La réintégration de la France dans le commandement intégré de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) est annoncée par le président de la République Nicolas Sarkozy au Congrès à Washington le .

À l'Assemblée nationale, cette politique donne lieu à une motion de censure le et à un vote de confiance le . Les deux votes sont favorables au gouvernement et le vote de confiance entérine le retour. Ce retour devient effectif lors du sommet de l'OTAN à Strasbourg-Kehl les 3 et .

Chronologie

Second mandat présidentiel de Charles de Gaulle Conférence de presse du 21 février 1966 thumb|Charles de Gaulle à l'enterrement de John Kennedy, le 25 novembre 1963. thumb|Les bases aériennes de l'OTAN en France jusqu'en 1966. Le , lors d'une conférence de presse à Paris, Charles de Gaulle rend publique la sortie de l'OTAN, tout en réaffirmant l'Alliance atlantique avec les États-Unis : Il avance plusieurs arguments pour justifier le retrait, qui dérivent du fait que la signification de l'Alliance a changé depuis 1949 : . Il développe 5 argumentsConférence de presse de Charles de Gaulle Paris, 21 février 1966:

Une situation nouvelle amoindrit la menace des pays du bloc de l'est :

L'arme nucléaire soviétique est une situation nouvelle qui remet en cause l'engagement de l'arme nucléaire américaine en Europe :

La structure intégrée de l'Alliance engage la France contre son gré dans les guerres des États-Unis :

La détention de l'arme nucléaire est incompatible avec les structures intégrées de l'Alliance :

L'appartenance au commandement intégré de l'Alliance contrevient à l'indépendance nationale :

Les forces navales françaises avaient été déjà retirées de l'OTAN, celles de la Méditerranée (1959) puis celles de la Manche et de l'Atlantique (1962). En 1964, de Gaulle confiait à Alain Peyrefitte, au sujet de l'OTAN : « Nous n'y appartenons pour ainsi dire déjà plus ». En 1965, de Gaulle précise sa pensée devant Peyrefitte : « L'Alliance est souhaitable tant qu'une menace subsiste à l'Est ! L'Alliance, oui, mais pas l'OTAN pas l'organisation militaire intégrée aux ordres des Américains ».

Correspondance entre Charles de Gaulle et Lyndon Johnson Lettre de Charles de Gaulle du 7 mars 1966 thumb|left|Charles de Gaulle en 1963. Le , Charles de Gaulle adresse au président américain Lyndon B. Johnson une lettre pour l'informer de la décision de la France de recouvrer l'entier exercice de sa souveraineté sur le sol national et de son intention de se retirer des commandements intégrés de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord. Lettre de De Gaulle à Johnson, 7 mars 1966 Centre de recherche et de documentation interdisciplinaire sur le processus de la construction européenne

Lettre de Lyndon B. Johnson du 22 mars 1966 thumb|Lyndon B. Johnson La réponse du président Johnson témoigne de la grave préoccupation des États-Unis face à la décision de De Gaulle : Lettre de Johnson, mars 1966 Centre de recherche et de documentation interdisciplinaire sur le processus de la construction européenne

Second mandat présidentiel de François Mitterrand Le , François Fillon publie une tribune dans Le Monde"Défense : entre OTAN et Europe des chimères", Le Monde, 19 avril 1991. où il écrit que l'Europe de la défense actuellement en débat est une .. Il s'oppose à la formation d'une structure militaire européenne indépendante de l'OTAN. Il prône la formation d'une composante européenne de l'OTAN qui soit assignée à l'Union de l'Europe Occidentale dans le cas d'une intervention militaire européenne, mais refuse que l'UEO dispose d'une structure militaire autonome.

Par ailleurs, François Fillon propose la réintégration dans le commandement intégré de l'OTAN :

Premier mandat présidentiel de Jacques Chirac Avec l'arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la république en 1995, le gouvernement Juppé entame des négociations en vue de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Pour Alain Juppé, deux conditions sont posées : "Un débat de fond est nécessaire sur un choix qui engage l'avenir du pays", Alain Juppé, Le Monde, 20 février 2009.

