Le Plus Heureux des milliardaires () est un film musical en Technicolor réalisé par Norman Tokar, sorti en 1967, basé sur l'histoire vraie du millionnaire de Philadelphie, Anthony J. Drexel.
C’est le dernier film musical comique produit par Walt Disney, qui meurt durant sa production. Le film a été nommé pour l’Oscar du meilleur costume de Bill Thomas.
Synopsis L’histoire nous présente un immigrant irlandais nommé John Lawless, récemment devenu majordome dans la famille d’un millionnaire excentrique de Philadelphie, Anthony J. Drexel Biddle. Lawless se plait parmi cette famille bizarre et joue ensuite le narrateur de l’histoire de cette famille tout le long du film.
M. Biddle passe ses journées dans son école de boxe et d'opéra et à jouer avec son alligator dans son terrarium privé. À ses côtés, sa femme, Cordelia supporte ses excentricités avec constance et une certaine fierté. Les deux fils, Tony et Livingston vont eux à l’université et n’apparaissent plus au cours du film. La fille, Cordy, est un garçon manqué avec une droite foudroyante. Elle suit une scolarité par correspondance et a de ce fait peu de contact avec le monde.
Cédant à l'insistance de Cordy et de sa tante Mary, Biddle autorise Cordy à entrer dans un pensionnat où elle apprend à attirer les garçons par une technique appelée "Bye-um-pum-pum".
Cordy rencontre Angie Duke lors d'un bal et tombe amoureuse de lui. Fasciné par les voitures, Angie veut aller à Détroit afin d’y faire fortune. Au cours de l'hiver, Cordy retourne chez elle pour annoncer à ses parents sa décision d’épouser Angie.
M. Biddle est réticent mais il accepte de laisser sa petite fille épouser Angie après une démonstration de Ju-jitsu. Par la suite, Angie emmène sa fiancée à New York afin de lui présenter sa mère qui s'avère être très possessive. Les Biddle's et les Dukes se mettent d’accord sur la date du mariage.
Le stress du mariage et les remarques désagréables de la mère d’Angie éloignent Cordy et Angie peu à peu. Ils n’arrivent pas à se réconcilier, en viennent aux mains et annulent le mariage. Toute la famille est chamboulée et M. Biddle envoie John Lawless chercher Angie. John retrouve Angie dans un bar, se demandant ce qu’il fera de son avenir et essaye de le convaincre de retourner vers Cordy. Une bagarre éclate et Angie est envoyé en prison.
M. Biddle vient payer la caution pour faire sortir Angie de prison et lui fait se rendre compte à quel point Cordy l’aime toujours. Angie décide alors de se marier avec Cordy et d'aller à Detroit vivre avec elle. Malgré ses craintes et contre l'avis de sa mère, Angie prend de l'assurance et sort alors de prison pour commencer une nouvelle vie avec sa dulcinée.
Fiche technique Titre français : Le Plus Heureux des milliardaires Titre original : Réalisateur : Norman Tokar assisté de Paul Cameron Scénario : A. J. Carothers, d'après une pièce de théâtre basée sur le roman My Philadelphia Father de Cordelia Drexel Biddle et une pièce de Kyle Crichton Photographie : Edward Colman Montage : Cotton Wartbutton Direction artistique : Carroll Clark, John B. Mansbridge Décors de plateau : Emile Kuri, Frank R. McKelvy Costumes : Bill Thomas (conception), Chuck Keehne, Neva Rames Effets spéciaux : Eustace Lycett, Peter Ellenshaw Animation du générique : Alan Maley Musique : Richard M. Sherman, Robert B. Sherman Superviseur, arrangeur et chef d'orchestre : Montage : Evelyn Kennedy chansons : Robert B. Sherman, Richard M. Sherman Chorégraphie : Marc Breaux, Dee Dee Wood Maquillage : Gordon Hubbard Coiffure : Vivienne Zavitz Technicien du son : Robert O. Cook (supervision), Dean Thomas (mixeur) Producteur : Bill Anderson, Hugh Attwooll (associé), assisté de Tom Leetch Société de production : Walt Disney Pictures Technicien du son : Dean Thomas (mixage) Format : couleur (Technicolor) - 1,66:1 - son : Stereo (RCA Sound Recording) Genre : Comédie Durée : Dates de sortie : États-Unis : à Hollywood, (sortie nationale) France : Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources concordantes suivantes : Leonard Maltin Leonard Maltin, The Disney Films : Edition, ., Dave Smith Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, , John West John G. West, The Disney Live-Action Productions, . et IMDb
