Le musée d'Art et d'Archéologie du Périgord, souvent abrégé MAAP, est un musée municipal situé à Périgueux, le plus ancien du département de la Dordogne.. Le musée fondé en 1835 est principalement consacré à l'archéologie, aux beaux-arts et à l'ethnographie non-européenne (Afrique, Océanie). Il présente, sur plus de d'expositions permanentes, un dixième des que le musée possède, attachées aux vestiges de l'occupation humaine en Périgord, à la création artistique locale, française et européenne.
Il fait l'objet d'une protection au titre des monuments historiques.
Historique thumb|left|Les bâtiments du musée, côté cours Tourny. thumb|left|Plan des allées de Tourny. Un premier musée a été créé par le comte Wlgrin de Taillefer dans la chapelle des Jésuites, en 1804. En 1808, la collection augmentant, elle est installée dans le vomitoire des arènes de Périgueux et prend le nom de « Musée vésunien ».
Le comte Wlgrin de Taillefer meurt le . Dans son testament, il lègue ses antiquités à Joseph de Mourcin en prévoyant qu'elles soient déposées dans un musée qui devrait être construit près de la tour de Vésone, où dans un musée de Paris si c'était impossibleClaude Lacombe, « Wlgrin de Taillefer (1761-1833), architecte utopiste et pionnier de l'archéologie périgourdine », dans Mémoire de la Dordogne, 1998, , (lire en ligne)..
En 1835, sur proposition du maire de Périgueux, la collection renommée « Musée d'antiques et d'objets d'art » est transférée dans les bâtiments de la chapelle des Pénitents blancsLes Pénitents blancs ont obtenu en 1817 d'occuper la Petite Mission, ou ancien Petit séminaire, qui se trouvait entre le palais épiscopal, le cloître de la cathédrale, le grenier du chapitre, la rue du Séminaire, des jardins et des cours. La Petite mission donnait la première formation des prêtres du diocèse avant le Grand séminaire (Guy Mandon, « Les séminaires du diocèse de Périgueux au siècle », dans Annales du Midi, 1979, tome 91, , ).Une chapelle particulière y avait été édifiée au . En plus du Petit séminaire, les Pénitents blancs ont aussi occupé l'aile sud du cloître. Les Pénitents noirs ont été installés dans l'angle sud-ouest entre 1817 et 1826. En 1821, l'administration du département a cédé à l'évêque la plus grande partie des bâtiments restant libres autour du cloître pour y installer l'évêché après travaux, en 1826. Ces bâtiments ont été détruits en 1898 dans le cadre des travaux de restauration de la cathédrale (Hélène Mousset, « Petit séminaire, Petite mission », dans Hervé Gaillard, Hélène Mousset (dir.), Périgueux, Ausonius (collection Atlas historique des villes de France ), Pessac, 2018, tome 2, Sites et Monuments, )., au sud du cloître de la cathédrale Saint-Front. Les locaux sont aménagés par Louis Catoire. Le musée prend le nom de « Musée archéologique du département de Dordogne » en 1836 et devient départemental. Il est dirigé jusqu'à sa mort par Joseph de Mourcin assisté de l'abbé Audierne et du docteur Édouard Galy. Le docteur Galy succède à Joseph de Mourcin à sa mortÉdouard Galy, « Visites au Musée d'antiquités de Périgueux », dans Congrès archéologique de France. session. Périgueux et Cambrai. 1858, Société française d'archéologie, Paris, 1859, (lire en ligne).. Il achète au département et va installer le musée dans son site actuel, dans l'ancien couvent des AugustinsLe premier couvent des Augustins avait été fondé en 1484, hors les murs de la ville. Il a été détruit au . Il a été refondé en 1615 intra-muros. Saisi à la Révolution, il a servi de prison (Wlgrin de Taillefer, Antiquités de Vésone, tome 2, ).Marquis de Fayolle, « Le couvent des Augustins de Périgueux », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1895, tome 22, (lire en ligne).Hélène Mousset, « Couvent des Augustins 2 », dans Hervé Gaillard, Hélène Mousset (dir.), Périgueux, Ausonius (collection Atlas historique des villes de France ), Pessac, 2018, tome 2, Sites et Monuments, . utilisé comme prison depuis 1808, quand il s'est libéré en 1866. Les collections archéologiques y ont été progressivement transférées, entre 1869 et 1874Musée du Périgord : histoire. Michel Hardy, président de la Société historique et archéologique du Périgord, succède à Édouard Galy à sa mort.
