Les bégonias sont des plantes à fleurs du genre Begonia, qui représente la quasi-totalité de la famille des Bégoniacées, avec plus de décrites..

À quelques exceptions près, les bégonias sont facilement reconnaissables à leurs feuilles asymétriques et aux fragiles fleurs à minuscule cœur jaune, parfois très dissemblables sur un même pied, selon qu'elles sont mâles ou femelles, puisque ce sont des plantes monoïques strictes. Les autres caractères apparaissent au contraire très variables d'une espèce à l'autre, tant par la forme ou la couleur du feuillage et des fleurs, que par le port ou la hauteur, qui s'échelonne de quelques centimètres à . À ces espèces botaniques, il faut ajouter presque autant d'hybrides et de multiples cultivars horticoles.

Les bégonias sont principalement originaires des régions tropicales chaudes et humides d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale et d'Asie du Sud-Est, mais on trouve également des bégonias sauvages qui poussent en Afrique tropicale ou encore en Chine du sud. Quelques espèces se sont néanmoins adaptées à des zones plus froides ou sèches en développant des organes souterrains, qui survivent à la mauvaise saison en stockant des réserves tandis que le feuillage disparait. C'est le cas notamment des bégonias tubéreux qui résistent à plus de dans la cordillère des Andes. Enfin, l'exceptionnellement rustique B. grandis se trouve jusqu'à dans l'Himalaya.

Il convient de bien différencier les bégonias botaniques des bégonias horticoles. Les premiers sont des espèces ou hybrides d'origine naturelle, regroupés au sein de ce grand genre en plus de soixante-dix sections. Au , de nouvelles espèces sont encore décrites régulièrement. Elles sont découvertes soit au gré des collectes faites lors d'expéditions de terrain qui rapportent de nouveaux spécimens types, soit à la faveur des progrès de la botanique permettant de mieux différencier les anciennes récoltes. Les bégonias horticoles, quant-à eux, sont des plantes qui ont été cultivées, d'abord en Asie pour leurs propriétés médicinales, puis par les occidentaux qui les importent et commercialisent les premières variétés ornementales au milieu du . Elles ont été depuis lors croisées entre elles, presque à l'infini, pour obtenir d'innombrables cultivars, patiemment sélectionnés afin de répondre mieux encore aux exigences des collectionneurs et des fleuristes, du point de vue esthétique ou de la résistance aux agressions environnementales ou aux maladies.

Comme la classification scientifique des bégonias n'est pas aisée, les amateurs distinguent, pour plus de facilité, sept ou huit grands groupes de bégonias, basés sur leur morphologie : les bégonias semperflorens, à floraison continue ; les tubéreux ; les rhizomateux, dont les bégonias rex au feuillage très coloré ; les bambusiformes qui ont une tige semblable à du bambou ; les arbustifs ; les bégonias à tiges épaisses et enfin les rampants ou grimpants.

Décrits et nommés à la fin du , les bégonias font d'abord le bonheur des collectionneurs du , tant ils sont aisés à multiplier et à hybrider, avant de devenir rapidement populaires pour leur floraison spectaculaire ou leurs feuillages décoratifs. On en cultive aussi bien dans les jardins que dans les intérieurs.

Dans leur pays d'origine, ces plantes ont aussi un usage médicinal traditionnel, principalement pour la présence d'oxalates et de cucurbitacine dans leur composition. Le goût acidulé du feuillage de nombreuses espèces est aussi apprécié pour relever les plats, comme on le ferait avec de l'oseille.

Étymologie Le nom générique, Begonia, vient de celui donné au à une plante originaire des Antilles par le père Charles Plumier, un botaniste français. Il l'avait choisi en hommage à Michel Bégon qui fut gouverneur de Saint-Domingue (1680) puis Intendant de la Marine à Rochefort (1688). Ceci explique également le choix de cette ville française de Charente-Maritime pour héberger le Conservatoire national du bégonia, rue Charles Plumier.

Grands types de bégonias

L'espèce type du genre Begonia est Begonia obliqua L.

