thumb|upright=1.4|Simulation des différentes alimentations en eau de Vindunum. Ce plan est une reproduction du plan se trouvant au musée archéologique "Carré Plantagenêt" du Mans d'après le plan fourni par Bernard BAUDOIN. Les droits d'auteurs de ce plan concernent l'aqueduc de l'hopitau: dénomination et tracé, la conduite d'Isaac: dénomination et tracé et l'aqueduc des Fontenelles pour son tracé à l'intérieur de l'enceinte romaine.
Vindunum (ou aussi Vindinum) est le nom antique de l'actuelle ville du Mans, capitale de la tribu des Aulerques Cénomans et plus tard de tous les Aulerques. L'espace urbain de cette cité semble avoir été sédentarisé dès le troisième millénaire avant notre èreFrançois Dornic, Histoire du Mans, . La fondation de la ville remonte au-delà de -50. Ses habitants y sont nommés par César dans sa Guerre des Gaules. La ville devient romaine en -56 et va prendre le nom de la tribu des Cénomans dont elle était la civitas, d'où Celmans au François Dornic, Histoire du Maine, . La fin chronologique de la ville antique ne se situe que pendant le , allant de pair avec la fin de la christianisation ne s'effectuant qu'à partir de 453. On estime l'arrêt définitif des derniers rites païens dans la cité gallo-romaine avec la prise du Mans par Clovis en 510Joseph Guilleux, Le Mans: Cité Gallo-Romaine, Office de Tourisme de la Ville du Mans, page 47.. Désormais, ce sera l'avènement au fil des siècles de la cité médiévale du Vieux-Mans.
Dénomination et étymologie thumb|Vue du mur d'enceinte nord-est du Vieux Mans
Le nom est attesté dès l'époque gauloise sous la forme Vindinon au À l'époque gallo-romaine, le nom de Vindunum est mentionné par le géographe Ptolémée.
On trouve également le nom de Vindinium sur une borne de la voie romaine XVI CAESARODUNUM AD VINDINIUM à 500 m au sud de Vaas.
Le nom est d'origine celtique: Vindinon ou Vindunum qui serait composé de Vindo- « blanc, brillant », associé à une idée de sacré, et de dunum « citadelle, enceinte fortifiée, montXavier Delamarre, Op. cit. sous dunon ». Vindunum serait donc « la citadelle blanche », à comprendre comme « la citadelle sacrée ».
Remarques : Les formes Sub dinnum ou Suindinum relevées sur la Table de Peutinger ou son interprétation sont des cacographies manifestes. Selon Pline, Vindunum proviendrait de Vend-dunum ou « villes des Vendes », peuple d’Europe centrale, étymologie sans fondement.
Archéologie thumb|Le menhir de l'actuelle cathédrale
Les Cénomans, qui donneront bien plus tard son nom à la ville elle-même, sont d'abord un peuple installé sur ce qui est aujourd'hui la ville du Mans. Ils étaient le plus important des peuples Aulerques, regroupant les Diablinthes de l'actuel Mayenne et les Eburovices de l'actuel Eure qui avaient au pour chef-lieu respectivement Noviodunum et Gisacum. En -500, les Cénomans, alors guidés par Elitovius s'enfoncent en Italie et fondent d'abord la colonie de Cénomanie. Ils seront plus tard les fondateurs de Crémone et de Mantoue. On sait par ailleurs que les Cénomans participèrent au pillage de Rome, avec d'autres peuplades de Gaule, en -390. Plus aucun vestige du passé celtique visible ne subsiste au Mans mis à part la pierre levée accolée à la cathédrale. La tradition veut que l'oppidum ayant préexisté à toute ville ait été situé à l'emplacement actuel du vieux-Mans. Cependant des géographes ont toujours contesté cette hypothèse, supposant son existence à Sargé, d'autres à l'Eperon, sans compter la controverse posée par le site d'Allonnes. Les historiens s'accordent à délimiter un territoire d'environ cinq kilomètres sur lesquels l'oppidum aurait pu se trouver. La géographie laisse apparaitre trois plateaux haut placés, situés sur la rive gauche de la Sarthe, alimentés par un même ruisseau. Trois possibilités qui n'ont jamais pu être vérifiées du fait des nombreuses constructions et reconstructions.
