Jean et Michel Langlois, architectes français du , font partie d'une famille d'architectes français, originaire du comté de Laval.

Origine et famille

Dans la première moitié du , les deux frères Jean Langlois, sieur de Villeneuve, et Michel Langlois, exercent à Laval la profession d'architecte. Ils sont fils de Michel Langlois, maître-boulanger, et de Jeanne Geslot. Leur famille était alliée à la famille d'architectes Bellier-MartinetSa parenté est attestée par un acte notarié de 1639 qui mentionne Michel et François comme proches parents des enfants mineurs de deffunts Jean Martinet et Renée Bellier. , tome II, p. 794. Un acte notarié du 31 octobre 1639 à Laval place ses enfants mineurs sous conseil de tutelle constitué par Michel Langlois, marchand boullanger, Jean Cailliez l'aîné marchand, Jean Sorin, sieur de Chantepye, François Langlois, maître boullanger, et Michel Bellier architecte, touus demeurant en cette ville et forsbourg et proche parents des enfants mineurs de deffunts Jean Martinet et René Bellier.</ref>; peut-être avaient-ils reçu ses leçons. Il est aussi possible qu'ils aient des liens familiaux avec Simon HayneufveParmi les témoins présents à la signature du contrat de mariage de Renée Langlois et Michel Turpin, on trouve Julien Hayneufve, mari de Françoise Journée, arrière-tante maternelle de Renée Langlois. Il y a aussi la présence comme témoins d'Antoine Agenyau et de Jean Martinet, alliés à cause de leur femme.. Les Langlois sont aussi affiliés au navigateur François Pyrard.

En 1645, Michel Langlois épouse Madeleine BodinUne orpheline qui a pour tuteur son beau-frère Mathurin Bougler, demeurant à Sablé. Elle habitait alors à Laval., originaire de Sablé-sur-Sarthe. On constate la présence des Langlois aux environs de Sablé, et les marbres noirs fournis par les carrières des bords de la Sarthe sont souvent employés par eux dans l'ornementation de leurs retables lavallois.

Jean et Michel Langlois Commerce et architecture Les deux frères architectes sont presque constamment associés pour les travaux de leur métierIls signent ensemble leurs marchés, mettent en commun leur travail, leur tuffeau, et leur financement.. Leur frère François qui se livre surtout au commerce des grains, leur rend service de façon occasionnelle : il met à profit ses voyages et ses relations pour leur acheter le tuffeau dont ils ont besoinC'est à ce sujet que Jean Langlois, sieur de Villeneuve, écrit à son frère, de Saint-Cyr où il construit le retable de l'église paroissiale, Monsieur et frère, Pour response à la vostre par laquelle vous me mandez qu'il y a des marchands à Laval qui désirent me vendre du tuffeau au prix de quarante et cinq livres le cent, ainsy qu'appris par la vostre, je vous supplie prendre la peine de m'en achapter deux, trois ou quatre cens, et en prenez s'il vous plaist le meilleur marché qu'il vous sera possible et que ce soit de beau tuffeau blanc et qu'il y ait douze ou quinze baraudes par chaque cent et quelques pièces de trois pieds, s'il se peult. Je suis bien fasché de vous donner tant de peine, mais mes affaires ne me peuvent permettre d'y aller. Vous leur pourrez assurer que je leur donneray de l'argent de leur marchandise lorsqu'ils la deschargeront. Si ces messieurs-là séjournent à Laval pendant quelque temps, je tascherai d'y faire voyage prochain, vous aurez agréable de me le mander par ce présent voiturier, ou en tout cas je vous prie de faire marché avec eux. Et ce faisant vous m'obligerez de plus en plus à estre toute ma vie, Monsieur, Vostre très humble et très affectionné serviteur et frère, VILLENEUFVE LANGLOIS. A Saint-Cyr. ce 3 may 1647. Le 6 mai, Langlois de la Butte passait marché avec le sieur Mathieu, marchand à Angers, pour la fourniture broyer du noir; un marbre et une molette à broyer les couleurs; « un fourneau et des barres de fer pour cuire des peintures sur du verre ? etc..

