François Athanase Charette de La Contrie, né le à Couffé et mort fusillé le à Nantes, est un militaire français et un général royaliste de la guerre de Vendée.
Né dans une famille de petite noblesse bretonne, Charette commence sa carrière militaire en 1779, comme garde de la Marine à Brest. Il participe aussitôt à la guerre d'indépendance américaine, d’abord au large des côtes françaises, puis dans les Antilles. Après la paix, il prend part à quelques campagnes dans les mers du Nord, aux Antilles et en Méditerranée. Il est élevé au grade de lieutenant de vaisseau en 1787 et démissionne en 1790.
Marié la même année avec Marie-Angélique Josnet de La Doussetière, Charette hérite du manoir de Fonteclose, à La Garnache, en Vendée. C'est là, en , que des paysans insurgés contre la levée en masse viennent le chercher pour le mettre à leur tête.
Entre mars et juin, Charette s'impose difficilement comme le commandant des insurgés des régions de Machecoul et Legé. Le , les différentes armées vendéennes s'unissent pour former l'Armée catholique et royale, mais dans les faits Charette continue d'agir de manière indépendante. Le , il est élu général de l'Armée catholique et royale du Bas-Poitou. Son commandement s'exerce alors dans le sud de la Loire-Atlantique et le nord-ouest de la Vendée. Affaibli par plusieurs défaites successives à la fin de l'année 1793, Charette parvient cependant à échapper aux colonnes infernales qui ravagent la Vendée dans les premiers mois de l'année 1794.
En , Charette accepte d'entamer des pourparlers avec les représentants de la Convention thermidorienne et le , il conclut la paix et reconnait la République lors des négociations de La Jaunaye. Cependant, il reprend les armes le , après être entré en relation avec les princes en exil, les Britanniques, les émigrés et les chouans de Bretagne. En juillet, Charette est reconnu par Louis XVIII comme généralissime de l'Armée catholique et royale.
La relance des hostilités tourne cependant au désastre. Abandonné par ses hommes, Charette est capturé le dans les bois de la Chabotterie. Condamné à mort, il est fusillé six jours plus tard à Nantes, sur la place Viarme. Sa mort marque la fin de la deuxième guerre de Vendée.
Par la pérennité de sa résistance, Charette passe dans la mémoire collective comme le général emblématique du soulèvement vendéen. Ses choix stratégiques, sa rivalité avec d'autres chefs et sa responsabilité dans des cas d'exactions lui valent cependant d'être le général vendéen le plus controversé, y compris au sein du camp royaliste.
Biographie Famille et jeunesse vignette|gauche|Vue du château de La Contrie, à Couffé, au début du .|alt=Photographie en noir et blanc du château de La Contrie.
Le chevalier François Athanase Charette de La Contrie naît le à Couffé, près d'Ancenis, au nord-est de Nantes.. Sa mère, Marie-Anne de La Garde de Montjeu, née en 1732, est issue d'une vieille famille du Gévaudan. Son père Michel Louis Charette de La Contrie, né en 1719, est un militaire de carrière, capitaine au régiment de Brissac. La famille de Charette de La Contrie trouve ses origines en Bretagne et est vraisemblablement anoblie par charges au .. Le parrain de François Athanase, Louis Charette de La Gascherie, est conseiller et doyen au Parlement de Bretagne.. Sa marraine est Busson de La Marière, née Julie Raudais de La Moinerie. Parmi ses oncles, Jacques-Nicolas Fleuriot de La Freulière, devient également un chef vendéen. François Athanase a pour sœur et pour frère : Marie-Anne, née le , et Louis Marin, né .. Six autres enfants meurent avant d'atteindre l'âge adulte : Marie, née en 1751 ; Françoise, née dans les années 1750 ; Louis Ambroise, né 1765 ; Pierre Louis, né en 1767 ; Louis Nicolas, né en 1768 ; et Jacques René, né en 1773..
