L'hôtel du Parlement du QuébecOn trouve aussi « hôtel du Parlement de Québec ». Voir: ameriquefrancaise.org est l'édifice abritant l'Assemblée nationale du Québec. Situé au 1045 rue des Parlementaires, il fut construit d'après les plans d'Eugène-Étienne Taché entre 1877 et 1886, au cœur de la colline parlementaire de Québec et à la limite de l’arrondissement historique du Vieux-Québec. L'Assemblée nationale (alors nommée, Assemblée législative, jusqu'en 1968) y tint sa première réunion le . Dans ses fonctions législatives, il succède à une série d'édifices dont le premier fut construit en 1620 et parmi lesquels se trouvèrent, dès 1791, deux autres complexes parlementaires.
En 1985, la Loi sur les biens culturels le déclara « site historique national » et par la même occasion, consacra l'indépendance de l'Assemblée nationale, de toute gouvernance municipale, sur les édifices parlementaires et leur terrainGouvernement du Québec, « Historique de la Loi sur les biens culturels », site du Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, consulté le 19 novembre 2010.. Cependant, l'État québécois est signataire d'une convention, à titre d'emphytéote, relativement au terrain de la place de l'Assemblée-nationale, soit de la porte centrale aux fortifications de la vieille ville, puisqu'étant de propriété fédérale depuis le début du , en vertu du pouvoir déclaratoireLoi constitutionnelle de 1867, paragraphe 92.10(c)..
Description gauche|vignette|Hôtel du Parlement, Québec, entre 1900 et 1910. L'ensemble est de style néorenaissance Second Empire avec des toits à mansardes et des statues retraçant l'histoire du Québec sur toute la façade. Les armoiries du Québec sont gravées dans la pierre juste au-dessus de la porte centrale avec la devise du Québec : « Je me souviens ».
L'intérieur du bâtiment s'articule autour d'un escalier monumental et des deux chambres d'assemblée : celle de l'Assemblée nationale et celle du Conseil législatif (aboli en 1968). De plus, l'intérieur est principalement fait de bois rappelant les églises catholiques du Québec ainsi que de dorures et de marbres représentant le faste et le prestige de l'hôtel. D'autre part, les symboles de la dualité linguistique à laquelle le Québec est confronté s'y retrouvent à plusieurs endroits, à savoir la fleur de lys ainsi que l'acronyme latin « VR » signifiant Victoria Regina (reine Victoria).
Le , l’Assemblée nationale du Québec a inauguré son nouveau pavillon d’accueil après plus de trois ans de travaux. Ce pavillon comprend deux nouvelles salles de commission parlementaire. Conformément à la volonté exprimée par les députés de reconnaître l’engagement des femmes à la politique québécoise, il a été convenu que ces lieux portent les noms de pionnières ayant marqué le Québec. La salle Marie-Claire-Kirkland est désignée en hommage à la première femme élue députée en 1961, et nommée ministre en 1962. Quant à la salle Pauline-Marois, sa désignation vise à honorer la première femme à occuper le poste de première ministre du Québec en 2012.
Hall d'entrée Orné d'un escalier central, le hall mène au restaurant Le Parlementaire et aux salles de l'Assemblée nationale et du Conseil législatif. Sur le même étage, l'on retrouve les salles de conférences de presse. De plus, plusieurs œuvres d'art y sont exposées, dont des toiles et des vitraux.
gauche|vignette|Salle de l'Assemblée législative, ancien nom de la salle de l'Assemblée nationale (« Salon Bleu »), vers 1936
Salle de l'Assemblée nationale Communément appelée le salon Bleu, elle est le lieu de rencontre des députés lors des travaux de l'Assemblée nationale.. La salle accueille également certaines commissions parlementaires lorsque l'Assemblée ne siège pas. D'abord blanche, elle est peinte en vert en 1901, couleur traditionnelle de la chambre élective dans le système de Westminster. Elle est finalement repeinte en bleu en 1978 afin de faciliter la diffusion télévisuelle des débats.. La salle, entourée d'une tribune sur trois côtés, comprend 125 bureaux pour autant de députés. La table des greffiers se trouve au centre alors que le fauteuil du président est surmonté sur un piédestal sur le mur directement opposé à la porte d'entrée principale de la salle. Au-dessus du fauteuil se trouve le tableau Le débat des langues de la première législature du Bas-Canada peint par Charles Huot entre 1910-1913.
