La cathédrale Notre-Dame de Bayeux est un édifice catholique de style essentiellement roman et gothique normand, qui se dresse sur le territoire de la commune française de Bayeux dans le département du Calvados, en région Normandie.
La cathédrale, qui est le siège du diocèse de Bayeux et Lisieux, est classée au titre des monuments historiques. Elle fait partie d'un ensemble épiscopal remarquablement préservé. Elle a conservé pendant plusieurs siècles la tapisserie de Bayeux.
Localisation La cathédrale Notre-Dame est située à Bayeux, dans le département français du Calvados. Elle occupait avec le cloître et le palais épiscopal le secteur nord du Bayeux médiéval, incluse dans l'enceinte urbaine.
Historique Le groupe cathédral Nous ignorons tout de l'aspect exact des constructions épiscopales préromanes à Bayeux. Le groupe cathédral est implanté au cœur de la cité, au même titre que le forum dans la ville gallo-romaine d'Augustodurum. Selon la tradition, le premier évêque de Bayeux Exupère y fonde au . un quartier ecclésiastique dans lequel se dresseront trois églises, à l'angle sud-est de la cité : l'une est devenue l'actuelle cathédrale ; la deuxième, dédiée à saint Étienne, a subsisté au chevet de la cathédrale jusqu'au ; la troisième, Saint-Sauveur, a donné son nom à la paroisse. La Vita de saint Regnobert, évêque de Bayeux au , indique que le groupe cathédral du haut Moyen Âge comporte les deux églises dédiées à saint Étienne et à Notre-Dame..
Autour de la cathédrale, les fouilles du et celles de Florence Delacampagne ont mis au jour les vestiges de bâtiments gallo-romains et ceux des remparts de la cité, près du chevet..
Période romane La cathédrale carolingienne est détruite par les Vikings et un nouvel édifice est encore incendié en 1046. de Bayeux (1015-1049) décide la reconstruction de la cathédrale.. Elle est terminée par son successeur Odon de Conteville (1049-1097), demi-frère du duc Guillaume le Bâtard et qui profite des retombées économiques de la conquête normande de l'Angleterre pour mener rapidement ce chantier. Les dates extrêmes de sa construction sont, selon Jean Vallery-Radot, comprises entre 1040 et 1080. Elle est dédicacée le . Unesco []. par l'archevêque de Rouen, Jean d'Ivry., en présence d'Odon, du duc-roi Guillaume et de Mathilde, son épouse, peut-être à l'occasion de la remise et de la première exposition de la tapisserie de Bayeux..
La nef était flanquée de bas-côtés surmontés de tribunes. Elle possédait également une tour-lanterne. .
Les éléments romans primitifs du encore visibles de nos jours sont formés de la crypte (1050-1060) et des tours du massif occidental (vers 1070-1090). La crypte est constituée de trois vaisseaux voûtés d'arêtes retombant sur des chapiteaux principalement ornés de feuilles d'acanthe. Sont également conservés dans la crypte deux chapiteaux du provenant de la croisée du transept et mis au jour à l'occasion des travaux de restauration de la tour centrale. Ils font partie des plus remarquables chapiteaux historiés normands d'époque ducale (1060-1070). Les autres éléments décoratifs, notamment les fresques, datent du .
Le massif occidental d'origine est désormais sous-jacent aux adjonctions d'époque gothique. C'est au rez-de-chaussée des tours que l'on perçoit le mieux les particularités de l'architecture romane normande primitive. Le voûtement du rez-de-chaussée de la tour sud, formé d'un classique berceau renforcé d'un arc doubleau, diffère notablement de celui de la tour nord, presque hémisphérique et renforcé de deux arcs doubleaux se croisant perpendiculairement.
Dès le début du , à la suite de l'incendie de l'édifice en 1105, lors du siège de la ville par Henri Beauclerc, sont entrepris d'importants travaux qui toucheront progressivement toutes les parties de l'édifice et se prolongeront jusqu'à la fin du par le couronnement de la tour centrale.
