Louis Marie Joseph de Brigode, né le à Lille et décédé à Bourbonne-les-Bains le , est un homme politique français sous le Premier Empire et la seconde Restauration du trône des Bourbons.

Biographie

Issu d'une ancienne famille distinguée de la Flandre française, Louis-Marie nait le à Lille (baptisé à l'église Saint-Étienne). Il était le plus jeune des fils de Pierre Jacques Joseph de Brigode, écuyer, seigneur de Kemlandt, conseiller-secrétaire du Roi, Maison et couronne de France en la chancellerie près le Parlement de Flandres, et de Marie Catherine Recq.

Il avait pour frères Pierre de Brigode de Kemlandt (1773-1849), comte héréditaire en 1828, et Romain-Joseph de Brigode-Kemlandt (1775-1854), baron d'Empire.

Il échappe aux proscriptions révolutionnaires.

.

En 1803, le premier consul, de passage à Lille le nomme maire de Lille (arrêté du ). Puis il assure les fonctions de conseiller général du Nord l'année suivante.

Lors de la formation de la maison civile de Napoléon, il est compris au nombre de ses chambellans, et est désigné en 1804 parmi les commissaires chargés d'aller chercher le pape Pie VII et de l'accompagner à Paris à l'occasion du sacre de l'Empereur. Il est de service auprès du Saint-Père, pendant son séjour, et, avec Auguste Durosnel, écuyer de l'empereur, fit également le voyage de retour à Rome.

1809 sera pour lui l'année des honneurs : chevalier de l'Empire en , il est fait comte de l'Empire, sur institution d'un majorat, en août et sera également le commandant (nominal) en chef de la garde d'honneur de Lille.

Nommé le , président du collège électoral de l'arrondissement de Lille, il est présenté, le , en cette qualité à l'empereur ; et après avoir exprimé la reconnaissance des habitants, il ajouta :

Le , M. de Brigode, en sa qualité de maire de Lille, et accompagné du conseil municipal, offre à l'empereur cinquante cavaliers, armés et équipés, en lui disant :

De 1811 à 1812, il tient en Espagne un détachement de la maison de l'empereur (écuyers, brigades de chevaux, bêtes de somme, etc.), accomplissant son service auprès de l'empereur, sans abandonner ses fonctions de maire.

Il est commandeur de la Légion d'honneur depuis le lorsque, le Sénat conservateur déclare la déchéance de Buonaparte en . Brigode, dégagé de son serment par l'abdication de Fontainebleau, jure alors fidélité aux Bourbons.

Le , il reçoit Louis XVIII, accompagné de ses fidèles, maréchaux et ministres, dans sa résidence lors de son passage dans sa ville alors qu'ils se rendaient à Gand. Brigode se met en retrait de ses fonctions publiques pendant l'absence du monarque. Démissionnaire lors des Cent-Jours, il s'éloigne de Lille et de l'activité politique.

Il est réintégré par l'ordonnance du et continue ensuite à remplir les fonctions de maire avec autant de sagesse que de modération. Il est fait président du collège électoral de l'arrondissement de Lille le 26 du même mois.

Nommé Pair de France le , il donne sa démission de maire de Lille dans le courant de .

Dans le cours de sa longue et honorable administration comme maire d'une des principales villes de France, il a eu souvent occasion de manifester son dévouement pour la chose publique et pour le chef de l'état. Il donna au trône légitime des preuves non moins équivoques de sa fidélité et de la droiture de ses sentiments, en cessant, notamment, ses fonctions de maire de Lille lors de l' de Buonaparte. À une époque où le chaos politique exacerbe les passions, des placards apparaissaient déjà sur les murs de la ville de Lille :

Il se distingua à la chambre haute par la pondération de ses opinions.

Dans le procès du maréchal Ney, il est l'un des cinq membres de la chambre des pairs (le comte de Nicolaÿ, le marquis d'Aligre, le comte de Brigode, le comte de Sainte-Suzanne et le duc de Choiseul-Stainville), qui se récusent et s'abstiennent de prendre part au vote, refusant de se rendre complices des passions du gouvernement. Voyant qu'on ne voulait pas de juges, il refusa de voter pour ne pas augmenter le nombre des bourreaux et recommanda le maréchal à la clémence du Roi

En , il demande que les départements et les communes puissent garder la libre disposition de leurs revenus et de leur centimes additionnels. Il défend, le , la liberté de la presse, vote contre les lois d'exception et contre toutes les mesures en désaccord avec les principes constitutionnels de le Charte de 1814.

Louis XVIII lui confirme le titre de comte le .

Il succombe d'une apoplexie foudroyante le à Bourbonne-les-Bains.

Le comte de Brigode était excellent musicien et avait la réputation d'un homme d'esprit.

Un laissez-passer pour les Pays-Bas, conservé en mairie de Lille, donne de lui une description succincte : taille : 1,73 m ; cheveux : châtains ; front : haut ; yeux : bleus ; nez : régulier ; bouche : moyenne ; menton : rond ; visage : ovale ; teint : coloré !

Mariages et descendance

Il se marie deux fois.

Il épouse à Lille le Marie Bonne Romaine Potteau (Lille, - Lille, ), fille de Bon Louis Joseph Potteau, écuyer, seigneur de La Rue, bourgeois de Lille, conseiller du roi en la chancellerie près le Parlement de Flandres. et de Françoise Joseph Le Mesre. Dont un fils.

