Hubert Curien, né le à Cornimont (Vosges) et mort le à Loury (Loiret), est un cristallographe français, ministre de la Recherche et de la Technologie de 1984 à 1986 puis de 1988 à 1993. Président du Centre national d'études spatiales de 1976 à 1984 puis premier président de l'Agence spatiale européenne de 1979 à 1984, Hubert Curien est décrit comme le père spirituel de l'Europe spatiale« Hubert Curien : le père spirituel de l'Europe spatiale », dans supplément CNES/MAG , novembre 2011.
Biographie Hubert Curien est né d'un père receveur municipal, Robert Curien (1895-1985), et d'une mère institutrice, Berthe Girot (1896-1984). Il est le frère cadet du diplomate Gilles Curien (1922-2017).
Élève du lycée Saint-Louis à Paris, alors âgé de 20 ans il revient dans les Vosges pour s'engager dans la résistance au maquis de la Piquante-Pierre.
Reprenant le cours de ses études à la Libération, il choisit d'entrer à l'École normale supérieure (1945 S) plutôt qu'à l'École polytechnique en raison d'une faiblesse au genou contractée au maquis. Il se lance alors dans une carrière scientifique, se spécialisant dans la cristallographie.
Il est agrégé de physique (1949) et docteur en sciences physiques (1952).
Maître de conférences, puis professeur à la faculté des sciences de Paris, il entre au CNRS en 1966 comme directeur du département Physique mathématiques. Il restera professeur à l'université et assurera ses cours toute sa vie. Il a notamment découvert une nouvelle forme cristalline du gallium dans le cadre de ses travaux au laboratoire de minéralogie et de cristallographie de l'Université de Paris. En tant qu'enseignant, il a joué un rôle capital dans la dynamisation de la culture scientifique au bénéfice des jeunes.
Il occupe successivement plusieurs postes de direction dans la recherche française : directeur général du CNRS de 1969 à 1973 ; président du CNES de 1976 à 1984, période pendant laquelle s'effectue le premier tir de la fusée Ariane ; président du Conseil d’administration du Palais de la Découverte de 1977 à 1984Arrêté du 29 janvier 1980 M. Hubert Curien est renouvelé dans ses fonctions de président du Conseil d'administration du Palais de la Découverte pour une période de trois ans à compter - Journal officiel de la République française du 07/02/1980 ; premier président de l'Agence spatiale européenne de 1979 à 1984 ; premier président de l'Association des musées et centres de culture scientifique technique et industrielle (AMCSTI) à partir de 1982.
Il est inhumé au cimetière de Cornimont (Vosges)Cimetières de France et d'ailleurs.
Père de l'Europe spatiale La communauté spatiale et le CNES doivent beaucoup à Hubert Curien : lancement du programme Ariane création d'Arianespace mission de Jean-Loup Chrétien, premier spationaute français démarrage du programme SPOT premières participations françaises aux programmes scientifiques de l'ESA.
Ministre De 1984 à 1986, il est nommé ministre de la Recherche et de la Technologie au sein du Gouvernement Fabius, puis de nouveau de 1988 à (sous les gouvernements Rocard, Cresson et Bérégovoy).
En 1991, à l'occasion des dix ans du ministère de la Recherche et de la Technologie, il ouvre les jardins au public pour la première fois. Cet événement préfigure la manifestation Science en Fête (qui deviendra plus tard la Fête de la Science), créée l'année suivante.
Fonctions honorifiques directeur de l'École supérieure de chimie industrielle de Lyon (ESCIL), devenue École supérieure chimie physique électronique de Lyon, entre 1993 et 2005 ; président du conseil du Laboratoire européen de physique des particules (CERN) de à ; président de la Fondation de France de 1998 à 2000 ; président de l'Académie des sciences de 2001 à 2003, dont il était membre depuis 1993.
Distinctions
Hommages alt=bel échantillon minéral orange vif (francevillite) rehaussé de jaune d'or (curiénite). Dimension de l'échantillon complet : 7.7 x 6.4 x 3.7 cm |vignette|Échantillon de curiénite et francevillite. Localité : mine de Mounana, Franceville, Province de Haut-Ogooué, Gabon. En 1968, l'espèce minérale Pb(UO2)2(VO4)2·5H2O, un vanadate hydraté d'uranyle et de plomb, a été baptisée curiénite en son honneur.
En 2000, il accepte, de donner son nom à l'école Hubert-Curien de BourgesÉcole Hubert Curien. Ce centre de formation supérieur des apprentis, créé et géré par la CCI du Cher, offre des formations BAC+5 en management des risques industriels et de la qualité, mais aussi en maîtrise de l'efficacité énergétique.
Le , l'Institut pluridisciplinaire Hubert Curien est créé à Strasbourg.
Le collège de Cornimont est baptisé « Collège Hubert-Curien » le et l'Institut universitaire de technologie d'Épinal renommé avec son nom la même année.
Le , un laboratoire de l'université Jean Monnet, à Saint-Étienne, change de nom et devient le Laboratoire Hubert Curien (UMR CNRS 5516).
En , l'Agence spatiale européenne annonce que le site d'atterrissage de la sonde Huygens sur Titan, le plus gros satellite de Saturne, recevrait le nom de « Mémorial Hubert-Curien ».
La salle de conférences des Champs Libres à Rennes porte son nom.
Le planétarium de Dijon dont le projet lui avait été présenté en 2003, porte aujourd'hui son nom.
Les programmes d'échanges scientifiques bilatéraux du ministère des Affaires étrangères, autrefois connus sous le nom de « Programmes d'actions intégrées » ou PAI, ont été rebaptisés « Partenariats Hubert-Curien » ou PHC. De tels partenariats existent avec plus de 60 pays.
La Maison de la Science à Sainte-Savine (Aube) porte son nom, ainsi qu'une rue de Maxéville (Meurthe-et-Moselle).
L'école primaire de Nompatelize (Vosges) réalisée en 2006.
L'amphithéâtre de la Fondation PSL (Paris sciences lettres) porte son nom rue Gay-Lussac à Paris.
En 2019 est inaugurée la place Hubert-Curien à Paris.
Famille Son frère, Gilles Curien, est ambassadeur de France. Marié à l'astrophysicienne Anne-Perrine Dumézil, dite Perrine, Hubert Curien est le gendre de l'académicien Georges Dumézil. Il a trois fils : l'aîné, Nicolas Curien, est professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et membre de l'Académie des technologies Site de Nicolas Curien ; le deuxième, Christophe Curien, est artiste-peintreSite de Christophe Curien ; le cadet, Pierre-Louis Curien, est directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique et informaticien théoricienpage de Pierre-Louis Curien sur la page du laboratoire P.P.S..
Notes et références
Annexes
Bibliographie .
Liens externes
Catégorie:Ministre de la Cinquième République Catégorie:Cristallographe Catégorie:Ministre français de la Recherche Catégorie:Élève du lycée Saint-Louis Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Professeur à la faculté des sciences de Paris Catégorie:Membre de l'Académie des sciences (France) Catégorie:Membre de l'Académie de l'air et de l'espace Catégorie:Personnalité du CERN Catégorie:Membre distingué de l'Association aéronautique et astronautique de France Catégorie:Membre de l'Academia Europaea Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Commandeur de l'ordre national du Mérite Catégorie:Titulaire de la médaille militaire Catégorie:Naissance en octobre 1924 Catégorie:Naissance à Cornimont Catégorie:Décès en février 2005 Catégorie:Décès dans le Loiret Catégorie:Décès à 80 ans Catégorie:Personnalité inhumée dans le département des Vosges