Salle du Conseil législatif vignette|Salle du Conseil législatif (« Salon rouge »), vers 1936.|gauche Communément appelée le salon Rouge, elle est aujourd'hui une salle amovible et sert entre autres aux commissions parlementaires et aux cérémonies protocolaires d'assermentation. Auparavant, de 1886 à 1968, elle servit de chambre haute et accueillit les travaux du Conseil législatif (d'où sa dénomination).. L'architecture de la chambre est presque identique à celle de son voisin le Salon bleu. Cependant, contrairement à l'aménagement fixe des pupitres des députés de la Salle de l'Assemblée, la disposition de la salle du Conseil législatif peut prendre plusieurs formes en fonction des événements parlementaires. Entourée d'une tribune sur trois côtés, l'on y retrouve le tableau Le Conseil souverain du gouvernement royal de la Nouvelle-France peint par Charles Huot en 1927-1929. gauche|vignette|Salle du Conseil législatif (« Salon rouge ») en 2008, réservée aux cérémonies protocolaires
Salle des drapeaux Longtemps utilisé par la Tribune de la presse, on y retrouve aujourd'hui les drapeaux et les bannières ayant inspiré la création du fleurdelisé, le drapeau actuel du Québec. Ces 8 drapeaux se composent de 3 drapeaux du royaume de France (la Bannière de France, les armes du royaume, le pavillon du Roi Louis XIV), le pavillon de l'amirauté de Saint-Malo, le pavillon de la marine marchande française du , le drapeau de Carillon, le Carillon moderne et finalement le Fleurdelisé..
Hot room La pièce Hot room est l'endroit où les parlementaires sont interrogés par les journalistes avant ou après les séances. Elle est ainsi appelée à cause de la chaleur qui y règne habituellement, causée par les nombreuses lampes d'éclairage pour la télédiffusion et par les gens qui s'y entassent. Auparavant, la pièce utilisée était le hall situé entre la Salle de l'Assemblée nationale et la Salle du Conseil législatif. Depuis les années 1980, elle se trouve dans l'aile nord de l'hôtel. Elle porte le nom de Salle Bernard-Lalonde depuis 2001..
Galerie des présidents La galerie est un corridor de l'hôtel exposant sur ses murs l'ensemble des portraits des anciens présidents de l'Assemblée nationale..
Restaurant Le Parlementaire De style Beaux-Arts, le restaurant fut construit dans la cour intérieure de l'hôtel et inauguré en 1917.. Il accueille les parlementaires, les dignitaires et les visiteurs. En outre reconnu pour sa cuisine québécoise, le restaurant a accueilli le débat des chefs télévisé lors de la campagne électorale de l'élection générale de 2007 et de celle de 2008. vignette|Vue aérienne de l'Hôtel du Parlement en 2017, lors du projet d'agrandissement et renouvellement de l'entrée principal.
Extérieurs alt=|vignette|Sculpture de Louis-Philippe Hébert Le pêcheur à la nigogue. thumb|Les statues des deux chefs militaires mortellement blessés à la bataille des plaines d'Abraham, Wolfe et Montcalm, et les armoiries du Québec, au-dessus de l'entrée principale de l'hôtel du Parlement.
Drapeau Sur la façade se trouve la tour du Parlement sur laquelle flotte le fleurdelisé depuis le , date à laquelle il fut adopté par le Parlement. La tour principale est de plus dédiée à Jacques Cartier, découvreur du Canada en 1534.
Fontaine des Abénaquis La fontaine de l'entrée principale, conçu par Eugène-Étienne Taché, est inaugurée en 1890 et dédiée aux Peuples autochtones, spécifiquement à la nation abénaquise.
