Pierre Corbineau (1600Son acte de décès porte l'âge de 78 ans. - , Rennes), architecte français. Il fait partie d'une famille d'architectes français : les Corbineau. On les trouve simultanément en Anjou et au comté de Laval.
Biographie Origine
Il est le fils d'Étienne Corbineau, architecte à Laval avec qui il collabore. Il épouse Marie Beaugrand, veuve de l'architecte lavallois, François HoudaultElle en avait eu deux enfants Anne, mariée à François Beaucé, sieur de la Lande, maître arquebusier, morte avant 1671, et François qui, élevé au foyer de Pierre Corbineau, devint architecte. François Houdault épousa Françoise Fayau, morte le 15 septembre 1690, lui-même était mort avant 1680. En 1646, il habite Château-Gontier il avait jadis construit un maître-autel en l'église de Saint-Berthevin. Les habitants de Parigné, qui le trouvaient à leur goût, signèrent avec François Houdault, maistre architecte à Château-Gontier une convention par laquelle il s'obligeait à construire un grand autel en ladite église de Parigné, suivant et conformément au dessin représenté par luy et sur lequel il a desjà marchandé un autre autel en l'église de Saint-Berthevin, et auquel sera adjousté deux portes pour aller au derrière dudit autel, et sur le hault sera adjousté une niche avec deux petites colonnes de marbre rouge de 3 pieds et demi de long, et quatre colonnes de marbre rouge ou noir au choix des-dits habitans, qui seront de longueur de 5 pieds et demi chacune, et lequel autel sera enrichy d'architecture et ornemens suivant ledit dessin. Il devait fournir le marbre, le tuffeau et le plâtre, transportés aux frais des habitants, qui se chargeaient de la pierre de construction, du sable, de la chaux; il recevait 1.520 livres tour nois et avait, pendant la durée de son travail, une chambre avec un lit et une table. En 1675, François Houdault assistait au mariage de sa fille Catherine avec François Huguet il mourut peu après. En 1680, sa veuve habite la maison de la Guinoisellerie, héritage de Marie Beaugrand; elle y mourut en 1690. Il laissait six enfants François, sieur du Fresne, architecte comme son père et son grand-père; Pierre, maître chirurgien Adrien, soldat aux armées du Roi, Catherine, femme de François Huguet Françoise et Marie, mortes célibataires, la première le 16 septembre 1715, la seconde le 4 janvier 1736..
Pierre Corbineau a un fils, Gilles qui reçoit avec son demi-frère les leçons de son père et est architecte comme son pèreÀ la mort de ses parents, Marie Beaugrand avait hérité d'une maison contiguë à la porte Beucheresse le 9 février 1627, le ménage s'y transportait. Le comte de Laval, Henri de la Trémoïlle, semble avoir pris plaisir à rendre cette demeure agréable à son architecte. En 1632, il lui accorde la concession à perpétuité, moyennant une redevance annuelle de six livres, de jardins contigus à sa maison avec l'exploit de ladite porte du costé dudit jardin en 1646, par acte daté du château d'Olivet, il lui fait la remise de cette redevance, le qualifiant de mestre architecte et particulier de notre ville de Laval. En 1643, il l'autorise à clore de deux portes l'espace des murailles qui est depuis la guérite proche la porte Beucheresse jusqu'à la tour qui est au droit des cours des maisons dudit Corbineau et de M. Hiérosme Freulon, sieur de la Soucherie. Ainsi Corbineau recevait, à titre perpétuel, bien que révocable en droit, la jouissance d'une partie du rempart et de la plate-forme d'une des tours de la porte Beucheresse. Un peu plus tard, il est propriétaire de la closerie et du logis de la Guinoisellerie, près de Laval. et une fille, Marie, née un peu avant 1630, qui, en 1650, fit sa profession religieuse chez les Ursulines de Château-Gontier.
Pour Jacques Salbert, il est possible que sa formation d'architecte ait été complétée chez un autre architecte, peut-être Jacques Corbineau.
