Papy fait de la résistance est un film français réalisé par Jean-Marie Poiré, sorti en 1983.

Adapté d'une pièce de théâtre écrite par Martin Lamotte et Christian Clavier, le film réunit les acteurs de la des années 1970-80 (dont ceux de la troupe du Splendid mais aussi Jacques Villeret, Roland Giraud, Pauline Lafont) et les acteurs de la génération précédente dont font partie Michel Galabru, Jacqueline Maillan, Jean Carmet. L'histoire confronte résistants et collaborateurs, sous l'Occupation allemande.

Très sévèrement critiqué par la presse française à sa sortie, Papy fait de la résistance est un succès avec quatre millions d'entrées. Il devient au fil des années un film culte en France.

Le film est dédié à la mémoire de Louis de Funès qui devait y tenir le rôle de Papy ou du demi-frère d'Hitler, mais qui meurt au début du projet. Michel Galabru hérite alors du rôle du papy et Jacques Villeret de celui du demi-frère d'Hitler.

Synopsis

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une famille française voit son luxueux hôtel particulier parisien devenir la résidence du général allemand Hermann Spontz, transféré du front de l'Est. La mère est Héléna Bourdelle, une célèbre cantatrice française d'avant-guerre, dont le mari, le maestro André Bourdelle, engagé dans la Résistance française, est tué accidentellement par l'explosion d'une grenade en .

Les Bourdelle vivent dans la cave. Madame Bourdelle, accompagnée de sa fille et de leur locataire Michel Taupin, se plaint à la Kommandantur des excès commis par les Allemands chez eux. Par hasard, la famille aide un aviateur britannique à s'évader et se sent obligée de le cacher chez elle.

La famille, qui doit faire face à l'ancien concierge de l'Opéra Adolfo Ramirez, devenu agent de la Gestapo, est mieux considérée par leur occupant, le général Spontz, qui se liera avec Bernadette Bourdelle, l'une des filles d'Héléna. Mais il ignore que Guy-Hubert, le fils de la famille, coiffeur efféminé et apparemment poltron, est en fait l'insaisissable justicier français connu sous le nom de « Super-Résistant », recherché par les troupes allemandes.

Quant à Michel Taupin, amoureux malheureux de Bernadette Bourdelle et qui, au départ, avait des vues sur Colette, l'autre fille d'Héléna, montre une insistante volonté de rejoindre la Résistance, ce qui l'entraîne dans bien des péripéties. Emprisonné après l'épisode de la Kommandantur, il rencontre un résistant, Félix/Frémontel qui se confie à lui, se croyant sur le point d'être fusillé ; mais les deux sont finalement libérés par Super-Résistant et Félix se voit encombré d'un « pot de colle » en la personne de Taupin.

Ramirez découvre que Guy-Hubert est en fait « Super-Résistant » et le patron de Félix, mais Spontz ne le croit pas.

vignette|La réception en l'honneur du maréchal von Apfelstrudel est organisée au château de Mombreuse, en réalité le château de Ferrières.

Bien qu'elle ait juré de ne plus chanter tant qu'il y aurait un Allemand en France, Héléna Bourdelle se voit contrainte par le général Spontz de participer à la réception donnée en l'honneur du demi-frère d'Adolf Hitler, le maréchal Ludwig von Apfelstrudel, qui arrive à Paris. À cette occasion, la Résistance confie à Michel Taupin le soin de dissimuler une bombe, qui devra exploser lors de la réception tenue dans un château près de Paris. Mais l'opération échoue et les Bourdelle et Taupin sont sur le point d'être arrêtés. Ils sont toutefois sauvés par l'arrivée impromptue de Super-Résistant, qui capture von Apfelstrudel et tous les généraux allemands avec l'aide de ses hommes et de Papy.

Alors que le récit semble s'achever, l'histoire se révèle être un et laisse la place à un débat télévisé contemporain (parodie des Dossiers de l'écran) destiné à aborder la période de l'Occupation et à faire le point sur la réalité des événements dépeints dans le film, qui était diffusé avant cette émission.

