La Mini, initialement Morris Mini Minor et Austin Seven, sorties simultanément, est une voiture d'entrée de gamme conçue pour BMC par l'ingénieur anglo-grec Alec Issigonis et fabriquée à Longbridge, une zone résidentielle de Birmingham, en Angleterre. Elle fut vendue sous plusieurs marques : Austin, Morris, Rover, Wolseley, Riley, Leyland sous licence espagnole Authi et italienne Innocenti, avant de devenir une marque propre en 1969.

Le modèle commercialisé sous la marque Innocenti était produit à Lambrate, un quartier de Milan.

La version espagnole de la Mini et vendue sous la marque Authi était quant à elle fabriquée à Pampelune, située dans la province de Navarre.

En 2001, après le rachat de la marque par le groupe allemand BMW, une seconde génération est lancée sous la marque Mini.

Histoire 150px|vignette|gauche|Personne vivant dans sa Mini. Ede, Pays-Bas, 1982. En 1956, et à la suite de la crise du canal de Suez qui provoque un rationnement du pétrole, Sir Leonard Lord, alors haut responsable de la British Motor Corporation (BMC), demande à Alec Issigonis, Lam et Laurence Pomeroy de concevoir une nouvelle voiture économique. Leur bureau d'études se situe à Longbridge. Le code du projet est « ADO15 » pour « Austin Drawing Office project number 15 ». Chacun pilote une petite équipe et la réalisation d'un concept ; le projet retenu sera celui d'Alec Issigonis, qui était aidé de Chris Kingham et Jack Daniels. Le prototype voit le jour au bout de seulement huit mois d'études, en octobre 1957.

Ce premier véhicule, doté d'un moteur de en position transversale avec un ventilateur placé du côté droit, atteint la vitesse de . La concurrence de l’époque est alors souvent adepte du « tout à l'arrière », moteur arrière et propulsion : les trois véhicules les plus vendus du segment, la Volkswagen Coccinelle, la Fiat 500 et la Renault Dauphine, utilisent cette architecture. Pourtant, Alec Issigonis, qui apprécie les Citroën et leurs innovations, choisit une orientation « tout à l'avant » ; et, plus audacieux encore, la boîte de vitesses se situera sous le moteur, en position transversale, le carter moteur et celui de la boîte partageant la même huile. La compacité du bloc motopropulseur ainsi obtenue, ainsi que le choix d’une monte en petites roues de , solution elle aussi novatrice, permet à la future Mini de consacrer 80 % de sa longueur à l’accueil des occupants et de leurs bagages.

La nouvelle voiture est commercialisée en 1959 sous les marques Morris et Austin : de conception très innovante pour l'époque (moteur transversal très compact, suspensions très originales, roues de petite taille), les deux modèles gagnent conjointement le Trophée Dewar. Cependant, le succès n'est pas au rendez vous : les clients, la trouvant trop spartiate ou trop chère, la boudent. Entre 1961 et 1969, une version de la Mini avec un coffre plus grand nommée soit Wolseley Hornet (reprenant le nom d’une voiture de sport des années 1930), soit Riley Elf, est produite. La Mini elle-même peut être achetée dans plusieurs styles de carrosserie ; l’ordinaire deux portes, un break avec l’arrière s’ouvrant comme des portes de grange, et une version avec un extérieur en bois similaire à celui de la Morris Minor.

Les années 1960 constitueront l’heure de gloire de la Mini, achetée (source d’une publicité retentissante) par des vedettes, et victorieuse en rallye dans sa version Cooper. Mais celle-ci ne seront pas profitables à cause de méthodes de fabrication périmées nécessitant beaucoup de ressources humaines (pas de robot). En 1965, la marque Marcos en dérive un coupé sportif. L'année suivante les Beatles reçoivent chacun un exemplaire et George Harrison la décore de dessins hippies. La Mini devient, au milieu des années 1960, symbole du Swinging London en pleine Beatlemania. En France, Brigitte Bardot roule dans Saint-Tropez avec cette voiture, tandis que Jacques Dutronc chante . La mini devient un accessoire de mode, jeune et sexy, souvent colorée. En 1967, BMC, Standard-Triumph et Rover fusionnent et forment le groupe British Leyland l'année suivante. À la suite de la suppression des badges Austin Mini et Morris Mini-Minor par British Leyland, Mini devient une marque automobile en 1969. Cette année là, la Mini est dans le film L'or se barre. Un redesign est effectué, et une nouvelle carrosserie apparait, donnant la Mini Clubman.

