Les 76 de Philadelphie (Philadelphia 76ers en anglais), également surnommés les Sixers, sont une franchise de basket-ball de la National Basketball Association basée à Philadelphie dans le Commonwealth de Pennsylvanie. Son histoire commence en 1939 sous le nom des Nationals de Syracuse, une équipe professionnelle indépendante qui rejoint la National Basketball League (NBL) en 1946. Les Nationals entrent en NBA trois ans plus tard lors de la fusion entre la NBL et la BAA (Basketball Association of America). Les 76 concourent dans la NBA en tant que membre de la conférence Est, au sein de la division Atlantique et jouent leurs matchs au Wells Fargo Center.
Les 76 ont eu une histoire importante, avec beaucoup des plus grands joueurs de l’histoire de la NBA tels que Wilt Chamberlain, Dolph Schayes, Hal Greer, Billy Cunningham, Julius Erving, Moses Malone, Charles Barkley, et Allen Iverson. Ils ont remporté trois titres NBA, leur premier dans la ville de Syracuse en 1955. Le deuxième titre est venu en 1967, avec une équipe menée par Chamberlain. Le troisième titre est remporté en 1983, remporté par une équipe composée d'Erving et Malone. Les 76 n’ont été de retour en finales NBA qu’une seule fois depuis, en 2001, où ils ont perdu contre les Lakers de Los Angeles en cinq matchs.
Une longue période de reconstruction est entamée par la suite pour arriver à la nouvelle ère de « The Process » menée par Joel Embiid et Ben Simmons.
Historique de la franchise
Les années glorieuses (1950-1963) thumb|left|L'effectif 1958-1959 des Nationals de Syracuse comprenant notamment Dolph Schayes et Hal Greer. Pour leur première saison en NBA, les Nationals menés par Dolph Schayes et Al Cervi, réalisent des merveilles en atteignant la finale après avoir écarté les Warriors de Philadelphie et les Knicks de New York. Seuls les Lakers de Minneapolis ont raison de la solide équipe de Syracuse comme ils le font à nouveau lors de la saison 1953-1954. thumb|right|Le logo des Nationals de Syracuse En 1954-1955, Paul Seymour, venu épauler Schayes, conduit les Nationals vers la troisième finale de leur histoire en sortant facilement les Celtics de Boston pour décrocher le titre de la division Est. Syracuse est opposée aux Pistons de Fort Wayne en finale. Lors de la septième manche décisive, George King scelle le sort du match et du championnat en marquant un lancer franc qui permet aux siens de mener 92-91 avant de réaliser une interception synonyme de victoire finale. Après ce titre, les Nationals restent de sérieux prétendants mais n’atteindront plus la finale du championnat avant de longues années.
Le déménagement à Philadelphie (1963-1966)
Alors que la machine NBA commence à décoller, la petite ville de Syracuse n’est plus en mesure d’héberger une équipe de la ligue. En 1963, la franchise est rachetée par un magnat de la presse qui décide le déménagement vers Philadelphie. La ville retrouve une équipe NBA à peine un an après le départ des Warriors vers San Francisco. Le nom de l’équipe devient les 76 de Philadelphie en souvenir de la signature de la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique en Pennsylvanie en 1776. Des journalistes réduiront plus tard le nom en Sixers. Aujourd’hui, les deux sont utilisés pour définir la franchise de basket-ball. Les 76 acquièrent le grand Wilt Chamberlain en provenance des Warriors au cours de la saison 1964-1965. Emmenée par celui qui est à l’époque le meilleur marqueur de la ligue, l’équipe pousse les intouchables Celtics de Boston au septième match de la finale de la division Est. Menés 110-108, les 76 sont définitivement assommés par l’interception d’une passe d’Hal Greer par John Havlicek. Les Celtics passent ce tour et remportent leur septième titre consécutif quelques jours plus tard. La saison suivante se termine au même stade à nouveau face à Boston.
