vignette|Drapeau de SYRIZA. La Coalition de la gauche radicale – Alliance progressiste, abrégée en SYRIZA (en grec : , acronyme courant de son nom complet ) est un parti politique grec de centre gauche ou de gauche.
SYRIZA trouve ses origines dans une coalition de partis de gauche et d'extrême gauche fondée en 2004. Celle-ci comprenait un large spectre de formations politiques (treize au total) et de politiciens indépendants, comme des communistes pro-européens (eurocommunisme), des écologistes, des socialistes et des eurosceptiques. Aléxis Tsípras, ancien président de Synaspismós, le mouvement le plus important de la coalition, en devient le président le . La coalition est transformée en parti en 2013. SYRIZA est membre du Parti de la gauche européennePartis membres du GUE, site officiel GUE.
En 2012, SYRIZA devient la deuxième force politique de Grèce au Parlement et le principal parti d'opposition au gouvernement d'Antónis Samarás. Il devance le parti du Premier ministre (Nouvelle Démocratie) lors des élections européennes de 2014, en obtenant 26,58 % des suffrages et six sièges.. À la mi-2014, des sondages d'opinion indiquent que SYRIZA est devenu le parti le plus populaire du pays.
Lors des élections législatives de 2015, il obtient 36,3 % des voix et une quasi-majorité de sièges au Parlement.. Douze membres du parti sont membres du gouvernement Tsípras.
En 2019, SYRIZA perd quasiment la moitié de ses sièges, redevenant ( après son accession au pouvoir - avec ), un parti d'opposition derrière Nouvelle Démocratie de Kyriákos Mitsotákis.
Parti socialiste démocratique, progressiste et social-démocrate, Syriza a une position pro-européenne. Syriza défend également l'altermondialisme, les droits des LGBT et la laïcité. Dans le passé, SYRIZA était décrit comme un parti populiste de gauche typique., mais cela a été contesté après son mandat gouvernemental et sa récente opposition.
Composition et orientations politiques Composition politique vignette|droite|Ancien président de SYRIZA, Alékos Alavános, parlant à Athènes. En 2015, sont effectivement membres de SYRIZA les partis et organisations politiques suivantes.. Citoyens actifs (Ενεργοί Πολίτες) : un parti socialiste démocratique et patriote. Groupe politique anticapitaliste (ΑΠΟ) : parti trotskiste. Association des citoyens de Riga (Velestinli) : un parti à la fois internationaliste et patriote, défendant les idées de démocratie, d'écologisme et de justice sociale.. Synaspismós (Coalition de la gauche, des mouvements et de l'écologie) : parti socialiste démocratique., écosocialiste., eurocommuniste. et féministe. Organisation communiste de Grèce (KOE) : parti maoïste. Plateforme communiste de SYRIZA : section grecque de la Tendance marxiste internationale à l'idéologie trotskiste.. Mouvement social démocratique (DIKKI) : parti nationaliste de gauche, socialiste. et eurosceptique.. Écosocialistes de Grèce : parti écosocialiste et écologiste. Gauche ouvrière internationaliste (DEA) : parti révolutionnaire de sensibilité trotskiste. Mouvement pour l'Unité d'action de la gauche (KEDA) : parti marxiste-léniniste. Nouveau combattant : parti socialiste démocratique. Groupe de la gauche radicale - Roza : parti luxemburgiste et féministe. Radicaux (Ριζοσπάστες) : parti socialiste démocratique et patriote. Rouge (Κόκκινο) : parti trotskyste. Gauche écologique, communiste et rénovée (AKOA) : parti socialiste démocratique, eurocommuniste et écologique. Union du centre démocrate (EDIK) : parti radical et social-libéral. Mouvement unitaire : parti socialiste démocratique. Ainsi qu'un certain nombre de militants de gauche indépendants.
Idéologie vignette|Affiche électorale de SYRIZA de 2007. L'affiche défend les valeurs de l'écosocialisme. « Leur « développement » brûle nos forêts »). Le parti se réfère principalement aux principes du socialisme démocratique et de l'anticapitalisme.