Les plantes de ce genre sont dans l'ensemble facilement reconnaissables pour un œil averti à leurs feuilles asymétriques, à quelques exceptions près, et l'aspect des fragiles fleurs, différentes selon qu'elles sont mâles ou femelles, caractéristiques de plantes monoïques. En revanche, il s'avère beaucoup plus compliqué de différencier les espèces entre elles, tant elles présentent de variabilité à la faveur des hybridations spontanées. En parallèle des classifications scientifiques botaniques, les horticulteurs préfèrent classer ces plantes selon leurs caractéristiques formelles qui, le plus souvent, conditionnent aussi leur mode de culture.

Dès 1903, l'horticulteur lillois Adolphe van den Heede distingue quatre grands groupes de bégonias : tubéreux, herbacés, buissonnants, et sans tiges ou rhizomateux Mark C. Tebbitt, Begonias: Cultivation, Identification, and Natural History en collaboration avec le Brooklyn Botanic Garden, Timber Press, 2005. , ..

Par la suite on a tenté de regrouper plus précisément ces plantes, selon leurs organes souterrains (fibreux, rhizomateux, bulbeux ou tubéreux), leur port (arbustif, bambusiforme, grimpant, retombant...), leurs organes aériens (tiges épaisses, feuillage...) ou encore leur lignée (Semperflorens-cultorum, Rex-cultorum, Eliator, Lorraine...).

En règle générale, les horticulteurs européens qui font pousser principalement des cultivars à grandes fleurs distinguent cinq groupes principaux : les bégonias Eliator, Lorraine, Semperflorens-cultorum, tubéreux et à feuillage.

Les nord-américains qui cultivent une plus grande diversité d'espèces à floraison modeste, pour des raisons climatiques, distinguent quant à eux huit groupes, dont les B. rex qui sont également rhizomateux : Semperflorens-cultorum, tubéreux, rhizomateux, Rex-cultorum, bambusiformes, arbustifs, à tiges épaisses et enfin rampants ou grimpantsHorticultural Classifications sur le site de l'American Begonia Society, consulté le 23 janvier 2018..

Les collectionneurs français répertorient à peu près les mêmes grands types de bégonias que leurs homologues britanniques ou américains, distinguant parfois un neuvième ensemble, pour les espèces épiphytes : bégonias semperflorens, tubéreux et semi-tubéreux, rhizomateux, rex, bambusiformes, arbustifs et buissonnants, à caudex, rampants et grimpants, épiphytesLa classification horticole sur le site de l'AFABEGO, consulté le 19 décembre 2019..

Bégonias semperflorens thumb|Bégonias semperflorens Cette lignée horticole est appelée Begonia ×semperflorens-cultorum ou Begonia Groupe Semperflorens-cultorum.

La floraison s'échelonne toute l'année ( signifie « toujours », en latin), avec toutefois une plus grande profusion en été. Les fleurs simples ou doubles, ont des nuances de rouge, rose ou blanc. Ce sont des plantes à massifs, très populaires en horticulture, qui forment un groupe important d'hybrides et cultivars, obtenu au départ par hybridation entre deux espèces naines à port compact : Begonia cucullata et Begonia subvillosa.

Bien qu'ils soient naturellement vivaces, les bégonias « semperflorens » sont aussi appelés « bégonias annuels » car, ne supportant guère le gel, ces plantes sont le plus souvent reproduites chaque année à partir de semis. Pourtant, dans les régions où un tel froid n'est pas à craindre, les bégonias semperflorens forment des buissons vivacesSemperflorens Begonias sur le site de l'American Begonia Society, consulté le 9 mars 2018.. Quelques cultivars plus résistants peuvent même supporter une courte période de gel en dessous de (zone de rusticité 7) Rekha Morris An Old Begonia Gets a New Name, The Begonian, Volume 72 (January/February 2005), pages 6 - 7..

Ce sont des bégonias à racines fibreuses dont le feuillage est brillant, comme ciré, sans poils, d'un vert vif plus ou moins teinté de brun rouge, parfois très foncé, tandis que l'espèce Begonia subvillosa donne des feuilles recouvertes d'une feutrage blanc ou brun. Quelques cultivars peuvent aussi se panacher de blanc.

