Charles-Marie-Augustin de Goyon, comte de Goyon, né à Nantes (Loire-Inférieure), le , et mort à Paris le , est un militaire et Personnalité politique français du .

Fils de Michel-Augustin de Goyon, il fut aide de camp de Napoléon III et sénateur du Second Empire.

Biographie Charles Marie Augustin était le fils de Michel-Augustin, baron puis vicomte de Goyon, préfet napoléonien puis gentilhomme de la chambre du roi Charles X, et d'Antoinette Hippolyte Pauline de La Roche-Aymon.

Sa mère avait été dame (1815-1825) de S.A.R. madame la Dauphine ; sa grand-mère maternelle, la marquise de La Roche-Aymon (demoiselle de Beauvilliers), avait été dame de la reine Marie-Antoinette ; toutes deux avaient partagé les infortunes de cette malheureuse reine; arrêtées avec elle aux Tuileries, elles furent conduites à l'Abbaye, puis dans d'autres prisons.

Entré à l'école spéciale de Saint-Cyr en 1819, il en sortit en 1821 comme sous-lieutenant au de chasseurs à cheval, fit la campagne d'Espagne et fut détaché comme officier d'ordonnance auprès du lieutenant-général marquis de La Roche Aymon (son oncle maternel), commandant la division du corps en Catalogne, et il reçut la croix de chevalier de l'ordre de Charles III d'Espagne, comme témoignage de satisfaction de ses services.

Monarchie de Juillet Successivement lieutenant au (cuirassiers de la Reine, 1825), capitaine au même régiment (). Au mois d'août de la même année, il quitta le service actif, et se fit mettre en réforme sans traitement,

En 1832, croyant avoir assez satisfait aux devoirs de la reconnaissance, Charles-Marie-Augustin de Goyon crut pouvoir et devoir reprendre une carrière qu'il aimait et qui avait été celle de son choix, et il fut nommé capitaine au .

upright|thumb|right|Henriette Auriane de Montesquiou Fezensac (1813-1887). Le capitaine de Goyon avait épousé, le à Paris, Henriette-Oriane de Montesquiou-Fezensac.

En 1838, il fut attaché auprès de l'ambassadeur en Espagne, Raymond de Montesquiou, duc de Fezensac, son beau-père. Il n'y reste que quelques mois, et eut l'honneur, en rentrant en France, d'être chargé d'une mission assez importante de la part de Sa Majesté la reine Christine qui, en témoignage de sa satisfaction, le fit commandeur de l'ordre d'Isabelle la Catholique. Vingt ans plus tard, à Rome, ses services appréciés dans la ville sainte le firent nommer par Sa Majesté Isabelle II, reine d'Espagne, grand-croix du même ordre.

À la fin de la même année 1838, il regagna son corps.

Promu major au le , il fut fait chevalier de la Légion d'honneur le , passa au en qualité de lieutenant-colonel (1843) et fut appelé (1845) au commandement du de cette arme.

Deuxième République

Peu de temps après la révolution de février 1848, ayant été appelé à Paris avec son régiment, le colonel de Goyon put rendre encore des services signalés, au Manifestation du 15 mai 1848, lorsque l'Assemblée nationale fut envahie par une , et l'on peut dire que c'est grâce à l'énergie qu'il déploya dans ces graves circonstances et de sa promptitude d'action qu'il parvint à rétablir l'ordre menacé. Durant la répression des sanglantes journées de Juin, on trouve le partout : à l'Assemblée nationale, à la Bastille, dans le faubourg Saint-Antoine, à la barrière du Trône.

En 1850, le , M. de Goyon refusa le grade de général de brigade que l'opinion publique lui décernait et que le prince-président voulut lui donner. Il demanda comme faveur de rester à la tête du de dragons auquel tant de liens l'attachaient, au moins tant que ce régiment resterait à Paris.

C'est pour cette raison que son brevet de , ne lui fut remis que le , veille du départ de son régiment pour Lyon.

