Nicolas de Grèce (en grec moderne : / ), prince de Grèce et de Danemark, est né au palais royal d'Athènes, en Grèce, le et mort dans cette même ville le . Troisième fils du roi , c’est un membre de la famille royale de Grèce, un militaire et un mémorialiste. Artiste, il écrit plusieurs pièces de théâtre sous le pseudonyme de Márkos Marís () et se fait également connaître comme peintre sous le nom de Nicolas Leprince.

Issu d'une famille cosmopolite, le prince Nicolas grandit entre la Grèce, le Danemark, la Russie et l'Autriche. Comme ses frères, il suit une carrière militaire, qui l'amène au grade de colonel, mais se passionne également pour les arts, auxquels il s'initie très jeune. Très proche du futur , il participe, sous son commandement, aux différents conflits qui opposent la Grèce à ses voisins au tournant du et du . Comme tous les membres de la famille royale, il est ainsi éclaboussé par le désastre de la guerre gréco-turque de 1897 avant d'être auréolé de gloire après les guerres balkaniques de 1912-1913.

Marié à la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie en 1902, le prince a trois filles, prénommées Olga, Élisabeth et Marina. Avec elles, il mène une vie relativement simple, ponctuée de voyages et de cérémonies officielles. Pendant la Première Guerre mondiale, le prince soutient la politique neutraliste de son frère et s'attire ainsi l'ire de l'Entente et de l'opposition vénizéliste. Après le renversement de Constantin en 1917, Nicolas et sa famille sont ainsi conduits à l'exil et trouvent alors refuge en Suisse. Revenus en Grèce en 1920, le prince et ses proches sont à nouveau chassés du pays en 1922 par la Grande Catastrophe, autrement dit par la défaite militaire face à la Turquie de Mustafa Kemal.

Après un long séjour en Italie et au Royaume-Uni, Nicolas et sa famille s'établissent à Paris. Tandis que son épouse s'y consacre aux réfugiés russes blancs, le prince pratique la peinture et l'écriture et va même jusqu'à donner des cours de dessin. La chute de la Deuxième République hellénique en 1935 permet finalement à Nicolas et à sa femme de rentrer à Athènes, où ils rétablissent leur résidence principale, en dépit des critiques de l'opposition vénizéliste. Deux ans plus tard, le prince meurt d'athérosclérose et sa dépouille est enterrée à Tatoï.

Famille vignette|gauche|alt=Gravure en couleur montrant un homme moustachu en uniforme et une femme en tenue décolleté.|Le roi Georges et la reine Olga, parents du prince Nicolas. Le prince Nicolas est le troisième fils et le quatrième enfant du roi Georges de Grèce (1845-1913) et de son épouse la grande-duchesse Olga Constantinovna de Russie (1851-1926). Par son père, il est le petit-fils du roi Christian IX de Danemark (1818-1906), surnommé le « beau-père de l'Europe », tandis que, par sa mère, il est l’arrière-petit-fils du tsar Nicolas de Russie (1796-1855).

Le , le prince Nicolas épouse, à Tsarskoïe Selo, en Russie, la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie (1882-1957), elle-même fille du grand-duc Vladimir Alexandrovitch de Russie (1847-1909) et de son épouse la princesse Marie de Mecklembourg-Schwerin (1854-1920), également connue sous le nom de Maria-Pavlovna de Russie.

Par son père, la grande-duchesse Hélène est la petite-fille du tsar Alexandre II de Russie (1818-1881) tandis que, par sa mère, elle descend du grand-duc Frédéric-François II de Mecklembourg-Schwerin (1823-1883). Elle est également la sœur du grand-duc Cyrille Vladimirovitch (1876-1938), prétendant au trône de Russie après l'assassinat de la famille impériale en 1918.

De l'union de Nicolas de Grèce et d'Hélène Vladimirovna de Russie naissent trois filles : Olga de Grèce (1903-1997), princesse de Grèce et de Danemark, qui épouse en le prince Paul de Yougoslavie (1893-1976), régent de Yougoslavie ; Élisabeth de Grèce (1904-1955), princesse de Grèce et de Danemark, qui épouse en le comte Charles-Théodore de Toerring-Jettenbach (1900-1967) ; Marina de Grèce (1906-1968), princesse de Grèce et de Danemark, qui épouse en le prince George du Royaume-Uni (1902-1942), duc de Kent.