L’inoubliable saison 1966-1967 thumb|Billy Cunningham sous le maillot des Sixers de Philadelphie. À l’été 1966, Alex Hannum prend en main une équipe performante mais qui bute systématiquement en play-offs. Les 76 débutent la saison sur les chapeaux de roue et la terminent assez solidement pour établir le meilleur bilan jamais réalisé depuis la naissance de la ligue avec 68 victoires pour 13 défaites, sur 81 rencontres annuelles avec notamment une victoire 138-96 sur les Celtics de Boston pourtant champions NBA sur neuf des dix dernières saisons. Ce record est battu par les Bulls de Chicago de Michael Jordan lors de la saison 1995-1996 : 72 victoires pour seulement 10 défaites, puis par les Warriors de Golden State de Stephen Curry en 2015/2016 : 73 victoires et 9 défaites, qui égalent en 2016-2017 le meilleur départ de la saison sur 50 matches avec 46 succès et 4 défaites. Wilt Chamberlain (24,1 points avec 68 % de réussite, 24,2 rebonds et 7,8 passes de moyenne et son troisième titre de MVP), Hal Greer (22,1 points de moyenne), Billy Cunningham (18,5 points), Chet Walker (19.3 points) et Lucious Jackson ne se satisfont pas de cet exploit à l’heure de retrouver Boston en finale de Division. Dépassés par la tornade 76, les Celtics sont vaincus quatre manches à une sous les cris de spectateurs hurlant « Boston est mort ! » en référence à la fin d’un règne qui a duré huit saisons. La franchise de Philadelphie file alors vers un sacre annoncé que les Warriors de San Francisco ne peuvent empêcher.
Lors de la cérémonie célébrant les 35 ans de la NBA en 1981, l’équipe de la saison 1966-1967 est élue la meilleure de l’histoire de cette ligue.
La chute et le retour au premier plan (1967-1976)
Au cours des playoffs de la saison 1967-1968, les 76 sont amenés à croiser une nouvelle fois la route des Celtics de Boston sur le chemin d’un second titre. Alors qu’ils mènent aisément la série 3 à 1, les Sixers se démobilisent et perdent les trois matches suivants laissant les Celtics accéder à la finale. À la suite de cet épisode et du départ de Wilt Chamberlain vers les Lakers de Los Angeles, la franchise de Pennsylvanie entre dans une période des plus difficiles. Les 76 se qualifient bien pour les playoffs les trois saisons suivantes mais sans jamais dépasser le deuxième tour. En 1971-1972, l’équipe ne remporte que 30 matches et manque les playoffs pour la première fois dans l’histoire de la franchise. La saison suivante est catastrophique et le nombre de victoires chute à 9 pour 73 défaites. À peine sept ans après avoir établi le meilleur bilan jamais enregistré en NBA, les Sixers rendent la pire copie de l’histoire. Au début de la saison 1973-1974, Gene Shue est nommé entraîneur pour relancer l'équipe. Les progrès, loin d’être fulgurants, sont néanmoins constants et l’équipe retrouve les playoffs en 1976 sous l’impulsion de George McGinnis.
Doctor J au chevet de la franchise (1976-1982)
La saison 1976-1977 marque le retour à l’optimisme avec l’arrivée de Julius Erving, permise par le rachat de la franchise par le richissime F. Eugene Dixon. Les fans se remettent à rêver quand leurs protégés battent les ennemis héréditaires Celtics en 7 manches en demi-finales de conférence. Après avoir écarté les Houston Rockets de Moses Malone, J et sa bande s’avancent pour défier les Portland Trail Blazers de Bill Walton. Les 76 doivent finalement rendre les armes en 6 manches après avoir mené la confrontation 2 à 0. Philadelphie atteint à nouveau les finales 3 ans plus tard sous les ordres de l’ancien joueur Billy Cunningham. Menés 3 victoires à 2, les Sixers reprennent confiance en apprenant la blessure de la star des Lakers, Kareem Abdul-Jabbar pour le de la série. Ils doivent déchanter face au talent du débutant Magic Johnson qui, aligné pour la première fois de la saison au poste de pivot, marque 42 points, prend 15 rebonds et délivre 7 passes. Il reçoit le titre de meilleur joueur (MVP) des finales en même temps qu’il prive Philadelphie d’un nouveau sacre. Durant les playoffs 1981, les 76 revivent l’expérience douloureuse de perdre, contre les Celtics, une série qu’ils menaient 3 victoires à 1. La saison suivante semble les condamner à connaître pareil sort quand Boston aligne deux victoires de suite pour égaliser à 3 partout et amener les Sixers à jouer le match décisif dans leur antre du Boston Garden. Cette fois, Philadelphie sort un match mémorable pour l’emporter 120-106 sous les encouragements des supporters des Celtics qui hurlent « Battez Los Angeles », dans un grand moment de l’histoire de ce sport. Les Sixers perdent en finale face aux Lakers mais retrouvent le sourire dès le début de la saison 1982-1983.
