, chez la veuve Duchesne, 1786, p.152..Arch.de l'Yonne Arch.Civiles 1868 T1 p61 B284 Donations : par Joseph-André de Bretagne,chevalier,seigneur de Ruère,demeurant à Cussy,et dame Marie-Thérèse Bresse,son épouse,à Louis-Antoine de Certaines,chevalier,leur petit-fils,enfant de Charles-Armand de Certaines,chevalier,seigneur de Thory,demeurant à Louvreau, et de feue dame Jeanne-Catherine de Bretagne,de la terre et seigneurie de Ruère en Nivernais,relevant en fief de la seigneurie de Lorme;