François Athanase passe sa jeunesse au manoir de La Contrie, dans le bourg de Couffé.. Il pourrait avoir fait des études au collège des oratoriens d'Angers.. Son père meurt le , suivi par sa mère le .. En tant que cadet, François Athanase hérite des métairies de La Vendière et de La Tournière à moitié avec sa sœur Marie Anne, tandis que le reste de la fortune échoit à son frère aîné, Louis Marin..
Carrière dans la marine royale Guerre d'indépendance américaine Le , François Athanase Charette de La Contrie reçoit sa lettre de nomination comme aspirant garde de la Marine... La guerre d'indépendance américaine fait alors rage depuis quatre ans et la France a rejoint les hostilités contre la Grande-Bretagne depuis quelques mois.
Le , Charette, alors âgé de , embarque à Brest sur L'Auguste, un vaisseau de ligne chargé de protéger les côtes françaises., mais il tombe malade à plusieurs reprises et manque des sorties. Le , le bateau est désarmé pendant quelques jours et Charette est débarqué pour être envoyé à l'hôpital.. Remis sur pied, le , il monte à bord du Hardi, un vaisseau intégré à l'escadre de La Motte-Picquet, alors forte de six vaisseaux de ligne et deux frégates.. Le , cette escadre rencontre un convoi anglais chargé du butin pris lors de la conquête par l'amiral Rodney de l'île néerlandaise de Saint-Eustache, le . Les deux vaisseaux d'escorte du commodore Hotham prennent la fuite et vingt-deux navires marchands sont capturés par les Français.
Le Hardi met ensuite les voiles le pour se joindre à l'expédition espagnole de Luis de Córdova à Cadix, mais il doit retourner à Brest le , où il est désarmé.
vignette|upright=1.2|La bataille des Saintes, huile sur toile de Thomas Whitcombe, 1783.|alt=Huile sur toile représentant plusieurs navires engagés dans une bataille navale.
Le , Charette change d'affectation et monte sur Le Clairvoyant, un cotre.. Le , ce dernier appareille à Brest pour les Antilles avec un convoi de navires marchands et de transports de troupes. Il atteint Fort-Royal, en Martinique, et rallie les escadres du vice-amiral de Grasse. Le , la flotte prend le large, mais elle est attaquée par les escadres britanniques des amiraux Rodney et Hood. La bataille des Saintes s'engage le et s'achève le 12 par le pire désastre de la guerre pour les forces françaises. Le Clairvoyant parvient à s'échapper sans grand dommage vers la Guadeloupe], aux côtés de L'Astrée, la frégate de La Pérouse. Après la bataille, le Clairvoyant mouille à Basse-Terre , puis à l'île de Saint-Christophe le 17 et enfin au Cap, à Saint-Domingue, le 21.
Le , Charette débarque au Cap et passe sur le vaisseau de ligne L'Hercule, fortement éprouvé lors de la bataille des Saintes.. Le vaisseau rejoint l'escadre du marquis de Vaudreuil qui, à la fin de l'année, se dirige vers la Jamaïque où avec la flotte espagnole est prévue une action. Mais, l'ouverture de négociations de paix entre la France et la Grande-Bretagne et la conclusion d'un accord de cessation des hostilités le rendent désormais toute action inutile. L’Hercule et plusieurs autres navires retraversent l'Atlantique et atteignent le port de Brest le , où ils sont accueillis par une population enthousiaste. Charette débarque à terre onze jours plus tard.
Campagnes en mer Baltique et aux Antilles pendant la paix vignette|gauche|La Cléopâtre, par Robert Dodd, 1793, Royal Collection.|alt=Dessin en noir et blanc d'un navire à trois mâts.
La paix conclue entre la France et la Grande-Bretagne, Charette reste à Brest près d'une année afin de compléter sa formation d'apprenti marin. Il reprend la mer en sur une gabare, La Loire, pour une expédition avec cinq autres navires visant à ramener en France du bois de charpente depuis le golfe de Riga, dans l'Empire russe.. Il est de retour à Brest le . En octobre et novembre, le navire effectue encore quelques missions de cabotage côtier à Port-Louis et Paimbœuf.