En 1980, Austin présente la Metro, voiture partageant de nombreuses pièces avec la Mini et censée lui succéder. En 1989, Austin réintroduit à son catalogue deux versions spéciales au look Cooper, la Check Mate, la Flame Red et la Racing Green. La production s'arrête un an plus tard avec la fin d'Austin et de la Metro (les modèles Austin arboreront désormais le sigle Rover et la Metro sera remplacée par la Rover 100). En 1990, Austin rover lance une édition spéciale à l'occasion des 30 ans de la sortie de la mini Austin, cette édition se nomme anniversaire ou thirty. En 1991, Rover joue le mythe et ressuscite la Mini Cooper à moteur , qui avait disparu du marché depuis une dizaine d'années. En 1994 sous Bernd Pischetsrieder, BMW prend le contrôle du Groupe Rover (alors constitué des marques Rover, MG, Mini et Land Rover). Mais six ans après, Rover restant désespérément déficitaire, la marque bavaroise abandonne et le revend. En , la dernière Mini sort de l’usine de Longbridge. En 2001, n’étant plus en vente en Europe, la Mini classique reste encore commercialisée au Japon sous le label de The Last Mini 2001. La dernière série comporte quatre modèles : Seven, Knightsbridge, Cooper et Cooper Sport, comme en Europe mais aux spécifications japonaises. La production globale aurait été d’environ 200 unités.

2000, cession de Rover

En 2000, BMW vend Rover, l'usine de Longbridge et la marque de voitures de sport MG aux Phoenix Venture Holdings (un groupe de quatre industriels anglais). Les Phoenix Venture Holdings étaient intéressés pour racheter les droits d'utilisation de Riley, mais BMW a refusé. Quant à la marque de véhicules tout-terrain Land Rover, elle a été cédée à Ford. Le constructeur allemand BMW gardera seulement la marque Mini et l'usine d'Oxford, et vend maintenant une nouvelle version de la Mini depuis 2001. vignette|Rover Mini Cooper 1.3i 1992 et Mini Knightsbridge 1.3i 2000, Vevey, Suisse, 2009.

Données techniques

Empattement/longueur/largeur/hauteur (cm) : 203 / 305 à 317 (selon version) / 141 / 134 à 136 (selon version). Poids : 620 à . Derniers moteurs disponibles (1993-2000) : 4-cylindres, , à ou (Cooper). Transmission : boîte manuelle à quatre vitesses ou boîte automatique (sauf Cooper). Suspensions : amortisseurs et cônes caoutchouc, amortisseurs télescopiques et cônes caoutchouc (pour Clubman Estate, Morris Traveler, Austin Countryman et Mini Moke) et hydrolastic (certaines Cooper et Clubman 1275 GT de 1969 à 1976). Freins : disques à l'avant et tambours à l'arrière pour les Cooper (disques de diamètre différent selon la taille des jantes : 7 ou 7'5 pouces pour une jante et 8'4 pouces pour une jante de ) ; tambours à l'avant et à l'arrière pour le reste. Enfin disques et tambours pour tout le monde à partir de 1984. 0 à : (Cooper). Vitesse maximale : (Cooper) et (Cooper S).

La voiture utilise un moteur traditionnel quatre cylindres refroidi par liquide mais monté transversalement et abritant dans son carter la boîte de vitesses. C'est une traction avant. Ses minuscules roues de d'origine ont été remplacées par des à partir de 1984 (ou 13 en option, milieu des années 1990). Placées aux quatre coins de la carrosserie, elles permettent une habitabilité correcte pour quatre personnes, même si l'espace arrière se révèle un peu juste pour deux adultes.