Distribution
Fred MacMurray (VF : Jean-Henri Chambois) : Anthony J. Drexel Biddle Tommy Steele (VF : Jacques Duby, Jacky Piervil {chant}) : John Lawless Greer Garson (VF : Hélène Tossy) : Cordelia Biddle Geraldine Page (VF : Jacqueline Porel) : Duke Gladys Cooper (VF : Denise Grey) : Tante Mary Drexel Hermione Baddeley (VF : Lita Recio) : Worth Lesley Ann Warren (VF : Paule Noëlle) : Cordelia Drexel Biddle John Davidson (VF : Patrick Dewaere) : Angie Buchanan Duke Paul Petersen : Tony Biddle Eddie Hodges : Livingston Biddle Joyce Bulifant : Rosemary Sean McClory (VF : Pierre Collet) : Sergent Flanagan Jim McMullan : Lieutenant Powell William Wellman Jr. (VF : Bernard Woringer) : Lieutenant Grayson Lou Nova (VF : Jacques Dynam) : Bill O'Brien (non crédité) Aron Kincaid : Walter Blakely Larry Merrill : Charlie Taylor Frances Robinson (VF : Jacqueline Porel) : Tante Gladys Norma Grabowsky (VF : Henri Poirier) : Joe Turner
Source : Leonard Maltin, Dave Smith, John West John G. West, The Disney Live-Action Productions, . et IMDb
Chansons
Fortuosity What's Wrong with That? When a Man Has a Daughter I'll Always Be Irish Are We Dancing Strengthen The Dwelling Watch Your Footwork I Believe in This Country There Are Those Valentine Candy Bye-Yum Pum Pum Let's Have A Drink On It Detroit It Won't Be Long 'Til Christmas
Sorties cinéma Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database.
États-Unis : (première à Hollywood), (sortie prévue), (New York), (sortie nationale) Australie : Japon : Royaume-Uni : (première à Londres) Danemark : France : Suède : Espagne : (Madrid) Finlande : Autriche : Allemagne de l'Ouest :
Origine et production
Après le succès de Mary Poppins (1964), le studio Disney décide de produire une nouvelle comédie musicale pour concurrencer les nombreux spectacles de trois heures présentés à l'époque. Walt Disney choisit l'œuvre The Happiest Millionaire adaptée à Broadway en 1956 Leonard Maltin, The Disney Films : Edition, .. Ce spectacle est une adaptation du livre My Philadelphia Father de Cordelia Drexel Biddle, écrite par Kyle Crichton et jouée au Lyceum Theatre à Broadway à partir du The Happiest Millionaire, inspiré par la vie des Biddle. La pièce avait été jouée au sein du studio Disney par une troupe d'employés amateurs de théâtre comprenant Roberta Shore et Peter Renaday Tim Hollis and Greg Ehrbar, Mouse Tracks: The Story of Walt Disney Records, .. Renaday a joué le rôle d'Angie Duke et Shore celui de Cordy. Initialement, le scénario d'A. J. Carothers était celui d'une comédie bien ordonnée et ce n'est qu'après le succès de Mary Poppins que le projet de film s'est changé en comédie musicale.
Les Frères Sherman ont donc rejoint Carothers pour revoir le scénario et en faire une comédie musicale John G. West, The Disney Live-Action Productions, . et ils composent 12 chansons. Le studio Disney a déjà produit plusieurs comédies telles que L'Été magique (1963) ou Mary Poppins (1964) ayant la musique comme support principal Leonard Maltin, The Disney Films : Edition, .. Le Plus Heureux des milliardaires suit ce modèle en proposant de nombreuses scènes digne de comédies musicales reliées par de la musique. Le succès de Mary Poppins a permis de dépenser sans compter sur les costumes, les décors mais aussi sur d'autres domaines. Le décor intérieur principal coûte à lui seul un demi-million de dollars, et près de 250 costumes sont confectionnés pour les seuls acteurs principaux, plus de pour l'ensemble de la production. Le réalisateur Norman Tokar est choisi pour son expérience au sein du studio, tant pour des films que des productions télévisées.