Le , Charette monte à bord de La Cléopâtre. Cette frégate parcourt les côtes espagnoles dans un premier temps puis part pour la Martinique, qu'elle atteint le .. De là, Charette s'embarque sur Le Dauphin, un petit brigantin qui sert probablement de navire école pour la formation des futurs lieutenants de vaisseau. Charette en assure le commandement du au . Il commande ensuite la rade de Saint-Pierre, à bord d'un ponton, chargé de surveiller les va-et-vient des navires, jusqu'au . Du au , Charette effectue son dernier commandement aux Antilles à bord d'un petit bâtiment, Le Vigilant. Son service terminé, il retourne à bord de La Cléopâtre qui appareille le à Saint-Pierre. Une avarie de gouvernail oblige à un arrêt à Glocester, dans le Rhode Island, aux États-Unis. Le , le navire est de retour à Brest.
Ayant effectué les six années nécessaires à sa montée en grade, Charette est promu lieutenant de vaisseau le , à l'âge de . Le capitaine de vaisseau La Bouchetière, le commandant de La Cléopâtre, indique alors qu'.. Charette prend ensuite un congé de six mois.
Campagne en mer du Levant contre les corsaires grecs Le , Charette embarque sur La Belette, une corvette de 18 canons commandée par le capitaine de vaisseau Hesinisy de Moissac.. Intégrée à l'escadre d'évolution du marquis de Nieul, la flotte rallie à Gibraltar une division navale venue de Toulon, puis elle entre dans la mer Méditerranée. Elle se porte sur Carthagène, puis sur Alger où elle arrive à temps pour secourir des navires marchands français contre un corsaire barbaresque. La Belette quitte ensuite la flotte pour porter à Toulon . Elle rejoint ensuite le reste de l'escadre à l'île de Malte, mais celle-ci regagne la France et l'escadre est dissoute à Toulon.
Le , La Belette passe sous le commandement du comte de Ferrières et est rattachée à la division navale du comte de Thy. Cette dernière fait alors voile vers le bassin Levantin avec pour mission de . À la suite de l'annexion du Khanat de Crimée par la tsarine Catherine II, une guerre fait rage entre l'Empire russe et l'Empire ottoman, ce qui donne un élan à une foule de petits corsaires turcs, grecs ou russes qui assaillent les navires marchands. La France, alliée de l'Empire ottoman, tient alors à sécuriser son commerce avec la sublime Porte. Début novembre la division de Thy arrive au large de Smyrne, où elle relève celle de Saint-Félix. De Thy donne ensuite pour instruction à La Belette et à l'aviso L'Impatient de croiser entre Navarin, dans les îles Ioniennes, et la Crète, afin d'escorter les bâtiments français jusqu'à l'île de Sapientza. Les Îles Ioniennes sont à cette époque le repaire de corsaires grecs et esclavons battant pavillon russe. Les deux bâtiments français effectuent leur mission pendant les mois de novembre et décembre et se portent jusqu'aux côtes de l'Albanie, où, à au moins une occasion, les hommes de La Belette livrent un affrontement contre des pirates grecs. En février et , des vents violents immobilisent pendant plusieurs jours La Belette et L'Impatient dans le port de Corfou, alors territoire de la république de Venise. Lors des fêtes du Carnaval, l'explosion accidentelle d'un magasin de poudre près du port manque de peu d'endommager gravement les deux navires français. Par la suite, Ferrières rencontre des navires marchands à Cythère et les escorte jusqu'aux Dardanelles. Finalement le , à son arrivée au port de Naples de Romanie, Ferrières reçoit l'ordre du comte de Thy de regagner Toulon.
La Belette accoste à Toulon le . Charette quitte le navire le , après avoir touché livres et 10 sols pour sa campagne dans les mers du Levant. Le , une demande de congé de huit mois lui est octroyée et Charette regagne la Bretagne.
Début de la Révolution française vignette|upright=1.2|Le château de Fonteclause, habitation de Charette, dessin de Thomas Drake et lithographie d'Henri Daniaud, 1856.|alt=Gravure représentant Charette, à cheval, qui franchit le portail de son château.