La bienheureuse Véronique de Milan ou de Binasco, vierge, de son nom de naissance Giovanna Negri, née vers 1445 à Binasco et morte le à MilanJean-Michel Matz, La « Vie » en français de la bienheureuse Véronique de Binasco (+ 1497). Sainteté, politique et dévotion au temps des guerres d'Italie, Mélanges de l'École française de Rome. Moyen Âge, 109, 2, 1997, 603-631, est une religieuse italienne de l'ordre de Saint-Ambroise (dit aussi Annonciade de Lombardie) sous la règle de saint AugustinPierre Hélyot, Maximilien Bullot, Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires, et des congrégations séculières, 4, 1715, 63.

La religion thumb|right|250px|Assomption de Véronique de Milan, fresque de , église de Binasco, Giovanna Negri est née à Binasco près de Milan dans une famille très modeste de fermiers. Pieuse et solitaire, elle tente d'entrer en 1463 au couvent franciscain de Sainte-Ursule à Milan, puis à celui des Augustines où elle est repoussée à chaque fois en raison de son analphabétisme. Aussi, travaillant le jour, elle entreprend, seule, la nuit, l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. La Vierge Marie lui serait alors apparue, un jour de doute, pour lui enseigner ce qu'elle devait savoir. « Bannissez cette inquiétude, il suffit que vous connaissiez trois lettres : la première, est cette pureté de cœur qui consiste à aimer Dieu par-dessus tout, et à n'aimer les créatures qu'en lui et pour lui ; la seconde, est de ne murmurer jamais, et de ne point s'impatienter à la vue des défauts du prochain, mais de le supporter avec patience, et de prier pour lui ; la troisième, est d'avoir chaque jour un temps marqué pour méditer sur la passion de Jésus-Christ »Alban Butler, C. Godescard, François-Charles Nagot, Vies des pères, des martyrs, et des autres principaux saints, nouvelle , 1, 1811, 172 à 176.

Après trois ans de préparation, elle entre finalement au Monastère des filles Ermites de l'Ordre de Saint-Augustins, à Milan, sous le titre de Sainte MartheAthanase de Sainte-Agnès, Le Chandelier d'or du temple de Salomon, ou la Chronologie des prélats et des religions qui suivent la Règle de Saint Augustin, 1643, 316Gaston de Foix-Nemours y fut inhumé en 1512, à l'âge de 22 ans, en 1466-1467, elle a de nombreuses extases mystiques, mais n'en continue pas moins à travailler avec ferveur. Admise comme sœur converse, elle récoltait des aumônes en porte à porte dans les villes, malgré de grands maux de tête et d'estomacThomas Le Blanc, Le Sainct travail des mains, ou La Maniere de gagner le ciel, par la pratique des Actions Manuelles, 1661, 1027.

Elle reçoit en 1494 une vision du Christ qui lui donne un message pour le pape Alexandre VI, qu'elle rencontre le à Rome.

Le don des larmes Elle pleurait silencieusement lors des prières et méditations, et si l'envie lui prenait de se cacher ou de retenir ses pleurs, elle tombait malade. Elle répandait une abondante quantité d'eau sur le sol, si bien qu'on lui céda un vase de terre pour sa cellule, qu'elle remplissait parfois de plusieurs litres pendant ses ravissementsJoseph von Görres, traduit par Charles Sainte-Foi, La Mystique divine naturelle et diabolique, 1, partie, , 1861, 367.

« Sainte » Véronique Elle meurt en 1497 au monastère, et aussitôt, sa sainteté aurait été révélée par plusieurs miracles.

Le , Léon X autorise son culte local, sur la sollicitation du roi François par l'intermédiaire de l'évêque Denis Briçonnet qui se trouve en Italie. Cette même année, le dominicain Isidore de Isolani (v.1477-v.1528) réécrit la vie de Véronique en latin, qui est publiée en 1518 sous le titre Inexplicabilis mysterii gesta beatae Veronicae virginis praeclarissimi monasterii Sanctae Marthae urbis Mediolani, avec des bois gravés d'après des dessins attribués à Bernardino Luini. L’ouvrage, dédié au roi de France François et à son épouse Claude de France, contribue à la diffusion de la dévotion envers Véronique de Milan. Une « traduction » en français est réalisée entre 1519 et 1524 par Louis Chantereau (-1531), confesseur de Louis XII, et plus tard celui de François Ier (1524-1529), futur évêque de Mâcon, et est dédiée à la mère du roi, Louise de Savoie (exemplaire unique, manuscrit 823 de la Bibliothèque municipale d'Angers).

Elle est béatifiée, le , par le pape Urbain VIIIThéophile Daguindeau, L'esprit chronologique de l'histoire sacrée et prophane, depuis la creation du monde jusques à present, 1673, 718.

Sa vénération est étendue à toute l'Église par Clément X en 1672, et on la trouve sous le nom de « Véronique de Binasque », au de janvier, dans les martyrologes romains traduits en français par ChastelainClaude Chastelain, Le Martyrologe romain traduit en français, 1 contenant janvier et février, 1705, 191, et dans ceux dès 1670Migne, Encyclopédie théologique, 45, dictionnaire d'iconographie, 1850, 634 note 3.

En 1734-1738, le cardinal Prospero Lambertini, dans son écrit De servorum Dei beatificatione et de beatorum canonizatione, discrédite la réputation de sainteté de Véronique, et sa canonisation n'aboutira pas. Pourtant, devenu le pape Benoît XIV, il l'inscrit dans son martyrologe romain de 1749 à la date du , jour où elle est fêtée. Il approuve également la date de sa fête au dans le martyrologe des Augustins.

Patronne des lingères, elle est un modèle de vie religieuse.

Œuvres représentatives Portraits François-Joseph Navez, Saint Veronica of Binasco, 1818, huile sur toile, 92 x 82 cm, musée des beaux-arts de Gand. ?, Véronique de Binasque, il se trouvait dans l'aile droite du rez-de-chaussée du cloître, au couvent des Augustins déchaussés, aujourd'hui la basilique Notre-Dame-des-VictoiresJean-Aimar Piganiol de La Force, Description de Paris, , nouvelle , 1742, .. Marco d'Oggiono, La Bienheureuse Véronique de Binasco (ou sainte MoniqueMarco Da Oggiono : Dizionario Biografico degli Italiani - Volume 69 (2007) ?), huile sur bois (polyptyque), 144 x 77 cm, musée du château de BloisNuméro d'inventaire : D.55.1.6 (webmuseo|8312).

Notes et références

Catégorie:Naissance à Binasco Catégorie:Personnalité italienne du XVe siècle Catégorie:Religieuse italienne Catégorie:Religieuse du Moyen Âge Catégorie:Augustin Catégorie:Bienheureux catholique italien Catégorie:Béatification par Urbain VIII Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVe siècle) Catégorie:Décès en janvier 1497 Catégorie:Nom en religion