Par hybridations successives, cette lignée c'est agrandie encore par la suite. Notamment avec le populaire Begonia × hybrida 'Dragon Wings', dont la marque est déposée en 1997. Issu du croisement avec un bégonia à port de bambou d'Argentine, identifié par la suite comme étant Begonia descoleana, ce cultivar est beaucoup plus érigé, il possède des feuilles d'aspect ciré, mais plus allongées, et une abondante floraison, mais stérile..

Bégonias tubéreux thumb|left|Un bégonia tubéreux (B. sutherlandii) Les bégonias tubéreux sont vivaces et possèdent des organes de réserve qui prennent la forme de tubercules semi-succulents, de forme aplatie, ou parfois plutôt de bulbes. Ceci assure l'alimentation de la plante en eau et en nutriments durant la mauvaise saison. En effet, les plantes de ce groupe perdent leur partie aérienne à l'automne et connaissent une période de dormance jusqu'au printemps suivant Tuberous Begonias sur le site de l'American Begonia Society, consulté le 4 mars 2018.. Cette période de repos, au frais et à l’ombre, est nécessaire. Elles apprécient souvent un air humide, sans excès, mais pas l'eau stagnante dans le sol qui doit être suffisamment drainant pour éviter la pourriture It's Easy to Grow Tuberous Begonias sur le site de l'American Begonia Society, consulté le 4 mars 2018. Brad Thompson Storing Tuberous Begonias for the Winter sur le site de l'American Begonia Society, consulté le 4 mars 2018. Tuberous begonias: most spectacular flowers sur le site de l'American Begonia Society, consulté le 4 mars 2018..

Les bégonias tubéreux se distinguent également par une floraison souvent spectaculaire, et bien que certaines plantes restent discrètes, d'autres émettent un parfum ou arborent des fleurs de la taille d'une assiette, parfois doubles ou bien frisées, et de toutes couleurs, y compris en dégradés, sauf du bleu. Les tiges peuvent avoir un port retombant ou bien rigide et il arrive que le feuillage, le plus souvent ordinaire, soit également décoratif, voire atypique comme chez Begonia bogneri dont l'aspect filiforme évoque une graminée..

Quelques espèces sont des microtubéreux, comme Begonia elachista Moonlight & Tebbitt sp. nov., décrite en 2017 et qui ne dépasse pas de haut, soit la plus petite espèce de bégonia connue jusqu'alors Peter Watson Moonlight, Carlos Reynel & Mark Tebbitt, Begonia elachista Moonlight & Tebbitt sp. nov., an enigmatic new species and a new section of Begonia (Begoniaceae) from Peru, publié dans le European Journal of Taxonomy 2017 (281) - Pages 1-13 (EJT-281)..

Parfois les plantes ne développent pas un véritable tubercule, mais un renflement à la base de la tige nommé caudex, évoquant une sorte de bonzaï naturel. On les appelle des bégonias semi-tubéreux. Ceux-ci portent de petites feuilles et fleurs, parfois de couleur rose. thumb|upright|Begonia dregei, un semi-tubéreux dont la tige renflée forme un bonzaï naturel. Ainsi on distingue dans le groupe des bégonias tubéreux : les tubéreux, avec un vrai tubercule, comme Begonia veitchii les semi-tubéreux, comme Begonia dregei les bulbeux, comme Begonia socotrana les hybrides horticoles à fleurs : les bégonias d'hiver les bégonias « hiemalis » (d'hiver) = « eliator » (élevés), Begonia ×hiemalis (= Begonia ×eliator)Odile Koenig, Encyclopédie visuelle des plantes d'intérieur. Editions Artemis, 2005. Pages 118-119.Josette Albouy et Jean-Claude Devergne, Maladies à virus des plantes ornementales. Collection Du labo au terrain, Editions Quae, 1998. ISSN 1150-3564. . Chapitre Bégonia, page 194.. les bégonias « cheimantha », Begonia ×cheimantha les bégonias d'été les bégonias tubéreux hybrides ou « tuberhybrida », Begonia ×tuberhybrida les bégonias de Bolivie, hybrides de Begonia boliviensis