La principale composante de SYRIZA, Synaspismós, se revendique également de l'écosocialisme Paul Mason, « Trying to understand Syriza », paulmasonnews.tumblr.com, 12 mai 2012 et de l'eurocommunisme Yorgos Mitralias, « SYRIZA, o lo sfondamento magistrale di un’esperienza unica e originale », vittorioagnoletto.it, 20 mai 2012, mais au sein de la coalition il y a aussi des réalités politiques bien différentes qui se réfèrent plus ou moins explicitement au maoïsme et au trotskysme Richard Seymour, « Isg - International Socialist Group », internationalsocialist.org.uk, mai 2012.
SYRIZA a été décrit comme un parti antisystème., dont le succès a créé .. Bien qu'il ait abandonné son ancienne identité, celle d'une voix de protestation de la gauche dure, devenant plus populiste de gauche, et qu'il ait déclaré qu'il n'abandonnerait pas la zone euro., son président Aléxis Tsípras a déclaré que . Le vice-président du Parlement européen et eurodéputé de Syriza, Dimítrios Papadimoúlis, a déclaré que la Grèce devrait ., et qu'. Tsipras a précisé que Syriza , bien que le parti ait été considéré par certains observateurs comme une force eurosceptique douce pour avoir prôné une autre Europe sans austérité ni néolibéralisme.. Depuis qu'il gouverne, le parti a adopté une position plus pro-européenne, affirmant que ses réformes réglementaires, tout en restant dans la zone euro, permettaient au gouvernement, selon les termes de Filippa Chatzistavrou, . En 2019, Syriza est devenu un grand parti de centre gauche, profitant de l'effondrement du PASOK, parti traditionnel de centre-gauche. Tsipras a déclaré que son objectif était de construire un large front progressiste sans abandonner l'idéologie de base du parti et la coalition de gauche. En outre, bien que le parti compte de nombreux adhérents de religion chrétienne, il défend la laïcité et dénonce les privilèges dont bénéficie l'Église orthodoxe de Grèce en tant que religion d'État..
En ce qui concerne les politiques économiques, SYRIZA s'est toujours déclaré contre les politiques néolibérales de l'Union européenne et, en général, les institutions économiques internationales. Le parti politique propose pour y contrer une et une John G. Milios, « Neoliberal Europe in Crisis: SYRIZA’s Alternative », Studies in Political Economy, vol. 91, 2013E. Papadopoulou, G. Sakellaridis (dirs), The political economy of public debt and austerity in EU, Athènes, 2012 « SYRIZA leader: « Neoliberal policy dangerous » », amna.gr, 23 avril 2012.
Le parti SYRIZA, qui depuis sa fondation a porté des idées féministes et antiracistes, se définit comme « Syriza: chi siamo, che cosa vogliamo », sinistracritica.org, 10 janvier 2013.
SYRIZA met au centre de son programme légalisation du mariage entre personnes de même sexe et des politiques en faveur du droit d'asile pour les immigrés.
Parmi les points défendus par SYRIZA, on peut citer « Programme électrole de SYRIZA », web.rifondazione.it : Renégocier la dette publique. Augmenter l'impôt sur le revenu à 75 % sur tous les salaires au-dessus de . Interdire aux policiers de porter des masques et des armes à feu durant les manifestations. Réviser la formation des policiers sur les questions sociales. Introduire une taxe sur les transactions financières et une taxe spéciale sur les produits de luxe. Réduction drastique du budget militaire. Augmenter le salaire minimum jusqu'à par mois. Nationalisation des hôpitaux privés et des banques. Création d’un impôt progressif sur les propriétés étendues. Soins médicaux, et pharmaceutiques gratuits, pour les chômeurs sans assurance. Programme de repas subventionnés pour sans revenus. Électricité gratuite pour foyers. Abolir les privilèges fiscaux dont jouissent l'Église et les armateurs. Combattre le secret bancaire et la fuite des capitaux à l’étranger. Utiliser les bâtiments du gouvernement, des banques et des églises pour loger les sans-abri. Ouvrir des cafétérias dans les écoles publiques pour offrir un petit-déjeuner et un déjeuner gratuits aux enfants. Égalité de rémunération entre hommes et femmes. Réformer la constitution pour garantir la séparation entre l'Église et l'État et la protection du droit à l'éducation, à la santé et à l'environnement. Retrait des troupes grecques d'Afghanistan et des Balkans: pas de soldat en dehors des frontières de la Grèce. Abolir les accords de coopération militaire avec Israël. Soutenir la création d'un État palestinien sur les frontières de 1967. Fermer toutes les bases étrangères en Grèce et quitter l'OTAN. Autoriser le mariage entre personnes de même sexe.
