Alain Bonnet, dit Alain Bonnet de Soral, plus connu sous le nom d'Alain Soral, né le à Aix-les-Bains (Savoie), est un idéologue d'extrême droite franco-suisse.

Il exerce au cours de sa carrière les rôles d'essayiste, de comédien, de réalisateur, de chef d’entreprise et d'influenceur web. Il prône des idées antisémites, négationnistes, conspirationnistes, sexistes, masculinistes, transphobes et homophobes.

Évoluant dans les médias et le monde du spectacle jusqu’au début des années 2000, il se fait connaître avec la publication de plusieurs essais. Il devient progressivement un idéologue d’extrême droite, oscillant entre un antisémitisme ancien et le nouvel antisémitisme, en compagnonnage avec Dieudonné....

Affirmant avoir été encarté au Parti communiste français dans les années 1990, il se rapproche dans les années 2000 du Front national (FN), dont il est un temps membre du comité central, puis fonde en , avec d’anciens membres du GUD, l’association Égalité et Réconciliation (E&R) qu’il préside depuis lors. Il quitte le FN en et se présente aux élections européennes de juin 2009, en cinquième position sur la « liste antisioniste » conduite en Île-de-France par Dieudonné.

En , il fonde la SARL Culture pour tous, qui comprend notamment la maison d’édition Kontre Kulture.

Depuis 2008, Alain Soral est régulièrement condamné, notamment à une peine de prison ferme en 2019, pour , , , , , par la justice française.

Condamné en France, il se réfugie en Suisse où il est condamné à cinq mois de prison ferme pour propos homophobes et insultes antisémites. Il fuit en Russie.

Biographie Famille et jeunesse Alain Soral naît en Savoie. en 1958. Il est le frère de la productrice Jeanne Soral, née en 1956, et de l’actrice Agnès Soral, née en 1960. Son père, Guy Bonnet (1924-1991), Savoyard d'origine suisse, est d'abord clerc de notaire avant de devenir conseiller juridique (profession autonome ayant légalement fusionné en France avec celle d'avocat en 1971) ; sa mère est femme au foyer.

Le pseudonyme « Soral » provient de la commune suisse de Soral, un village du canton de Genève dont sa famille paternelle est originaire.. Ce nom d'usage familial a d'abord été adopté comme nom de scène par sa sœur Agnès Soral, avant qu'Alain [Bonnet] Soral ne l'utilise à son tour au début de sa carrière d'écrivain.

Sa famille s’étant établie en région parisienne à Meudon-la-Forêt dans les années 1960, il est inscrit à la communale puis au collège Stanislas.

Se qualifiant lui-même d’, il vit une enfance difficile, en raison d’une mère qu’il décrit comme et de la violence de son père qui le bat... Il insulte ses parents dans le dossier de presse de son long métrage Confession d’un dragueur.. Selon sa sœur Agnès, Alain Soral aurait également souffert au cours de son enfance de l’expropriation par l’État de terrains forestiers appartenant à son père. Cette dernière affirme également avoir pris ses distances avec lui à la suite de ses nombreux propos qu'elle ne partage pas..

En 1973, le père d’Alain Soral est condamné pour escroquerie. et incarcéré à la prison de Champ-Dollon en Suisse. Le couple se sépare dans l’année et les enfants suivent leur mère à Grenoble dans le quartier de la Capuche, puis à Annemasse dans le quartier du Brouaz. Le souvenir d’avoir vécu son adolescence au-dessus d’une loge maçonnique aurait marqué Alain, d’après sa sœur Agnès. À la suite d'une violente dispute avec son père au terme de laquelle il le gifle, Alain Soral, alors en deuxième trimestre de terminale, abandonne sa scolarité et quitte le domicile familial pour aller vivre seul à Paris, en 1976.

Il loue une chambre de bonne rue Fromentin et vit de divers « petits boulots » (chantiers, convoyages, etc.), tout en menant une existence « provo-punk » aux Halles, avant d’être reçu en 1978 aux Beaux-Arts et à l’École des hautes études en sciences sociales où il suit pendant quelque temps comme élève-stagiaire puis élève les séminaires de Cornelius Castoriadis.. Le cours d’histoire de l’art l’intéresse particulièrement et l’amène progressivement vers la philosophie. Il découvre la lecture, notamment les essais et les poèmes des collections 10/18 et les bacs de soldes des libraires du quartier Saint-Michel., et il se met à lire quatre heures par jour jusqu’à ses .

Il entame une carrière de peintre dans le groupe d’artistes En avant comme avant, avec lequel il sillonne l’Europe pour des expositions. Il prend alors le nom « Soral » en signant ses œuvres ABS (comme Alain Bonnet de Soral). Il entame également une initiation à la boxe française, d’abord à la salle Pariset puis à la salle Lafond - il deviendra instructeur fédéral de boxe anglaise en .

Premiers essais et milieu du spectacle

vignette|gauche|L’actrice Agnès Soral, sœur d’Alain Soral, introduit celui-ci dans le milieu du spectacle au cours des années 1980.

Au début des années 1980, introduit par sa sœur auréolée du succès de Tchao Pantin (cinq césars en 1983), Alain Soral fréquente la « nébuleuse noctambulo-artistique parisienne », aux Bains-Douches ou au Palace.

Il se lie étroitement avec Alexandre Pasche et Éric Walter (devenu critique d’art sous le nom d'Hector Obalk), rencontré aux Bains-Douches et dont les parents l’hébergèrent un temps. Tous trois coécrivent l’ouvrage Les Mouvements de mode expliqués aux parents, paru en 1984. Il vit néanmoins très mal que seul un des coauteurs, Hector Obalk, soit invité à l’émission Apostrophes, au point que cet épisode le marque durablement. Il déclare ainsi : Les Mouvements de mode expliqués aux parents est traduit en japonais et, grâce à ses droits d’auteur, Alain Soral s’installe rue Galande.