L'émission de débat réunit alors certains protagonistes du film, qui sont maintenant âgés : Bernadette Bourdelle et son mari le général Spontz, son frère Guy-Hubert, Michel Taupin (devenu ministre des Anciens Combattants) et Adolfo Ramirez Junior (le fils de Ramirez, venu de Bolivie pour défendre la mémoire de son père défunt). Mais, très vite, le débat tourne à la foire d'empoigne lorsque Adolfo Ramirez Junior, diffamant et insultant les autres protagonistes de l'histoire, s’attire les foudres de certains invités qui finissent par quitter le plateau de l'émission, avant de se faire passer à tabac devant des milliers de téléspectateurs, obligeant l'animateur (Alain Jérôme) à rendre l'antenne en catastrophe...

Personnages Famille Bourdelle Héléna Bourdelle (Jacqueline Maillan) : épouse d'André Bourdelle, célèbre cantatrice, surnommée « La Bourdelle », triste depuis la mort de son mari, elle essaye d'imiter le modèle dont elle est fan, Arturo Toscanini, en essayant de refuser de jouer devant les fascistes et les nazis tant qu'ils sont en France. Mais elle craque à chaque fois. Elle s'engage dans une résistance personnelle en recueillant un Anglais chez elle et en contribuant à la pose de la bombe pour tuer le maréchal. Dans le débat télévisé, Adolfo Ramirez Jr. prétend qu'elle n'aurait été en fait qu'une chanteuse à deux sous qui faisait six cabarets par soirée et terminait à six heures du matin, au One-Two-Two, . André Bourdelle (Jean Carmet) : André est le mari d'Héléna et est chef d'orchestre de profession. Dès le début de la guerre, il dirige un réseau de Résistance sous le pseudonyme de Capitaine Raymond. Il meurt en 1941, après l'explosion d'une grenade dégoupillée qu'il avait envoyée sur un terrain de tennis où jouait un officier allemand (Roger Carel) qui, maladroitement, l'a renvoyée dans l'automobile d'André. Jean-Robert Bourdelle, dit (Michel Galabru) : père d'André Bourdelle, ancien vétérinaire, il a servi pendant la Première Guerre mondiale. Il aurait eu une liaison avec une cousine de la famille royale d'Angleterre. Exprimant son patriotisme, il participe à l'action de Super-Résistant contre le maréchal von Apfelstrudel. Bernadette Bourdelle (Dominique Lavanant) : issue d'une famille de grands musiciens et fille aînée d'André et Hélena Bourdelle, elle pratique le violoncelle et passe souvent au conservatoire de musique de Paris. Un peu bêcheuse, elle est une gaulliste fervente. Alors qu'elle s'est fiancée avec Michel Taupin, elle le trompe avec le général Spontz. Après la guerre, elle se marie en avec Spontz à Vienne. Guy-Hubert Bourdelle (Martin Lamotte), alias Super-Résistant : fils d'André et Héléna Bourdelle, coiffeur aux manières efféminées, on le croit d'abord « collabo » par certaines de ses déclarations. Mais on découvre rapidement qu'il est en fait Super-Résistant. Sous ces traits, il agit habillé d'un costume singulier, composé d'un chapeau haut-de-forme, d'un masque, d'un smoking et d'une longue cape. Il préfère qu'on l'appelle simplement . Le personnage de Super-Résistant n'est que peu apprécié par les hautes instances de la Résistance. L'un des contacts de Taupin, le colonel Vincent, confie même que de Gaulle aurait dit, à la vue d'une photo de Super-Résistant en costume, ... Lors du débat télévisé qui suit le film, Guy-Hubert Bourdelle dément avoir été Super-Résistant et reconnaît simplement un rôle mineur dans la Résistance, connu sous le nom de « Sparadrap » d'après Michel Taupin. Selon Guy-Hubert, il n'aurait fait que porter deux ou trois messages pour la Résistance. En outre, il trouve que le nom de « Sparadrap » est ridicule : , lance-t-il lors du débat. Colette Bourdelle (Pauline Lafont) : fille cadette d'André et Héléna Bourdelle, elle se retrouve mêlée aux pérégrinations de la famille pour sauver le pilote anglais qu'ils aident à s'échapper de la Kommandantur et s'amourache bien vite de ce dernier (provoquant la colère de son frère Guy-Hubert sous les traits de Super-Résistant). Ils finiront par se marier après la guerre et iront élever des porcs dans le Sussex (Angleterre), prononcé « sussusexe » par Bernadette Bourdelle. Michel Taupin (Christian Clavier) : issu d'un milieu modeste et, après avoir étudié le grec et le latin, Michel Taupin enseigne ces langues en cours particuliers. Il cherche alors un logement à Paris et tombe sur André Bourdelle, qui lui propose une chambre dans sa demeure. Les jours passent et Michel se fiance avec Bernadette. Il est un peu la « cinquième roue du carrosse » et est considéré comme étant de la famille seulement quand ça arrange les Bourdelle. Alors qu'il a essayé plusieurs fois de rejoindre un réseau de résistance, il se fait refuser jusqu'à ce qu'il commence lui-même sa propre résistance lors de l'arrivée du général Spontz chez les Bourdelle. Après avoir contacté un chef de réseau du nom de « Mireille », il a pour mission de poser une bombe au château de Mombreuse où doivent se retrouver le maréchal von Apfelstrudel et d'autres généraux allemands. En 1944, il contribue à la libération de Paris avec le maréchal Leclerc et devient, par la suite, ministre des Anciens Combattants. Durant le débat, il reproche au film d'avoir présenté son personnage comme un velléitaire à la limite de l'incapacité.