En , un député de SYRIZA, Tasos Kourakis présente au Parlement grec un projet de loi qui prévoit la séparation de l'Église et de l'État, jamais réalisé dans le pays. Des projets comme ceux-ci montrent la forte présence des idées laïques au sein du parti, soutenues par ses membres « MP Kourakis’ «Church-Tax» proposal sparks new dispute between ND-SYRIZA », keeptalkinggreece.com, 28 janvier 2013.
Positionnement politique
Opposé à l'orientation libérale de la politique de l'Union européenne actuelle, SYRIZA est, à son arrivée au pouvoir, décrit par les journalistes et commentateurs politiques, comme appartenant à l'extrême gaucheArnaud Leparmentier, « Syriza ou le masque de Solon », lemonde.fr, 21 janvier 2015« Grèce : le parti d'extrême-gauche Syriza favori mais… », francetvinfo.fr, 30 décembre 2014Thierry Portes, « Syriza, des poupées russes communistes au parti unifié », Le Figaro, samedi 24 / dimanche 25 janvier 2015, page 2 ou à la gauche radicale.« Que veut Syriza, la gauche radicale aux portes du pouvoir en Grèce ? », lexpress.fr, 29 décembre 2014« Les Grecs donnent le pouvoir à Syriza, la gauche radicale », lci.tf1.fr, 26 janvier 2015« Yves Bertoncini : « Syriza est emblématique du combat de la gauche radicale » », la-croix.com, 25 janvier 2015.
Cependant, son acceptation des mesures d'austérités imposées par la troïka (nom donné en Grèce aux experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international) amènent certains observateurs à ne plus le considérer comme un parti de gauche radicale ou d'extrême gauche mais au contraire à le percevoir comme un parti de centre gauche dans sa manière de gouverner. Fin , le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon a demandé l'exclusion de SYRIZA du Parti de la gauche européenne, estimant que la formation grecque se compromettait avec le ..
Le congrès de 2022 de SYRIZA est marqué par le débat entre deux lignes, l’une, majoritaire, visant à faire du parti une « alliance progressiste » rassemblant toutes les sensibilités de la gauche ; l’autre poussant la formation à se forger son propre espace politique sur une ligne de transformation sociale. Le repositionnement du parti au centre gauche est sanctionné par les électeurs aux législatives de 2023, avec seulement 20 % des voix, Syriza n'étant plus perçue comme capable de changer en profondeur la société.
Histoire Création Le processus de formation de SYRIZA fut lent et long. Le parti trouverait ses origines dans l'« Espace de dialogue pour l'unité et l'action commune de la gauche » () né en 2001 pour débattre de questions telles que la guerre au Kosovo ou les privatisations.
Cet Espace amena à la création de coalitions électorales pour les élections locales de 2002. Une de ces coalitions les plus efficaces fut celle menée dans la circonscription d'Athènes-Le Pirée par Manólis Glézos.
La naissance officielle de SYRIZA est cependant liée aux élections législatives de 2004 . Les membres de l'Espace créèrent en effet alors un programme qui pourrait servir à une alliance électorale. Les partis fondateurs de cette alliance sont le Synaspismós, la Gauche du renouveau écologique et communiste (AKOA), la Gauche ouvrière internationaliste (DEA), le Mouvement de la gauche unifiée dans l'action (KEDA) (une scission du KKE), les Citoyens actifs (une organisation proche de Manólis Glézos).