Biographie Une jeunesse en Grèce Enfance et éducation vignette|alt=Photo de groupe en noir et blanc qui montre cinq enfants et adolescents. Les trois garçons portent un uniforme de marin, les deux filles portent une robe blanche.|Les enfants du roi Georges en 1880. De gauche à droite, apparaissent le diadoque Constantin, la princesse Marie, le prince Georges, le prince Nicolas et la princesse Alexandra. Troisième fils du roi Georges de Grèce et de son épouse la reine Olga Constantinovna de Russie, le prince Nicolas voit le jour le au palais royal d'Athènes. Ainsi qu'il a été prévu par la constitution de 1864, l'enfant est élevé dans la religion orthodoxe grecque, qui n'est pas celle de son père, demeuré luthérien. La première langue du petit garçon est l'anglais, qu'il parle avec ses parents et sa fratrie. Cependant, son père insiste pour qu'il utilise le grec dans ses études. Nicolas continue d'ailleurs à utiliser cette langue jusqu'à sa mort. Il apprend en outre le français, l'allemand et le danois.

Comme ses frères et sœurs, Nicolas reçoit une éducation rigide, supervisée par trois tuteurs étrangers : un Prussien (le Dr. Lüders), un Français (M. Brissot) et un Anglais (Mr Dixon). La journée de l'enfant commence à six heures par un bain froid. Après un premier petit déjeuner, il suit des cours de sept à neuf heures trente puis prend un second petit-déjeuner avec ses parents. Les leçons reprennent ensuite de dix heures à midi et sont suivies d'exercices physiques dans les jardins du palais. Après un déjeuner en famille, d'autres cours s'égrainent de quatorze heures à seize heures. Puis, Nicolas suit des exercices d'équitation et de gymnastique. Après une séance d'études et un dîner, il se couche à dix neuf heures trente. Le prince suit ce rythme jusqu'à l'âge de quatorze ans, âge auquel il est finalement autorisé à dîner avec ses aînés avant d'aller se coucher à vingt-deux heures précises.

Après le départ de ses frères Georges et Constantin à l'étranger, en 1883-1884, Nicolas est confié aux soins d'un précepteur suisse romand du nom de Constant GuignardD'origine vaudoise, Constant Guignard a enseigné à Smyrne avant de travailler pour la famille royale. Voir .. Ce dernier lui transmet alors l'amour de la langue, de la littérature et de l'histoire françaises. Passionné par le dessin et la peinture, l'enfant adore également le théâtre et l'opéra. Comme tous les membres de sa famille, il pratique par ailleurs l'archéologie, à laquelle il est initié très tôt par Heinrich Schliemann. Parallèlement à ses cours particuliers, Nicolas reçoit, à partir de ses treize ans, une formation militaire donnée au collège des Évelpides du Pirée. En 1890, il obtient ainsi le grade de sous-lieutenant dans l'infanterie.

Durant son enfance, Nicolas effectue de nombreux voyages en Grèce et à l'étranger. Chaque année, il passe ainsi l'hiver à Athènes, le printemps en Égée ou en Ionienne (à bord du yacht royal Amphitrite) et l'été à Tatoï. Il effectue par ailleurs différents séjours au Danemark (chez son grand-père Christian IX), en Russie (chez son grand-père Constantin Nikolaïevitch) ou en Autriche (chez son oncle Ernest-Auguste de Hanovre).

Un rôle social limité vignette|gauche|alt=Photographie en noir et blanc montrant un athlète vêtu de blanc en train de lancer un disque devant des juges et de nombreux spectateurs.|Les princes Georges et Nicolas (assis à gauche) arbitrant une épreuve lors des Jeux olympiques de 1906. En tant que troisième fils du souverain, Nicolas n'a qu'un rôle de représentation limité. En 1894, il participe aux cérémonies du couronnement de son cousin, le tsar Nicolas II de Russie. L'année suivante, il se rend à Paris pour y assister à des manœuvres militaires. En 1896, il part à Londres à l'occasion des noces de la princesse Maud du Royaume-Uni avec le futur Haakon VII de Norvège. Trois ans plus tard, il va à Cetinje pour y représenter son père lors du mariage du prince héritier Danilo de Monténégro avec la princesse Jutta de Mecklembourg-Strelitz. Enfin, en 1902, il se rend en Espagne dans le cadre des festivités qui entourent la proclamation de la majorité du jeune Alphonse XIII avant de gagner l'Angleterre pour assister au couronnement d'Édouard VII.