L’historique saison 1982-1983 : « Fo’, Fi’, Fo’ »
Depuis maintenant quelques années, Philadelphie possède une équipe solide bâtie autour de Julius Erving et Bobby Jones mais échoue systématiquement dans la conquête d’un second sacre. Harold Katz rachète la franchise à Dixon en 1982 et s’offre une raison d’espérer le meilleur en recrutant Moses Malone, jusque-là pivot des Houston Rockets et rebondeur numéro 1 de la ligue. L’équipe domine les débats, obtient le second meilleur bilan de son histoire avec 65 victoires pour 17 défaites tandis que Malone est élu meilleur joueur de la saison (MVP). À la question d’un journaliste qui lui demande comment vont se dérouler les playoffs à venir, le joueur répond : « Fo’, fo’, fo’ » pour « four, four, four » annonçant une victoire en 4 manches sèches à chacun des 3 tours. La conquête du titre est facile. Les Knicks sont battus 4 à 0, les Bucks 4 à 1 et les Lakers ne voient pas le jour dans une finale à sens unique (4 à 0). Malone reçoit le titre de meilleur joueur des finales et son « fo’, fo’, fo » presque prémonitoire devient le « fo’, fi’, fo’ » (« four, five, four ») résumant le meilleur bilan de l’histoire en playoffs (12 victoires pour une seule défaite).
L’ère Charles Barkley (1984-1992) vignette|gauche|Charles Barkley sous le maillot des Sixers de Philadelphie. Après une saison 1983-1984 achevée au premier tour des playoffs, les Sixers profitent de la draft pour sélectionner Charles Barkley en . Ce joueur au caractère bien trempé va régaler les fans de Philadelphie durant 9 saisons mémorables. Les 76 disputent contre les Celtics une nouvelle finale de conférence qu’ils perdent en 5 manches. Matt Guokas remplace Billy Cunningham et mène la franchise au des playoffs 1986, stade auquel les 76 sont sortis par les Bucks de Milwaukee.
Le , Katz scelle les 2 opérations les plus critiquées de sa présidence en envoyant Moses Malone à Washington et en cédant le de la draft à venir aux Cavaliers. En échange, Philadelphie reçoit Roy Hinson, Jeff Ruland et Cliff Robinson. Cleveland profite du « cadeau » pour sélectionner Brad Daugherty qui réalisera une carrière relativement courte mais des plus brillantes, obtenant notamment le statut de All-Star. Après une nouvelle participation aux playoffs et le titre de meilleur rebondeur de la ligue pour Barkley, Guokas est remplacé par Jim Lynam au cours de la saison 1987-1988. Avec un bilan de 36 victoires pour 46 défaites, les Sixers manquent les playoffs pour la première fois depuis 1974-1975. Lors de la draft 1988, la franchise sélectionne Charles Smith avant de le céder aux Clippers de Los Angeles en échange de Hersey Hawkins. En 5 saisons à Philadelphie, ce dernier tourne à près de 19 points par match devenant le tireur à 3 points le plus prolifique de l’histoire de la franchise.