La Mini et le Rallye de Monte-Carlo L'histoire de la Mini et son palmarès sportif ne se résument pas à ses seules participations au très fameux rallye de Monte-Carlo instauré en 1911 par Antony Noghès. Mais la représentativité de ladite manifestationJ-F. Jacob, Monte-Carlo, 60 ans de rallye, Éd. Robert Lafont, 1973 Peter Browning, The illustrated history of the works Minis in international rallies and races, , Éd. Foulis / Haynes, 1996, et les péripéties qui ont jalonné les participations successives de la petite voiture anglaise en Principauté de 1960 à 1968 sous l'égide de la British Motor Corporation offrent l'une des meilleures vitrines au portrait exceptionnel de la Mini.

Balbutiements Six mois après l'entrée en scène de la Mini, le département sportif de la BMC, alors sous la houlette de Marcus Welsh, confiant du potentiel sportif des Morris et Austin 850, décide d'inscrire six voitures d'usine au rallye Monte-Carlo, couplées à une seule Austin A40 ; on note également la présence de six Mini privées. Las, en raison d'un souci chronique d'embrayage dès les premières pentes du parcours (obligeant même l'équipage Alec Pitts / Tony Ambrose à ajouter du sable pour épaissir le fluide d'embrayage!), la mieux classée des Mini ( / Rupert Jones) termine en . La du rallye échoit également à l'une des Mini d'usine, même si la voiture qui se présente à Monaco ne ressemble plus tellement à une Mini : après avoir embouti l'arrière d'un autre concurrent perdu dans le brouillard, puis un camion de laitier peu avant l'arrivée à Monaco, les portières de la Morris 850 tiennent avec des cordes, plus une vitre ne subsiste sur la caisse, la voiture a bien du mal à rouler en ligne, et le toit a subi un singulier affaissement.

En 1961, le bilan est pire encore : à l'approche de Reims et donc du terme de la concentration, la Mini de Peter Garnier entre en collision avec la Peugeot d'un fermier local, occasionnant une côte cassée pour le pilote britannique et un abandon instantané ; Tom Christie, en proie à une intoxication alimentaire, ne peut lui non plus poursuivre ; quant à la Mini de Derek Astle, c'est un brusque éboulement sur le parcours montagnard qui entraîne voiture et équipage dans un ravin Alpestre du tronçon commun. En définitive, aucune des trois voitures d'usine inscrites ne se présente à Monaco.

L'ère Cooper

Entre-temps, un certain John Cooper, créateur de la Formule 1 à moteur central, parie sur la Mini aux fins d'une vocation sportive : la voiture est extrêmement maniable et légère, seules manquent puissance et fiabilité. L'aboutissement technique et les divers développements apportés donnent une cylindrée de , le taux de compression est augmenté, deux carburateurs S.U. prennent place, et l'échappement est modifié : le tout faisant grimper la puissance de 34 à . Pour plus de sécurité, on procède également au remplacement des freins à tambours par des disques à l'avant, procurant à la petite boîte de de très sérieux atouts.

En 1962, nouvelle tentative Monégasque, avec de nouvelles têtes : Stuart Turner arrive aux commandes du département course de la BMC ; pour ce qui est des équipages, un certain Rauno Aaltonen (à l'origine inscrit comme copilote de Geoff Mabbs, il conduira la grande majorité du parcours), et une certaine Pat Moss, sœur du pilote britannique Stirling Moss font leur apparition au volant d'une Cooper. Si Aaltonen manque d'y laisser sa peau lors d'un capotage de la Mini dans le col de Turini (alors en bataille pour la seconde place avec Eugen Böhringer derrière la Saab du Suédois Erik Carlsson), à l'issue duquel la Mini Cooper disparaît en fumée, la Morris Cooper de Pat Moss / glane son tout premier trophée historique sur l'épreuve, en remportant la Coupe des Dames. Pat Moss conclura d'ailleurs cette année 1962 fort brillamment en décrochant le titre de Championne féminine européenne des rallyes.