Lancé dans le milieu de la mode, il donne de 1984 à 1987 des cours sur à l’École supérieure des arts et techniques de la mode (Esmod) et publie en 1987 un nouvel ouvrage sur ce thème, intitulé La Création de mode, initialement manuel de cours destiné à l’Esmod. Le succès des Mouvements de mode expliqués aux parents lui permet de connaître un début de notoriété médiatique : il apparaît en dans une émission de FR3, dans laquelle il s'exprime sur les contemporains.

À la même époque, Soral prend pour mentor un dragueur de rue rencontré au quartier des Halles, « Laurent le Kabyle ». Il mène alors un mode de vie de dragueur de rue de façon intensive pendant deux ans tout en vivant des cours qu'il donne à l'Esmod : Cette activité marginale fut la source de son roman autobiographique La Vie d’un vaurien et de son essai sur les techniques de drague, Sociologie du dragueur, qu’il publia par la suite. Il apparaît en outre périodiquement, en tant qu'invité ou comme chroniqueur, dans des émissions présentées par Thierry Ardisson ou Patrice Drevet.

Durant cette période, il échange des lettres avec son père incarcéré en Suisse, tout en étant en butte à des difficultés psychiatriques, qu'il décrit comme une dépression. Plutôt que d’accepter un poste de planneur-stratégique dans une grande agence de publicité, CLM BBDO, il dilapide son pécule en vêtements sur mesure à Londres. De 1988 à 1990, en délicatesse avec le fisc et de tendance suicidaire, il décide d’aller vivre à la campagne et se serait installé dans la demeure d'un ami, nommée La Bosselette, près de Dieppe, puis dans un ermitage en Côte d’Or, où il rédige son premier roman autobiographique sur le thème de la drague, La Vie d’un vaurien, inspiré du recueil d’Édouard Limonov : Journal d’un raté.

C’est alors qu’il s’intéresse aux techniques cinématographiques. Il réalise deux spots publicitaires pour Mélodie Movies et écrit puis réalise Chouabadaballet : Une dispute amoureuse entre deux essuie-glaces, un court métrage qui sera diffusé sur Canal+. Lors de son passage en 1992 dans l’émission de Mireille Dumas Bas les masques sur le thème des dragueurs de rue, il déclare. : Alain Soral affirme avoir rejoint le Parti communiste français autour de 1990 et y milite jusqu’en 2000 à la cellule Paul-Langevin. C’est dans ce cadre internationaliste qu’il part au Zimbabwe comme reporter, à la suite du décès de son père en 1991, peu après la fin de son incarcération. De retour à Paris, il écrit et réalise son second court métrage, Les Rameurs : Misère affective et culture physique à Carrières-sur-Seine en 1993, puis écrit les films Les Vauriens et Z’y va ! pour Agat Films & Cie. Il est pigiste pour le magazine féminin 20 ans pour lequel il rédige des billets d’humeur. Il écrit également dans Entrevue, à la rubrique « Rumeurs »..

Entre 1994 et 1996, il approfondit ses lectures de Karl Marx, Georg Lukács, Henri Wallon, Lucien Goldmann et Michel Clouscard et se remet au journalisme, avant de partir au Brésil pour une tournée de conférences sur la création de mode. À son retour, grâce à une avance d’un éditeur, il part pour le Pays basque afin d’y rédiger au calme son essai Sociologie du dragueur, fort de ses . Écoulé à plus de exemplaires en 2017, celui-ci deviendra le plus célèbre de ses ouvrages.. Il entre à la section de boxe de l’Aviron bayonnais, puis rencontre Maylis Bourdenx, sa future femme. Ils se marient le et divorcent en 2009. À la suite du succès de Sociologie du dragueur Alain Soral joue son propre rôle au cinéma dans Parfait Amour ! de Catherine Breillat en 1996. Il poursuit sur sa lancée en 1999 avec Vers la féminisation ?, dans lequel il développe une rhétorique antiféministe.

Alain Soral connaît alors une nouvelle période de notoriété médiatique, s'étant affirmé comme un « bon client » des plateaux de télévision. Entre 1999 et 2004, Thierry Ardisson, avec qui il est ami depuis les années 1980, l’invite à quatre reprises dans son émission Tout le monde en parle.. En 2000, il est invité à trois reprises dans l’émission C’est mon choix d’Évelyne Thomas (produite par Jean-Luc Delarue). Soral intervient également chez Paul Wermus à l’émission Piques et polémiques en 2003 et 2004, où il prend position lors de ce dernier passage pour défendre l’humoriste Dieudonné accusé d’antisémitisme.

En 2001, il réalise son premier long métrage Confession d’un dragueur avec Thomas Dutronc et Saïd Taghmaoui en tête d’affiche. Il touche pour ce film selon Molard et D'Angelo.. Le producteur Jean-François Lepetit raconte à ce sujet : Portant sur la drague de rue et les rapports de classe, ce film, boudé par la critique et par le public, est déprogrammé au bout d’une semaine. Alain Soral déclare par la suite, au sujet de l’échec de son film et de son parcours dans le milieu du spectacle : . Pour Agnès Soral, c’est la première fois que son frère s’estimait rejeté parce que . Elle indique également que son frère s’est vu refuser, comme elle, l’entrée dans la franc-maçonnerie en 2004 et qu’il a avec toute sa famille en 2006..

Passage par le Parti communiste français