Toutefois les fouilles récentes faites par l'Inrap, lors de la construction de l'espace culturel des Jacobins, ont permis de découvrir un quartier méconnu de la ville antique, sous lequel ont été mises en évidence des occupations antérieures remontant les origines de la ville à l'époque de l'indépendance gauloise.
La légende Les origines du Mans sont peu connues et se trouvent donc remplies de mystères. Le plus étrange demeure celui de « La pierre au Lait » ou petra lata. Ce mystérieux dolmen fut longtemps le plus vieux vestige des premiers hommes installés au Mans. La légende dit qu'il était alors le centre de la première communauté celtique du Maine. Il était situé sur l'actuelle place Saint-Pierre, face au portail de la cathédrale. Le dolmen qui servit au à la décapitation d'opposants aux Anglais occupant la ville, fut détruit en 1778. Aujourd'hui, la légende s'est reposée sur le mystérieux menhir qui serait issu de ce dolmen. Appelé « menhir de la cathédrale » et à la forme étrange, il semble représenter un géant, comme drapé dans une toge. L'état de conservation d'une telle pierre est remarquable. La tradition et le folklore local veulent que les visiteurs placent leur index au centre de la statue où un emplacement de cette taille y est étonnement creusé. Ceci est un signe de témoignage de son passage, de communication avec les anciens et de félicité pour sa vie future dans la cité. Le menhir est toujours au cœur de la cité médiévaleAndré Levy, Le Mans : métamorphoses d'une ville, .
Géographie
Le site original, première urbanisation
270px|thumb|Le trésor des Sablons datant du
La ville est dès son origine située sur la rive gauche de la Sarthe. Le site au est assez peu important. Il est difficile de savoir où se trouvaient exactement les hommes avant l'avènement des Romains. Des quartiers éloignés du centre-ville ont révélé des traces d'occupation simultanée voire antérieure, comme à Pontlieue et à la MissionJoseph Guilleux, Le Mans: Cité Gallo-Romaine, Office de Tourisme de la Ville du Mans, page 5.. En 1997, on retrouve en sondant les bords de l'Huisne, un trésor datant du Il semble témoigner de l'installation des Cénomans dès cette époque dans la ville. Ce trésor composé de 152 monnaies gauloises fut nommé trésor des Sablons. Sur celles-si on peut voir de nombreuses effigies de Philippe II de Macédoine. Le site est situé à la confluence d'une voie navigable (Sarthe) et de plusieurs routes importantes. De plus, la ville est le centre naturel et géographique de la région des Aulerques. D'un point de vue plus restreint le site est le lieu de confluence entre la Sarthe et le ruisseau d'Isaac approvisionnant la ville en eaux. Vindunum va prendre cette confluence comme point de départ, puis s'étendre en suivant l'axe du vallon jusqu'au plateau de Sargé-lès-le-Mans. Le ruisseau déborde naturellement et s'élargit entre l'actuel théâtre municipal, la percée central dans le quartier Saint-Nicolas et ce, jusqu'à l'église de la Couture. Quant à la ville, elle sera frappée dès le par deux grands aspects urbains : celui de la naissance d'une ville spontanée et anarchique (surtout au bord de la Sarthe), puis celui d'un site vierge sculpté par une volonté préétablie et selon une réflexion d'urbanisation spécifique et ordonnée. Les plus anciennes organisations urbaines de Vindunum semblent dater de 8 Cette première agglomération était située au sud, derrière l'actuel vieux-Mans, près de l'avenue Rostov-sur-le-Don. Les constructions typiquement romaines modifieront le paysage urbain à partir de 50 avec l'avènement de Claude. C'est également à cette époque que les grands monuments publics et privés s'organiseront dans la cité.