Les travaux de reconstruction semblent avoir été entrepris aussitôt par Richard de Douvres, grâce au roi d'Angleterre, selon Guillaume de Malmesbury. La cathédrale est à nouveau incendiée en 1160. Les travaux reprennent à la fin de l'épiscopat de Philippe d'Harcourt et se poursuivent sous Henri de Pardieu.
Le chantier débute vers 1120-1130 par la reprise des parties basses de la nef, typiques du roman normand. Appartient à ce cycle le décor des grandes arcades en plein cintre constitué de motifs géométriques agrémentés de masques fantastiques. Au-dessus, la paroi murale est composée d'un vaste tapis de motifs géométriques avec, dans les écoinçons, un ensemble de bas-reliefs historiés qui trouvent d'évidents parallèles dans les motifs des scriptoria contemporains du sud de l'Angleterre.
Période gothique vignette|gauche|210px|Dessin représentant la cathédrale en 1779. vignette|Chevet de la cathédrale Notre-Dame de Bayeux. Le chantier gothique débute par les bas-côtés de la nef vers 1180 dans un style directement emprunté à l'Île-de-France. Les murs extérieurs sont éliminés un siècle plus tard pour l'édification progressive des chapelles latérales (vers 1280-1350), entre les anciens contreforts..
Le chœur gothique réédifié en 1220/1228 est remarquable pour ses éléments typiquement normands : arcs brisés très aigus, profusion des colonnes et colonnettes, richesse du décor constitué de médaillons, rosaces ou quadrilobes ajourés dans les écoinçons, un vaste triforium remplaçant les tribunes au détriment des fenêtres hautes. Commencé par Robert des Ablèges, il est poursuivi par Thomas de Fréauville et achevé par Guy, enterré dans le nouveau chœur. La dendrochronologie situe la période entre 1224 et 1228..
Vers 1245-1255 on assiste à la reprise des parties hautes de la nef, dans un parti-pris différent avec suppression du triforium au bénéfice de vastes baies. C'est la première réalisation du style rayonnant en Normandie. Enfin, le transept reçoit sa nouvelle charpente en 1226 pour le croisillon sud et 1250 au nord, mais le décor n'est réalisé que dans la seconde moitié du .
Parmi les éléments gothiques remarquables de la cathédrale de Bayeux figurent également la salle du chapitre avec son labyrinthe pavé et la salle du Trésor qui conserve un mobilier remarquable (coffret d'ivoire du , chasuble dite de saint Regnobert du , armoire reliquaire du , siège épiscopal du ) dont l'accès est possible sous certaines conditions..
Le chantier gothique ne se limite pas aux espaces intérieurs de la cathédrale comme le prouve son aspect extérieur notamment sa façade occidentale. qui comprend le couronnement des tours romanes par des flèches et le rhabillage de la façade en style gothique ornée de cinq porches, le portail du transept sud dit « du doyen » et naturellement sa tour centrale.. Commencée dans la première moitié du , elle subit la foudre en 1425. Nicolas Habart commence sa restauration mais le chantier n'est repris que sous Louis d'Harcourt qui finance intégralement les nécessaires à sa réalisation (1477-1479). vignette|Travaux de couronnement de la tour centrale de la cathédrale (1865). Jouxtant l'édifice sur son flanc nord, se déploie un espace dévolu au clergé de la cathédrale, au centre duquel s'élève la bibliothèque du chapitre, édifice du milieu du qui rassemble encore de nos jours nombre d'ouvrages précieux dans un étonnant aménagement néogothique datant d'époque restauration..
Guerres de Religion Dès le déclenchement de la première guerre de Religion (1562-1563), la cathédrale est mise à sac par des calvinistes locaux menés par François de Briqueville (1535-1574), chef militaire du parti protestant en Normandie« François de Bricqueville de Colombières », notice biographique sur le site wikimanche.fr.. Les statues, stalles et orgues sont détruits tout comme les reliques du trésor..