En 1896, Nicolas et ses deux frères aînés, le diadoque Constantin et le prince Georges, sont mandatés par leur gouvernement pour organiser les premiers Jeux olympiques modernes. Tandis que Constantin préside le Comité olympique hellénique, Nicolas s'occupe de mettre en place les épreuves de tir et Georges dirige les épreuves de sports nautiques. Célébrés à Athènes, ces Jeux sont une réussite pour la Grèce et ils contribuent à renforcer la cohésion nationale. Ainsi, quand le berger Spyrídon Loúis remporte l'épreuve de marathon, la joie des Grecs est si forte que Nicolas et ses frères quittent précipitamment les tribunes pour parcourir les derniers mètres de piste à ses côtés. Quelques années plus tard, les trois princes grecs mettent également en scène les Jeux olympiques de 1906.

En 1905, la Norvège se sépare de la Suède et les autorités du nouveau pays cherchent un candidat, parmi les descendants du roi Christian IX de Danemark, qui accepterait de devenir leur souverain. Le nom de Nicolas est alors évoqué mais l'orthodoxie du prince et ses liens familiaux avec la Russie jouent en sa défaveur. Finalement, c'est l'un de ses cousins, le prince Charles de Danemark qui monte sur le trône sous le nom d'Haakon VII.

vignette|alt=Photographie en noir et blanc montrant cinq hommes d'âges différents en uniformes militaires.|Le roi Georges (au milieu) entouré de ses fils André et Nicolas (à gauche) et Georges et Constantin (à droite) vers 1910.

La guerre gréco-turque et ses conséquences

En , la Grèce et l'Empire ottoman entrent en guerre à propos de la possession de la Crète. Sous le commandement du diadoque Constantin, le prince Nicolas prend alors la tête d'une batterie d'artillerie tandis que le prince Georges combat dans la marine. Or, le conflit aboutit à une terrible défaite dont la responsabilité rejaillit pour longtemps sur la famille royale de Grèce. Dans les années qui suivent, la presse hellène s'en prend ainsi régulièrement aux fils de Georges , qui sont accusés de ruiner inutilement le pays.

Surtout, en 1909, un coup d'État organisé par la « Ligue militaire » oblige les princes à démissionner de l'Armée pour les punir de leur échec passé. Nicolas renonce alors à ses fonctions de colonel et d'inspecteur de l'Artillerie pour éviter à son père la honte de le démettre. Il rejoint ensuite, pour quelque temps, l'armée impériale russe. Malgré tout, en 1911-1912, les princes sont rétablis dans leurs grades et fonctions par le Premier ministre Elefthérios Venizélos, qui souhaite ainsi montrer qu'il n'est pas inféodé aux militaires.

Du mariage avec Hélène aux guerres balkaniques Mariage et vie privée

Longtemps célibataire, Nicolas s'éprend de sa cousine, la princesse Maud du Royaume-Uni, mais cette idylle est sans lendemain. Quelques années plus tard, le prince tombe amoureux de la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie, de dix ans sa cadette. Cependant, les parents de la jeune fille jugent le prince indigne d'elle, du fait de son manque de fortune et de sa position éloignée dans l'ordre de succession au trône de Grèce. La mère d'Hélène, en particulier, voudrait marier sa fille unique à un futur monarque. Cependant, les années passant et les héritiers européens ne se bousculant pas pour épouser la grande-duchesse, ses parents finissent par abaisser leurs exigences. En 1902, les deux jeunes gens peuvent ainsi annoncer leurs fiançailles. vignette|gauche|alt=Photographie en noir et blanc d'un couple assis sur une terrasse et entourée de trois petites filles.|Le prince Nicolas, son épouse Hélène et leurs trois filles (v. 1910).