Également, deux sculptures réalisées par Louis-Philippe Hébert :
La halte dans la forêt (1889) Le pêcheur à la nigogue (1891)
Or, lors du projet d'agrandissement de La Maison du peuple de 2016 à 2019., la fontaine est retirée pour faire place à l'entrée de la Maison du peuple et qui a valu de nombreuses critiques.. Pourtant des jets d'eau sont disposés au pieds du pêcheur à la nigogue pour rappeler la présence antérieure de la fontaine.
Statues Deux groupes allégoriques couronnent en outre les avant-corps gauche et droit de l'édifice : Poésie et Histoire ainsi que Religion et Patrie. Ils furent réalisés et coulés à Paris (France) en 1894 par Louis-Philippe Hébert. Plusieurs statues de bronze ornent les niches de la façade de l'hôtel. Les sculptures représentent des personnages de l'histoire du Québec. On y retrouve :
Charles-Michel de Salaberry, colonel et héros de la bataille de Châteauguay en 1812 : une œuvre de Louis-Philippe Hébert installée en ; François-Gaston de Lévis, chevalier et duc de Lévis, il mène les troupes françaises à la victoire lors de la bataille de Sainte-Foy en 1760 : une œuvre de Louis-Philippe Hébert installée en ; Guy Carleton, baron de Dorchester, gouverneur général de l'ensemble des colonies britanniques en Amérique du Nord dont la Province de Québec et le Bas-Canada de 1768 à 1778 et de 1785 à 1795 : une œuvre d'Alfred Laliberté coulée à la fonderie Mitchell de Montréal en 1916 ; Jacques Marquette, père jésuite explorateur de la Louisiane française en 1672 ; James Bruce, Lord Elgin, gouverneur général du Canada-Uni de 1847 à 1854 : une œuvre de Louis-Philippe Hébert installée en ; James Wolfe, major général, il mène les troupes britanniques à la victoire lors de la bataille des plaines d'Abraham en 1759 : une œuvre de Louis-Philippe Hébert installée en ; Jean de Brébeuf, père jésuite missionnaire auprès des Hurons en 1648 et canonisé parmi les Saints-Martyrs-Canadiens ; Jean Talon, comte d'Orsainville, premier intendant de la Nouvelle-France de 1665 à 1668 : une œuvre d'Alfred Laliberté coulée à la fonderie Mitchell de Montréal en 1916 ; Louis de Buade, comte de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle-France de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698 : une œuvre de Louis-Philippe Hébert installée en ; Louis-Joseph de Montcalm, lieutenant-général, il mène les troupes françaises lors de la bataille des plaines d'Abraham en 1759 : une œuvre de Louis-Philippe Hébert installée en ; Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, fondateur de Ville-Marie (Montréal) en 1642 ; Pierre Boucher de Boucherville, gouverneur de Trois-Rivières de 1662 à 1667 et fondateur de la ville de Boucherville ; Robert Baldwin, Premier ministre du Canada-Uni au Canada-Ouest de 1848 à 1851 ; Samuel de Champlain, fondateur de la ville de Québec en 1608 : une œuvre de Raoul Hunter réalisée en 1967 ; Monseigneur François-Xavier de Montmorency de Laval, évêque de Québec et fondateur du Séminaire de Québec ; Jean-Jacques Olier, religieux français ; Marie de l'Incarnation, ursuline ; Marguerite Bourgeoys ; Louis Jolliet, explorateur ; Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye, explorateur ; Pierre Le Moyne d'Iberville, corsaire ; Nicolas Viel, missionnaire récollet ; Le Monument en hommage aux femmes en politique, inauguré le .
Plaques commémoratives et historiques Le est dévoilée une plaque en la mémoire des victimes de la fusillade du 8 mai 1984 à l'hôtel du Parlement du Québec ainsi que du sergent d’armes René Jalbert qui, par son courage exceptionnel, a mis fin au drame.
Le complexe du Parlement thumb|Entrée de l'édifice André-Laurendeau.
Avec le temps, le palais législatif proprement dit fut flanqué d'autres bâtiments, dont les ailes de l'hôtel et formant le complexe du Parlement. De plus, quatre édifices font partie du complexe. Ceux-ci comprennent :