Haverskerque est une commune de France située dans le département du Nord (59), en région Hauts-de-France. Située en bordure de la Vieille Lys, Haverskerque est une commune en Flandre française limitrophe de l'Artois.
Géographie Localisation Dans le centre du département du Nord, Haverskerque est une commune rurale de la Flandre française située, à vol d'oiseau, à à l'ouest de la commune de Lille.
Communes limitrophes
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Lys, la rivière de Busnes, la Vieille Lys Aval, la Vieille Lys de Saint-Venant, la rivière de Busnes, la rivière la Vieille Lys, le Courant de l'île, le fossé de la Forêt et divers autres petits cours d'eau.le ruisseau le berquigneul
La Lys, d'une longueur de en France, prend sa source dans la commune de Lisbourg, à l'altitude de , et se jette dans l'Escaut à Gand à d'altitude.
La Guarbecque, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Norrent-Fontes et se jette dans la Lys sur la commune, après avoir traversé .
La Rivière de Busnes, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Lillers et se jette dans la Lys sur la commune, après avoir traversé .
La Vieille Lys Aval, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Lys à Merville, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'HaverskerqueLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Lys ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Lys. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le , puis révisé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte pour l'élaboration du SAGE de la Lys (SYMSAGEL).
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lillers à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Haverskerque est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de BéthuneUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l'agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Béthune comprend deux villes-centres (Béthune et Bruay-la-Buissière) et ... La commune est en outre hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (94,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (73,9 %), prairies (13,1 %), zones urbanisées (9,6 %), zones agricoles hétérogènes (2,8 %), forêts (0,6 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Havekerke vers 1140, Haviskerka en 1047, Haveskerke en 1139, Haveskerca en 1158, Hefskerka en 1202Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) .
Il s'agit d'un type toponymique germanique (flamand) en -kerke « église », dont le premier élément Havers- représente vraisemblablement un nom de personne. En effet, les noms en -kerke, -kirch (-glise en domaine roman, calque du germanique), -crique (Normandie) sont généralement construits avec un anthroponyme germanique. Albert Dauzat propose le nom de personne Hawirih, sans certitude, qu'il croit également reconnaître dans Havrincourt (Pas-de-Calais, Haverencort en 1125)., Ernest Nègre le nom de personne Abugo.
Maurits Gysseling propose, lui, Habuk, nom de personne germanique dérivé de haƀuka (« autour, rapace »)..
Remarque : l'hypothèse de Dauzat basée sur le nom de personne Hawirih est contredite par le fait que le r du toponyme n'apparaît qu'en 1759. Celle d'Ernest Nègre repose sur le fait que le [b] après voyelle du germanique commun est passé en [v] en néerlandais et en anglais, alors qu'il est resté [b] en allemand (germanique *bebruz « castor » > allemand Biber, néerlandais bever), cependant rien n'atteste de l'absence du [h] initial, ni de l'existence d'un u et d'un [g], qui se serait, effectivement, régulièrement amuï. Les formes anciennes montrent clairement qu'il ne s'agit pas non plus du néerlandais haven « port » (le mot havre n'est pas attesté en français avant le et passe généralement pour un emprunt au néerlandais haven ou au vieux norrois hafn, altéré en hable, havre). En fin de compte, l'étymologie du premier élément, probablement un nom de personne, est obscure.
En néerlandais : Haverskerke..
Histoire Avant la Révolution française Avant la Révolution française, la paroisse était incluse dans le diocèse de Thérouanne, puis à la disparition de celui-ci dans le diocèse de Saint-OmerMémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, 1862-1864, neuvième volume, p. 66, lire en ligne..
Le village va donner son nom à plusieurs membres de la noblesse, qui seront seigneurs d'Haverskerque et de nombreux autres lieux.
Vers 1200, Gilbert de Haverskerque, seigneur du lieu, a eu un différend avec l'abbaye de Saint-Bertin de Saint-Omer. En 1220, Lambert, abbé de l'abbaye de Clairmarais, et Hugues, prévôt de l'abbaye de Watten, déclarent qu'à la demande d'Élisabeth, veuve du seigneur, ils lui ont pardonné ses agressions contre la ferme de Saint-Bertin au Bois, appartenant au monastère de Saint-Bertin.. Le dit Gilbert a également eu des relations plus pacifiées avec l'abbaye : en 1211, Jean évêque de Thérouanne atteste que Gilbert de Haverskerque a donné en engagère (donner la possession) pour six ans à l'abbaye de Saint-Bertin de Saint-Omer moyennant cent marcs d'argent la dîme de Broxeele. En 1216, Adam évêque des Morins (de Thérouanne) déclare que l'abbaye a rétrocédé à Gillebert de Haverskercque la dîme de Broxeele qui avait été engagée au monastère..
En 1227, le pape Honorius confirme à l'abbaye de Saint-Bertin le patronat des chapelles d'Heuchin et de Haverskerque.
En 1611, Haverskerque est une baronnie détenue par Nicolas de Montmorency (maison de Montmorency), vicomte d'Aire et baron de Haverskerque..
Le , des lettres de Madrid érigent la terre et seigneurie de Robecque (Robecq) en principauté au bénéfice de Jean de Montmorency (Maison de Montmorency), père de Nicolas mort jeune et inhumé au couvent des récollets d'Estaires, en y incorporant la ville et vicomté d'Aire (Aire-sur-la-Lys), les villages de Blessy, Blesselles, Saint-Quentin, Glomenghen, Famechon. Jean de Montmorency est ainsi prince de Robecq, marquis de Morbecque, comte d'Estaires, vicomte d'Aire, baron d'Haverskerque et des Wastines, seigneur de Robecq et de Bersée.
Famille de Haverskerque
Vers 1096, Raoul d'Haverskerque épouse Catherine, dame d'Estaires et de la motte de La Gorgue, fille de Jean de Roubaix et de Liévine d'Herzeele et d'Oudenhove. . Vers 1200, Gilbert d'Haverskerque, seigneur du lieu est marié à Élisabeth. Il est connu pour ses relations heurtées avec l'abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer. Il meurt entre 1216 et 1220. En 1223, le chevalier B. de Haverskerque est remarqué dans les textes. En 1223, l'abbé de l'abbaye Saint-Aubert de Cambrai et le chanoine de cette ville, maître Jean de Hermes (Hérinnes?), nommés arbitres, condamnent les actes de violence commis à Calonne-sur-la-Lys par le chevalier B. de Haverskerque (sans doute Boidin ou Baudouin de Haverskerque) au préjudice de l'église d'Ypres.. En 1229, le chevalier Baudouin de Haverskerque renonce au profit de l'abbaye à ses prétentions sur la chapelle de Haverskerque, à la réparation d'une écluse auprès de son vivier de Lederzeele, etc. En 1230, B. de Haverskerque est bailli de Bailleul et de Neuve-Église. En 1231, Boidin de Haverskerque est bailli de Guillaume, seigneur de Dampierre (sans doute Guillaume II de Dampierre, père du comte de Flandre Gui de Dampierre)A. Wauters, Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de la Belgique, Tome VII, partie, Année 1231.. En 1241, Pierre, évêque de Thérouanne,ou évêque de la Morinie, déclare que Mathilde, veuve de Gillard d'Haverskerque, chevalier, a cédé à l'abbaye de Watten, sa part dans la dîme de Volckerinckhove .. En 1276, le chevalier Gilles de Haverskerque vend au chapitre de Thérouanne sa dîme de Kienville (Hondeghem), vente approuvée entre autres par son frère Jean de Haverskerque, par Wulfric d'Ostinghesele (peut-être Ochtezeele), et par Gui, comte de Flandre.