La rue du Rocher est une voie du de Paris.

Situation et accès Elle commence 43, rue Pasquier et 15, rue de Rome et se termine 1, place Prosper-Goubaux.

Le quartier est desservi, du nord au sud, par plusieurs lignes de métro : lignes 2 et 3 à la station Villiers, ligne 3 à la station Europe, ligne 9 à la station Saint-Augustin, lignes 3, 12, 13 et 14 à la station Saint-Lazare.

Plusieurs lignes de RER à proximité : ligne A du RER à la gare d'Auber, ligne E du RER à la gare d'Haussmann - Saint-Lazare

Plusieurs lignes de Transilien à proximité : J et L à la gare de Paris-Saint-Lazare.

Origine du nom Son nom fait sans doute référence à une enseigne.

Historique La rue du Rocher a une très ancienne origine puisqu'elle suit le tracé d'une vieille voie romaine. C'était la route du pèlerinage d'Argenteuil. Voir aussi « Rue de l'Arcade »..

Mentionnée sur le plan de Jouvin de Rochefort (1672), elle n'était encore qu'un chemin en 1734. Sur le plan d'Edme Verniquet, la partie comprise entre la rue Saint-Lazare et la rue de la Bienfaisance est déjà désignée sous le nom de « rue du Rocher ». La partie située entre la rue de la Bienfaisance et le boulevard de Courcelles figure sous le nom de « rue des Errancis ». Celle-ci suit le tracé de l'ancien « chemin des Errancis » (errancis est tiré d'un lieu-dit de ce nom qui signifiait « les estropiés »).

thumb|left|La rue du Rocher (à gauche) en 1814 (plan de Piquet).

Vers le haut de la rue, entre l'enceinte des Fermiers généraux, dont le tracé est aujourd'hui marqué par le boulevard de Courcelles, et la rue de Valois-du-Roule (aujourd'hui rue de Monceau), un terrain vague s'étendait, à la fin du , de la rue du Rocher jusqu'à la folie de Chartres (parc Monceau). Sous le nom de cimetière des Errancis, il servit, en 1794, de lieu d'inhumation ordinaire du 5 au , puis de lieu d'inhumation pour certaines victimes de la Révolution française du au . Un bal s'y installa au début du jusqu'à ce que la prolongation de la rue de Miromesnil et le percement du boulevard Malesherbes viennent morceler le terrain.

vignette|gauche|« Quincaillerie sur la rue du Rocher », photographie d'Hippolyte Bayard prise après 1845 et avant la Révolution de 1848.

Le sud de la rue du Rocher était, au , le centre du quartier maraicher de la Petite-Pologne, qui deviendra un bidonville au . La rue fut ouverte dans ce quartier en vertu d'une décision ministérielle du qui en fixa la largeur à et réunit la rue du Rocher et la rue des Errancis en une seule voie. Puis, dans le cadre de l'aménagement du quartier de l'Europe, l'ordonnance royale du prescrivit à Jonas-Philip Hagerman et Sylvain Mignon de fournir le terrain nécessaire à l'élargissement à de la rue du Rocher entre la rue de la Bienfaisance et la barrière de Monceau (boulevard de Courcelles).

Le quartier possédait, autrefois, plusieurs moulins : moulin de la Marmite : à l'emplacement de l'angle de la rue du Rocher et de la rue de Madrid ; moulin des Prunes : en face, sur la rue du Rocher ; moulin Boute-à-Feu, ou Boute-à-fin, ou Boute-à-foin : plus bas à gauche, vers le . Il était situé jusqu’en 1667 sur la butte Saint-Roch ; moulin des Prés : à l'emplacement du chevet de l'église Saint-Augustin..

En 1871, la rue était encore suffisamment populaire pour accueillir au moins une dizaine de communards (source dictionnaire Le Maitron) dont le journaliste Odilon Delimal à l'ex-numéro 59, actuel 53.