On ne connait rien des travaux de Jean et Michel Langlois de 1629 à 1645. Jean LangloisSans doute le fils aîné. est architecte en 1629Il signe une quittance délivrée par Antoine Agenyau, installé à Vitré, pour une rente sur une maison.. Au mois de , les Langlois signent avec Antoine CharpentierSculpteur de Tours. un marché pour livrer 3 statues au Lion-d'AngersPour 110 livres. au mois de . Il est possible que ces statues devaient orner le retable lavallois de Martigné-FerchaudDisparu. La description de ce retable dans un texte du 30 juin 1781 montre un tableau central, et un retable comportant 3 statues. réalisé par les Langlois en 1646.

Rixes Un soir de la Fête-Dieu 1645, au bout du faubourg Saint-Martin de Laval, une rixe a lieu entre Jean, Michel Langlois et Olivier Martinet d'un côté et les architectes François et Pierre Vignier de l'autre mais la plainte est retirée, et on se réconcilie. Une autre fois, en 1666, François Langlois est accusé d'avoir blessé dans une querelle Jacques Chevreul, maître serrurier.

Comté de Laval, Vitré En 1647, Jean Langlois travaille sur le retable de Saint-Cyr-le-Gravelais, pendant que son frère Michel travaille lui sur celui de CoësmesRetable latéral daté de 1647.. Olivier Martinet participe la même année à l'adjudication du maître-autel de l'Église Saint-Martin de Vitré qu'il remporte contre les LangloisReprésenté par François Langlois, leur frère, marchand de grains., et le marbrier Julien LecomteOlivier Martinet aussy architecte a misé le dit autel a mil livre auquel comme plus rabaissant par l'advis de la plus grande partie desdits paroissiens a esté la dite entreprise adjugée. Il ne respecte cependant pas les délais prévusUn an. et achève la réalisation en 1649Paris-Jallobert, Journal historique de Vitré, ..

En 1648, ils sont à Andouillé pour des travaux<ref>Un compte fait devant notaire le 11 avril 1649 indique une somme de 445 livres due par le Curé d'Andouillé pour reste des ouvrages par eulx faicts en l'église d'Andouillé.. On ne peut pas affirmer formellement qu'il s'agissait d'un retable.

En 1649, les Langlois construisent à Montjean un retableLe compte précédent indique que le Curé de Montjean doit aussi une somme aux Langlois, dont la première pierre est posée le Abbé Angot, Epigraphie de la Mayenne, tome II, p. 51.. Ils construisent dans l'église de Martigné trois autelsPour lesquels ils donnent une quittance de 900 livres.. Les Langlois sont aussi à l'origine d'un retable dans l'abbaye de ClermontLes plans et devis ont malheureusement disparu avec les archives de cette abbaye cistercienne mais un petit texte conservé dans les minutes du notaire Jean Barais ne laisse aucun doute sur les auteurs de cet édifice. Par acte du 15 janvier 1650, Jean et Michel Langlois achètent au prix de 180 livres « trois cens de tuffeaux» » pour le « bastiment qu'ils font en l'abbaye de Clermont ». Jacques Salbert réfute l'hypothèse de J.-M. Richard qui y voient une reconstruction de l'abbaye : l'on rapproche de ce marché les nombreux achats de tuffeaux faits tantôt par eux, tantôt par leur frère François, sans que les textes indiquent la destination de ces matériaux, on voit qu'il s'agit d'importantes constructions. Il cite l'Abbé Angot qui signale que le prieur Julien Verger fait construire entre 1625 et 1650 les autels de la Vierge, de Sainte-Anne, de Saint-Sébatsien, de Saint-Julien, de Saint-Bernard en 1645 et de Saint-Gatien. , tome I, p. 677.. Il réalise aussi le retable de Simplé en 1651.

Laval thumb|Le retable baroque d'Avesnières. En 1652, ils sont de nouveau à Coësmes où ils construisent le maître-autel. Ils ne sont peut être pas étrangers à l'édification de la maison de Beauregard, à Laval, que fait élever en 1651 René Charlot. Ils réalisent aussi en 1653 le retable latéral de Louvigné-de-Bais.