Annoncée le , la réintégration de la France au sein du Conseil des ministres et du Comité militaire de l'OTAN ne suscite guère de réactions. Le journaliste Paul-Marie de La Gorce dénonce un « retour honteux de la France dans l'OTAN »..

Les élections législatives françaises de 1997 changent la majorité parlementaire, et le nouveau gouvernement Jospin interrompt les pourparlers. Le Premier ministre Lionel Jospin déclare à ce sujet qu'.

D'après le Premier ministre Alain Juppé, les négociations ont échoué car la diplomatie américaine a refusé de donner un commandement suffisamment important à l'armée française. Pour Lionel Jospin il ne s'agit là que d'un prétexte, pour interrompre de manière les négociationsJospin : "l'Afghanistan, ce n'était pas notre guerre!", Vincent Jauvert, Le Nouvel Observateur, 7 septembre 2001.

Présidence de Nicolas Sarkozy

Campagne présidentielle de 2007

thumb|Nicolas Sarkozy en meeting électoral le .

Nicolas Sarkozy prononce une allocution aux journées UMP de la Défense le à Paris pendant la campagne présidentielle française de 2007. Il évoque l'OTAN, mais pas la réintégration dans le commandement intégré. Il s'agit de sa seule déclaration sur le sujet pendant la campagne. Il déclare : Discours de Nicolas Sarkozy 7 mars 2007 Jean Veronis, Université d'Aix en Provence, discours 2007

Conférence des ambassadeurs (2007) thumb|Nicolas Sarkozy et George W. Bush en septembre 2006 à la Maison-Blanche de Washington. Le à Paris Nicolas Sarkozy prononce son premier discours de politique étrangère à la conférence des ambassadeursNicolas Sarkozy : "Un Iran doté de l'arme nucléaire est inacceptable", Le Monde, Natalie Nougayrède, 27 août 2007. Il parle de : Discours du président de la République, Conférence des Ambassadeurs, Paris, le 27 août 2007

Discours du ministre Hervé Morin (2007) thumb|Les ministres de la Défense Hervé Morin et Robert Gates le 5 juin 2007. Le , le ministre de la Défense Hervé Morin fait un discours à l'Université d'été de la défense à Toulouse. Pour ce qui est de la , la du ministre est l'Europe de la défense : . La première piste évoquée est Mais l'Europe de la défense ne peut pas avancer tant que la France ne change pas sa politique à l'égard de l'OTAN :

Par ailleurs, la France n'a pas assez d' sur les et sur les de l'OTAN. En conséquence la d'Hervé Morin est que . Hervé Morin fait ici une allusion à la tentative avortée de réintégration de Jacques Chirac en 1996Discours d'Hervé Morin à l'Université de la défense à Toulouse Ministère de la défense, septembre 2007..

Entretien avec le New York Times (2007) Le , Nicolas Sarkozy parle de de la place de la France dans l'OTAN lors d'une interview avec le New York Times : Excerpts From Interview With Nicolas Sarkozy, The New York Times, 23 septembre 2007. Interview au "New York Times", présidence de la République, 24 septembre 2007

Discours au Congrès des États-Unis (2007) thumb|Nicolas Sarkozy et George Bush à Mount Vernon en novembre 2007. Le , Nicolas Sarkozy annonce le projet de réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN à la tribune du congrès des États-Unis. Toutefois celle-ci est conditionnée par une avancée sur l'Europe de la défense. Nicolas Sarkozy déclare que

Il déclare par ailleurs : Discours De M. Nicolas Sarkozy, Congrès des États-Unis, Washington, mercredi 7 novembre 2007, Présidence de la République

Déclaration du sommet de Bucarest (2008) thumb|Sommet de l'OTAN à Bucarest le 4 avril 2008. Lors du sommet de l'OTAN Bucarest 2008 Nicolas Sarkozy parle une nouvelle fois de la réintégration. Le , Nicolas Sarkozy annonce dans une conférence de presse avec Angela Merkel la tenue du sommet de l'OTAN à Strasbourg-Kehl en 2009. À un journaliste lui demandant si la France allait réintégrer le commandement de l'OTAN à cette occasion, il répond : ..