En 1857, est adjoint à ce noyau archéologique, une section beaux-arts présentant des œuvres locales, françaises et européennes du à nos jours. C'est alors la seule collection publique de cette nature en Dordogne. Le maire Alfred Bardy-Delisle a créé un musée municipal de peinture et de sculpture de Périgueux en 1859Catalogue des tableaux, dessins, statues, gravures et œuvres d'art du musée de la ville de Périgueux, imprimerie Dupont et Cie, Périgueux, 1875 (lire en ligne).Édouard Galy, Suite du catalogue du Musée des tableaux et objets d'art de la ville de Périgueux, Imprimerie E. Laporte, Périgueux, 1886 (lire en ligne).. En 1891, à la suite du legs très important du marquis de Saint-Astier de plus de 150 peintures, flamandes, françaises et italiennes, allant du , la ville a décidé de racheter l'ancien couvent des Augustins, où sont exposées les collections du musée archéologique du département de la Dordogne, et les bâtiments autour pour construire un nouveau bâtiment. Le 27 juin 1891, Gérard de Fayolle devient conservateur du musée municipal. En 1893, Gérard de Fayolle est nommé conservateur du musée archéologique du département de la Dordogne en remplacement de Michel Hardy qui a été conservateur de ce musée depuis 1887. Les deux musées se trouvaient alors dans les anciens bâtiments du couvent des Augustins. En 1895, Le Conseil général a cédé à la ville les collections d'archéologie du musée départemental et a apporté une importante contribution financière pour la construction d'un nouveau musée.
Le concours d'architecture est lancé en 1893. Le musée actuel est construit de 1895 à 1898 sur les plans de l'architecte de Limoges Charles Planckaert (il subsiste la chapelle du couvent). La première pierre a été posée par le président de la République Félix Faure. Il est aménagé une première fois de 1898 à 1903. En 1903, Gérard de Fayolle est nommé conservateur du nouveau musée d'art et d'archéologie du Périgord qu'il a installé et organisé avec son adjoint, Maurice Féaux, qui avait été l'adjoint de Michel Hardy dans l'organisation des collections du musée archéologique du département, dans le nouveau bâtiment du musée inauguré le 14 juillet 1903Michel Soubeyran, « À Périgueux, le Musée du Périgord », dans Paléo, Revue d'Archéologie Préhistorique, 1990, H-S Une histoire de la préhistoire en Aquitaine, (lire en ligne).. Il est toujours héritier dans son organisation actuelle de l’histoire de la formation des collections.
Ainsi, le premier noyau est à dominante archéologique car il s’est constitué autour de la sauvegarde des vestiges gallo-romains de Périgueux dès 1804. Ce fonds a très vite été étoffé de collections de géologie, de minéralogie, de préhistoire et de pièces des époques médiévales issues des recherches en Périgord. Y furent aussi adjointes, dans un esprit de connaissance universelle et de souci pédagogique, des collections archéologiques d’Afrique du Nord (Égypte, Tunisie), de Grèce et d’Italie. De plus, la découverte de nouvelles cultures à travers la colonisation et l’émergence de la préhistoire ont entraîné un mouvement d’étude dit d’ethnographie comparée, consistant principalement à rapprocher entre eux des savoir-faire, en particulier celui ayant totalement disparu en Europe, la taille du silex. Ainsi ont été collectées en France, en Angleterre, en Allemagne et à Périgueux… des pièces provenant d’Océanie, des Amériques, d’Afrique et d’Asie.
Le , le musée est inscrit au titre des monuments historiquesTiphanie Naud, « L'architecture du Maap reconnue », Sud Ouest édition Dordogne/Lot-et-Garonne, 22 mai 2020, ., consultée le ..