Le , le général de Goyon fut investi du commandement en chef l'école de cavalerie de Saumur. Il fit faire à l'école des progrès qui ont été continués par ses successeurs. C'est dans l'exercice de ce commandement qu'il fut créé commandeur de l'ordre du Christ de Portugal en témoignage des soins qu'il avait donnés l'instruction militaire de jeunes officiers portugais qui lui avaient été confiés.

Aide de camp de Napoléon III thumb|upright|le Général de Goyon, photographie de 1860 Le , le général de Goyon ayant été appelé à l'honneur de faire partie des aides de camp de l'Empereur, il dut, en raison de cette position nouvelle abandonner en mai son commandement de l'école de cavalerie, d'autant plus que, le de cette même année, il fut nommé commissaire extraordinaire du gouvernement pour les détenus politiques . Ayant à juger près de , plus ou moins égarés ou perdus, M. de Goyon siégeait à Bicêtre, où, les détenus de lui avaient été amenés. Ils rendirent hommage à sa justice et à son humanité dans une lettre ou Prince-Président que Son Altesse a bien voulu lui remettre.

Le général de Goyon eut l'honneur d'accompagner le Prince-Président dans son voyage en Sologne, et dans son voyage de 1852 dans le centre, au sud et à l'ouest de la France.

En 1853, lorsque le duc de Gênes (Ferdinand de Savoie (1822-1855)) vint en France, le général de Goyon fut mis par l'Empereur à la disposition de S.A.R. qui, satisfaite de son service auprès d'elle et le voyant déjà commandeur des saints Maurice et Lazare, lui remit le grand cordon du même ordre.

En , le général de Goyon fut envoyé, comme chef d'une mission, auprès de Sa Majesté l'empereur d'Autriche (François-Joseph ), pour assister aux grandes manœuvres du camp d'Olmütz (en Moravie) ; il fut reçu avec la plus grande distinction, ainsi que les officiers placés sous ses ordres. Cette mission emprunta un intérêt particulier à l'arrivée de l'empereur de Russie (Nicolas ) au camp d'Olmutz au moment même où la campagne de Crimée (1853-1856) se préparait. Le général revint en France vers la fin d'octobre, et l'Empereur satisfait de ses services dans cette mission, le nomma général de division par décret du .

En 1854, le général de Goyon fut nommé commandant de la division active de cavalerie à Lunéville (camp de Lunéville), où il eut l'honneur de recevoir Sa Majesté Napoléon III à son retour des eaux de Plombières, en . L'Empereur, après avoir assisté aux grandes manœuvres, aux établissements de camps et aux applications du service en campagne, daigna exprimer sa haute satisfaction au commandant supérieur du camp et aux troupes placées sous ses ordres, et la prouva en remettant de nombreuses récompenses. upright|thumb|right|Statue du général Drouot, cours Léopold à Nancy. C'est pendant ce commandement que le général de Goyon fut appelé à l'honneur de représenter l'Empereur, lors de l'inauguration de la statue élevée par la ville Nancy à son grand citoyen, le général Drouot, et qu'à l'occasion du passage de S.A.I. l'archiduc Maximilien à Lunéville et à Nancy, il reçut, en souvenir de sa mission de 1853 en Autriche, la croix de commandeur de l'ordre autrichien de Léopold.

Il cautionne par sa présence le la fondation par Augustin Louis Cauchy et Charles Lenormant de L'Œuvre des Écoles d'Orienthttps://www.oeuvre-orient.fr/wp-content/uploads/LE-CINQUANTENAIRE-DE-LŒUVRE-DES-ECOLES-DORIENT.04.07.2017.pdf, plus connue actuellement sous le nom de L’Œuvre d’Orient.. Il fut même membre de son Conseil généralVoir le fascicule de l’Œuvre des Écoles d’Orient publié à Paris, le 25 avril 1856 mentionnant la composition de son Conseil Général du de la même année. Vers 1856, le général possède l'Hôtel de Roquépine, au 31 de la rue d'Astorg, Paris .

Armée d'occupation de Rome Il quitta son commandement quand il fut nommé, le , au commandement de la division d'occupation à Rome (1856 - ), en remplacement du général de Montréal, alors admis au cadre de réserve pour limite d'âge.