Louis Arthur de Brigode (Lille, - Florence, ) ;

Veuf, il se remarie à Paris le , avec Émilie Louise Marie Françoise Joséphine de Pellapra (Lyon, - château de Ménars, ), fille de Leu Henri Alain de Pellapra et de Françoise Marie Leroy, prétendue fille naturelle de . Dont deux autres fils.

Fernand de Brigode (Paris, † ) ; Louis Marie Pierre Désiré de Brigode du Hallay-Coëtquen (Paris, - Paris, ), frère jumeau du précédent, marquis de BrigodeConfirmation du titre de marquis de Brigode du Hallay-Coëtquen, par arrêté ministériel du , en exécution d'un décret présidentiel du ., Pair de France, maire de Romilly-la-Puthenaye (Eure), conseiller général du Canton de Beaumont-le-Roger, marié à Bruxelles le avec Annette du Hallay-Coëtquen (1831 † 1905), remariée avec le baron de Poilly, d'où postérité éteinte.

La veuve de Louis-Marie se remaria le avec le prince Joseph de Riquet de Caraman (1808-1886), prince de Chimay, dont elle eut quatre autres enfants.

Fonctions Conseiller général du Nord (1801) ; Maire de Lille (arrêté du (1802) - ) ; Chambellan de l'Empereur (1804) Commandant (nominal) en Chef de la Garde d'honneur de Lille (1809). Président du collège électoral de l'arrondissement de Lille () ; Président du collège électoral de l'arrondissement de Lille () ; Pair de France (, comte-pair le , lettres patentes du ).

Titres Chevalier de l'Empire en ; Comte de l'Empire, sous majorat, en .

Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur le .

Armoiries

Armes sous l'Ancien Régime, reprises sous la Restauration : Écartelé : aux 1 et 4, d'or, à trois étoiles mal-ordonnées de sable ; aux 2 et 3, d'azur, au cygne d'argent. L'écu entouré d'une bordure de gueules. Supports: deux licornes. Devise: PATRIAE REGIQUE FIDES.Source : Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org. Ou, Brigode de Kemlandt Coupé : au 1, de gueules, à trois quintefeuilles d'argent ; au 2, d'argent, au cygne de sinople. Devise: DIEU EN SOIT LA GARDE Armes de Comte de l'Empire : Ecartelé au 1 et 4 d’or à trois étoiles de sable, au 2 et 3 d’azur au cygne d’argent (de Brigode) ; au canton des comtes officiers de la Maison de l'Empereur.Source : www.lillempire.fr : Lille et le Nord, du Consulat au Second Empire ;

Notes et références

Annexes Articles connexes Brigode Liste des maires de Lille Chambre des pairs

Bibliographie

Biographie des hommes vivants ou Histoire par ordre alphabétique de la vie publique de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs actions ou leurs écrits : ou, Histoire par ordre alphabétique de la vie publique de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs actions ou leurs écrits, Par Louis Gabriel Michaud, Publié par Louis Gabriel Michaud, 1816 Galerie historique des contemporains, ou Nouvelle biographie dans laquelle se trouvent réunis les hommes morts ou vivans, de toutes les nations, qui se sont fait remarquer à la fin du et au commencement du XIXe, par leurs écrits, leurs talens, leurs vertus ou leurs crimes, Édition: 3, Publié par Le Roux, 1827 Histoire généalogique et héraldique des pairs de France: des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, Par Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Publié par L'auteur, 1826 Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlemens avis du Conseil d'état, publiée sur les éditions officielles du Louvre: de l'Imprimerie nationale, par Baudouin; et du Bulletin des lois; (de 1788 à 1830 inclusivement), Par France, Publié par A. Guyot et Scribe, 1837 France, dictionnaire encyclopédique, Par Philippe Le Bas, Publié en 1841 L'Univers: histoire et description de tous les peuples ..., Publié par F. Didot frères Biographie moderne, ou, Galerie historique, civile, militaire, politique, littéraire et judiciaire: contenant les portraits politiques de Français de l'un et de l'autre sexe, morts ou vivans, qui se sont rendus plus ou moins célèbres, depuis le commencement de la révolution jusqu'à nos jours ..., Par Alph. de Beauchamp, Étienne Psaume, Édition: 2, Publié par A. Eymery, 1816 Histoire biographique de la Chambre des pairs: depuis la Restauration jusqu'à l'époque actuelle. Précédée d'un essai sur l'institution et l'influence de la pairie en France, Par Joseph Alexandre Lardier, Charles Ogé Barbaroux, Publié par Brissot-Thivars, 1829.

Catégorie:Naissance en octobre 1776 Catégorie:Naissance à Lille Catégorie:Personnalité de la franc-maçonnerie initiée avant 1800 Catégorie:Conseiller général du Nord Catégorie:Maire de Lille Catégorie:Chevalier de l'Empire Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1814 Catégorie:Pair de France (Restauration) Catégorie:Décès en septembre 1827 Catégorie:Maire du Premier Empire Catégorie:Personnalité liée à Villeneuve-d'Ascq Catégorie:Décès à Bourbonne-les-Bains Catégorie:Décès à 50 ans