Collections et salles du musée Histoire et archéologie (aile est) Dans cette aile, le parcours commence par un hommage aux créateurs et aux donateurs de l'établissement. Il présente des pièces majeures de l'art médiéval comme le diptyque de Rabastens daté de 1280Marquis de Fayolle, « Tableau de la confrérie de Rabastens », dans Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1922, (lire en ligne)., la vierge de Notre-Dame-de-Sanilhac (près de Périgueux) , le vitrail de saint Silain du Édouard Galy, « Saint Sile (Silain), l'un des patrons de Périgueux (vitrail peint du ) », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1875, tome 2, (lire en ligne)., ayant appartenu à l'église du même nom aujourd'hui disparue. Des objets et œuvres d'art du afin d'évoquer la qualité et la diversité des œuvres à découvrir.
Lui font suite les collections non européennes ( de France) et les collections de préhistoire ( sur le plan national) au premier étage.
L'Afrique se déploie en bas des escaliers et évoque les cultures Kota, Bembe, Anyi, Bambara, N'guere, Nagô-Yoruba.
L'Océanie est représentée à travers les cultures issues de la Nouvelle-Calédonie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Gilbert, les îles Salomon, les îles Marquises.
Chaque objet de ces civilisations est chargé de sens. Ils sont les intermédiaires entre le monde visible et invisible.
À l'étage se trouve la section de Préhistoire qui a longtemps fait à elle seule la réputation internationale du musée. De très nombreuses séries de silex taillés permettent d'évoquer toutes les industries des hommes installés en Périgord depuis plus de ans. Parmi les pièces les plus remarquables, il convient de citer les squelettes fossiles du Regourdou (site près de Lascaux ; néandertalien, ) et de Chancelade (près de Périgueux ; Homo sapiens d'environ ans), les blocs peints ou gravés de l'abri Blanchard (), les femmes de Termo-Pialat, le renne gravé de Limeuil et la très importante collection de gravures sur os d'époque magdalénienne, dont la côte gravée du site de Cro-Magnon ou la pendeloque au bison de Raymonden (Chancelade, près de Périgueux). thumb|Le Cerf, bronze d'Isidore Bonheur dans le cloître, jardins du musée. Le cloître, espace jardin créé par l'architecte du à la demande de la Ville, commanditaire de la nouvelle construction, fait le lien entre l'aile est et l'aile ouest. Il a été conçu pour la présentation et l'étude des collections lapidaires des périodes gallo-romaine, médiévale et Renaissance. Il accueille les vestiges des bâtiments de Périgueux et de la Dordogne aujourd'hui disparus, dont les sculptures de la basilique Saint-Front d'origine romane, des retables, des décors sculptés d'hôtels particuliers, du mobilier funéraire (sarcophages mérovingiens, carolingiens, et pierres tombales des ), ainsi qu'un bronze d'Isidore Bonheur, Le Cerf« Découvrir une œuvre du MAAP », À Périgueux, , juin-, .. La muséographie est inspirée par une vision romantique de la ruine issue des découvertes aux .
Inventaire du fonds colonial
Un projet d'inventaire est en cours au sujet des collections d’origine subsaharienne de six musées d'histoire régionaux : musée d’Aquitaine, musée d’ethnographie de l’université de Bordeaux, musée d’Angoulême, muséum de La Rochelle, musée Hèbre de Rochefort et musée d'Art et d'Archéologie du Périgord.
La première phase consiste à enquêter pour établir les provenances des collections originaires d’Afrique, puis, dans un second temps, d'identifier les œuvres problématiques ou importantes du point de vue des communautés et des États d’origine. En effet, ce patrimoine colonial est principalement issu des campagnes militaires ou de traite négrière, et des missions religieuses ou ethnographiques. Souvent arrivées en France sur la base de « relations dissymétriques », certaines de ces pièces peuvent éventuellement faire l'objet d'une restitution officielle si elles sont réclamées par les anciennes colonies.
Beaux-arts (aile ouest)