En 1653, les Cordeliers de Laval ont reçu des exécuteurs testamentaires du marchand François ChapelleEn son vivant marchand au faubourg Saint-Martin une somme de 1.000 livres pour la construction d'un autel à la gloire de Dieu et de sainte Marie-Madeleine « en la septième chapelle de l'église Saint-François, qui est immédiatement au-dessoubs de l'autel et chapelle du nom de Jésus » l'autel devait contenir une « image en bosse de la représentation de la Madeleine ». Les religieux s'adressent à Michel Langlois quiPar contrat du 26 août 1653. se charge de l'exécution de ce travail; l'autel est terminé l'année suivanteLe 10 septembre 1654, Langlois donnait quittance de 1.000 livres tournois, prix convenu. . Jacques Salbert attribue aussi aux Langlois l'autel de Saint-AnneIl remplace l'autel Saint-Etienne. à l'église d'AvesnièresIl indique que la date donnée par Dom Piolin dans l'ouvrage Le Saint-Pèlerinage d'Avesnières, p. 68 indiquant 1613 doit résulter d'une mauvaise lecture d'un document disparu depuis. Les initiales sculptées sur le retable VDBR sont selon toute vraisemblance celles d'Urbaine de Rougé, prieure d'Avesnières de 1652 à 1654..

Fontaine-Daniel, Perray-Neuf Le , une convention est rédigée entre les frères Jean et Michel Langlois : ils s'associent « moitié perte ou moitié profit, » pour la construction d'un autel en l'église de Fontaine-DanielMarchandé au prix de 700 livres., et du grand autel de l'Abbaye du Perray-NeufAccordé pour 2.200 livres., et aussi pour l'achat de deux milliers de tuffeauxSuivant le marché que leur frère Michel a conclu à Angers. Une moitié de la livraison devait avoir lieu à Laval. L'autre moitié à Varennes-Bourreau près de Saint-Denis-d'Anjou .

Vion, Souvigné En 1656, Jean Langlois mène la construction du maître-autel de Moulins, pendant que Michel Langlois procède à des travaux de construction et bastiments à Vion. Il s'agissait de la construction du maître-autel, au cours de laquelle les Langlois participent à une rixe qui les mènent devant le juge de Sablé8 juillet 1659..

Un règlement, daté du , indique que les deux frères viennent d'achever des travaux à l'église de Vion, près de Sablé, et qu'ils continuent l'autel de l'église de Souvigné tous comptes faits de divers travaux et notamment de ceux exécutés en l'église de Vion, Michel reconnaît devoir à son frère Jean 105 livres mais celui-ci l'en tient quitte « pour le récompenser de son plus grand travail de journées qu'il a employées auxdits ouvrages et bastimens » ils continueront à travailler en société de pertes et profits, sauf que Michel se réserve « la conduite des entreprises de l'autel de la Chapelle et de Souvigné ».. Michel s'occupe aussi du retable de l'église Saint-Jean-Baptiste de La Chapelle-d'AlignéLe retable existe toujours..

Saint-Berthevin, Laval Dans le cours de cette même année 1657, on trouve les deux frères construisant un retable en l'église de Saint-BerthevinSa structure est curieuse : une double niche avec deux avant-corps à colonne.. Le Registre paroissial indique qu'il est question de l'Autel de mme Sainte-Anne et de M. Saint-Joseph qui a esté faict et construit en cette église de Saint-Berthevin, mais la fin du texte semble en contradiction avec le début : et ont lesdits autels esté faicts par Jean et Michel Langlois maistres architectes. Il est difficile de savoir si le retable a été conçu ainsi ou s'il est le fruit d'une recomposition au . Le corps supérieur est daté du .

Dompierre, Moulins Quelques mois auparavant, le , Jean Langlois passe avec Michel Rochereau, marbrier, un acte par lequel celui-ci s'engageait à lui fournir à Laval 16 colonnes de quatre pieds de haut « suivant l'ordre de Corinthe »Deux de trois pieds et quatre de cinq pieds (deux noires et deux rouges)., ces quatre dernières destinées à l'autel de l'église de Dompierre-du-Chemin. Le retable de Dompierre-du-Chemin est effectué en 1657 avec un tableau d'autel de format carré qui représente une Trinité. L'attribution aux Langlois pour Jacques Salbert de l'autel sud de CoësmesAttribution effectuée par P. Maloubier-Tournier. Il s'agit d'un retable angevin. est erronée.