Style Les Corbineau se rattachent à l'école de Jean Bullant et comme lui, ils se plaisent à employer l'appareil en bossage, les ordres superposés, les frises ornées de triglyphes.
Ursulines de Laval En 1617, Étienne Corbineau traite avec les Ursulines, provisoirement installées au Pont-de-Mayenne, pour la construction du monastèreIl s'engage à construire l'église, la maison conventuelle et autres bâtiments, au prix de 65 sols la toise, vingt et une comptées pour vingt, tous les matériaux et échafaudages nécessaires lui étant fournis sur place le marché stipule quelques détails du portail et de la tribune de l'église.. En 1623, cet édifice était suffisamment avancé pour qu'un nouveau marché pût être conclu entre Pierre Cornillau, mandataire des Ursulines, et « Estienne et Pierre les Corbineaulx, maistres architectes » ceux-ci s'engagent à faire et fournir pour le prix de 1.300 livres le maître-autel, la « chaire du prédicatoire » en pierre avec marbre de Saint-Berthevin et marbre noir de la Chamberière, et deux bénitiers de marbre, le tout conforme aux dessins qu'ils en ont remis et où la pierre de Saint-Berthevin est « figurée de rouge ».En 1627, les Ursulines prenaient possession de leur monastère. Il s'agit de la première collaboration entre le père et le fils. Le retable disparait en 1848Lors d'un remaniement de la décoration intéreiure..
Bénédictines de Laval Le , Étienne et Pierre Corbineau s'engagent vis-à-vis des Bénédictines de Laval à construire leur monastère, chapelle, dortoirs, réfectoire, chapitre, parloirs, etc.Au prix de 60 sols la toise carrée, la pierre leur étant fournie sur carrière l'église aura telles dimensions qui seront fixées par les religieuses. Le portail, avec vitrail au-dessus, sera enrichi au moins autant que celui des UrsulinesLes pignons seront faits a rempaulx et pareils à ceux des Ursulines ou de Patience.. Six ans plus tard, en 1636, les Corbineau signent un marché pour le maître-autel de tuffeau et de marbre, pour la clôture du chœur supportant les grilles, également en tuffeau enrichi de marbre, pour un portail sur le GastLe règlement de comptes est daté du 3 janvier 1639. Un petit texte, postérieur de quelques années, nous montre que Corbineau ne dédaignait pas des travaux moins valeureux en 1638, il l'oblige vis-à-vis de son ami Jean Lemercier, sieur des Chênes, à construire les murs de clôture de son verger de la Pirauderie. En 1641, contrairement à ce qu'indique J.-M. Richard, c'est Pierre Corbineau seul qui élève le mur de façade d'une maison de la rue des Orfèvres. Cette façade en marbre de Saint-Berthevin existe toujours..
Retable lavallois thumb|Le grand retable de la Sainte-Trinité de Laval. Pour Jacques Salbert, Pierre Corbineau et son père sont les responsables de l'élévation en 1630 du retable des Minimes de Tours aujourd'hui disparuLes sculptures sont livrées en 1631 par Charles Hoyau, Étienne et Pierre fournissent le marbre et firent le marquetage du grand autel et du tombeau<ref>M.-F. Rose, Le décor des églises de Touraine au , .</ref>.
Pierre Corbineau est à l'origine de la majorité des grands retables de Laval : la maître-autel de l'église des Cordeliers avant 1636, l'autel Saint-François en 1637, et vraisemblablement des autels Saint-Joseph, Saint-Pierre er du Sacré-Cœur de la même église, ainsi que du maître-autel de l'église de la Trinité.
Buron d'Azé En 1638, le Monastère de BuronCouvent des Franciscains. à Azé fait appel aux CorbineauLes archives notariales de Château-Gontier conservent un marché de tuffeau passé entre les religieux et Abel Moreau du 26 avril 1638 : Moreau doit fournier du tuffeau et l'appareil de 6 cheminées suivant et au désir du mémoire que en a faict le sieur Corbineau. Il est donc possible que les Corbineau soit à l'origine du portail du Buron, seul vestige actuel de l'Abbaye.
