Attique de Constantinople est patriarche de Constantinople de au . Saint chrétien oriental, il est fêté par l'Église orthodoxe le .
Biographie
Né à Sébaste (Arménie Mineure), il embrasse très tôt la vie monastique et reçoit son éducation d'un moine macédonien de cette région. Il monte ensuite à Constantinople où il est ordonné prêtre. Il s'oppose à Jean Chrysostome et est même, d'après Pallade (ch. XI), le principal artisan de la cabale contre lui, ou du moins de l'exécution de la sentence d'expulsion prise au synode du Chêne, dont il est l'organisateur principalPhotios, Cod. 59.. Le successeur immédiat de Chrysostome, Arsace, meurt un an plus tard en 405, et il prend sa succession après quatre mois d'intrigues.
Avec les deux autres patriarches importants pour l'Orient, Théophile d'Alexandrie et Porphyre d'Antioche, il fait prendre des mesures sévères contre ceux qui ne reconnaissent pas son autorité. Comme un grand nombre d'évêques continuent à reconnaître Chrysostome comme évêque de Constantinople, beaucoup de chrétiens, même simples prêtres et laïcs, sont contraints à l'exil, et ceux qui, par souci de pacification, sont revenus sur leur soutien, doivent quitter leur siège pour des diocèses inhospitaliers dans la région de ThraceSocrate VII, 36.Nicéphore, XIII, 30.Pallade, XX..
À la mort de Chrysostome le , une grande proportion des habitants de la capitale byzantine refusent toujours de reconnaître Attique et tiennent leurs assemblées, plus nombreuses que celles des églises, en plein air dans les faubourgs de la villeNicéphore, XIV, 23, 27., et cela jusqu'à ce qu'ils obtiennent que le nom de Jean Chrysostome soit inscrit dans les diptyques. Il accepte et convainc également Cyrille d'Alexandrie de le faire à Alexandrie.
Durant son épiscopat, il fait en sorte d'étendre la juridiction de son Église sur des régions comme l'Illyrie. Ceci provoque l'ire du pape et d'Honorius, empereur d'Occident, si bien que le décret de , sur ce point, n'est pas suivi d'effet, encore qu'il ait obtenu l'élection d'au moins un évêque de la région, Silvanos, à Philippopolis. Il fait de même pour la ville de Nicée de Bithynie, en 425, un an avant sa mortSocrate, VII, 25, 28, 37..
Enseignements
Attique a également poursuivi les courants hétérodoxes, comme les messaliens, en demandant à Amphiloque d'Iconium et aux évêques de Pamphylie de les chasserPhotios, ch. 52.; il refuse également l'appel des évêques pélagiens , ce qui lui vaut de se faire qualifier par le pape d' «enseignant de la foi catholique, et de ce fait un véritable successeur de Saint Jean [Chrysostome]» (malgré sa persécution de celui-ci). Ses écrits sont été cités dans les florilèges patristiques comme ceux d'un docteur orthodoxe par les conciles d'ÉphèseLabbe, Sacrosancta concilia ad regiam editionem exacta quae nunc quarta parte prodit auctior, Volume III colonne 518 https://archive.org/details/gri_33125010892988/page/n263/mode/2up
Seulement dans certains manuscrits. Chez Labbé mais pas chez Price. Voir dans Labbé, Tome III, colonne 517 "Huius & Amphilochii testimonia habetur quoque in Ms. Segueriano, sed alio dumtaxat loco: neque vero eorum meminit Vincentius Lirinensis, sed decem tantum quos ipse sigillatim recenset."
Price base sa traduction sur le premier volume des Acta Conciliorum Oecumenicorum (1922-1930) de Eduard Schwartz et de ChalcédoineLabbe, Sacrosancta concilia ad regiam editionem exacta quae nunc quarta parte prodit auctior, Volume IV colonne 831. https://archive.org/details/gri_33125010893044/page/n447/mode/2up.
Attique est toutefois davantage un homme d'action qu'un auteur littéraire. Du peu qu'il écrivit, il ne subsiste que quelques titres, comme un Traité sur la virginité, adressé aux filles de , que l'on cita plus tard contre l'un de ses successeurs, NestoriusMarcellinus, Chron. sub ann. 416, Gennadius, de Scrip. Eccl., ch. 52..
Socrate le Scolastique, qui est un témoin partial, lui attribue une nature avenante qui lui obtenait beaucoup d'affection. Ses amis appréciaient sa compagnie tandis que, envers ses adversaires, après les avoir repris avec grande sévérité, il se montrait conciliant s'ils se soumettaientSocrate, VII, 41.Sozomène, VIII, 27..
CPG 5650-5660.
Vénération
Il a laissé le souvenir d'un homme de charité et de piété, ce pour quoi il est vénéré par l'Église orthodoxe, qui observe sa fête le .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Sever J. Voicu, « Atticus de Constantinople » in Histoire de la Littérature grecque chrétienne des origines à 451 (dir. Sébastien Morlet) tome IV. Du au concile de Chalcédoine (451) Constantinople, la Grèce et l'Asie mineure (dir. Matthieu Cassin), Les Belles Lettres, Paris, 2020, p. 55-61.
Liens externes
Saint Atticus, Patriarch of Constantinople († 425), sur johnsanidopoulos.com
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