LAdriatic est un paquebot transatlantique britannique construit par les chantiers Harland & Wolff de Belfast et exploité par la White Star Line. Mis en service en 1907, il s'agit du quatrième navire d'une série de quatre paquebots de plus de tonnes, les Big Four (avec le Celtic, le Cedric et le Baltic) et est le seul des quatre à ne jamais avoir été le plus grand paquebot au monde. C'est cependant le plus grand et le plus gros d'entre eux. Il se distingue également de ses jumeaux par des installations plus somptueuses, étant le premier paquebot à comporter des bains turcs et une piscine intérieure.
Il commence sa carrière sur la toute nouvelle ligne de Southampton à New York avant de rejoindre, à partir de 1911, ses jumeaux sur la ligne secondaire au départ de Liverpool. Il s'agit en effet de paquebots lents destinés à assurer un service aux tarifs modérés. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, lAdriatic fait partie des navires qui poursuivent leur service transatlantique civil, tout en transportant de nombreuses provisions. À partir de 1917, il est réquisitionné et sert de transport de troupes.
Après guerre, il est modernisé à plusieurs reprises, et progressivement utilisé pour des croisières, qui deviennent sa principale activité dans les années 1930. Conservé au sein de la flotte de la Cunard-White Star lorsque les deux compagnies fusionnent en 1934, il est rapidement jugé inutile et vendu dès la fin de l'année. Il est démoli à Osaka en 1935.
Histoire Conception et construction thumb|left|LAdriatic a été construit dans les chantiers Harland & Wolff en même temps que lAmerika.|alt=Photographie de l'Amerika vu de devant À la fin du , la , sous l'égide de Thomas Henry Ismay, a modifié sa politique pour se lancer dans la construction de navires qui ne cherchent plus à s'imposer sur le terrain de la vitesse, mais à transporter en masse et avec régularité des passagers sur des paquebots spacieux et confortables. Ceci s'est traduit par la mise en service des , quatre paquebots de grande taille et à vitesse modérée mis en service au début du nouveau siècle. Le premier, le Celtic, entre en service en 1901, suivi du Cedric en 1903 et du Baltic en 1904. Le quatrième navire de la série, lAdriatic, est commandé aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast dès , mais n'est terminé qu'en , un délai étrangement long. Ce délai a un temps été expliqué par le fait que les chantiers construisaient à la même époque lAmerika, au profil similaire, et que la coque initiale de lAdriatic aurait finalement servi au paquebot allemand. C'est cependant peu probable, lAmerika ayant été mis en construction sous le numéro 357 et lAdriatic sous le numéro 358, mais surtout parce que ce dernier était nettement plus grand.
Pour continuer à disposer des plus gros navires au monde, la avait demandé aux chantiers d'agrandir le Baltic durant sa construction : le navire jaugeait ainsi près de tonneaux de plus que son prédécesseur, mais il était en retour légèrement plus lent, ses machines n'ayant pas été modifiées. Dans le cas de lAdriatic, il est décidé de lui donner une taille similaire à son prédécesseur (son tonnage le surpassant néanmoins de quelques centaines de tonneaux), mais des machines nettement plus puissantes afin de lui permettre de maintenir une meilleure vitesse. Son nom, en référence à la mer Adriatique, lui est également donné en référence à un précédent paquebot qui a servi la compagnie durant près de trente ans à la fin du siècle précédent.
LAdriatic est finalement lancé le , le même jour que l'un de ses concurrents directs, le Mauretania de la . Il est ensuite achevé en cale sèche et livré à sa compagnie le , avant de rejoindre Liverpool pour son voyage inaugural.
Premières années thumb|LAdriatic à New York. Lors de son entrée en service, lAdriatic est célébré par la comme (bien que le Kaiserin Auguste Victoria le dépasse de quelques tonneaux), et la compagnie organise un départ en grande pompe pour son voyage inaugural de Liverpool à New York le . Le paquebot navigue sous le commandement d'Edward Smith, venu du Baltic, et qui déclare à l'arrivée du navire en Amérique : ; cette citation est souvent mentionnée par erreur en référence au Titanic, que Smith commandait lors de son naufrage.
Le paquebot effectue son retour à destination de Southampton. Ce port, jusque-là peu fréquenté par les compagnies britanniques, est en effet choisi pour servir d'attache au nouveau service express voulu par la , en vue de l'arrivée de ses paquebots de classe Olympic. Il a en outre pour avantage de permettre une escale française à Cherbourg. LAdriatic est ainsi affecté à ce nouveau service aux côtés de lOceanic, du Teutonic et du Majestic. Dans le même temps, Liverpool devient un port de départ secondaire pour un service lent assuré par le Baltic, le Cedric, le Celtic et lArabic, destinés à être rejoints par lAdriatic une fois les nouveaux paquebots entrés en service.
thumb|left|Le Teutonic est un des navires qui servent aux côtés de lAdriatic sur la ligne de Southampton.|alt=peinture représentant le Teutonic quittant le port Durant ce service, lAdriatic se révèle très populaire auprès de la clientèle pour ses installations luxueuses (il est le premier paquebot ayant des bains turcs et une piscine intérieure) malgré une vitesse inférieure à ses compagnons de route. Un incident survient le , lorsqu'il est découvert que quatre membres d'équipage volaient les bagages des passagers et les dissimulaient dans le navire en vue de les revendre ensuite. Leur butin est estimé à livres, somme très importante pour l'époque. Autres incidents en , lorsque le paquebot s'échoue dans l'entrée du chenal d'Ambrose en allant à New York, puis en lorsque les chauffeurs du paquebot se mutinent à Southampton. Le , à la suite de l'entrée en service de lOlympic, lAdriatic effectue sa dernière traversée au départ de Southampton avant de rejoindre ses jumeaux sur la ligne de Liverpool. Il y reste jusqu'à la Première Guerre mondiale, bien qu'il ait également fait des croisières entre New York et la Méditerranée durant l'hiver 1911.