Collège des Jésuites de la Flèche thumb|left|alt=Photographie présentant le retable du chœur, de style baroque.|Retable du chœur, de style baroque. Pierre s'oblige, le , vis-à-vis des Jésuites de la Flèche, à faire le grand autel de leur Église Saint-Louis de La Flèche, que construit l'un des leurs, Étienne MartellangeIl devait tout fournir, à la réserve de la pierre à maçonner, de la chaux et du sable, et recevoir pour son salaire et ses fournitures livres tournois, trois septiers de blé et trois pipes de vin.. Le travail est supervisé par François Derand.
L'autel est terminé et consacré avec l'église, en 1637, par Claude de Rueil, évêque d'Angers. Il est possible qu'il soit aussi à l'origine de la construction de l'hôpital de La Flèche, et peut-être du portail du collège des JésuitesSon style est très proche de celui des grands retables..
Églises de Laval En ce même temps, plusieurs églises de Laval faisaient reconstruire leurs grands autels suivant la nouvelle architecture en vogue. Le , on posait la première pierre du maître-autel de l'église Saint-Vénérand de Laval et le travail était terminé l'année suivante.
Jacques Salbert attribue l'élévation du retable du maître-autel à l'église des Cordeliers de Laval à Pierre Corbineau. En complément, un marché est conclu le avec Pierre Corbineau, maistre architecteur, par lequel il promet de tenir l'autel Saint-François de l'église des Cordeliers de Laval terminé pour le premier dimanche de carêmede tuffeau blanc pareil en couleur et de mesme nature à celluy du grand autel de ladite église, enrichy de marbre noir jaspé suivant le dessin que ledit Corbineau en a représenté», pour le prix de 900 livres on outre gravera icelui Corbineau les armes dudit deffunt (François Cazet) dans les pierres d'attache qui sont au costé du vitrail de ladite chapelle.. Ce retable devait être terminé pour le premier dimanche de carême de l'année suivante.
Domalain, Piré, Drouges, Verger-au-Coq Le maître-autel de Domalain est construit en 1637 par Pierre Corbineau- Retable et gradin d'autel de Domalain. Le retable possède la même structure que celui de l'église de la Trinité de Laval.
thumb|Le retable du maître-autel de l'église Saint-Pierre de Piré-sur-Seiche, représentatif de l'école lavalloise. Corbineau passe marché avec les habitants de Piré, le , pour la construction de deux autels dans leur église où déjà, en 1631, il a élevé un maître-autel qui subsiste encore. Il travaille à sa réalisation avec Pierre Biardeau.
L'église de Drouges comporte 2 petits retables latéraux, celui de gauche étant une œuvre de Pierre Corbineau- Retable latéral sud et tabernacle de Drouges réalisée entre 1637 et 1640- Retable et tabernacle de Drouges. Il réalise aussi celui de l'église du couvent des Cordeliers de Rennes.
Le retable de la chapelle du château du Verger au Coq- Chappele du Château du Verger-au-Coq à Saint-Germain-sur-Ille est attribué à Pierre Corbineau vers 1640.
Abbaye Saint-Pierre de la Couture Jacques Salbert attribue l'élévation du retable en 1641 à l'Abbaye Saint-Pierre de la Couture à Pierre CorbineauIl s'étonne de n'en voir aucune référence dans toutes les études effectuées sur Le Mans.. Architecte et marbre Nommé architecte de la ville de Laval en 1645, Pierre Corbineau est associé comme son père à d'autres architectes pour l'exploitation des marbres de Saint-BerthevinÉtienne obtient une concession de carrière d'Adenette Gastin, dame du Chastellier il doit ouvrir, en comblant la partie abandonnée et mettant avec soin la bonne terre en dessus, et payer 4 livres tournois par charretée de marbre.. Ce marbre trouvait son emploi dans les autels que construisaient les Corbineau.