Troupes allemandes Hermann Spontz (Roland Giraud) : officier allemand, il combattit en Russie sur le front de l'Est ; c'est d'ailleurs là-bas qu'il trouva son chat Gustav. Il est ensuite promu au grade de général et affecté à la ville de Paris. Gêné d'arriver dans une maison habitée par de grands musiciens qu'il respecte, il se montre aimable avec la famille Bourdelle. C'est alors qu'il remarque Bernadette, dont il va être secrètement amoureux jusqu'à la fin de la guerre pour, finalement, l'épouser en à Vienne. Alors qu'il s'occupe du cas de Super-Résistant, qui sème la terreur auprès des nazis et des collabos parisiens, il accueille le maréchal von Apfelstrudel, demi-frère d'Hitler, venu faire une visite d'inspection à Paris. Mal conseillé par Kluglicht, son aide de camp, Spontz organise une fête qu'il regrettera. Alors que le maréchal est enlevé par la Résistance française, Spontz déserte la Wehrmacht pour éviter les représailles et pourra revoir Bernadette par la suite. Lors du débat télévisé, Spontz affirme qu'il n'a jamais assisté à la réunion des officiers de la SS au château de Mombreuse (et encore moins organisé la réception pour le maréchal von Apfelstrudel) car, à ce moment-là, il faisait une cure pour son foie à Luchon et que, de toute façon, il n'avait pas à assister à cette fête en tant qu'officier de la Wehrmacht. Ludwig von ApfelstrudelApfelstrudel : « gâteau aux pommes ». (Jacques Villeret) : demi-frère d'Adolf Hitler, il a été séquestré comme le Masque de fer par ce dernier, mais a réussi à le convaincre de le garder. Amputé des deux jambes à la suite de la Première Guerre mondiale, il écrit alors Mein Kampf pour Hitler. Nommé par ce dernier, mission lui a été confiée de vérifier que les généraux allemands font bien leur travail en France. Alors qu'il inspecte Paris, il est informé que le général Spontz est incapable de réagir face à « Super-Résistant ». Il intervenient ; lors de la rencontre, il est capturé par Super-Résistant et emmené. Mais, tandis qu'il s'échappe de la voiture dans laquelle il était emmené avec Adolfo Ramirez, il est fauché sur la route par un camion. Général Müller (Roger Carel) : Müller est le prédécesseur de Spontz. Au début du film, alors qu'il joue au tennis, il confond la balle de tennis et une grenade lancée et la renvoie, tuant ainsi dans l'explosion André Bourdelle. Deux ans plus tard, alors qu'il est à un hôtel, il est victime d'un attentat à la bombe cachée sous son oreiller, qui lui brûle une partie du visage. C'est lui qui informe son successeur de l'identité du poseur de bombe, qui n'est autre que Super-Résistant.