Au printemps de 1912, après le naufrage du Titanic, lAdriatic rapatrie plusieurs rescapés, en particulier Millvina Dean (dernière survivante, morte en 2009), puis au début de mai Joseph Bruce Ismay et les quatre officiers survivants, après les audiences de la commission d'enquête américaine. Tirant les leçons du naufrage, la compagnie équipe le navire de nombreuses embarcations de sauvetage supplémentaires. Les exercices d'évacuation sont également renforcés, et l'un d'eux tourne mal le suivant : trois membres d'équipage sont blessés et un autre tué lors d'une mauvaise manœuvre.
L'Adriatic pendant la Première Guerre mondiale thumb|Au début de la guerre, lAdriatic est rejoint dans son service transatlantique par le Lapland.|alt=carte postal représentant le Lapland Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, lAdriatic et le Baltic continuent à assurer un service régulier sur la ligne de Liverpool tandis que d'autres paquebots de la sont réquisitionnés. Ils sont rapidement rejoints par trois navires de la , le Vaderland, le Zeeland et le Lapland. Les importantes cargaisons de lAdriatic lui permettent de transporter d'importantes quantités de provisions bienvenues en temps de guerre, mais les autorités américaines, alors neutres dans le conflit, regardent le navire avec suspicion, craignant qu'il ne fasse secrètement escale à Halifax pour récupérer des troupes canadiennes. Du au , le navire sert dans le cadre du et transporte troupes et munitions à travers l'Atlantique à partir de l'entrée en guerre des États-Unis.
Durant cette période, le , alors qu'il est accosté au quai 60 à New York, il est victime d'un incendie lorsque des barils de pétrole stockés sur son pont prennent feu. Les pompiers parviennent à maîtriser les flammes en inondant le pont et en jetant les barils incendiés à la mer. Durant le conflit, les imposantes soutes de lAdriatic ont en effet souvent été mises à profit afin d'approvisionner la en carburant.
Le conflit terminé, le paquebot est entièrement remis en état, et ses installations sont modifiées afin de transporter moins de passagers.
Fin de carrière thumb|left|Au début des années 1930, les sont remplacés par de nouveaux navires comme le Britannic.|alt=Photo du Britannic LAdriatic est de retour en service le , au départ de Southampton et accompagné du Lapland, afin d'assurer un service provisoire en attendant le retour des navires réquisitionnés et l'arrivée de nouveaux paquebots. Dès 1920, le Lapland est remplacé par lOlympic, de retour sur la ligne. Il est finalement retiré après une dernière traversée, le , en vue de l'arrivée du Majestic et de lHomeric. Après une refonde à Belfast, il retrouve le Celtic, le Cedric et le Baltic sur la ligne de Liverpool, à partir du . Le suivant, le navire est secoué par une explosion survenue dans sa cale alors qu'il se trouve non loin de Queenstown. Cinq hommes sont tués dans l'explosion causée par le charbon entreposé là. L'incendie qui a suivi est rapidement maîtrisé avant d'avoir menacé le navire. Le navire décline les propositions d'assistance, reprend sa route, et atteint New York le . À partir de 1923, les font régulièrement escale à Boston avant d'arriver à New York. En 1925, lAdriatic est affrété par des Gallois vivant en Amérique et désireux de se rendre à l'Eisteddfod Genedlaethol. La même année et malgré ses 18 ans, il bat son record de vitesse en effectuant la traversée entre New York et Liverpool en 7 jours et 6 minutes. Dans le même temps, le trafic transatlantique se réduisant, lAdriatic est de plus en plus utilisé pour des croisières. En 1928, lorsqu'il revient de Méditerranée, il est à nouveau reconverti, cette fois-ci pour devenir un navire de offrant des tarifs plus abordables. Effectuant sa première traversée à ce titre le , il rencontre rapidement un grand succès dans ce domaine.
En 1929, les croisières ne parviennent plus à être assez rentables. LAdriatic est mis au repos à Liverpool durant tout l'hiver, tandis que la crise économique éclate. Il ne sert plus désormais que durant les étés. L'arrivée du Britannic et du Georgic contribue plus encore à rendre lAdriatic inutile. Il sert de terrain expérimental pour une croisière d'un week-end à très bas tarif durant l'été 1931, mais l'opération n'est pas probante et ses croisières de septembre sont annulées. En 1932, le Cedric est envoyé à la casse. Il est suivi dès l'année suivante par le Baltic. Néanmoins, il est décidé de garder lAdriatic comme navire de réserve, l'économie britannique semblant se remettre peu à peu. Les étés suivants ne sont pas plus prolifiques et le paquebot ne fait que quelques croisières au large de la péninsule ibérique et d'occasionnelles traversées de l'Atlantique.
Le , le paquebot effectue sa dernière traversée transatlantique. Le mois suivant, il effectue une croisière spécialement destinée aux scouts, avec notamment à son bord Robert Baden-Powell. Au printemps, la fusionne avec sa rivale, la . LAdriatic fait partie de la nouvelle flotte, mais est clairement superflu au vu de son âge. Après une dernière croisière en septembre, le paquebot est immobilisé, et vendu en novembre à des démolisseurs japonais pour livres. Il part le pour Osaka, où il arrive le suivant pour y être démantelé.
Caractéristiques et décoration thumb|Le salon de lecture et d'écriture de l’Adriatic.