Aménagements et restaurations depuis le Un nouveau jubé de pierre est construit en 1700, entre le chœur des chanoines et la nef des fidèles. La tour centrale est couronnée d'un dôme de style classique en 1713-1714, œuvre de l'architecte Jacques Moussard.. Ces réalisations ont lieu sous l'épiscopat de François de Nesmond.
Depuis la Révolution À la Révolution, de nouveaux pillages interviennent en 1790, puis la cathédrale devient un temple de la Raison.
Délaissée par la suite, elle subit de nombreuses détériorations. Des travaux de restauration sont entrepris au . En 1851 l'architecte Eugène Viollet-le-Duc émet des réserves sur la solidité de certaines parties de l'édifice : le jubé doit être détruit selon lui et des travaux d'étayage sont entamés. Viollet-le-Duc souhaite raser la tour centrale qui menace de s’effondrer, alors que les Bayeusains veulent la sauvegarder. Le dôme classique est démonté mais le reste est finalement conservé grâce à l'ingénieur Eugène Flachat, par une reprise en sous-œuvre sous la direction des architectes Henri de Dion et Louis Lasvignes (enterrement de tubes en fer rempli de béton dans les fondations puis reconstruction des piliers en pierre d'Aubigny). De 1865 à 1868, elle est recouverte d'un étage octogonal, d'un dôme de cuivre et d'une courte flèche par l'architecte diocésain Gabriel Crétin.
À la suite du concile Vatican II, afin de répondre à la modification du culte, un aménagement provisoire en bois est créé à la croisée du transept. C'est après trois projets avortés depuis les années 1990 que durant l'année 2019, l'aménagement définitif est réalisé sous la direction de Cyril Boucaud, architecte du patrimoine parisien. D'un coût de entièrement pris en charge par le diocèse de Bayeux-Lisieux, il comprend, afin d'assurer une meilleure visibilité pour les fidèles, un relèvement du sol avec la création d'un emmarchement en pierre, le nouvel aménagement liturgique comprend un autel, un ambon et une cathèdre en pierre de Caen, réalisés par l'entreprise Lefèvre, avec une décoration réalisée par Sophie Kliszowski, doreur-ornemaniste..
La DRAC de Normandie, avec le soutien de la commande publique du ministère de la Culture, a lancé une commande pour la création de nouveaux vitraux dans le transept. Ceux-ci avaient subis une réparation de fortune à la suite de la tempête de 1760. De nouveaux vitraux ont commencé à être installés en 2019, et ce jusqu'en 2025, œuvres de Véronique Joumard avec la collaboration de l'atelier Franz Mayer de Munich. Les vitraux se composeront de prismes et verres dichroïques, sur une surface totale de ...
Description La cathédrale est édifiée en pierre de Creully d'âge bathonien, qui est un calcaire oolithique d'un blanc grisâtre à beige. Les carrières d'Orival, de Creully et de Neufville ont été exploitées depuis au moins le pour extraire cette roche car dans le Bessin la pierre de Caen n'est plus présente. Pour parfaire au manque de cette pierre locale, les chantiers de restauration utilisent la pierre de Caen, roche biopelmicrite de couleur blanc crème, qui offre l'aspect d'une surface lisse..
Dimensions vignette|
Longueur totale Largeur de la nef Largeur des collatéraux Largeur des chapelles des bas-côtés Hauteur sous voûte Longueur du transept Hauteur des flèches de la façade occidentale Hauteur de la tour de l'horloge
L'extérieur La façade occidentale vignette|gauche|redresse| vignette|160px| La façade occidentale, qui fait face à une place située au croisement des rues des Cuisiniers, des Chanoines, de la Maîtrise et Lambert-Léonard-Le-Forestier, est encadrée par deux tours romanes avec des fenêtres en plein cintre à la base des flèches gothiques. Elles ont été renforcées par d'épais contreforts à ressauts après l'incendie de 1105.. Les deux tours sont flanquées d'une tour d'escalier romane, dont celle du nord est surmontée d'une guérite aménagée par les Anglais durant la guerre de Cent Ans lors de l'occupation de la ville de 1417 à 1450, faisant de cette tour du guet un poste d'observation privilégié..