Le général de Goyon considéra son commandement comme devant être toujours la manifestation du respect et du dévouement de la France et de son chef pour le souverain pontife, que les armes françaises avaient rétabli sur le trône de Saint-Pierre. Il s'assura promptement toute la confiance de Sa Sainteté, qui, dès le , le nomma grand-croix de son ordre de Pie IX.

C'est en 1858, que sous son commandement et sa direction, les fortifications nouvelles de Civitavecchia furent commencées, et terminées en 1859.

Le Saint Père visita en 1859 ces travaux importants, œuvre des officiers du génie et des soldats de la ligne français. Il en témoigna sa satisfaction par des récompenses accordées aux directeurs et conducteurs des travaux, et ordonna même qu'une inscription gravée sur une plaque de marbre blanc, et connaître à la postérité l'ouvrage des soldats français.

On sait l'élan que les succès français en Italie provoquèrent dans les États du Pape et le délire qu'excitèrent les nobles proclamations de Milan et autres lieux. Les sujets du Saint-Père voulaient répondre à l'appel fait à leur patriotisme ; cette excitation des esprits amena de nombreuses démonstrations qu'il fallait ou empêcher ou arrêter, car le but avoué d'honorer la France couvrait des projets hostiles au gouvernement papal que les soldats français devaient soutenir et faire respecter.

La position du général de Goyon était extrêmement difficile, puisque comme aide de camp de l'Empereur et comme officier général français, il ne pouvait qu'applaudir à , et devait cependant, dans l'intérêt du pouvoir qu'il était chargé de soutenir, contenir tous les élans, pour n'avoir pas à les réprimer par la force. D'autre part, il eut des démêlés fréquents avec le pro-ministre aux armées des États du pape Pie IX, M. de Mérode. Mais son attitude fut approuvée à Paris : il fut promu grand officier de la Légion d'honneur, le .

Le Sénat romain, reconnaissant, décerna au général de Goyon, par un vote unanime, et avec l'autorisation du Saint-Père, sous la date du , des Lettres de la noblesse romaine de l'ordre le plus élevé, en l'inscrivant au Livre d'or du Patriciat romain (Livre d'or de la noblesse capitoline). Le Souverain Pontife fit plus : il autorisa le sénat à étendre à la femme de M. de Goyon et à leurs enfants les mêmes honneurs du Patriciat romain.

L'empereur, en daignant récompenser la division d'occupation de ses services pénibles et si difficiles depuis 1859, éleva, par décret du , le général de Goyon à la dignité de grand-croix de l'ordre impérial de la Légion d'honneur.

Au mois de , le général de Goyon avait reçu l'invitation de se rendre à Paris, mais il ne put le faire que plus tard. Avant de quitter Rome, il alla présenter ses hommages de respectueux dévouement au Saint-Père qui, pensant qu'il ne reviendrait pas, lui remit son portrait en cadeau.

Le général partit pour la France. Le gouvernement pensant que, d'après l'effectif de l'armée pontificale (voir : Zouaves pontificaux), on pouvait réduire la division d'occupation au commandement d'un général de brigade, le général de Goyon fut invité à reprendre son service d'aide de camp de l'empereur, et à quitter son commandement, par lettre en date du , extrêmement flatteuse, puisqu'elle lui exprime les remerciements du gouvernement pour les services qu'il a rendus durant sa mission à Rome.

Le général de Goyon se rendit alors au conseil général de son département (Côtes-du-Nord), puis dans sa terre de Bretagne.

À peine y était-il installé, qu'il fut appelé à Paris pour y recevoir des ordres. Il partit en toute hâte le , et le au matin, il était chez le ministre de la Guerre, qui lui confirma ses prévisions et lui remit le décret qui, à la date même de ce jour, l'investissait de son ancien commandement, mais avec un effectif double de celui qu'il avait auparavant.

Le général accepta avec empressement l'appel fait à son dévouement, heureux d'aller se consacrer encore au service d'une cause qui lui est chère. Le , il prit la mer à Toulon, emmenant avec lui le de ligne, une batterie d'artillerie et un escadron du de hussards.