Le 11 octobre 1914, durant la première Guerre mondiale, le rue du Rocher est touché lors d'un raid effectué par des avions allemands Exelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette| Eau-forte d'Alfred Taiée : Paris en train : percée de la rue de Madrid sous la rue du Rocher (avril 1868). Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson (1771-1842), homme politique français (sous la monarchie de Juillet) a . 8 : hôtel particulier brique et pierre de Eugène Aubry, née Amélie Vitet, sœur de Ludovic Vitet , et mère d'Eugène Aubry-Vitet (1845-1930), membre du service d'honneur du comte de Paris et du duc d'Orléans. la chanteuse Françoise Hardy y habite un studio jusqu'en 1970Julie Martin, « Françoise Hardy s’est éteinte : ce duplex parisien (qu’elle partageait avec Jacques Dutronc), où elle a passé ses derniers jours », lejournaldelamaison.fr, 12 juin 2024.. 19 : le marquis de Rochegude signale en 1910 une . 20 : lycée Racine, construit en 1887Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de minuit, septième édition, 1963, (« L-Z »), « Rue du Rocher », , et « Rue de Rome », .. 21 : Ellen Andrée (1856-1933), actrice et modèle de peintres tels que Manet, Degas et Renoir y demeurait en 1910. 26 : emplacement d'une petite maison qui appartenait à Philippe-Égalité avant que celui-ci ne fasse aménager la folie de Chartres (voir « Parc Monceau »). Les maisons comprises entre les et 26 ont été démolies en 1909. François-Armand Cholet (1747-1826), homme politique français sous le Premier Empire et la Restauration (histoire de France), y a habité. 28 (angle de la rue de Vienne) : en fond de cour, hôtel construit par le Fauvel (en 1910), signalant des armoiries sur la façade.. 30 : emplacement de l'hôtel de Lucien Bonaparte. Propriété Riant (en 1910). 34 : Pierre-Paul Prud'hon (1758-1823), peintre chez le peintre et dessinateur Charles-Pompée Le Boulanger de Boisfremont (1773-1838), y habita de 1821 à sa mort. 40 : cour de l'Horloge (1825). 42 : impasse Dany (1821). 43 : Jeanne Thomassin (1873- ?), artiste dramatique, y demeurait en 1910. 44 : emplacement d'un petit immeuble dans lequel Jules Renard (1864-1910), homme de lettres, habitait et est mort en 1910. 47 : Marc Ferro (1924-2021), historien français y est né. 47 bis : ici se trouvait dans les années 2000 une plaque commémorative fantaisiste : .Carole Lefrançois, Télérama, du , des pages « Les Bruis de la ville » in Sortir.. 48 : couvent des Sœurs garde-malades. Détruit en pour la construction d'un immeuble d'habitation. thumb|Pont de la rue du Rocher vu de la rue Portalis ; la rue de Madrid est celle qui passe sous le pont. vignette|La voie au niveau du croisement avec la rue de Madrid et la rue Portalis. 49 (ancien 57) : à ce niveau, la rue du Rocher traverse la rue de Madrid sur un pont construit en 1868 par l'ingénieur Ernest Goüin de sorte que le rez-de-chaussée de cette maison se trouve au second étage sur la rue de Madrid. 50 : immeuble imposant, conçu par Lucien Roy, en 1904. La lourdeur initiale a été compensée par une ornementation faite de courbes et de formes végétales, réalisée par le sculpteur Camille Lefèvre. La porte rappelle, en plus simplifiée, celle d’Hector Guimard au Castel Béranger.. 53 (ancien 59 bis) : hôtel particulier construit en 1877, peut-être par l'architecte Hector-Martin Lefuel pour son gendre, M. Hochon et remanié en 1903 par l'architecte Magne. Louise Lefuel, épouse Hochon, dont le portrait a été peint vers 1882 par Ernest HébertParis, musée Hébert., tenait tous les mardis un salon littéraire et artistique fréquenté par Alexandre Falguière, Antonin Mercié, Cain, Jean-Léon Gérome, Eugène Labiche, Victorien Sardou, Guy de Maupassant, Charles Gounod, Édouard Detaille, Édouard Pailleron, Alexandre Dumas fils… François Tassart évoque cette maison dans ses Nouveaux souvenirs intimes sur Guy de Maupassant : 56 : l'artiste-peintre Jules-Émile Saintin y vécutJules Saintin, base Leonore.. 59 : siège de la CFE-CGC. 61-63À moins qu'il ne s'agisse du 53. : emplacement d'une construite en 1772 pour Marie-Marguerite et Marie-Anne-Josèphe de Libessart, dites les deux sœurs Grandis, deux danseuses de l'Opéra qui vivaient avec Michel Bandieri de Laval (1733-1809), maître de balletConfondu par Lefeuve et Rochegude avec son père Antoine Bandieri de Laval (1688-1767).. Joseph Bonaparte fit l'acquisition de cette maison à l'extrême fin du . Madame Mère y habita quelque temps, puis le maréchal de Gouvion-Saint-Cyr en 1815. Les jardins s'étendaient sur l'emplacement des rues de Madrid et Portalis. Sous le Second Empire, la propriété devint l'Institution Cousin, alors très renommée.

thumb|Le n°96 coincé entre plusieurs immeubles.

64 : emplacement du patronage Saint-Joseph (en 1910), où se tenait la salle Villiers, qui servait de salle de spectacles et de théâtre. 64 bis : Intégrale, un institut d'enseignement supérieur privé. 66 : L'école Corneille, installée à cet emplacement en 1904, a été remplacée par un immeuble moderne. théâtre Tristan-Bernard (autrefois appelé théâtre Charles-de-Rochefort), construit en 1911 par la Fondation Léopold-Bellan, dont le siège se trouve dans l'immeuble. 68 : siège du parti politique La République en marche (devenu Renaissance) de 2021. à 2025« Renaissance, le parti présidentiel, va vendre son siège du 8e arrondissement de Paris pour 31 millions d'euros », lefigaro.fr, 9 juillet 2025.. 84 : Alexandre Georges (1850-1938), compositeur y habitait en 1910.

Dans la fiction Plusieurs scènes du film Les Enfants terribles (1950) de Jean-Pierre Melville se déroulent dans un appartement de la rue du Rocher.

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie

. . , 5 vol.* . .

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

Rocher