Motion de censure à l'Assemblée nationale (2008) Le , le Parti socialiste dépose une motion de censure ayant pour objet le projet du gouvernement de réintégration du commandement intégré de l'OTAN, ainsi que l'envoi de troupes combattantes en Afghanistan.

La motion est défendue par François Hollande, et combattue par le Premier ministre François Fillon, qui défend la réintégration en faisant valoir qu'elle fera progresser l'Europe de la défense. La motion est également combattue par Jean-François Copé qui fait état des avancées de l'Europe de la Défense au sommet de Bucarest, et par François Sauvadet (Nouveau Centre), qui rappelle que la réintégration n'est qu'une hypothèse subordonnée à une avancée de l'Europe de la Défense.

La motion de censure est soutenue par Noël Mamère..

La motion de censure est rejetée par la majorité UMP et Nouveau Centre..

Livre blanc sur la Défense (2008) Le un décret du président de la République crée une commission chargée de l’élaboration du nouveau livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. La lettre de mission de la commission précise : .Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale 2008, tome 1, . .

Le livre blanc est rendu public le . Dans ses conclusions, le rapport préconise la réintégration :

Le , lors d'une cérémonie de présentation du nouveau Livre Blanc à la Porte de Versailles, Nicolas Sarkozy fait un pas supplémentaire dans la réintégration : discours du président de la République Présidence de la République, 17 juin 2008Nicolas Sarkozy "assume" la baisse des effectifs, Alexandra Guillet, TF1 news, 17 juin 2008La France va rejoindre le commandement intégré de l'Otan, 7 sur 7, 17 juin 2008

La présidence de l'OTAN et des États-Unis le félicitent pour son discoursL'Otan se félicite du retour de la France, Le Figaro, 17 juin 2008.

Discours de Munich (2009) Le , le président Sarkozy prononce un discours au Forum de Munich sur les politiques de Défense qui rassemble les principaux acteurs de la politique internationale. Il y parle de "ALLOCUTION DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE", Munich, le 7 février 2009.

Discours de l'École militaire (2009) Le , le président Nicolas Sarkozy clôture le colloque à l'École militaire. Il est organisé par le président de la Bibliothèque nationale de France Bruno Racine et la Fondation pour la recherche stratégiqueDiscours de Monsieur le président de la République lors de la clôture du colloque « La France, la défense européenne et l'OTAN au », présidence de la République, 11 mars 2009.

Vote de confiance (2009) Le gouvernement de François Fillon organise un vote de confiance le . François Fillon défend la réintégration dans une déclaration en ces termes : DÉCLARATION du Gouvernement relative à la politique étrangère, Assemblée Nationale, 11 février 2009

Laurent Fabius déclare au nom du Parti socialiste : […] […]

Noël Mamère déclare pour Les Verts :

François Baroin, membre de la majorité UMP, est dubitatif sur la réintégration : […] […]

François Bayrou pour le Modem déclare : Débat et vote sur la déclaration du Gouvernement relative à la politique étrangère, Assemblée Nationale, mardi 17 mars 2009

La confiance est accordée par 329 voix contre 238Otan: les députés accordent leur confiance au gouvernement, Libération, 17 mars 2009.

Sommet de l'OTAN Strasbourg-Kehl (2009) thumb|Barack Obama et Nicolas Sarkozy à Strasbourg en avril 2009. Le sommet de l'OTAN des 3 et à Strasbourg entérine la réintégration dans le commandement intégré.

Nicolas Sarkozy déclare dans une allocution au conseil de l'Atlantique Nord :

« Nous sommes de la famille »

L'Europe « pilier » de l'OTAN