Pour les acteurs, le rôle-titre du scénario de comédie était initialement destiné à Brian Keith, mais une fois la production réorientée vers une comédie musicale, le rôle est attribué par Carothers et les Sherman à Rex Harrison, lequel l'accepté, mais Walt Disney oppose son veto. Burt Lancaster et Brian Keith sont aussi envisagés, mais Fred McMurray, alors sous contrat avec le studio Disney, est finalement choisi par Walt Disney.
Musique
Disney confie la partie musicale aux Frères Sherman, et la chorégraphie à Marc Breaux et Dee Dee Wood, tous ayant déjà travaillé sur Mary Poppins. Mais c'est Norman Tokar qui assure la réalisation du film.
La chanson Strengthen the Dwelling a été composée pour le film Mary Poppins (1964) lors d'une lecture des versets de la Bible par la précédente nounou ; la chanson fut réutilisée à l'identique comme un exercice dans Le Plus Heureux des milliardaires David Koenig, Mouse Under Glass - Secrets of Disney Animation & Theme parks, .
La chanson "Detroit" contient une parole : "Detroit F.O.B." (freight on board). D'après les Frères Sherman, son origine vient de ce que Walt Disney était en train de marcher dans le couloir du studio d'animation quand il entendit les Frères Sherman la chantant ; au lieu de "F.O.B.", Disney a entendu "S.O.B." (« Son of Bitch », c.-à-d. fils de pute). Immédiatement il enfonça la porte des Frères Sherman pour leur interdire d'utiliser un tel langage. Par la suite, les Frères Sherman et Walt s’expliquèrent et tous trois rirent du quiproquo.
Une des scènes les plus intrigantes du film est le duo de danse entre le majordome Tommy Steele et un alligator de cent kilos nommé George qui avait servi dans une scène rapprochée d'un Tarzan. Walt Disney avait tenté d'utiliser un audio-animatronic mais il était trop bruyant pour le film. Toutefois, John B. Mansbridge assure que quelque images de l'alligator mécanique sont présentes dans le film final lorsque l'animal entre dans le cellier.
Sortie et accueil
Le Plus Heureux des milliardaires est le dernier sur lequel Walt Disney appose sa touche personnelle avec son décès en décembre 1966 et malgré le fait que le film sorte un an plus tard. Ce film est une comédie musicale et la production la plus extravagante et scintillante depuis Mary Poppins (1964). Mais le film ne récolte que 5 millions d'USD, en comptant les sorties en salles de spectacles, bien loin des 31 millions de Mary Poppins.
Comédie musicale en plusieurs versions
Le film a fait l'objet d'une première le à Hollywood mais n'a été diffusé à travers les États-Unis qu'en janvier 1968. Pour profiter de l'engouement pour les comédies musicales comme Mary Poppins ou La Mélodie du bonheur le film devait être présenté à travers les États-Unis comme un spectacle itinérant à l'instar de tous les studios hollywoodiens. Mais le projet fut stoppé car le public était déjà arrivé à saturation. Toutefois plusieurs salles de spectacles ont accueilli le film entre et , et non des cinémas. Pour le Noël 1967, le film a été diffusé au Radio City Music Hall de New York.
Les différentes sorties du film se sont faites avec des versions différentes, 159 minutes à Los Angeles en raison de l'absence de la chanson It Won't Be Long 'Til Christmas, 141 minutes à New York et 118 minutes pour la version nationale. Dave Smith précise que la version itinérante durait 159 minutes, 164 avec l'ouverture, 144 minutes pour la sortie nationale en stéréo et 141 minutes en version mono. Ces différents découpages sont dus aux déconvenues du studio face aux mauvais résultats du film.
Le film a été édité en vidéo en 1984, avec une durée de 141 minutes. La version de 159 minutes présentée comme complète a été diffusée Disney Channel en . La version originale de 164 minutes n'a été présentée pour la première fois qu'en 1984 au Filmex de Los Angeles.
Critiques dans la presse