Extension de la cité sous le Haut-Empire
thumb|Actuelle rue du Cirque
La ville romaine s'étendait bien au-delà du Vieux-Mans. Au moment du haut-Empire romain, la cité devait s'étendre sur environ 100 ha dont la moitié comme centre urbain densément peuplé avec des infrastructures en dur. Des vestiges furent retrouvés sur l'actuelle Place de l’Éperon, dans le quartier des Halles, et jusque sur la place de la République dans le quartier Saint-Nicolas, sans oublier les vestiges des arènes, sous l'actuel quartier des Jacobins. Le Vieux-Mans en revanche, reste un mystère. Il est difficile de définir sa géographie avec certitude et ce pour deux raisons. D'abord, le site fut profondément remanié dès le à cause de la création de la muraille. Cela entraîna un rehaussement de l'ensemble du site. Ensuite, le quartier fut à maintes reprises urbanisé et à chaque fois de façon relativement dense. Les nombreuses caves creusées par les propriétaires privés ont probablement détruit bon nombre de vestiges enfouis sous la butte. Cependant, il est avéré que le site du forum antique se trouve sous l'actuelle Cathédrale-Saint-Julien, cette transformation du païen en sacré étant monnaie courante dans de nombreuses villes. Dès la moitié du , la ville est ainsi déjà composée de plusieurs quartiers: à l'est du vieux-Mans le quartier des thermes, sur l'actuelle place de la cathédrale, celui du forum, à l'extrémité sud de l'actuelle place des jacobins, on trouve un autre quartier urbain. Le quartier des thermes est l'un des plus importants en termes de fréquentation. Juste derrière, proche de la Sarthe, on trouve le quartier du marché couvert. Le port antique devait alors subsister sur la rive gauche entre cet endroit et l'extrémité est du vieux-mans. Ce quartier n'était pas des plus pauvres puisqu'on a retrouvé au nord deux hypocaustes et des baignoires, ce qui devait correspondre à des thermes privés. Ce quartier devait abriter quelques dignitaires de la ville car seuls quelques rares privilégiés avaient l'autorisation de "se brancher" sur le système d'alimentation générale de la ville. Mais on a également retrouvé trois fours dans des endroits différents de cet ensemble. Tout porte à croire que des artisans, vraisemblablement des verriers et des forgerons aient également vécu ici. Ce quartier, comme celui des thermes ou le plateau Saint-Nicolas va être petit à petit délaissé puis abandonné au cours du , avec l'enfermement des habitants sur la butte du vieux-mans.
Enfermement sous le Bas-Empire thumb|upright=1.4|Vue de la muraille nord-ouest
Le est une véritable coupure dans l'histoire de la ville. Comme pour d'autres grandes cités, on se réfugie sur les hauteurs de la ville et on construit des murailles pour se protéger. Celle du Mans est l'une des dernières encore visibles à ce jour, du moins dans sa moitié. La superficie de la ville est ainsi divisée par dix avec une taille de seulement 9ha. Les remparts forment un quadrilatère de de long sur de large. La muraille possède un périmètre de et constitue son seul système dissuasif (plutôt que défensif) jusqu'au . Le mur servira au fil des siècles à adosser des habitations et des constructions diverses. La structure antique du mur reste identique durant plus d'un millénaire, sa structure basée dans les sous-sols de la ville reste intacte, à la seule exception de l'endroit de l'actuel tunnel. Désormais l'activité de la ville se limitera uniquement à l'intérieur des remparts et ce, pendant plus de trois siècles, date de fondation des premiers monastères primitifs comme à la Couture. Survivra toujours une légère activité sur la rive droite de la Sarthe, ancien cimetière et futurs quartiers du Pré et Saint-Georges. En dehors des murailles s'installeront les ordres religieux qui ne prendront pas place au cœur du pôle laïc du vieux-Mans.
Histoire
Conquête romaine
thumb|Actuelle rue des Arènes